Victoryne Moqkeuz Eructeuse

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20 mars 2022

Céline Pina

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 20 h 27 min
Il aura suffit de 36 secondes. 36 secondes pour que l’islamiste Merah tue Jonathan, Arié et Gabriel Sander et abatte à bout touchant la petite Myriam Monsénégo. 36 secondes pour semer la mort dans une école et abattre des enfants simplement parce qu’ils étaient juif. Si peu de temps et tellement de choses irréversibles.
A ce moment-là on a voulu croire que Merah était un monstre, un loup solitaire, une anomalie. Peut-être parce que ce qu’il avait fait était tellement horrible, tellement inenvisageable que miser sur la monstruosité c’était espérer qu’une telle horreur n’arriverait qu’une fois, c’était conjurer le sort. C’est peut-être la seule façon de comprendre notre aveuglement collectif et surtout notre absence de réaction.
La suite nous aura prouvé que l’aveuglement n’est pas une protection et que l’on ne protège personne en fermant les yeux sur l’horreur. Et surtout que Mohamed Merah n’était pas un cas isolé mais le produit d’une idéologie, l’islamisme. Une idéologie dont l’influence sur l’Islam était à la fois importante et croissante et fabriquait ce type d’assassin.
Depuis ?
Depuis le sang n’a cessé de couler, de Paris à Nice, de Saint Etienne-du-Rouvray à Magnanville, Carcassonne, Trèbes, Conflans-Sainte-Honorine… La liste n’a cessé de s’allonger. La France est devenue terre de jihad et les massacres se sont accumulés. Et ce n’est pas un hasard. L’Europe est une cible et les gouvernements n’ont toujours pas pris la mesure de ce que cela implique.
Aujourd’hui encore, en pleine élection, certains partis font des appels du pied aux islamistes et reprennent leurs éléments de langage pour défendre le port du voile, faire croire à une persécution des musulmans sur notre sol, parler de racisme systématique et relayer la thématique de « l’islamophobie ». EELV et LFI sont à la pointe de ce mauvais combat, mais les Législatives qui s’annoncent devraient multiplier les appels du pied au clientélisme islamiste.
Aucun gouvernement n’a voulu regarder en face le lien entre islamisme et jihadisme et à chaque fois que cette idéologie teste notre capacité de réaction, c’est la faiblesse qu’elle rencontre. Comme dans le sport où le port du voile tente de s’imposer en compétition sans susciter autre chose que le déni.
Pire encore, beaucoup de ceux qui combattent l’islamisme sont menacés, une partie doit vivre sous protection, une jeune fille, Mila n’a aujourd’hui plus de vie et doit se cacher tandis que ses persécuteurs paradent, un enseignant Samuel Paty a été décapité et de plus en plus de professeurs se censurent.
Aujourd’hui ceux qui nous dirigent n’ont toujours pas pris la mesure de ce que nous affrontons et le sang ne peut que couler à nouveau car l’influence des islamistes, en islam comme en France et en Europe, ne cesse de s’accentuer. Avec cette influence grandit encore leur potentiel politique, l’électoralisme les nourrit et augmente leur pouvoir d’emprise sur leur communauté.
L’horreur de Toulouse nous a montré que les loups solitaires n’existaient pas : la famille de Merah était une famille d’islamistes, la religion, l’inculture et la violence étaient leur terreau. Il a été radicalisé également parce que Toulouse était un foyer actif du jihadisme qui a formé et radicalisé nombre de futurs soldats de l’EI. Merah a été « accompagné » pour devenir ce monstre. Des enregistrements entre son frère et sa mère, captés dans la prison où le frère a été incarcéré, montrent que la mère est fière de ses fils, qu’assassiner des enfants est excusable puisqu’ils sont juifs et que pour elle, son fils est au paradis. Cet homme a évolué dans un imaginaire dont l’influence ne cesse de progresser. Il est représentatif d’un mouvement politico-religieux qui ne recule pas parce que seuls ces formes les plus criminelles sont combattues. L’idéologie qui l’alimente, elle, est protégée.
Je n’ai jamais oublié les enfants de l’école Ozar Hatorah. J’ai encore honte d’avoir attendu le massacre de Charlie pour ouvrir les yeux sur ce qui s’était passé à Toulouse même si je sais que cet aveuglement était collectif, il me tourmente encore. Je ne supporte toujours pas d’entendre le récit de ces 36 secondes qui ont suffit pour que la barbarie s’installe chez nous. Elle n’est toujours pas repartie.

11 février 2022

Fatiha Boudjahlat

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 8 h 35 min

Fatiha Boudjahlat : «Les néo-féministes sont les idiotes utiles des indigénistes»

Par 

Publié le 27/10/2017 à 21:31
 FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Dans un premier livre salutaire, Le Grand détournement, Fatiha Boudjahlat montre comment les communautaristes de toutes obédiences ont dévoyé les idéaux du féminisme, de la tolérance ou de la République. En exclusivité, la jeune essayiste répond aux questions du FigaroVox

 Fatiha Boudjahlat est cofondatrice avec Céline Pina du mouvement Viv(r)e la République. Elle est aussi l’auteur de l’essai à paraître le 3 novembre aux éditions du Cerf: Féminisme, tolérance, culture: Le grand détournement

Le 8e numéro de “La Revue du crieur” dresse un portrait sans concession d’Elisabeth Badinter, l’accusant de faire la promotion d’ «un universalisme blanc pour le riches»?Que cela vous inspire-t-il?

Fatiha Boudjahlat: Je serai curieuse de voir la photo de la rédaction de ce média d’opinion. Je ne serais guère surprise d’y voir à l’œuvre des blancs refusant l’universalisme aux non blancs au nom d’une prétendue générosité pleine de misérabilisme et condescendance. Il me semble qu’Elisabeth Badinter défend des valeurs universelles avec la même exigence pour toutes et tous, quelque soit le revenu, et quelque soit l’épiderme. Je me sens plus respectée par elle en tant que son égale, que par des militants comme ceux de la Revue du Crieur qui dans les faits entérinent le fait que ce qui est bon pour eux, pour leurs sœurs, leurs femmes, leurs filles ne l’est pas pour moi.

Le féminisme est-il en train d’être dévoyé?

Sans aucun doute. Et c’est autant le résultat d’activistes politiques que d’universitaires dogmatiques. Quand Judith Butler explique que les femmes afghanes ne doivent pas se délester de leurs burqas grillagées, pour ne pas prêter leur concours à l’impérialisme américain, je vois une grande bourgeoise blanche américaine dans le confort de son bureau, qui livre pieds et poings liés ces femmes à leur sort. Ce nouveau féminisme racialiste combat le patriarcat blanc, mais valide son pendant oriental. Il se réduit alors à un combat pour que les femmes non-blanches, puisque l’ethnie est déterminante, puissent obtenir le maximum de ce qu’elles peuvent espérer dans les limites du cadre mental, culturel, juridique que les hommes de leur communauté religieuse auront fixées. Ce féminisme est parfaitement décrit par Houria Bouteldja quand elle écrit: «J’appartiens, à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’islam. J’appartiens à mon histoire et si Dieu veut, j’appartiendrai à ma descendance.» Elle écrivait avant: «Nous [les femmes] appartenons à notre communauté et nous l’assurons de notre loyauté.». En tant que femme et en tant que féministe, je n’appartiens à personne. C’est le B-A BA du féminisme. Celui-ci est détourné de façon à ce que les femmes non-blanches occupent la place que les hommes de la communauté leur assignent. Interrogeons nous sur cette indignation à géométrie variable. De tels propos tenus par des blancs feraient hurler ces féministes relativistes qui pourtant restent bien silencieuses quand ils sont tenus par des femmes non-blanches. Par respect de la diversité? Par grandeur d’âme? Par esprit de tolérance? Ou parce que trotte dans leurs esprits une conception misérabiliste du bon sauvage: «C’est comme cela que ces gens-là fonctionnent. C’est un passage obligé pour ces gens-là qui ne sont pas encore entrés dans la modernité.» Ce sont pourtant des femmes nées et scolarisées en France.

La cause des femmes est au cœur de l’actualité depuis l’affaire Weinstein et la polémique #BalanceTonPorc. Pourtant, la question de la violence qui touche les femmes dans certaines cités ainsi que celle de la pression exercée par l’islam est éludée du débat …

Il y a en effet un deux poids deux mesures. Ce féminisme dévoyé valorise les intérêts de la communauté religieuse, c’est-à-dire de ses leaders masculins aux dépens de la dignité des femmes. C’est ainsi que l’opposition de ces néoféministes à la pénalisation du harcèlement de rue s’entend: la souffrance des femmes est secondaire face au confort de ces hommes-là. La parole des femmes doit s’effacer devant l’impunité des hommes. Et les mêmes s’activent à balancer leurs porcs? Aussi longtemps et seulement si ceux-ci sont blancs? Toute religion a une structure patriarcale. C’est celle-ci qu’il faut combattre quand on se dit féministe. Quel que soit la religion. Mais avec les phénomènes de ghettoisation et la prime aux leaders les plus orthodoxes, c’est la forme la plus rétrograde de l’islam qui est valorisée. C’est une forme parmi d’autres. D’autres formes toutes aussi légitimes et authentiques existent.

Les twitteuses les plus intraitables sont aussi celles qui proposait pour régler la question du harcèlement de rue à la Chapelle «d’élargir les trottoirs» …

C’est une proposition aussi outrancière que celle qui a récemment fleuri dans la presse britannique et sur les réseaux sociaux proposant d’appliquer les commandements religieux juifs ou musulmans interdisant aux hommes de se retrouver seuls avec une femme dans une pièce. On externalise le contrôle des pulsions au BTP, en élargissant les trottoirs, au lieu de responsabiliser les hommes. Quelle différence avec les hommes qui justifient le viol par la tenue de leurs victimes? C’est aux ingénieurs de mieux concevoir la ville et les modalités de circulation. C’est aux femmes de ne pas se mettre en position d’être désirables. Quand donc allons nous exiger de ces hommes qu’ils s’empêchent? Qu’ils se contrôlent? Ces néo-féministes ont-elles suggéré d’élargir les couloirs de l’Assemblée après l’affaire Denis Baupin? D’élargir les chambres d’hôtels avec l’affaire Weinstein? Cela revient à dire que ce que l’on exige des hommes blancs ne peut être exigé des hommes non-blancs. Et que donc leur comportement est lié à leurs origines et non à leur volonté propre. C’est dans leurs mœurs? C’est plus fort qu’eux? Parce que c’est culturel? Qui est alors dans le racisme? Dans l’association d’un comportement avec une origine ethnique ou religieuse?

Dans votre livre, Le Grand détournement, vous écrivez que certaines féministes «trahissent la cause des femmes … orientales.» Que répondez-vous à celles qui présentent l’universalisme comme un impérialisme et rappellent, parfois à juste titre, que certaines femmes choisissent délibérément de se voiler?

L’universalisme ne consiste pas à exporter notre modèle de civilisation dans les autres pays. Il consiste d’abord à appliquer le Droit sur tout le territoire de la France. Nulle coutume, nulle norme religieuse, nulle tradition n’est supérieure aux lois qu’une Nation de citoyens éclairés s’est donnée.

Je récuse la vision qui consiste à faire des femmes voilées des victimes. C’est un choix, mais la liberté de se voiler n’exclut pas la notion de contrainte. Ainsi, pour le voile, on ne pourrait parler de choix libre que s’il y avait une équivalence morale entre les deux termes de l’alternative. Or celle-ci se résume à ce choix: la vertu avec le voile, le vice sans le voile. Ces femmes ne portent pas le voile sous la menace d’une arme, mais sous la contrainte intégrée du triptyque propre à tous les patriarcats: virginité, pudeur, modestie. Le fichu se fait fétiche de ces exigences masculines qui font toujours du corps de la femme le récipiendaire de l’honneur de la famille. Le féminisme est un combat politique pour l’émancipation individuelle et collective des femmes. Il n’y a pas de choix libre sans éducation au choix. Enfin, que dire du voilement des petites filles? Comme tous les enfants, elles veulent plaire et faire plaisir à leurs parents en se conformant à leurs attentes. Laquelle d’entre elles acceptera-t-elle de se dévoiler adolescente ou adulte et de provoquer la déception de ses parents?

La culpabilité de classe et de race des néo-féministes sert de levier à l’offensive universitaire, médiatique, associative des indigénistes.

Quelles sont les origines de ce féminisme différentialiste. Peut-on parler de rupture avec la tradition française et d’américanisation de la société française?

La matrice et le logiciel de ce féministe différentialiste sont indubitablement nord-américains et liés au multiculturalisme. Rappelons que la multiculturalité des sociétés est un fait empirique, que seuls les identitaires combattent et regrettent. Le multiculturalisme fait de cette réalité un facteur de partition et de différentiation du droit. Ce n’est en rien moderne. Sous Clovis la justice était rendue en fonction des lois propres de la tribu à laquelle le justiciable appartenait. La centralisation puis surtout l’installation de la République a mis en avant une Nation, c’est-à-dire une organisation politique du peuple basée sur la contractualisation réciproque de droits et de devoirs. Le modèle d’intégration à la Française est plus respectueux et généreux que ce modèle communautariste. Dans le premier, je forge mon opinion et je me rassemble avec les autres habitants. Dans le second, je suis sommée d’être dans la loyauté et l’hyperconformité vis-à-vis de ceux qui me ressemblent. Enfin, le libéralisme et le refus d’un Etat interventionniste interviennent aussi.

Quels sont les points communs entre ce néo-féminisme et le «néo-antiracisme indigéniste»?

Ils partagent la même vision racialisée des rapports sociaux. Ils ont le même ennemi: le mâle blanc occidental. Ils dénoncent la structure patriarcale de la République, mais s’accommodent fort bien voire célèbrent le patriarcat oriental. La culpabilité de classe et de race des néo-féministes sert de levier à l’offensive universitaire, médiatique, associative des indigénistes. Les deux courants idéologiques revendiquent une appartenance à la gauche, et pourtant les deux privilégient en toute circonstance l’hypothèse ethnique à l’analyse sociale de la lutte des classes. Ils portent une vision libertaire très libérale, qui vise à réduire la sphère d’intervention de l’Etat au bénéfice de la régulation sociale des leaders communautaires. Les premières sont les idiotes utiles, pardon les idiot.e.s utiles des seconds. Qui sont dans un racisme tout aussi révoltant que les identitaires.

Ces militants appellent cela «la convergence des luttes». Que signifie ce glissement intersectionnel?

Les indigénistes sont dans la même logique que les identitaires et les tenants du grand remplacement. Ils veulent grand-remplacer, à titre de dédommagement historique et ontologique quand les autres craignent d’être grand-remplacés. Dans les faits, la convergence des luttes favorise seulement le facteur ethnique. Vous êtes femme, noire, lesbienne. Cela fait partie de l’identité reçue. Et pourtant, c’est ce qui va commander votre mobilisation politique et vous donner de la valeur: vous comptez pour ce que vous êtes, et ce que vous êtes commande ce que vous pensez. A la fin, c’est toujours la couleur de peau qui est déterminante. C’est le règne de l’AOC-AOP appliqué aux humains, la partition raciale de l’espace revendiquée dans les espaces de non-mixité va de pair avec une traçabilité ethnique de ses occupants. Ce qui permet de voir les indigénistes et les islamistes dont l’orthodoxie condamne et l’homosexualité et les homosexuels, devenir des compagnons de manifestations de militants homosexuels adeptes de l’intersectionnalité.

L’expression outrancière de « nègre de maison » devient l’acceptable concept de « native informant ». Mais le sens est le même.

Celle-ci relève du verbiage et de l’ingénierie sémantique qui conduit surtout à détruire toute notion d’intérêt général et toute réalité d’un corps politique national et populaire. La communauté d’assignation et ses intérêts prévalent. Et ce logiciel conduit à valider une terminologie raciste en la parant d’un vernis universitaire. L’expression outrancière de «nègre de maison» devient l’acceptable concept de «native informant». Mais le sens est le même: si vous ne pensez pas comme votre épiderme et vos intérêts de «race» commandent de penser, vous êtes un traître. Le plus cocasse apparait quand des bourgeois-pénitents blancs multi privilégiés somment une femme «racisée» comme moi de penser comme eux décident qu’il est bon et juste de penser: ils sont dans la parole blanche experte, même quand ils prétendent la dénoncer. S’ils étaient cohérents, je pense qu’ils devraient s’autodétruire ou être atteints de combustion spontanée.

Le grand détournement débute par une référence à la novlangue d’Orwell et se présente comme une réflexion sur le sens des mots. Quels sont les mots qui sont détournés aujourd’hui? Certains mots, comme le mot République», ne sont-ils pas tout simplement épuisés à force d’être vidés de leur sens?

Les mots de tolérance, de culture, de féminisme ont été détournés de leur sens politique universel pour devenir des facteurs et des prétextes à la partition ethnique. Mais c’est vrai: nous sommes épuisés. Les offensives sont multiples. Et efficaces. Et à grande échelle. Les mots, eux, ne le sont pas, épuisés. Ils n’existent que par nous, que par nos ambitions, que par nos exigences. Il faut vraiment s’être juste donné la peine de naître pour renoncer à voir dans la République ce qu’elle est: une promesse de l’aube de plus en plus ténue mais aussi sans cesse à tenir, qui nous oblige. Ce n’est pas un état de béatitude. C’est un horizon commun. Son modus vivendi est moins le patriotisme que le compatriotisme, qui consiste à reconnaître à l’autre la qualité de compatriote et de cosouverain, c’est-à-dire notre égal en droits et en devoirs, et dont la nation nous rend responsable. L’empathie ne repose pas alors sur la ressemblance physique, épidermique, patronymique: c’est l’identification à des valeurs, à un patrimoine qui créent cette communauté nationale. C’est un effort en effet. Qui fait de nous des citoyens cosouverains, et non des consommateurs.

Vous vous présentez comme une militante de la laïcité. Ce concept est-il compatible avec celui d’héritage? Pour le dire autrement, peut-on vraiment mettre en France sur le même plan l’islam et le christianisme?

Je défends la laïcité comme modus vivendi du pacte républicain. Mais je ne la fétichise pas. Elle a été réduite à une loi, celle de 1905. Comme toutes les lois, l’interprétation de celle-ci est évolutive. L’actuel Observatoire de la laïcité privilégie une lecture minimaliste. Je la récuse et ne suis pas moins légitime qu’eux dans la vision que j’en ai.

La laïcité peut s’entendre comme principe, plus haute norme juridique depuis les constitutions de 1946 et de 1958. Elle peut aussi s’entendre comme valeur, c’est-à-dire comme idéal moral. Elle ne contredit en rien la notion d’héritage ou de filiation historique. Il y a des jours fériés chrétiens qui profitent à toutes et à tous. Mais la loi prévoit aussi des absences aux examens pour les grandes fêtes religieuses des autres cultes. L’idéal moral n’interdit pas le pragmatisme ni la prise en compte de la réalité multiculturelle de la France. On a le droit d’être croyant et pratiquant en France. On a le droit d’être dans l’orthodoxie. Et même dans la radicalité. Mais le Droit prime au final.

Avec une grande hypocrisie qu’il faut dénoncer : les mêmes qui crient au nationalisme mortifère quand il s’agit de la France, le célèbrent quand il concerne le pays d’origine.

Mettre sur le même plan l’islam et la chrétienté serait une erreur historique, mais l’un et l’autre ont toute leur place en France. Factuellement il y a une antériorité chrétienne en France. Mais je ne m’égare pas dans la botanique, les souches sont pour moi des arbres morts. Rester dans le registre politique et historique est plus pertinent que de basculer dans celui de l’horticulture, qui sert ici à naturaliser l’identité. La prise en compte de cette antériorité ne fait pas de toutes et de tous les Français des chrétiens. Par la laïcité et les vertus républicaines d’une nation, par cette filiation politique, étanche à toute considération ethnique et biologique, souhaitée par les identitaires de l’extrême droite et des indigénistes de l’extrême gauche, nous embrassons cet héritage pour ce qu’il est: le signe que le monde existait avant nous, et que l’histoire ne commence pas avec nos revendications individuelles ou communautaires. C’est aussi le gage de notre liberté. Comme l’écrivait Rabaut Saint-Etienne: «On s’appuie sur l’histoire ; mais l’histoire n’est pas notre code.» Assumer cette histoire ne revient pas à la cautionner dans son intégralité, ni à vouloir la perpétuer.

«De culture arabo-musulmane, je n’ai jamais vu les compatriotes comme des ennemis héréditaires. Je n’ ai pas grandi dans cette haine des autres et dans cette culture des miens. Mon pays est la France», écrivez-vous. Comment expliquez-vous la détestation que voue une partie de la jeunesse à la France?

Pour la majorité des descendants d’immigrés, c’est une détestation de façade. Leurs parents, enfants d’immigrés de la première génération ont tendance à entretenir leurs enfants dans un conflit de loyauté: le bled ou la France. Il suffit de discuter avec eux en évacuant toute sommation et toute alternative, pour qu’ils reconnaissent très vite qu’ils sont heureux de vivre en France. Heureux d’aller en vacances au bled, avec un pouvoir d’achat européen et le statut de touriste, mais heureux de vivre en France. Il faut faire verbaliser cet attachement à la France, sans quoi celle-ci apparait comme un guichet de prestations. Ce qui se traduit par un ultra-consumérisme antinomique avec l’identité de citoyens. L’attachement au pays s’apprend s’il s’enseigne. Avec une grande hypocrisie qu’il faut dénoncer: les mêmes qui crient au nationalisme mortifère quand il s’agit de la France, le célèbrent quand il concerne le pays d’origine.

Restons dans le registre politique: La haine de la France est d’abord la haine de la République. Elle existe et motive les gauchistes multiprivilégiés, les indigénistes et les islamistes, parce qu’elle les prive de leur ascendant sur la communauté. Ce sont des promoteurs de haine. Et la haine s’enseigne très bien. Ils restent en France, tout en la conspuant. Les frontières sont pourtant ouvertes. C’est bien le régime politique et ses valeurs d’émancipation de fraternité nationale qui sont leur cible. L’Etat doit cesser d’organiser son impuissance au nom d’une prétendue culpabilité. Je ne reproche pas aux Français d’ici et de maintenant ce qu’ils ont fait aux parents de mes parents durant la guerre d’Algérie. Et je ne reproche pas aux Arabes d’ici et de maintenant la traite négrière, plus longue et plus importante que la traite occidentale. Et enfin, j’invite les bourgeois multiprivilégiés à cesser de profiter de leurs privilèges médiatiques et politiques, tout en se berçant de la chaleur réconfortante de la pénitence. Ils ne servent que leurs intérêts de classe.

23 janvier 2022

REMI RICHELET

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 10 h 55 min
Où l’on parle de fraternité.
Quelques jours après le terrible attentat islamique de Trèbes, nous sommes dans l’attente d’une prise de parole sur l’islamisme souterrain, de l’Hydre islamiste, ennemi insidieux de la France. En fait nous sommes habitué à attendre, comme le discours sur la vision de la laïcité de Macron.
Bon le réformateur réformiste,ou le contraire, pense que cet islamisme la est invisible. Bien caché dans l’ombre des mouvements sociaux ,dans les souterrains des universités ou derrière les panneaux d’information de la SNCF. Peut être même dans une cave d’un quartier de banlieue!
Mais….non! Il est là sous nos yeux, sur internet, partout, chez act’up où les indigènistes viennent de prendre le pouvoir, sous les drapeaux palestiniens qui se baladent dans les manifs syndicales . Bon ça c’est l’islamisme rampant!
A force de chercher petit, on ne voit plus le gros! Et pourtant, l’Hydre est bien visible. Le weekend , il réunit ces têtes et ses enfants dans une magnifique démonstration , la grande fraternité des musulmans faisait son gala avec tout ce qu’il faut de matériel pour équiper le militant en uniformes de travail.
Y compris pour les enfants de militants, les femmes de militants. Matériels spirituels, idéologiques, méthodes de visibilité, de non mixité, capes d’invisibilité pour les dames, qamis en lin bio , ours en peluche sans œil, poupées qui débitent de la sourate, livres en tout genre anti républicain, propalestine, antisioniste, et ouvrages validant l’islamophobie d’état.
Le problème de l’Hydre , c est si on coupe pas les têtes ensemble, elles repoussent. Alors moi ,militant laïque, je pose la question suivante:
 » Comment une association peut constater tranquillement que l’islamisme rampant prend la forme d’un hydre dans le rassemblement annuel des musulmans de France ,alors que l’état cherche encore? »
Ne me dites pas que c’est la faute des grèves ! C est la 35eme édition de la chose ! Et la plus aboutie … La cause des attentats ,c est pas la kalachnikov, c’est ce genre de réunion où l’on prêche la séparation d’avec le monde où porter l’uniforme est déjà un radicalisme, où l’on sait que des enfants au nom des libertés vont être parés des attributs de l’allégeance aux frères, ou même un nounours te parle d’essentialisme et d’impérialisme.
Dans ce pays où tu peux avoir les services sociaux pour une baffe à ton enfant, tu peux acheter une poupée qui te bourre le crâne.Dans ce pays construit autour de la fraternité on peut acheter des livres qui expliquent que la seule fraternité est musulmane. Des livres où on explique comment corriger ta femme, et pourquoi il faut le faire. En fait l’Hydre est là et fait des petits, des têtes à couper plus tard, bien plus tard…quand les trains arriverons à l’heure!
Mais la fraternité, c est aussi de soutenir le mari volage, représentant le « dhjiadiste sur soi » , à qui on présente son allégeance en guise de bouquet final sur scène et sous vos applaudissements. Le frère des frères, le prophète emprisonné, porteur de virilité et modèle intellectuel autocrée du musulman moderne, visible et dresseur d’hydre. Frère Tariq on pense à toi!
Alors que le gouvernement affûte des épées en carton pour combattre le dragon à 7 têtes, le monstre essaime aux sus et aux vues de tous. Le cimeterre du « dhjiadiste sur soi » ,étincelant de morgue, lui est visible et déjà en action. Quand on pense qu’une simple ballade associative permet de prendre la mesure, on se demande vraiment ce que fait Macron au Touquet un weekend de Pâques ensoleillé.

19 septembre 2021

MICHEL DE ROUGEMONT

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 15 h 07 min

FRONT POPULAIRE

ANALYSE Wokisme

Quelle opposition au courant écolo-gaucho-wokiste dominant ?

OPINION. L’idéologie de la cancel culture, qui a infiltré les universités et le mouvement écologiste, éradique toute opposition en s’imposant par la peur, ce qui rend très difficile sa contestation. La citadelle woke est-elle pour autant imprenable ?

Alors que l’on peut souhaiter un débat politique à propos des affres environnementales et climatiques (celles qui dominent les stratégies énergétiques, de décarbonisation ou de conservation de la nature), il faut constater qu’il est en train d’être dépassé avant même de ne pas avoir eu lieu. Ce courant dominant actuel est une combinaison astucieuse, quoique sans génie créateur, d’écologisme et d’altermondialisme anticapitaliste et anti-progrès, d’ores déjà dépassés par le wokisme de la cancel culture qui supplante et éradique tout, mêmes les plus extrêmes positions du gauchisme habituel. C’est une sorte de Maccarthysme à l’envers.

L’establishment — composé des partis politiques, gouvernements, administrations publiques et ONG, ainsi que des cercles économiques et financiers —, en reste sidéré et s’agenouille devant toutes les revendications afférentes : déboulonnages de statues, interdictions de parole ou d’exercer. La peur est dissuasive de se faire traiter de salaud, à tort bien sûr, mais peu importe, ça touche. Cette peur fait avouer tous les crimes qui n’ont pas été commis, même ceux attribués à nos ancêtres. Elle est bien plus puissante que le courage d’assumer sa personnalité et sa propre culture. C’est pourquoi la plupart des leaders politiques ou économiques s’avèrent n’être que des suiveurs. Par ailleurs, comme la société se montre adepte des plus impossibles aspirations, par exemple la précaution absolue et l’élimination de tout risque, un narratif catastrophiste la terrorise facilement, mentalement, sans explosifs ni fusils. Les justifications utilitaristes sont abjectes qui saluent des mesures offrant un sentiment de réconfort au prix d’une obéissance sans borne et qui balaient négligemment le sacrifice de libertés fondamentales. Personne ne s’en trouve réconforté et chacun perd sa liberté.

Croyant possible de trouver un moyen de moyenner, les partis gouvernementaux des pays occidentaux soutiennent les politiques les plus écolo-gauchistes qui se voient ainsi parées de toutes les vertus. Dire timidement qu’elles vont trop loin est une manière de les adouber sans autre réserve ; cela revient même à s’excuser de n’en pas faire assez. C’est dans ce contexte qu’une quelconque critique à l’égard de ces politiques se voit immédiatement taxer d’inaudible et d’irrecevable, de négationnisme criminel, car s’attaquant à un prétendu bien commun. Il est devenu habituel de se voir désinvité afin qu’aucun débat n’ait lieu, ou alors de servir d’alibi à un pseudo-esprit d’ouverture, se faisant accorder quelques lignes ou secondes d’antenne en s’assurant que des gardiens du temple puissent dézinguer tel messager sans aborder le message.

Les opposants ne sont pas faits du même béton rigide que celui des activistes déterminés, dont les positions extrêmes, doivent être débusquées par des raisonnements et jamais par des affirmations plus péremptoires et moins vérifiables que celles qui sont combattues. Crier encore plus fort des choses tout aussi fausses dessert sa cause.

Les raisons de s’opposer sont très variées et ne sont même pas toujours congruentes. Comme, simple exemple parmi d’autres, un antinucléaire n’acceptera jamais cette technologie comme solution pour satisfaire une forte croissance de la demande en courant électrique. Critiquer la science en y opposant des anecdotes ou des falbalas n’est pas non plus très fédérateur, bien au contraire. Il y a aussi de prétendus opposants qui sont bien difficiles à gérer, amis d’amis qui ne sont pas nécessairement des amis ; ce sont les habituels grincheux, neinsager, conservateurs dans le mauvais sens du terme, obscurs quérulents, scientifiques dévoyés, complotistes de tous genres, ou encore mystiques illuminés. Leurs audiences sont tout aussi hurluberlues, certes gênantes, mais restent de peu d’importance.

Les gardiens du temple n’ont rien à craindre de tels adversaires. L’opposition ne se trouve que très peu dans le monde scientifique, surtout celui des actifs dont les budgets et les publications dépendent de la rectitude politique de leurs projets et de leurs propos. La corruption commence par la soumission. Les émérites et retraités ont plus de liberté, mais moins d’accès aux audiences, malgré leur vaste expérience. Le respect fout le camp, en tous cas dans nos sociétés occidentales postmodernes. La controverse devient de moins en moins technique ou économique et prend un tournant plus philosophique avec des fossés idéologiques difficiles ou même impossibles à combler. Le débat courtois n’était déjà plus de mise, il devient utopique d’essayer d’en mener un.

C’est faire signe d’esprit critique et indépendant que de mettre en question les doxas fondées sur des interprétations incomplètes ou biaisées de la science, sur des idéologies de contraintes, ou sur les deux en même temps. Les personnes ayant cet esprit libre ne sont pas du genre de celles qui obéissent aveuglément à une stricte discipline partisane. La nuance, même en cas d’argumentation forte, doit rester leur première arme. La deuxième est l’humour, dont les ayatollahs de tous bords sont totalement dépourvus.

Tout cela ne fait pas une opposition cohérente et puissante, en dépit des usuelles insinuations que des lobbies inféodés à de sombres intérêts capitalistes seraient à la manœuvre. Pourtant, si lobbyisme il y a, cela fait bien des années qu’il est passé du côté de la bien-pensance écolo climatique qui se trouve en train d’adopter le wokisme. On constate donc sa désorganisation ; c’est plutôt une flopée de francs-tireurs qui visent des cibles diverses et qui peuvent aussi causer des victimes collatérales. Chacune ou chacun pratique une forme de guérilla avec plus ou moins de succès, sinon d’estime. Il faut simplement souhaiter qu’ils communiquent un peu entre eux afin d’éviter les erreurs les plus dommageables et aussi qu’ils se soutiennent mutuellement afin que leurs propos atteignent vraiment leur cible — le clan opposé — car cela ne sert à rien de chanter pour son propre chœur.

Publié le 19 septembre 2021

17 août 2021

NATACHA DEVANDA

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 8 h 37 min

Charlie Hebdo.fr

Religions

Saint-Chamond, la ville où les élus écolos sont les judas de la laïcité

L’affaire remonte à la fin du mois de juillet. Le 21 juillet, en pleine fête de l’Aïd, l’imam fait son prêche en plein air, non loin du terrain où une future mosquée est en construction. Les croyants sont au rendez-vous. « Femmes musulmanes, tâchez d’obéir aux droits d’Allah et à ceux de vos époux, restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas de la manière des femmes d’avant l’islam », déclame le prêcheur en citant l’un des versets du Coran.  

Ces belles paroles sont diffusées en direct sur Facebook. Et tombent dans les oreilles d’Isabelle Surply, conseillère municipale RN de Saint-Chamond. Laquelle s’en empare et s’emmêle les pinceaux en twittant « Tâchez d’obéir aux doigts d’Allah » au lieu de « Tâchez d’obéir aux droits d’Allah », ce qui, en soi, ne change pas grand-chose aux propos réacs qui sont le gage de toute religion qui se respecte. L’affaire agite les réseaux sociaux quand le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, demande à la préfète de la Loire de destituer l’imam et de s’occuper du « non-renouvellement de son titre de séjour », Mmadi Ahamada étant de nationalité comorienne. Lequel fait valoir sa bonne foi, explique qu’il est « pour que les filles fassent des études, deviennent médecins ou ingénieurs et pas pour qu’elles restent au foyer » et, aussi courageux qu’un caniche nain, explique son envolée machiste, en se planquant derrière le Coran avec cet argument choc : « c’est pas moi qui le dit, c’est Allah ! »

Les mésaventures de l’imam émeuvent illico les belles âmes de gauche qui voient dans la critique légitime de la religion musulmane la bête immonde de « l’islamophobie ». Les élus EELV de Saint-Chamond en sont et réagissent. Écrit avec les pieds, bourré de coquilles, de fautes de syntaxe et de grammaire, le communiqué de presse que se sont dépêchés de rédiger Patricia Simonin Chaillot et Jean Minnaert, conseillers municipaux à Saint-Chamond (Loire) fait peine à voir. 

C’est à vomir. @EELV entérine le sexisme de la religion dont on ne doit pas dire le nom… pic.twitter.com/60iXCeZsTL

— Fatiha Agag-Boudjahlat (@AgagBoudjahlat) July 31, 2021

Lundi 26 juillet, soit à peine cinq jours après la retransmission du prêche de l’imam sur Facebook, ces deux Verts de Saint-Chamond plongent tête la première dans le relativisme culturel et tentent de se faire l’avocat des religions monothéistes « qui portent l’égalité hommes femmes devant leur Dieu » (sic), tout en affirmant que « le combat historique des mouvements progressistes, portés par la gauche et les écologistes, ont participé à la reconnaissance de l’égalité homme-femme combattue le plus souvent par la droite et l’extrême droite ».
Dans un premier temps, on conseillera vivement aux conseillers municipaux EELV de lire attentivement Bible, Coran, Torah pour constater combien la femme est l’égale de l’homme dans les trois religions du Livre. Ensuite, on regrettera bien fort que ce « combat historique » de la gauche, des féministes et des écologistes, qui a su faire évoluer les mentalités, soit pour certains un lointain souvenir.  

Qu’espèrent donc ces deux mous du bulbe en rédigeant pareil charabia ? Qu’on les qualifie d’humanistes ? D’inclusifs ? De woke ? S’ils pensent sincèrement et un seul instant que les fidèles biberonnés aux prêches sexistes voteront EELV ou un quelconque parti progressiste lorsqu’ils se rendront aux urnes, ils sont, au mieux, de très mauvais stratèges politiques, au pire, plus cons qu’une laitue. Car courtiser un imam au prétexte de défendre la laïcité et les valeurs de gauche mérite de figurer tout en haut dans l’anthologie de la bêtise en politique. Les plus fidèles des fidèles, ceux qui ne jurent que par la religion, qui pensent que la place de la femme est à la maison à faire des gosses et la cuisine, ceux-là haïssent les idées de gauche, crachent sur les homos et les féministes, interdisent les débats d’idées, la déconnade, les empoignades… Et ce qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans.

Une évidence qui ne frappe pas les quelque 4600 signataires de la pétition de soutien à l’imam lancée sur change.org, le 23 juillet. Pas plus que les membres de la section ligérienne de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui s’est elle aussi fendu d’un communiqué, en date du 26 juillet. Même le journal Le Monde y est allé de son couplet. Dans un article publié le 30 juillet, il titre « Polémique après la suspension d’un imam dans la Loire » et note que jusque-là « les sanctions prises à l’encontre d’imams ou de mosquées l’ont été à la suite de propos d’incitation à la haine ou de soutien à des actions terroristes. Jamais sur la base d’une lecture d’extraits du Coran. Si la décision du ministre devait se confirmer, alors prêtres, pasteurs et rabbins pourraient s’inquiéter. »   

Diantre, on tremble pour tout ce ramassis obscurantiste qui connaît au XXIe siècle un tel regain d’intérêt. Et Le Monde de poursuivre : « Un passage de la Bible dit par exemple : « Femmes, soyez soumises à vos maris » (Lettre aux Éphésiens, 5, 22–24). Il deviendrait dès lors interdit de le citer en public. Joints par Le Monde afin de savoir quel texte de loi légitime leur action, ni la préfète de la Loire ni le ministre de l’intérieur n’ont répondu. »  

Mais ce que ni Le Monde, ni EELV ou la LDH ne semblent remarquer c’est que les propos de l’imam n’ont pas été tenus uniquement devant un public de fidèles, mais aussi en direct sur les réseaux sociaux, ce qui, sous couvert de faire du prosélytisme et de toucher le plus grand nombre, expose directement la responsabilité de celui qui prêche aux conventions de la vie en société, au pacte social et au respect des lois. Parmi elles, celle de l’égalité républicaine entre les hommes et les femmes. Le public de ce prêche n’était donc pas seulement les fidèles engoncés dans leurs croyances qui pensent que la femme est un être inférieur qui se doit d’être modeste, pudique et obéissante, mais les internautes, soit à peu près tout un chacun. Or, à Charlie, on trouve bien dommage qu’en 2021, les seuls politiques immédiatement choqués par les propos sexistes d’un imam, soient des membres du RN ou un ministre de droite.  

Que disent le PC, la France insoumise, les socialistes, les associations féministes des propos moyenâgeux tenus par l’imam ? Rien. Ah oui, c’est vrai, on oubliait, c’est les vacances, les JO, la plage, tout ça… Et, c’est bien connu, le sable dans les oreilles, ça rend sourd. ●

29 juillet 2021

Etats Geneaux du Combat Laïque

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 28 min
Plaidoyer pour une souveraineté Laïque Française.
La laïcité française est un enjeu local à l’échelon de la planète. Notre laïcité séparative, qui garantie la liberté de conscience de tout les citoyens est un enjeu national franco-français. En 2020, il est plus que temps de reprendre le main par le haut sur ce principe juridique puissant et sur la dimension philosophique qui engraine, qui engrainait la société d’une idée humaniste et universaliste.
Tout d’abord en revenant à ce qu’elle fût, avant que les politiques eux même ne la rendent caduque et inopérante.
Historiquement, la genèse fait débat. Les discussions sur les luttes pour l’émancipation du joug clérical et de la libération de l’individu ayant, au travers de la révolution laissées des traces indélébiles, tout autant que celles sur les inventeurs de la logique humaniste du siècle des lumières, ne trouverons que des débats historico-politiques qui diviseront inévitablement les meilleurs partisans de la laïcité.
Au stade où nous en sommes, il est inutile de se lancer dans une exégèse et un rappel historique de la laïcité, lorsqu’on sait que de l’aveu de certaines interprétations du Coran, Mahomet lui même serait un précurseur de la chose Laïque, que Jésus lui même serait laïque, tout comme Gengis khan dans les steppes mongoles. Inutile donc de faire une remontée dans le temps pour en chercher les prémices. Nous n’avons pas le temps nécessaire avant l’effondrement total de ce qui dirige nos pas de citoyen depuis 1905, date de la promulgation d’un texte qui a profondément impacté la marche de ce pays.
Loi de séparation entre les églises et l’État.
Il court depuis des années une interprétation sur le titre même de cette loi. Un enfumage politique chargé de faire dire le contraire d’un texte pourtant simple dans son titre et dans son exposé.
Le terme  »séparation » est galvaudé au point de le transformer en  »neutralité d’État ».
La séparation implique forcément deux parties. Les églises d’un côté, l’État de l’autre.
Sous la pression électorale, ou plus particulièrement sur le mythe d’un vote religieux communautariste, le terme  »séparation » est devenu caduque au profit de l’idée de  »neutralité de l’État » face aux églises. C’est un allègement idéologique de la rigueur séparative. Une sémantique qui renverse l’idée même de la loi de 1905, en l’empêchant d’être ce pourquoi elle a été promulguée, à savoir une séparation stricte entre le pouvoir temporel de l’État et le pouvoir intemporel des forces cléricales.
L’État serait donc seul à être neutre et non invasif à l’endroit d’un contre pouvoir organisé. Rendant du coup les églises libres et sans contraintes dans la société et face à l’État.
Il faut se dire qu’en 1946 en préambule de la constitution, puis en 1958 à la promulgation de la constitution de Vème République, il a été décrété que la République Française était laïque. Sur la base de la loi de 1905, loi de séparation entre les églises et de l’État, et dans un soucis de reconstruction après guerre, l’État a décrété que cette séparation était toujours valable et impérative pour que les fonctions publiques puissent fonctionner sans interférences cultuelles au service de l’État et des citoyens. Écoles, collèges, lycées, hôpitaux, sécurité intérieure, services sociaux, municipalités,collectivités locales, tout le régalien s’est mis au pas laïque, séparé du religieux et de l’influence cléricaliste. Chaque fonctionnaire ayant l’obligation légale et morale de neutralité, obligation de ne pas faire montre d’une quelconque obédience politique, religieuse, spirituelle, ou direction de pensée philosophique. Ces obligations ont permis de faire respecter non seulement l’État et son engagement envers le citoyen français, mais aussi de maintenir loin de la marche de l’État d’éventuelles résistances réactionnaires , ou d’obscurantismes sociaux.
Cette neutralité s’applique donc aux fonctionnaires et non à l’État lui même. L’État lui est toujours séparé dans ses décisions des églises. Et ce quelques soient les courants religieux. Ceux en place à la promulgation en 1905 , ainsi que ceux à venir puisqu’à aucun moment dans le texte de la loi de séparation, il n’est fait mention d’un quelconque courant religieux. Aucun culte n’est précisé afin que la loi en elle même, ne porte pas sur les spécificités de telle ou telle culte. On peut donc conclure qu’une forme d’égalité de traitement envers les rites, les cultes, les clergés, les religions est de fait actée par le seul titre de la loi.
De nos jours tout est fait pour que l’interprétation de ce titre soit détourné par l’idée de neutralité qui n’est dévolu qu’aux services publics et aux fonctionnaires en laissant entendre que l’État et le régalien serait deux choses identiques. Mais la marche de l’État n’en reste pas moins exempte de conseils religieux, les citoyens français ne pouvant justement pas être représentés par une autorité religieuse quelconque qui empêcherait ou influencerait l’État au moment de décider librement de la marche qu’il décréte pour et avec les citoyens eux même.
C’est ici que la gouvernance Macron induit une perte de souveraineté face aux éléments cultuels. Le président nouvellement élu en 2017, organise avec la conférence des évêques, un discours qui fera date en pulvérisant justement la séparation. Le président Macron, garant de la constitution, de la laïcité, de la séparation, affirme devant un parterre clérical catholique,vouloir renouer le lien entre les églises et l’État. Une traîtrise républicaine au pacte social qui permettait de maintenir les seules décisions de raison hors l’influence de dieu et ses représentants. Jamais depuis Pétain, on avait tourné le dos à la loi de séparation à un si au niveau de décision et de responsabilité
Le niveau de délabrement laïque, organisé depuis Mitterrand qui recommandait de ne pas faire trop cas de la laïcité, la trouvant difficile à défendre et trop rigoureuse dans, justement, son principe séparatif, puis par un Sarkozy qui s’est attaché à faire représenter les musulmans par un clergé politique, puis par un second par obligation pluraliste entre l’islam diplomatique et les frères musulmans, ou encore par la non affirmation de cette séparation en réponse aux suites des attentats islamistes de 2015 par Hollande et ses gouvernements. Le niveau de délabrement laïque donc, et la perte de sens politique du principe de séparation n’ont même pas permit une levée de bouclier citoyenne face à ce terrible coup de couteau cléricaliste dans le dos à la République, à la constitution, à l’esprit d’émancipation de la loi de 1905.
Il faut rétablir une souveraineté Laïque de l’État, et se réapproprier le principe de séparation et non de neutralité. l’État doit être libre de mouvement, dirigé par la raison, la science, par des choix éclairés qui s’appliquent à tout les citoyens dans la même charge de droits et de devoirs, sans que ces décisions ne soient entachées d’un doute sur les volontés d’égalité, de liberté et de fraternité qui guident les pas de la France depuis la révolution française. Il faut mettre fin à cet enfumage idéologique qui vient mettre en péril le joyaux protégé par ce principe de séparation. Parce que le but principal de la loi de séparation des églises et de l’État, n’est pas de donner des prérogatives à la marche de l’État, mais bel et bien de créer un nid à cette liberté au dessus des autres dans le cadre républicain et de la protéger par la force de la séparation des pouvoirs temporels humains, d’avec des organisations sociales qui ont vocations à brider les consciences.La laïcité, nous venons de le voir, c’est le principe de séparation d’abord dans le fonctionnement de l’État et des fonctions publiques par la neutralité. C’est l’écrin d’une des plus importantes libertés qui ait été donnée légalement aux Hommes. Un modèle mondial pour qui veut s’en emparer pour son compte, une liberté qui rend libre dans sa vie et libre dans sa tête et que la séparation protège comme le plus important héritage français à savoir, la liberté de conscience.
La liberté de conscience, ce n’est pas rien!
Mais surtout ce n’est pas la liberté religieuse, ou de religion, ou de croyance, ou d’expression. Non la liberté de conscience englobe tout cela.
On peut donc, et critiquer un culte ou tout les cultes, et mieux encore ne rien critiquer du tout. On peut l’écrire, le dire, le chanter, le filmer mais à la seule condition de n’être qu’un individu. Oui, la liberté de conscience est une liberté individuelle. Chaque citoyen est libre de penser, croire, théoriser, rationaliser, dire, pratiquer, de ne pas adhérer, de motiver ce pourquoi, d’en débattre, de se moquer, de donner des sous, tant que cela reste dans le champs individuel.
Ce n’est donc pas la simplification martelée par l’observatoire de la laïcité depuis sa création : »le droit de croire ou de ne pas droite » la laïcité et la liberté de conscience va beaucoup plus loin que ça.
La liberté de conscience, c’est surtout l’affirmation de la liberté de penser. Et l’organisation légale de son expression.
En qualité de liberté individuelle, elle coule sur tout les citoyens de manière égale, que l’on soit athée, religieux, pratiquant, nihiliste, de droite, de gauche, vieux ou jeune, homme ou femme, en province ou à Paris, sauf dans le concordat Alsace-Moselle qui conserve des spécificités à cause d’une erreur de taille lors du rapatriement des ces territoires a la fin de la première guerre mondiale. N’étant pas française en 1905, la région ne rentre pas légalement dans le cadre de la laïcité française. Idem pour les DOM TOM où la réglementation n’est pas calqué partout sur le modèle métropolitain.
La liberté de conscience donc raisonne et résonne comme un principe partagé , égalitaire et individuel.
La loi de 1905, ne gère pas l’individu. Elle organise l’expression collective du rite. Elle contraint les organisations cléricales à se conformer à la loi et les rend responsable des éventuelles infraction commises en leur nom, les congrégations et autres association religieuses. Elle met sous surveillance l’expression collective du culte et contrôle que les individus ne soient pas coupés de la liberté de conscience qui chapeaute toutes les expressions individuelles.
Elle pénalise même les dérives dans une séries d’articles qui met des garde-fous et instaure une police des cultes en établissant des sanctions financières et des fermetures de lieux de cultes qui dérogeraient aux règles. C’est à l’État de faire appliquer la loi, et aux cultes de conduire le culte dans les règles. Il est donc faux de dire qu’il y a une liberté religieuse, ou de religion, ou de culte.
Seule la liberté de conscience et la liberté de pratiquer son culte, d’en changer, en tant qu’individu est protégé.
Les clergés doivent se conformer à la loi.
Pourtant depuis des décennies, malgré les dénonciations de dérives, l’État ne fait rien ou si peu!
Des candidats politiques traînent leurs guêtres avant les élections, dans tout les lieux de cultes, pour promettre des dômes et des minarets, des facilités immobilières, des reconnaissances publiques d’un lien entre le politique et les cultes, des crèches dans les lieux régaliens, des repas cultuels au nom du vivre ensemble à Noël , à l’Aïd, à Hanouka, des achats de temples bouddhistes en kit par des mairies et conseils régionaux. Aucune dérive n’est condamnée par l’État. Au point que l’on donne des terrains appartenant à tout les citoyens, pour 1 euro, à une partie de la population et à des fins religieuses.
Les règles pourtant sont très claires
 » l’État ne reconnaît ,ni ne subventionne aucun culte ». Il n’y a rien de plus simple!
L’argent de l’État, l’argent public, ne peut être utilisé pour financer, subventionner, promouvoir un quelconque culte. L’argent du culte, c’est l’argent des croyants, pas celui du revenu de tout les citoyens. L’argent public ne regarde que l’état et les citoyens dans leurs ensemble.
Et c’est pour cela que l’État ne doit pas reconnaître les cultes comme des corps intermédiaires ,ni comme des syndicats d’une partie de la population. Pourtant il n’est pas rare que des représentants des cultes, soient conviés en mairie ou dans les ministères, ou même comme pendant le confinement, lors de l’épidémie de la COVID, directement connectés avec l’Elysée en visioconférence.
Les représentants de l’État ne doivent pas être partie prenante dans les affaires cultuelles, ni dans une quelconque aide à des institutions de droit privé religieux. C’est interdit par un texte qui date de 1905, et réactualisé en 1958 ,ni parler en lieu et place d’une partie seulement de la population, en leur nom ou en celui d’une communauté
Il s’agit ici de protéger l’individu d’un réarmement dans la société de canons religieux, en aidant à affûter l’emprise des cultes collectifs sur les croyances personnelles. La marche de l’État n’a pas à s’adosser sur un pouvoirs transversal qui a vocation au contrôle social privé.
Les germes du pouvoir religieux sont toujours d’actualité. Soit en affirmant une hégémonie culturelle, soit en modifiant dans la société les perceptions morales, sociales, ayant pour finalité la transformation par la loi de la liberté de conscience.
Le principal ennemi du religieux est le blasphème. Un délit qui n’est plus légal en France, mais qui autorise des passage à l’acte violent en s’exonérant du droit commun au profit de préceptes religieux devenu loi pour les plus rigoristes des pratiquants.
On peut constater une forme d’alliance informelle contre le blasphème. Tout est en place sans être dénoncé par les autorités pour museler les paroles critiques, caricaturales, idéologiques, la critique des rites, des pratiques, des sacrifices d’animaux, du business religieux et surtout la dénonciation de l’entrisme religieux dans la structures d’états et des financements associatifs de structures locales et confessionnelles, ou donc l’activité sert a la promotion du culte et des pratiques du cultes avec l’argent public. A la moindre remarques, les anathèmes pleuvent. Islamophobe, cathophobe, antisémite, laïcard, raciste…
Il est incroyable de penser que c’est avec une partie de l’argent public que ces gens s’arment contre les citoyens et contre la liberté de conscience.
Prenons par exemple  »alliance citoyenne » à Grenoble, qui touche de généreux subsides de la mairie elle même. Le but de cette association, outre quelques actions citoyennes locales est de forcer la main des pouvoirs publics pour se baigner habillé dans les piscines. Dit comme ça, sans connotation religieuses, on pourrait croire à une blague.
Mais si on y ajoute le fait que ces vêtements sont des habits religieux, imposé par une pratique orthodoxe du rite qui reste un choix au regard de la liberté de conscience, la donne change.
Et c’est bien de l’argent public, prit sur le salaire de millions de travailleurs, de propriétaires immobiliers, de taxe en tout genre, qui finance ce type d’action. Et la réponse de cette association qui qualifie d’islamophobe toutes les voix qui s’élèvent contre cet état de fait.
Faire taire au nom du blasphème.
Que l’on soit Salman Rushdie, Charlie Hebdo, Zineb el Rhazoui, Mila, ou simple citoyen au Bataclan, dans un quartier ou dans une file d’attente au supermarché, nous sommes tous soumis à d’éventuel actes ou paroles lié au blasphème. Aucune parole d’État ne vient contrarier ces menaces, actes, on trouve même des gardes des sceaux pour parler de respect pour faire taire les critiques de citoyens horrifié que Mila soit mise en danger pour son opinion sur l’islam.
Respect de quoi? A quel moment le respect est un argument judiciaire, juridique?
Pourtant faire taire au nom de son culte, forcer à exercer un culte ou des pratiques cultuelles est puni par la loi. Par la loi de 1905 et son article 31!
 »Article 31
Sont punis de la peine d’amende prévue pour les contraventions de la 5ème classe et d’un emprisonnement de six jours à deux mois ou de l’une de ces deux peines seulement ceux qui, soit par voies de fait, violences ou menaces contre un individu, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi ou d’exposer à un dommage sa personne, sa famille ou sa fortune, l’auront déterminé à exercer ou à s’abstenir d’exercer un culte, à faire partie ou à cesser de faire partie d’une association cultuelle, à contribuer ou à s’abstenir de contribuer aux frais d’un culte. »
Si menacer quelqu’un de violence, en lui demandant de se taire ou de se plier à une pratique cultuelle qui serait de ne pas dessiner le prophète ne conduit personne devant un tribunal, doit on s’étonner que la liberté de conscience soit si mal comprise?
Ou lorsque c’est fait avec de l’argent public , comme à Grenoble, où on demande que des pratiques vestimentaires religieuses soient permises dans l’enceinte d’un bâtiment public, recevant du public?
Ou lorsqu’un élu se présente à une cérémonie religieuse pour solliciter des votes, comme un retour sur investissement sur la vente à la découpe de la liberté de conscience?
Ou lorsque des associations ou congrégations religieuses sont invitées a débattre sur les lois bioéthiques à venir?
Ou quand un élu va remettre les clefs de sa ville à Barbarin contre un euro symbolique?
Ou en invitant les responsables locaux religieux à des débats dans les préfectures?
Ou quand un président de la République française s’invite à la conférence des évêques pour déclarer sa flamme au cléricat catholique en promettant de réparer le lien entre l’état et les cultes?
A coup d’argent public et d’arrêtés municipaux pour régler le problème des troubles à l’ordre public en mobilisant des forces de polices ou des agents municipaux.
La liberté de conscience ne se négocie pas. Elle ne doit pas être dénaturé au profit d’un vivre ensemble entre communautés et en excluant de fait l’état et les citoyens. Il en va de notre vie. Les orthodoxes faisant peu de cas de la vie en matière de blasphèmes.
C’est à l’État de prendre les choses en main, d’appliquer le titre VI de la loi de 1905 avec la plus intense des reflets, de communiqué fortement pour renvoyer tout les anti républicaine religieux, tous les fachistes de la pensée des arrière mondes, avec l’aval des citoyens puisque c’est le rôle de l’État que protéger les libertés et en premier lieu celles des consciences.
Il est temps de reposer la question d’un souverainisme laïque, qui serait l’action d’un état fort, au service des libertés fondamentales sans le délayer dans une soupe droit de l’hommeliste qui dénature le seul texte qui dirige nos pas laïques, la déclaration des droits de l’homme et des citoyens, et que la loi de 1905 a mis en forme dans une logique d’égalité, de liberté et de fraternité.
Soyons laïques, soyons français, soyons laïquement souverain.

9 mars 2021

VALERIE TORANIAN

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 14 h 22 min

LA MORT DE L’UNIVERSALISME C’EST LA FIN DU FÉMINISME ( tiré de la REVUE DES DEUX MONDES)

Je me souviens du temps où le féminisme était d’abord universaliste. On ne faisait pas le tri entre les femmes de culture et de religion différentes pour décider de leurs droits à être nos égales ou pas. Les droits des femmes concernaient toutes les catégories de femmes. À des échelles différentes et avec des nuances. Les femmes précaires étaient plus vulnérables que les femmes CSP ++, les femmes précaires et immigrées encore plus exposées que toutes les autres. L’intersectionnalité, avant de verser dans la folie tyrannique des minorités, c’était d’abord cette reconnaissance de multiples sources de discrimination. Et le féminisme universaliste embrassait toutes ces dimensions. Pas d’essentialisation, d’assignation à la race ou à la religion. Des combats à mener. Contre le sexisme, les discriminations, les inégalités. Que le système d’oppression soit blanc, noir, arabe, musulman, africain, orthodoxe juif, catholique intégriste ou évangéliste. Pas de sororité identitaire excluant celui/celle qui ne me ressemble pas (et bien sûr les hommes..). Plutôt la solidarité. Les féministes occidentales n’étaient pas des « blanches néo-colonialistes » mais souvent les porte-voix des femmes sans voix. Celles qui subissaient des lois iniques, des violences systématiques, à qui on refusait l’éducation, l’école, l’accès à la santé. Celles qui subissaient le viol comme arme de guerre. Celles qu’on interdisait de parole, de visibilité, qu’on mariait de force, qu’on excisait, qui subissaient la polygamie.

Lorsque ces pratiques sont arrivées en France, les féministes universalistes n’ont pas pensé que ces femmes immigrées, tant pis pour elles !, appartenaient à des communautés dont il fallait respecter les usages et les mœurs. Et qu’on pouvait donc les laisser sur le carreau. À partir du moment où la République française les accueillait, ces femmes avaient des devoirs mais aussi des droits. En France, nous sommes toutes les héritières d’Olympe de Gouges, de Simone de Beauvoir, de Simone Veil et des luttes des années soixante-dix.

« Le néo-féminisme intersectionnel et racisé fait aujourd’hui la promotion d’un identitarisme obsessionnel qui fut l’apanage de l’extrême droite. Et toutes les forces de progrès applaudissent, à l’exception de la gauche républicaine universaliste, hélas bien moins audible. »

Lorsque l’islam politique, importé par les salafistes et les Frères musulmans, s’est mis en marche dans les quartiers, poussant en première ligne les femmes voilées, étendards d’un séparatisme affiché, pas question de dire démagogiquement que c’était « leur droit ». Il importait, au contraire, de redire que tous les « droits » ne se valent pas : le foulard est le marqueur d’une idéologie totalitariste qui ne reconnaît pas aux femmes leur pleine égalité avec les hommes. Qu’elles portent le foulard librement et avec fierté en fait des militantes de l’islamisme, pas des militantes du féminisme.

Je me souviens que la gauche fut longtemps le fer de lance du combat féministe universaliste. La religion était l’opium du peuple, pas le nouvel horizon du progrès. Le combat contre le racisme n’était pas devenu le combat contre l’islamophobie au nom d’une bigoterie post-moderne invraisemblable. La laïcité était une fierté pas un concept honteux dont on n’ose même plus se revendiquer de peur d’être traité de « laïcard islamophobe ».

L’étude légitime des crimes du colonialisme ne s’était pas transformée en doxa indigéniste décoloniale interdisant aux Blancs de prendre la parole sur des questions historiques ou culturelles, censurant toute parole non conforme au dogme racialiste. Les réseaux sociaux, très investis par les mouvements néo-féministes intersectionnels et décoloniaux, ne faisaient pas encore la loi semant la terreur dans les médias terrorisés à l’idée du bad buzz. On n’interdisait pas des camps de vacances décoloniaux aux Blanches. On ne sonnait pas l’hallali lorsqu’une Irlandaise traduisait la chanson d’une Afro-américaine. On ne hurlait pas à l’appropriation culturelle lorsqu’une Blanche chantait le blues.

Le néo-féminisme intersectionnel et racisé fait aujourd’hui la promotion d’un identitarisme obsessionnel qui fut l’apanage de l’extrême droite. Et toutes les forces de progrès applaudissent, à l’exception de la gauche républicaine universaliste, hélas bien moins audible. Comme le dit Abnousse Shalmani, « orpheline de son électorat ouvrier, la gauche se console avec les islamistes ». Sinistre conversion. L’UNEF était un syndicat étudiant de gauche et féministe, pas un syndicat porteur, à travers sa présidente voilée, des valeurs de l’islam politique.

Le féminisme combattait le viol, pas le viol émanant exclusivement des prédateurs blancs occidentaux hétérosexuels. Un violeur noir n’est pas un prédateur, c’est une victime, nous disent les néo-féministes décoloniales. Même chose pour l’agresseur sexuel musulman. Souvenez-vous de la Saint-Sylvestre à Cologne et des intellectuels islamogauchistes nous expliquant que ces hommes d’origine maghrébine, donc victimes, avaient agressé des femmes blanches, donc coupables (être Blanche est une faute, être une femme blanche marchant dans la rue est une provocation ?). Tant pis si la victime du prédateur racisé est souvent racisée. Au nom de sa culture et de sa couleur, elle doit se taire.

« Le néo-féminisme est l’incarnation de son époque, séduite par les extrêmes, très perméable aux discours de haine, y compris à la haine de soi. Une époque post-moderne où n’existe plus que des valeurs et des principes alternatifs, tous équivalents. »

Le féminisme a toujours été traversé par des courants plus radicaux que d’autres. La nouveauté est que la radicalité est devenue le courant mainstream du féminisme. #Metoo avec la libération de la parole sur le harcèlement (notamment en entreprise) est un progrès. #Balancetonporc est un naufrage moral. Accompagner et aider les victimes de violence est une obligation. Poser comme dogme #victimejetecrois, en dépit des règles de l’État de droit, est une capitulation.

Le néo-féminisme est l’incarnation de son époque, séduite par les extrêmes, très perméable aux discours de haine, y compris à la haine de soi. Une époque post-moderne où n’existe plus que des valeurs et des principes alternatifs, tous équivalents.

Dans ce naufrage féministe des principes, dans cet océan de bêtise et de confusion, il faut donc saluer avec force celles qui résistent et continuent contre vents et marées à défendre un féminisme universaliste. Loin des théories décoloniales et racialistes qui nous font violemment régresser, elles sont les héritières de Simone de Beauvoir, d’Élisabeth Badinter, d’Annie Sugier, de Catherine Kintzler, d’Élisabeth de Fontenay. Hommage et respect à Abnousse Shalmani, Fatiha Boudjahlat, Zineb El Rhazoui, Hala Oukili, Mila, Françoise Laborde, Caroline Fourest, Tania de Montaigne, Peggy Sastre, Sonia Mabrouk, Lydia Guirous, Rachel Kahn… et toutes celles qui partagent leurs combats.

19 janvier 2021

La moutarde me monte au nez ! Trop c’est trop ! Touchez pas aux petites filles ! Merci madame Fatiha Agag-Boudjahlat !

Classé dans : Art et culture, la vie des avis,La cause des Femmes — eructeuse @ 15 h 18 min

Sur marianne.fr

Un amendement déposé par des députés La République En Marche (LREM) puis jugé irrecevable a remis sur la table le débat sur le port du voile par les fillettes. Marianne en parle avec Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et auteure d’un ouvrage sur cette pratique.

Aussitôt déposé, aussitôt retoqué. Quelques jours seulement après son dépôt par les députés LREM Aurore Bergé (Yvelines) et Jean-Baptiste Moreau (Creuse), l’amendement visant à interdire le voilement des fillettes dans le cadre du projet de loi visant à conforter le respect des principes républicains a été jugé irrecevable car dépassant le périmètre du texte. Mais le débat ne s’arrête pas là. Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et auteure de Combattre le voilement – Entrisme islamiste et multiculturalisme (Cerf) estime que l’interdiction du voilement des fillettes relève de la protection de l’enfance. Entretien.

Marianne :Quelle signification revêt le voilement d’une fillette ?

Fatiha Agag-Boudjahlat : Le voilement, qu’il concerne des enfants ou des femmes adultes, qu’il soit imposé comme en Iran, ou non comme en Europe, ne change ni de sens ni d’effet. La femme est soumise à la sainte trinité patriarcale. Elle doit être vierge, discrète, pudique. Le voilement, que ce soit pour les adultes ou les enfants réduit la femme à un organe génital total. Sa chevelure est présentée comme susceptible d’exciter le désir des hommes.

Le voilement, que ce soit pour les adultes ou les enfants réduit la femme à un organe génital total.

Quand il s’agit d’enfants, quelles sont les conséquences sur leur développement ?

Pour les islamistes, l’enjeu du voilement des fillettes est de les formater suffisamment tôt pour qu’elles ne s’écartent jamais de cette voie. Voiler des enfants vise à les emprisonner dans une ultraorthodoxie. Peu à peu, par cette pratique, on apprend à la fille qu’elle a des obligations que les garçons n’ont pas. On lui inculque l’idée qu’en tant que fille, elle constitue une vulnérabilité pour la famille. On lui impose une situation d’invisibilité pour ne pas exciter les hommes. Le voilement relève de l’hypersexualisation du corps des enfants. Mais le voilement des fillettes produit aussi des effets sur les petits garçons : ils intègrent que les femmes sont différentes. Les garçons apprennent qu’une fille qui se respecte est une fille qui se voile.

Pour les islamistes, l’enjeu du voilement des fillettes est de les formater suffisamment tôt pour qu’elles ne s’écartent jamais de cette voie.

Pourtant, certains défendent de ne pas l’interdire au nom de la liberté religieuse ou parce qu’ils craignent qu’une telle mesure stigmatise.

Je ne supporte plus que l’accusation de stigmatisation soit un prétexte pour ne pas faire avancer les choses. Le voilement ne correspond à aucune pratique musulmane du Maghreb, cela vient d’Afghanistan. En Algérie, par exemple, ceci n’existe pas. Je ne comprends pas comment des féministes peuvent défendre le voile, il n’y a rien de plus patriarcal. Les féministes parlent de consentement, mais la religion est le mécanisme le plus efficace d’emprise sur les êtres. Un enfant ne souhaite qu’une chose : plaire à ses parents.

Sait-on à quel point le voilement des fillettes est répandu en France ? Existe-t-il des chiffres ?

Il n’y a aucun chiffre car les ministères de l’éducation, de la santé et de l’intérieur s’interdisent d’enquêter. On refuse de considérer l’islamisme comme une dérive sectaire. Néanmoins, je constate que lorsque j’étais petite, moi-même fille d’immigrés, je rencontrais très peu d’enfants voilées. Maintenant, je croise des enfants de trois ou quatre ans qui portent le foulard. Ce n’est pas anecdotique, c’est surtout symptomatique d’une normalisation de pratiques ultraorthodoxes. En Algérie, mes parents n’ont jamais vu ça. On introduit l’idée qu’un bon musulman est un islamiste.

Comment lutter contre ce phénomène ?

La mère des réformes serait de remplacer la notion d’autorité parentale par celle de responsabilité parentale. Il faut une commission parlementaire pour revoir la protection de l’enfance. Nous avons hérité d’une pratique bonapartiste qui consiste à sacraliser l’autorité parentale, comme si les parents étaient propriétaires du corps de leur enfant. Il est indispensable de clarifier le statut juridique de l’enfant. La Convention internationale des droits des enfants leur garantit la possibilité de se construire une personnalité mais garantit surtout aux parents le droit de leur transmettre leur culture. Que fait-on s’il y a une contradiction entre les deux ?

Quelle est la distinction entre autorité et responsabilité parentale ?

L’autorité parentale fait croire que le rôle des parents consiste à exercer un pouvoir sur leur enfant. La responsabilité suggère que les parents ont des devoirs vis-à-vis des enfants, et non des droits. Ils ont le devoir de prendre soin de leurs enfants. La protection de l’enfance à l’heure actuelle est un scandale d’État. Il faut réintroduire un défenseur des enfants qui ne dépende pas du Défenseur des Droits. Les enfants radicalisés disparaissent des radars. Ils ne sont pas scolarisés, ou seulement à domicile. Il est urgent de repenser la protection de l’enfance.

Il est urgent de repenser la protection de l’enfance.

Dans ce travail de réforme de la protection de l’enfance, que proposez-vous précisément pour bannir le voilement des fillettes ?

La loi a déjà intégré que la maltraitance ne se limite pas seulement à des atteintes physiques, mais inclut également des violences psychologiques. Je propose d’avancer en interdisant les « exigences éducatives disproportionnées », terme formulé dès 1988 par la commission Jacques Barrot sur la protection de l’enfance. C’est l’argument juridique qui permettrait de bannir le voilement des fillettes. Chantal Jouanno s’était déjà appuyée dessus pour interdire les concours de mini-miss. Les exigences éducatives disproportionnées permettraient également d’interdire les certificats de virginité ou la pratique du ramadan par les enfants. Il y a deux ans, je me souviens avoir envoyé à l’infirmerie un élève qui pratiquait le jeûne et se sentait mal. Quand l’infirmière a appelé les parents, ils lui ont répondu qu’elle laisse dormir leur fils car il ne devait pas casser le ramadan.

Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau ont déposé leur amendement pour interdire le voilement des fillettes dans le cadre du projet de loi confortant le respect des principes républicains. Mais à vous entendre, l’enjeu relève plus de la protection de l’enfance que de la laïcité.

Oui. Je savais que ce que proposait Aurore Bergé était voué à l’échec. La question du voilement des fillettes est une question de maltraitance des enfants. Il ne faut pas convoquer la laïcité à tout bout de champ. Une commission parlementaire sur la protection de l’enfance traiterait aussi bien de l’inceste, des exigences éducatives disproportionnées que de l’accès à la pornographie.

Y a-t-il également une frilosité politique à avancer sur ce sujet ?

LREM n’avance que lorsqu’il y a un attentat. Il faut qu’une tête tombe pour qu’ils bougent. LREM défend une conception multiculturaliste, comme ces sinistres sires de la France Insoumise qui combattent le patriarcat jusque dans les toilettes d’Alain Finkielkraut mais qui n’ont aucun problème avec le voilement des fillettes. Sur la protection de l’enfance, on est en train d’avancer sur la pédophilie. Mais sur le sujet du voile, dès qu’on le mentionne, on ressort l’accusation de stigmatisation. D’autres affirment qu’il faudrait aussi interdire les croix ou les kippas. Or, une kippa ne fait pas des cheveux d’un homme un organe génital qu’il faut cacher. La loi de 1905 visait clairement l’Église. Il faut s’adapter au contexte et aux religions.

LREM n’avance que lorsqu’il y a un attentat. Il faut qu’une tête tombe pour qu’ils bougent.

Tout cela est dramatique car si les islamistes arrivent à contrôler les enfants, l’orthodoxie se banalisera complètement. Il faut agir, il n’y a rien de plus faible que les enfants.

29 avril 2018

Lu et approuvé, article de Zineb El Rhazoui

Classé dans : tout est politique — eructeuse @ 13 h 48 min

Article pris sur la page FB de Laïcité 30

Zineb, ex journaliste de Charlie Hebdo, revient sur l’antisémitisme dans le Coran.

« Au pays de Voltaire, à l’épreuve de la raison, l’Islam sacré des prédécesseurs arrive à péremption. Comme le catholicisme avant lui, il faudra que l’inconscient collectif français le désacralise pour le remettre à la seule place que devrait allouer une démocratie moderne en 2018 à un corpus législatif rédigé il y a 15 siècles en Arabie préislamique. Nul besoin d’expurger le coran que la tradition nous a transmis aujourd’hui s’il est tenu pour ce qu’il devrait : un livre ancien renfermant à la fois la sagesse et la barbarie des temps où il fut rédigé. L’Islam peinera à se renouveler tant que ses théologiens et ses fidèles défendront l’idée que Dieu est éternel, et que le coran est sa parole incréée. L’édifice intellectuel islamique continuera inexorablement à se fissurer jusqu’à effondrement total, tant que les questions fondamentales autour du coran, ses auteurs, sa chronologie, sa fabrication en tant que livre saint, seront soigneusement éludées par les imams. »

La journaliste et militante Zineb El Rhazoui réagit au « manifeste contre le nouvel antisémitisme ».

Zineb El Rhazoui, également connu sous le nom de plume Zineb, est l’une des femmes les plus protégées de France. Cette ex-journaliste à « Charlie Hebdo » est aujourd’hui militante des droits de l’homme et théologienne. En exclusivité pour « l’Obs », elle réagit à la publication du « manifeste contre le nouvel antisémitisme ».

Lorsque j’ai entendu le mot « Yhoudi » (juif) pour la première fois, il y a plus de 30 ans au Maroc, il sonnait comme une insulte. C’était dans un large rassemblement familial, le genre de réunions où les adultes profitant des retrouvailles s’irritent de leur marmaille qui court dans tous les sens. Quelqu’un venait de traiter son enfant de « Yhoudi ould lyhoud (juif fils de juifs) pour lui dire qu’il était un vilain garnement. J’allais avoir l’occasion d’entendre cette « insulte » sous différentes formes au cours de ma vie au Maroc, un pays dont j’ai pourtant appris plus tard qu’il était le moins antisémite du monde arabe.
« Hachak » (sauf votre respect) est un mot que les Marocains, très soucieux de la politesse verbale, accolent à tout terme infamant. Ainsi, un Marocain dira « la poubelle hachak » ou « l’âne hachak ». Mais plus étonnant encore, beaucoup de Marocains diraient « une femme sauf votre respect » ou « un juif sauf votre respect ». D’ailleurs, la légende ne raconte-t-elle pas qu’avant l’extinction des lions de l’Atlas, en des temps immémoriaux, le voyageur qui craignait une attaque des fauves devait s’entourer de Juifs, un gibier si vil que le roi des animaux ne s’abaisserait pas à le chasser ?

Un peu plus tard à l’école primaire Al-Amani à Casablanca où j’apprenais des rudiments d’arabe, de français, et beaucoup de cours religieux, il se murmura dans la cour que la maison mitoyenne était habitée par des Juifs. Nous-nous crûmes alors autorisés, nous autres petits écoliers d’un établissement privé plutôt bourgeois, à balancer des insultes et des détritus depuis les fenêtres de nos classes. La propriétaire s’en plaignit au directeur, un lauréat de l’université théologique d’Al Azhar au Caire et docteur en littérature arabe, qui, furieux, nous administra une punition exemplaire. Pour la première fois, les antisémites en herbe que nous étions venaient d’apprendre que haïr les Juifs était quelque chose de mal. Ironie du sort, c’était M. Fahmi Shanti, un brillant intellectuel palestinien réfugié au Maroc où il avait fondé notre école, qui nous l’a appris.
Cette leçon, je n’allais jamais l’oublier. J’en retins que l’antisémitisme -n’en déplaise aux détracteurs de George Bensoussan- est bel et bien un atavisme que l’on a de fortes chances de téter du sein de sa mère pour peu que l’on reçoive une éducation islamique standard. Un atavisme, certes, mais pas une fatalité. J’en retins également que la cause palestinienne ne peut être prétexte à l’antisémitisme, même pour ceux qui ont en personnellement fait les frais comme M. Shanti. J’en retins surtout que tout théologien d’Al Azhar qu’il était, le directeur de l’école tenait avant tout à avoir des relations de bon voisinage. Si lui parvenait à vivre ensemble avec ses voisins juifs, pourquoi en France nous n’y parviendrions pas ?

L’antisémitisme musulman, le mot est lancé
Dans un « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » publié dimanche 22 avril dans « Le Parisien », 300 personnalités politiques, médiatiques et du monde des arts tirent la sonnette d’alarme quant à l’inquiétante recrudescence des crimes antisémites commis en France par des islamistes. Pour ceux qui les perpètrent, ces actes ont un nom : le Jihad. Afin de faire cesser ces ordalies au rabais qui envoient tout droit leurs auteurs auprès des Houries de l’Éden et qui contraignent les Juifs de France à migrer plus prosaïquement vers des cieux ou des quartiers plus sûrs, les signataires du manifeste exhortent les autorités théologiques islamiques de France à frapper du sceau de l’obsolescence les versets du coran appelant au meurtre des Juifs, des Chrétiens et des incroyants.
D’aucuns ont d’abord réagi au texte en pointant sa partialité, car le fait même d’évoquer un antisémitisme islamique serait « stigmatisant » pour toute une « communauté ». Les auteurs du manifeste se sont ainsi vus sommés de mentionner tous les antisémitismes ; celui de la fachosphère française et celui qui sévit eu Europe de l’Est, sous peine de se voir accuser de façon à peine voilée d’ »islamophobie ». Cette même dialectique de l’intimidation enjoint à toute personne qui s’exprime sur l’intégrisme islamique de valider d’abord « qu’il y a des intégristes dans toutes les religions ». L’argument en apparence équilibré n’est qu’une technique de réfutation qui permet de diluer le propos sans jamais en discuter le fond.

Toutefois, ce sont les principaux intéressés eux-mêmes qui mettent fin à ce début de polémique stérile pour amorcer le seul véritable débat qui compte : la part de responsabilité des textes islamiques dans ces crimes antisémites et l’opportunité de procéder à un toilettage du texte coranique pour l’expurger de ses versets violents. « Des Imams au service de la République française », publié dans « Le Monde » du 25 avril, est rédigé par Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux, et signé par 30 imams qui dénoncent « le terrorisme et les crimes antisémites » et les qualifient de « situation intenable ». Si la démarche a le mérite d’entériner à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, les imams républicains ne vont pourtant pas jusqu’à accéder à la requête qui leur est faite de revoir leur copie du coran.

L’ »imam modéré » ? Un mythe médiatique

L’expression est à la mode. Ou comment un oxymore se ferait presque passer pour un pléonasme. Lors de la polémique sur le burkini qui a empoisonné le débat estival en 2016, les imams français dits modérés ont magistralement raté l’occasion de prouver que « modérés », ils l’étaient vraiment. Quasiment tous ont défendu la « liberté » de ces anti-Mariannes des plages à s’afficher en tenue wahhabite, déplorant pour la plupart cette « islamophobie » si française, à une heure où la France n’avait pas encore fini d’enterrer les victimes des attentats de Nice. S’il y avait, certes, matière à débattre du bienfondé des décrets préfectoraux interdisant le burkini, il aurait suffi qu’un seul de ces imams lève le petit doigt pour dire que l’on peut parfaitement être musulmane et porter le maillot de bain pour qu’il mérite authentiquement son étiquette de « modéré ». Aucun ne l’a fait.

Le traditionnel ballet des « condamnations » de ces imams fait maintenant partie du décorum post-attentats. Pourtant, il y aurait lieu de se questionner sur l’opportunité de plébisciter des théologiens qui se contentent de condamner des crimes qui le sont déjà par la loi au lieu de condamner les textes qu’ils prêchent dans leurs mosquées et qui justifient ces mêmes crimes.

Dans le cas précis des attentats visant les citoyens de confession juive, il aura fallu des années depuis le forfait de Merah pour que les imams lâchent le mot « antisémitisme ». Mieux vaut tard que jamais. Toutefois la noblesse de l’intention affichée masque à peine l’affront ressenti par les imams face à ces 300 illustres profanes qui les somment d’amender leur livre saint. Demander à un musulman croyant, imam de surcroit, de changer l’emplacement d’une virgule dans le coran, c’est comme demander au Louvre de repeindre la gorge de la Joconde en noir parce que les islamistes trouvent son décolleté trop affriolant.

Maladroite, certes, et même « ignare » comme l’a sous-entendu Tareq Oubrou, l’injonction faite aux responsables musulmans de se justifier sur les versets criminogènes contenus dans le coran a tout de même le mérite de sonner le glas d’une mystification. D’abord, à travers ce manifeste, 300 signataires d’horizons très divers affirment ne pas être dupes. Sauf à faire preuve d’une extrême mauvaise foi, plus personne ne croit à l’antienne répétée en chœur par les Imams de France et de Navarre face au fléau terroriste. Non, la succession des crimes idéologiques perpétrés à coups d’ »Allah Akbar » n’est ni l’œuvre hasardeuse de détraqués mentaux mystérieusement inspirés par le même génie profane, ni le fruit amère d’une civilisation occidentale intrinsèquement raciste et oppressive pour « une communauté musulmane » dont la jeunesse désœuvrée exprimerait ainsi de façon ultime son extrême désespoir. Si tel avait été le cas, on ne compterait pas les victimes du terrorisme islamique par milliers sous les cieux où règne l’Islam.

Ensuite, la proposition faite par les Imams signataires de l’appel des 30 de remédier au fondamentalisme en enseignant le « bon » islam – le leur – ne résiste pas non plus à l’analyse. En refusant encore une fois toute critique de fond des textes islamiques, parce que l’Islam serait foncièrement vertueux et mal interprété, Tareq Oubrou qui s’est fait connaître pour son projet très louable de régénérer l’islam de France, un islam qui selon lui doit être nourri de l’esprit des Lumières, semble ne pas se donner les moyens de ses ambitions. Comment réformer l’islam sans le critiquer, sans le pousser dans ses retranchements, sans le questionner sur la nature du coran, crée ou incrée, et sur la question du Salut dans la foi musulmane ? En effet, l’imam et ses comparses usent et abusent du postulat éculé de « l’islam religion de paix et d’amour » victime à la fois de « stigmatisation » de l’Occident et de mauvaise interprétation de la part de ceux de plus en plus nombreux qui commettent des crimes de masse en son nom.

« Citoyens aussi, nous voulons proposer notre expertise théologique aux différents acteurs qui sont confrontés aux phénomènes de la radicalisation dans les prisons, dans les établissements publics, fermés et ouverts, afin de répondre à des aberrations religieuses par un éclairage théologique lorsque les arguments avancés par ces jeunes sont d’ordre religieux. Une expertise que seuls les imams peuvent apporter », écrivent-ils. Autrement dit, à chaque fois que le texte coranique leur est opposé, et bien qu’il soit d’une très grande clarté quant au sort des Juifs, des chrétiens, des incroyants et des femmes, les imams éluderont en évoquant des complexités exégétiques qui ne sont en réalité qu’un écran de fumée. Ils renverront leur interlocuteur à son ignorance supposée du contexte, de la langue arabe ou des subtilités exégétiques pour s’affirmer comme seuls à pouvoir comprendre l’Islam. Les seuls donc à pouvoir sauver la France et le monde d’une menace idéologique pourtant contenue dans la foi qu’ils prêchent. Le tour de passe-passe est remarquable.
En réalité, s’adjuger le monopole de la compréhension du coran revient à mettre à l’index le corpus textuel islamique pour n’en distiller au public que ce qui en lustre l’image et paraît convenable pour les oreilles de la République. Les imams s’instaurent ainsi en clergé ad hoc, mais ils refuseront de se reconnaître comme tels à chaque fois qu’ils seront sommés de réformer leur dogme. En effet, comment toucher aux textes saints lorsque chacun sait qu’en Islam, il n’y a pas de clergé ?

L’antisémitisme, une science islamique ?

Si les imams reconnaissent à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, ils le décrivent volontiers comme une regrettable conséquence de l’ignorance de certains musulmans. Ces « ignares » qui n’ont pas pu profiter des Lumières des imams « modérés » de France se seraient ainsi formés à l’antisémitisme auprès de sombres réseaux anonymes sur Internet. Encore une mystification, pour ne pas dire un pur mensonge. Si n’importe quelle personne sachant lire l’arabe comme moi peut accéder à une riche bibliographie antisémite en effectuant une simple recherche sur Internet ou dans n’importe quelle bibliothèque du monde musulman, nos imams éclairés de France ne peuvent ignorer l’existence de tels « travaux ». Contrairement à ce que prétendent ces imams plus soucieux de lustrer leur image que de dire la vérité, les écrits antisémites ne sont pas toujours l’œuvre des prédicateurs autoproclamés des sous-sols. Citons quelques exemples !

Abdul Rahim Shareef, Doyen de la faculté de Charia à l’Université de Zarqa en Jordanie, titulaire – entre autres – d’un doctorat en exégèse coranique à l’Université de Damas en 2006, est l’auteur d’une recherche intitulée « Les caractéristiques des Juifs dans le coran ». En s’appuyant sur plus de 13 versets coraniques que sa qualité de docteur en exégèse habilite parfaitement à interpréter, il en sort que les juifs présentent huit caractères majeurs : le non partage de la sagesse, l’avarice, la cupidité, la couardise, la trahison, le mensonge, le vandalisme et le crime (ils assassinent les prophètes).
Voilà donc à quoi ressemble un travail académique en sciences islamiques dans un pays comme la Jordanie.

Les imams de France ne peuvent l’ignorer, l’étude des juifs semble même obséder les « savants » de l’Islam. Un autre universitaire, Abdullah Ben Radi Al Shamri, docteur en Charia mention Fiqh, professeur de théologie à l’Université de Hail en Arabie Saoudite, écrit sur le sujet : « Nous ne pourrons comprendre les Juifs que grâce à la description que Dieu en fait dans le coran. La raison de notre faiblesse face à eux, de l’humiliation qu’ils nous infligent et de notre sang qu’ils font couler, c’est que nous nous sommes éloignés des enseignements coraniques sur notre combat face à eux et que nous les avons substitués par une législation internationale et des considérations politiques (….) Les Juifs que nous voyons aujourd’hui sont les mêmes que Dieu a maudits depuis le septième ciel, ils ne sont pas différents de leurs ancêtres. Ils combattent même l’islam avec des moyens encore plus pervers (…) ». L’auteur de ces lignes compte à son actif plusieurs conférences en Europe, dont une en France, une à la faculté islamique de Bruxelles, une à Barcelone, et d’autres au Canada et ailleurs dans le monde.
Pour finir, l’auteure libanaise Salam Al Haj, diplômée en communication et en démographie à l’Université libanaise, ancienne journaliste du quotidien Al-Safîr, dénombre 24 caractéristiques des Juifs dans son étude « Qui sont les Juifs et quelles sont leurs caractéristiques dans le coran ? ».
Selon elle, aux huit tares citées plus haut, les Juifs se caractériseraient en outre et non exhaustivement par leur cruauté, leur insolence, et par leur idolâtrie de l’argent. Les « études » comme celles-ci sont légion dans les universités islamiques. Nier leur existence soulève la question de la sincérité des Imams de France lorsqu’ils proposent de promouvoir un islam des Lumières, compatible avec les valeurs républicaines.

De la contextualisation sélective
La seule posture acceptable de la part de Tareq Oubrou et de ses cosignataires, c’est non seulement la condamnation la plus ferme de ce type de travaux produits par leurs condisciples, mais surtout la réfutation absolue de ces thèses sur le plan intellectuel et théologique. Ils pourraient le faire, si seulement ils sortaient de leur posture identitaire. Non, Messieurs les Imams, vous n’êtes pas des ambassadeurs de l’Islam, vous n’avez pas un rôle de représentation, vous n’êtes pas la voix des musulmans de France, car ces derniers – ne vous en déplaise – ne sont pas une communauté, mais des individus. Des individus qui ne vous ont jamais élus.
L’Islam en France est-il à ce point devenu l’otage du paradigme identitaire qu’il en est devenu impensable d’en discuter le fond ? Qui oserait parler d’un catholicisme des Lumières devant un concert de rock irlandais, une exposition d’un artiste italien ou un défilé de mode d’un créateur français, simplement parce que les protagonistes sont nés dans des familles catholiques ? Pourquoi leurs congénères nés d’origines tunisienne, algérienne ou marocaine seraient-ils condamnés à être qualifiés et évalués par le spectre d’une identité religieuse monolithique aussi chimérique que dangereuse ?

Ceux parmi les musulmans éclairés qui s’évertuent à nous expliquer que les Musulmans peuvent être des personnes fréquentables ne nous apprennent rien. Nous autres Français de toutes origines avons suffisamment de sagesse politique et de valeurs humanistes pour nous permettre de critiquer ce fascisme qui se développe au sein de l’Islam sans en faire porter la responsabilité à tout individu né musulman, qu’il soit croyant ou pas, qu’il pratique la religion de ses pères ou qu’il ait choisi de s’y convertir. Ceux qui, par le déni de l’évidence, tentent de nous faire croire que l’Islam ne souffre aucun soupçon d’antisémitisme nous mentent. Nous n’avons pas besoin de leur discours infantilisant pour puiser en la civilisation islamique ce qui nous permettra de vivre avec nos concitoyens juifs.

Pour ma part, je n’ai jamais oublié la leçon de Fahmi Shanti, et je n’oublie pas non plus qu’il fut un temps où les cieux musulmans de l’Empire ottoman étaient bien plus cléments pour les Juifs que n’importe quel pays chrétien. Et pendant les temps les plus sombres en Europe, il valait bien mieux être juif à Alger, Fès ou Alexandrie qu’à Paris ou Berlin.

Expurger le coran n’est pas une hérésie, mais un contresens
Faut-il pour autant faire l’ablation de tout ce qui dans le coran ne correspond pas aux valeurs de la République ? Sans craindre d’offenser les musulmans, je suis en droit de me demander s’il en resterait alors grand-chose. Faire de l’archéologie coranique est nécessaire, mais vouloir l’expurger de ses versets barbares pour le rendre plus adapté à notre époque revient à en reconnaître le caractère législatif. Or, c’est bien parce que le coran est vu comme une constitution par une large partie de musulmans qu’il pose problème. Pas moins de 8 versets coraniques affirment que la terre est plate.
La science a-t-elle attendu pour autant que M. Oubrou et ses comparses les frappent d’obsolescence pour établir l’évidence ?

Au pays de Voltaire, à l’épreuve de la raison, l’Islam sacré des prédécesseurs arrive à péremption. Comme le catholicisme avant lui, il faudra que l’inconscient collectif français le désacralise pour le remettre à la seule place que devrait allouer une démocratie moderne en 2018 à un corpus législatif rédigé il y a 15 siècles en Arabie préislamique. Nul besoin d’expurger le coran que la tradition nous a transmis aujourd’hui s’il est tenu pour ce qu’il devrait : un livre ancien renfermant à la fois la sagesse et la barbarie des temps où il fut rédigé. L’Islam peinera à se renouveler tant que ses théologiens et ses fidèles défendront l’idée que Dieu est éternel, et que le coran est sa parole incréée. L’édifice intellectuel islamique continuera inexorablement à se fissurer jusqu’à effondrement total, tant que les questions fondamentales autour du coran, ses auteurs, sa chronologie, sa fabrication en tant que livre saint, seront soigneusement éludées par les imams.

Ce qui se joue à travers cette bataille des pétitions, c’est que l’omerta qui a entouré le dogme islamique pendant des siècles, usant de coercition et de violence contre tous les esprits éclairés qui ont osé induire le doute, est en train de céder à l’esprit critique et anticlérical français. Ce qui a été protégé à coup de lois anti blasphématoires ailleurs ne saura résister longtemps à la liberté du débat en France. Les crimes antisémites ou les attentats de « Charlie Hebdo » doivent être compris pour ce qu’ils sont : une ultime tentative de semer la terreur pour masquer la faillite intellectuel du dogme islamique tel que défendu par ses imams aujourd’hui.

Zineb El Rhazoui

31 août 2016

Patrick Kessel, Président du Comité Laïcité République.

Classé dans : tout est politique — eructeuse @ 9 h 47 min

Éditorial de Patrick Kessel, Président du Comité Laïcité République.

⏸ Le feuilleton de l’été « burkini-beach » a illustré une nouvelle fois l’ampleur de la confusion qui s’est installée dans les têtes. La vivacité des réactions montre qu’on touche désormais au dur et que les tensions sociales sont de plus en plus fortes.

Certains se sont insurgés que des mairies interdisent sur certaines plages, le port du « burkini », version estivale du tchador. Ne soyons pas dupes. On imagine qu’à quelques coudées de l’élection présidentielle, les arrière-pensées politiciennes ne sont pas absentes, en particulier chez ceux qui n’ont guère témoigné d’intérêt pour la laïcité dans le passé ! Voire qui l’ont combattue. Ou qui cherchent à l’instrumentaliser. On peut se dire qu’en d’autres temps, cette provocation, traitée comme un fait divers, comme l’affaire des seins nus sur la plage de Saint Tropez, aurait pu être accueillie avec un sourire ironique.

Pour autant, si le burkini n’était qu’un simple signe de religiosité, il ne poserait pas plus de problème que le port d’une petite croix au bout d’une chaine. Mais dès lors qu’il s’exhibe en signe ostentatoire d’appartenance communautaire, en affichage militant, en manifestation de prosélytisme d’un système d’asservissement de la femme, au risque de susciter provocation et trouble à l’ordre public, il sort de la liberté religieuse pour entrer dans la provocation politique…

Provocation nouvelle qui s’inscrit dans la liste déjà longue (piscines, crèches, hôpitaux, écoles, universités, prisons…) des dégâts occasionnés par des revendications communautaristes. La véritable dimension politique du burkini apparaît clairement lorsque dans le même temps, des images font le tour du monde montrant des femmes musulmanes tout juste libérées de la barbarie islamiste en Syrie, brûler de joie la burqa dans laquelle on les enfermait de force. C’est pourquoi, il n’est pas acceptable de laisser se banaliser des pratiques dont les femmes sont encore et toujours les victimes et qui, de concessions en concessions affaiblissent les principes mêmes du vivre ensemble républicain.

Pour autant, la laïcité que certains découvraient pour l’occasion, a été bien à tort convoquée dans la polémique. En fait, ce n’est pas de laïcité, au moins dans sa dimension juridique actuelle, qu’il s’agit mais, comme dans l’affaire de l’interdiction du voile intégral dans l’espace public, de la dignité de la femme et du danger que ces dérives font peser sur l’ordre public et la paix sociale.

Ceux qui croient pouvoir dénoncer une atteinte aux libertés font semblant de croire qu’il est interdit d’interdire et que tout vaut tout. Sont-ils favorables à la liberté pour chacun d’exhiber sa nudité sur toutes les plages ? Et pourquoi pas dans la rue ? Faudra-t-il accepter demain, au nom de la liberté des communautés, la ségrégation des garçons et des filles à l’école, l’instauration de plages réservées en fonction de la religion, la mise en place de wagons réservés dans les transports en commun, de tables dans les restaurants… ? En fait, il ne s’agit pas de libertés mais d’une guérilla livrée pour tester la capacité de résistance de la République. Et pour ce qui concerne les activistes du communautarisme islamiste, d’instrumentaliser les musulmans dont l’immense majorité veut vivre en citoyens comme et avec les autres. Leur objectif n’est pas de promouvoir des libertés nouvelles mais bien d’empêcher toute sécularisation de l’Islam en France.

Mais, ceux qui, une nouvelle fois pratiquent le déni face à ces inquiétantes dérives, prennent la lourde responsabilité de laisser s’installer un climat de tension menaçant pour la paix sociale. Le risque est sérieux de voir des communautés chauffées à blanc passer de la provocation à la violence. Le danger est réel de voir l’extrême-droite profiter de ces provocations et gober le fruit mûr lorsqu’il tombera de l’arbre.

L’opinion attend que soit tracée une limite à la tyrannie montante des différencialismes. Attention à ce que le besoin d’autorité de l’Etat qu’elle exprime de plus en plus fortement pour faire respecter la loi commune ne bascule en faveur d’une irrationnelle soif d’Ordre.

L’ordonnance du Conseil d’Etat marque une étape mais pas la fin d’un processus marqué par l’exacerbation croissante des crispations. Il devient urgent d’apporter des réponses politiques responsables en faveur de la loi commune, à défaut de quoi, prise en tenailles entre islamistes et xénophobes, c’est la République et ses fondements universalistes, au premier rang desquels la laïcité, qui se trouveront menacés.⏸

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