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9 mars 2021

VALERIE TORANIAN

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 14 h 22 min

LA MORT DE L’UNIVERSALISME C’EST LA FIN DU FÉMINISME ( tiré de la REVUE DES DEUX MONDES)

Je me souviens du temps où le féminisme était d’abord universaliste. On ne faisait pas le tri entre les femmes de culture et de religion différentes pour décider de leurs droits à être nos égales ou pas. Les droits des femmes concernaient toutes les catégories de femmes. À des échelles différentes et avec des nuances. Les femmes précaires étaient plus vulnérables que les femmes CSP ++, les femmes précaires et immigrées encore plus exposées que toutes les autres. L’intersectionnalité, avant de verser dans la folie tyrannique des minorités, c’était d’abord cette reconnaissance de multiples sources de discrimination. Et le féminisme universaliste embrassait toutes ces dimensions. Pas d’essentialisation, d’assignation à la race ou à la religion. Des combats à mener. Contre le sexisme, les discriminations, les inégalités. Que le système d’oppression soit blanc, noir, arabe, musulman, africain, orthodoxe juif, catholique intégriste ou évangéliste. Pas de sororité identitaire excluant celui/celle qui ne me ressemble pas (et bien sûr les hommes..). Plutôt la solidarité. Les féministes occidentales n’étaient pas des « blanches néo-colonialistes » mais souvent les porte-voix des femmes sans voix. Celles qui subissaient des lois iniques, des violences systématiques, à qui on refusait l’éducation, l’école, l’accès à la santé. Celles qui subissaient le viol comme arme de guerre. Celles qu’on interdisait de parole, de visibilité, qu’on mariait de force, qu’on excisait, qui subissaient la polygamie.

Lorsque ces pratiques sont arrivées en France, les féministes universalistes n’ont pas pensé que ces femmes immigrées, tant pis pour elles !, appartenaient à des communautés dont il fallait respecter les usages et les mœurs. Et qu’on pouvait donc les laisser sur le carreau. À partir du moment où la République française les accueillait, ces femmes avaient des devoirs mais aussi des droits. En France, nous sommes toutes les héritières d’Olympe de Gouges, de Simone de Beauvoir, de Simone Veil et des luttes des années soixante-dix.

« Le néo-féminisme intersectionnel et racisé fait aujourd’hui la promotion d’un identitarisme obsessionnel qui fut l’apanage de l’extrême droite. Et toutes les forces de progrès applaudissent, à l’exception de la gauche républicaine universaliste, hélas bien moins audible. »

Lorsque l’islam politique, importé par les salafistes et les Frères musulmans, s’est mis en marche dans les quartiers, poussant en première ligne les femmes voilées, étendards d’un séparatisme affiché, pas question de dire démagogiquement que c’était « leur droit ». Il importait, au contraire, de redire que tous les « droits » ne se valent pas : le foulard est le marqueur d’une idéologie totalitariste qui ne reconnaît pas aux femmes leur pleine égalité avec les hommes. Qu’elles portent le foulard librement et avec fierté en fait des militantes de l’islamisme, pas des militantes du féminisme.

Je me souviens que la gauche fut longtemps le fer de lance du combat féministe universaliste. La religion était l’opium du peuple, pas le nouvel horizon du progrès. Le combat contre le racisme n’était pas devenu le combat contre l’islamophobie au nom d’une bigoterie post-moderne invraisemblable. La laïcité était une fierté pas un concept honteux dont on n’ose même plus se revendiquer de peur d’être traité de « laïcard islamophobe ».

L’étude légitime des crimes du colonialisme ne s’était pas transformée en doxa indigéniste décoloniale interdisant aux Blancs de prendre la parole sur des questions historiques ou culturelles, censurant toute parole non conforme au dogme racialiste. Les réseaux sociaux, très investis par les mouvements néo-féministes intersectionnels et décoloniaux, ne faisaient pas encore la loi semant la terreur dans les médias terrorisés à l’idée du bad buzz. On n’interdisait pas des camps de vacances décoloniaux aux Blanches. On ne sonnait pas l’hallali lorsqu’une Irlandaise traduisait la chanson d’une Afro-américaine. On ne hurlait pas à l’appropriation culturelle lorsqu’une Blanche chantait le blues.

Le néo-féminisme intersectionnel et racisé fait aujourd’hui la promotion d’un identitarisme obsessionnel qui fut l’apanage de l’extrême droite. Et toutes les forces de progrès applaudissent, à l’exception de la gauche républicaine universaliste, hélas bien moins audible. Comme le dit Abnousse Shalmani, « orpheline de son électorat ouvrier, la gauche se console avec les islamistes ». Sinistre conversion. L’UNEF était un syndicat étudiant de gauche et féministe, pas un syndicat porteur, à travers sa présidente voilée, des valeurs de l’islam politique.

Le féminisme combattait le viol, pas le viol émanant exclusivement des prédateurs blancs occidentaux hétérosexuels. Un violeur noir n’est pas un prédateur, c’est une victime, nous disent les néo-féministes décoloniales. Même chose pour l’agresseur sexuel musulman. Souvenez-vous de la Saint-Sylvestre à Cologne et des intellectuels islamogauchistes nous expliquant que ces hommes d’origine maghrébine, donc victimes, avaient agressé des femmes blanches, donc coupables (être Blanche est une faute, être une femme blanche marchant dans la rue est une provocation ?). Tant pis si la victime du prédateur racisé est souvent racisée. Au nom de sa culture et de sa couleur, elle doit se taire.

« Le néo-féminisme est l’incarnation de son époque, séduite par les extrêmes, très perméable aux discours de haine, y compris à la haine de soi. Une époque post-moderne où n’existe plus que des valeurs et des principes alternatifs, tous équivalents. »

Le féminisme a toujours été traversé par des courants plus radicaux que d’autres. La nouveauté est que la radicalité est devenue le courant mainstream du féminisme. #Metoo avec la libération de la parole sur le harcèlement (notamment en entreprise) est un progrès. #Balancetonporc est un naufrage moral. Accompagner et aider les victimes de violence est une obligation. Poser comme dogme #victimejetecrois, en dépit des règles de l’État de droit, est une capitulation.

Le néo-féminisme est l’incarnation de son époque, séduite par les extrêmes, très perméable aux discours de haine, y compris à la haine de soi. Une époque post-moderne où n’existe plus que des valeurs et des principes alternatifs, tous équivalents.

Dans ce naufrage féministe des principes, dans cet océan de bêtise et de confusion, il faut donc saluer avec force celles qui résistent et continuent contre vents et marées à défendre un féminisme universaliste. Loin des théories décoloniales et racialistes qui nous font violemment régresser, elles sont les héritières de Simone de Beauvoir, d’Élisabeth Badinter, d’Annie Sugier, de Catherine Kintzler, d’Élisabeth de Fontenay. Hommage et respect à Abnousse Shalmani, Fatiha Boudjahlat, Zineb El Rhazoui, Hala Oukili, Mila, Françoise Laborde, Caroline Fourest, Tania de Montaigne, Peggy Sastre, Sonia Mabrouk, Lydia Guirous, Rachel Kahn… et toutes celles qui partagent leurs combats.

19 janvier 2021

La moutarde me monte au nez ! Trop c’est trop ! Touchez pas aux petites filles ! Merci madame Fatiha Agag-Boudjahlat !

Classé dans : Art et culture, la vie des avis,La cause des Femmes — eructeuse @ 15 h 18 min

Sur marianne.fr

Un amendement déposé par des députés La République En Marche (LREM) puis jugé irrecevable a remis sur la table le débat sur le port du voile par les fillettes. Marianne en parle avec Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et auteure d’un ouvrage sur cette pratique.

Aussitôt déposé, aussitôt retoqué. Quelques jours seulement après son dépôt par les députés LREM Aurore Bergé (Yvelines) et Jean-Baptiste Moreau (Creuse), l’amendement visant à interdire le voilement des fillettes dans le cadre du projet de loi visant à conforter le respect des principes républicains a été jugé irrecevable car dépassant le périmètre du texte. Mais le débat ne s’arrête pas là. Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et auteure de Combattre le voilement – Entrisme islamiste et multiculturalisme (Cerf) estime que l’interdiction du voilement des fillettes relève de la protection de l’enfance. Entretien.

Marianne :Quelle signification revêt le voilement d’une fillette ?

Fatiha Agag-Boudjahlat : Le voilement, qu’il concerne des enfants ou des femmes adultes, qu’il soit imposé comme en Iran, ou non comme en Europe, ne change ni de sens ni d’effet. La femme est soumise à la sainte trinité patriarcale. Elle doit être vierge, discrète, pudique. Le voilement, que ce soit pour les adultes ou les enfants réduit la femme à un organe génital total. Sa chevelure est présentée comme susceptible d’exciter le désir des hommes.

Le voilement, que ce soit pour les adultes ou les enfants réduit la femme à un organe génital total.

Quand il s’agit d’enfants, quelles sont les conséquences sur leur développement ?

Pour les islamistes, l’enjeu du voilement des fillettes est de les formater suffisamment tôt pour qu’elles ne s’écartent jamais de cette voie. Voiler des enfants vise à les emprisonner dans une ultraorthodoxie. Peu à peu, par cette pratique, on apprend à la fille qu’elle a des obligations que les garçons n’ont pas. On lui inculque l’idée qu’en tant que fille, elle constitue une vulnérabilité pour la famille. On lui impose une situation d’invisibilité pour ne pas exciter les hommes. Le voilement relève de l’hypersexualisation du corps des enfants. Mais le voilement des fillettes produit aussi des effets sur les petits garçons : ils intègrent que les femmes sont différentes. Les garçons apprennent qu’une fille qui se respecte est une fille qui se voile.

Pour les islamistes, l’enjeu du voilement des fillettes est de les formater suffisamment tôt pour qu’elles ne s’écartent jamais de cette voie.

Pourtant, certains défendent de ne pas l’interdire au nom de la liberté religieuse ou parce qu’ils craignent qu’une telle mesure stigmatise.

Je ne supporte plus que l’accusation de stigmatisation soit un prétexte pour ne pas faire avancer les choses. Le voilement ne correspond à aucune pratique musulmane du Maghreb, cela vient d’Afghanistan. En Algérie, par exemple, ceci n’existe pas. Je ne comprends pas comment des féministes peuvent défendre le voile, il n’y a rien de plus patriarcal. Les féministes parlent de consentement, mais la religion est le mécanisme le plus efficace d’emprise sur les êtres. Un enfant ne souhaite qu’une chose : plaire à ses parents.

Sait-on à quel point le voilement des fillettes est répandu en France ? Existe-t-il des chiffres ?

Il n’y a aucun chiffre car les ministères de l’éducation, de la santé et de l’intérieur s’interdisent d’enquêter. On refuse de considérer l’islamisme comme une dérive sectaire. Néanmoins, je constate que lorsque j’étais petite, moi-même fille d’immigrés, je rencontrais très peu d’enfants voilées. Maintenant, je croise des enfants de trois ou quatre ans qui portent le foulard. Ce n’est pas anecdotique, c’est surtout symptomatique d’une normalisation de pratiques ultraorthodoxes. En Algérie, mes parents n’ont jamais vu ça. On introduit l’idée qu’un bon musulman est un islamiste.

Comment lutter contre ce phénomène ?

La mère des réformes serait de remplacer la notion d’autorité parentale par celle de responsabilité parentale. Il faut une commission parlementaire pour revoir la protection de l’enfance. Nous avons hérité d’une pratique bonapartiste qui consiste à sacraliser l’autorité parentale, comme si les parents étaient propriétaires du corps de leur enfant. Il est indispensable de clarifier le statut juridique de l’enfant. La Convention internationale des droits des enfants leur garantit la possibilité de se construire une personnalité mais garantit surtout aux parents le droit de leur transmettre leur culture. Que fait-on s’il y a une contradiction entre les deux ?

Quelle est la distinction entre autorité et responsabilité parentale ?

L’autorité parentale fait croire que le rôle des parents consiste à exercer un pouvoir sur leur enfant. La responsabilité suggère que les parents ont des devoirs vis-à-vis des enfants, et non des droits. Ils ont le devoir de prendre soin de leurs enfants. La protection de l’enfance à l’heure actuelle est un scandale d’État. Il faut réintroduire un défenseur des enfants qui ne dépende pas du Défenseur des Droits. Les enfants radicalisés disparaissent des radars. Ils ne sont pas scolarisés, ou seulement à domicile. Il est urgent de repenser la protection de l’enfance.

Il est urgent de repenser la protection de l’enfance.

Dans ce travail de réforme de la protection de l’enfance, que proposez-vous précisément pour bannir le voilement des fillettes ?

La loi a déjà intégré que la maltraitance ne se limite pas seulement à des atteintes physiques, mais inclut également des violences psychologiques. Je propose d’avancer en interdisant les « exigences éducatives disproportionnées », terme formulé dès 1988 par la commission Jacques Barrot sur la protection de l’enfance. C’est l’argument juridique qui permettrait de bannir le voilement des fillettes. Chantal Jouanno s’était déjà appuyée dessus pour interdire les concours de mini-miss. Les exigences éducatives disproportionnées permettraient également d’interdire les certificats de virginité ou la pratique du ramadan par les enfants. Il y a deux ans, je me souviens avoir envoyé à l’infirmerie un élève qui pratiquait le jeûne et se sentait mal. Quand l’infirmière a appelé les parents, ils lui ont répondu qu’elle laisse dormir leur fils car il ne devait pas casser le ramadan.

Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau ont déposé leur amendement pour interdire le voilement des fillettes dans le cadre du projet de loi confortant le respect des principes républicains. Mais à vous entendre, l’enjeu relève plus de la protection de l’enfance que de la laïcité.

Oui. Je savais que ce que proposait Aurore Bergé était voué à l’échec. La question du voilement des fillettes est une question de maltraitance des enfants. Il ne faut pas convoquer la laïcité à tout bout de champ. Une commission parlementaire sur la protection de l’enfance traiterait aussi bien de l’inceste, des exigences éducatives disproportionnées que de l’accès à la pornographie.

Y a-t-il également une frilosité politique à avancer sur ce sujet ?

LREM n’avance que lorsqu’il y a un attentat. Il faut qu’une tête tombe pour qu’ils bougent. LREM défend une conception multiculturaliste, comme ces sinistres sires de la France Insoumise qui combattent le patriarcat jusque dans les toilettes d’Alain Finkielkraut mais qui n’ont aucun problème avec le voilement des fillettes. Sur la protection de l’enfance, on est en train d’avancer sur la pédophilie. Mais sur le sujet du voile, dès qu’on le mentionne, on ressort l’accusation de stigmatisation. D’autres affirment qu’il faudrait aussi interdire les croix ou les kippas. Or, une kippa ne fait pas des cheveux d’un homme un organe génital qu’il faut cacher. La loi de 1905 visait clairement l’Église. Il faut s’adapter au contexte et aux religions.

LREM n’avance que lorsqu’il y a un attentat. Il faut qu’une tête tombe pour qu’ils bougent.

Tout cela est dramatique car si les islamistes arrivent à contrôler les enfants, l’orthodoxie se banalisera complètement. Il faut agir, il n’y a rien de plus faible que les enfants.

29 avril 2018

Lu et approuvé, article de Zineb El Rhazoui

Classé dans : tout est politique — eructeuse @ 13 h 48 min

Article pris sur la page FB de Laïcité 30

Zineb, ex journaliste de Charlie Hebdo, revient sur l’antisémitisme dans le Coran.

« Au pays de Voltaire, à l’épreuve de la raison, l’Islam sacré des prédécesseurs arrive à péremption. Comme le catholicisme avant lui, il faudra que l’inconscient collectif français le désacralise pour le remettre à la seule place que devrait allouer une démocratie moderne en 2018 à un corpus législatif rédigé il y a 15 siècles en Arabie préislamique. Nul besoin d’expurger le coran que la tradition nous a transmis aujourd’hui s’il est tenu pour ce qu’il devrait : un livre ancien renfermant à la fois la sagesse et la barbarie des temps où il fut rédigé. L’Islam peinera à se renouveler tant que ses théologiens et ses fidèles défendront l’idée que Dieu est éternel, et que le coran est sa parole incréée. L’édifice intellectuel islamique continuera inexorablement à se fissurer jusqu’à effondrement total, tant que les questions fondamentales autour du coran, ses auteurs, sa chronologie, sa fabrication en tant que livre saint, seront soigneusement éludées par les imams. »

La journaliste et militante Zineb El Rhazoui réagit au « manifeste contre le nouvel antisémitisme ».

Zineb El Rhazoui, également connu sous le nom de plume Zineb, est l’une des femmes les plus protégées de France. Cette ex-journaliste à « Charlie Hebdo » est aujourd’hui militante des droits de l’homme et théologienne. En exclusivité pour « l’Obs », elle réagit à la publication du « manifeste contre le nouvel antisémitisme ».

Lorsque j’ai entendu le mot « Yhoudi » (juif) pour la première fois, il y a plus de 30 ans au Maroc, il sonnait comme une insulte. C’était dans un large rassemblement familial, le genre de réunions où les adultes profitant des retrouvailles s’irritent de leur marmaille qui court dans tous les sens. Quelqu’un venait de traiter son enfant de « Yhoudi ould lyhoud (juif fils de juifs) pour lui dire qu’il était un vilain garnement. J’allais avoir l’occasion d’entendre cette « insulte » sous différentes formes au cours de ma vie au Maroc, un pays dont j’ai pourtant appris plus tard qu’il était le moins antisémite du monde arabe.
« Hachak » (sauf votre respect) est un mot que les Marocains, très soucieux de la politesse verbale, accolent à tout terme infamant. Ainsi, un Marocain dira « la poubelle hachak » ou « l’âne hachak ». Mais plus étonnant encore, beaucoup de Marocains diraient « une femme sauf votre respect » ou « un juif sauf votre respect ». D’ailleurs, la légende ne raconte-t-elle pas qu’avant l’extinction des lions de l’Atlas, en des temps immémoriaux, le voyageur qui craignait une attaque des fauves devait s’entourer de Juifs, un gibier si vil que le roi des animaux ne s’abaisserait pas à le chasser ?

Un peu plus tard à l’école primaire Al-Amani à Casablanca où j’apprenais des rudiments d’arabe, de français, et beaucoup de cours religieux, il se murmura dans la cour que la maison mitoyenne était habitée par des Juifs. Nous-nous crûmes alors autorisés, nous autres petits écoliers d’un établissement privé plutôt bourgeois, à balancer des insultes et des détritus depuis les fenêtres de nos classes. La propriétaire s’en plaignit au directeur, un lauréat de l’université théologique d’Al Azhar au Caire et docteur en littérature arabe, qui, furieux, nous administra une punition exemplaire. Pour la première fois, les antisémites en herbe que nous étions venaient d’apprendre que haïr les Juifs était quelque chose de mal. Ironie du sort, c’était M. Fahmi Shanti, un brillant intellectuel palestinien réfugié au Maroc où il avait fondé notre école, qui nous l’a appris.
Cette leçon, je n’allais jamais l’oublier. J’en retins que l’antisémitisme -n’en déplaise aux détracteurs de George Bensoussan- est bel et bien un atavisme que l’on a de fortes chances de téter du sein de sa mère pour peu que l’on reçoive une éducation islamique standard. Un atavisme, certes, mais pas une fatalité. J’en retins également que la cause palestinienne ne peut être prétexte à l’antisémitisme, même pour ceux qui ont en personnellement fait les frais comme M. Shanti. J’en retins surtout que tout théologien d’Al Azhar qu’il était, le directeur de l’école tenait avant tout à avoir des relations de bon voisinage. Si lui parvenait à vivre ensemble avec ses voisins juifs, pourquoi en France nous n’y parviendrions pas ?

L’antisémitisme musulman, le mot est lancé
Dans un « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » publié dimanche 22 avril dans « Le Parisien », 300 personnalités politiques, médiatiques et du monde des arts tirent la sonnette d’alarme quant à l’inquiétante recrudescence des crimes antisémites commis en France par des islamistes. Pour ceux qui les perpètrent, ces actes ont un nom : le Jihad. Afin de faire cesser ces ordalies au rabais qui envoient tout droit leurs auteurs auprès des Houries de l’Éden et qui contraignent les Juifs de France à migrer plus prosaïquement vers des cieux ou des quartiers plus sûrs, les signataires du manifeste exhortent les autorités théologiques islamiques de France à frapper du sceau de l’obsolescence les versets du coran appelant au meurtre des Juifs, des Chrétiens et des incroyants.
D’aucuns ont d’abord réagi au texte en pointant sa partialité, car le fait même d’évoquer un antisémitisme islamique serait « stigmatisant » pour toute une « communauté ». Les auteurs du manifeste se sont ainsi vus sommés de mentionner tous les antisémitismes ; celui de la fachosphère française et celui qui sévit eu Europe de l’Est, sous peine de se voir accuser de façon à peine voilée d’ »islamophobie ». Cette même dialectique de l’intimidation enjoint à toute personne qui s’exprime sur l’intégrisme islamique de valider d’abord « qu’il y a des intégristes dans toutes les religions ». L’argument en apparence équilibré n’est qu’une technique de réfutation qui permet de diluer le propos sans jamais en discuter le fond.

Toutefois, ce sont les principaux intéressés eux-mêmes qui mettent fin à ce début de polémique stérile pour amorcer le seul véritable débat qui compte : la part de responsabilité des textes islamiques dans ces crimes antisémites et l’opportunité de procéder à un toilettage du texte coranique pour l’expurger de ses versets violents. « Des Imams au service de la République française », publié dans « Le Monde » du 25 avril, est rédigé par Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux, et signé par 30 imams qui dénoncent « le terrorisme et les crimes antisémites » et les qualifient de « situation intenable ». Si la démarche a le mérite d’entériner à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, les imams républicains ne vont pourtant pas jusqu’à accéder à la requête qui leur est faite de revoir leur copie du coran.

L’ »imam modéré » ? Un mythe médiatique

L’expression est à la mode. Ou comment un oxymore se ferait presque passer pour un pléonasme. Lors de la polémique sur le burkini qui a empoisonné le débat estival en 2016, les imams français dits modérés ont magistralement raté l’occasion de prouver que « modérés », ils l’étaient vraiment. Quasiment tous ont défendu la « liberté » de ces anti-Mariannes des plages à s’afficher en tenue wahhabite, déplorant pour la plupart cette « islamophobie » si française, à une heure où la France n’avait pas encore fini d’enterrer les victimes des attentats de Nice. S’il y avait, certes, matière à débattre du bienfondé des décrets préfectoraux interdisant le burkini, il aurait suffi qu’un seul de ces imams lève le petit doigt pour dire que l’on peut parfaitement être musulmane et porter le maillot de bain pour qu’il mérite authentiquement son étiquette de « modéré ». Aucun ne l’a fait.

Le traditionnel ballet des « condamnations » de ces imams fait maintenant partie du décorum post-attentats. Pourtant, il y aurait lieu de se questionner sur l’opportunité de plébisciter des théologiens qui se contentent de condamner des crimes qui le sont déjà par la loi au lieu de condamner les textes qu’ils prêchent dans leurs mosquées et qui justifient ces mêmes crimes.

Dans le cas précis des attentats visant les citoyens de confession juive, il aura fallu des années depuis le forfait de Merah pour que les imams lâchent le mot « antisémitisme ». Mieux vaut tard que jamais. Toutefois la noblesse de l’intention affichée masque à peine l’affront ressenti par les imams face à ces 300 illustres profanes qui les somment d’amender leur livre saint. Demander à un musulman croyant, imam de surcroit, de changer l’emplacement d’une virgule dans le coran, c’est comme demander au Louvre de repeindre la gorge de la Joconde en noir parce que les islamistes trouvent son décolleté trop affriolant.

Maladroite, certes, et même « ignare » comme l’a sous-entendu Tareq Oubrou, l’injonction faite aux responsables musulmans de se justifier sur les versets criminogènes contenus dans le coran a tout de même le mérite de sonner le glas d’une mystification. D’abord, à travers ce manifeste, 300 signataires d’horizons très divers affirment ne pas être dupes. Sauf à faire preuve d’une extrême mauvaise foi, plus personne ne croit à l’antienne répétée en chœur par les Imams de France et de Navarre face au fléau terroriste. Non, la succession des crimes idéologiques perpétrés à coups d’ »Allah Akbar » n’est ni l’œuvre hasardeuse de détraqués mentaux mystérieusement inspirés par le même génie profane, ni le fruit amère d’une civilisation occidentale intrinsèquement raciste et oppressive pour « une communauté musulmane » dont la jeunesse désœuvrée exprimerait ainsi de façon ultime son extrême désespoir. Si tel avait été le cas, on ne compterait pas les victimes du terrorisme islamique par milliers sous les cieux où règne l’Islam.

Ensuite, la proposition faite par les Imams signataires de l’appel des 30 de remédier au fondamentalisme en enseignant le « bon » islam – le leur – ne résiste pas non plus à l’analyse. En refusant encore une fois toute critique de fond des textes islamiques, parce que l’Islam serait foncièrement vertueux et mal interprété, Tareq Oubrou qui s’est fait connaître pour son projet très louable de régénérer l’islam de France, un islam qui selon lui doit être nourri de l’esprit des Lumières, semble ne pas se donner les moyens de ses ambitions. Comment réformer l’islam sans le critiquer, sans le pousser dans ses retranchements, sans le questionner sur la nature du coran, crée ou incrée, et sur la question du Salut dans la foi musulmane ? En effet, l’imam et ses comparses usent et abusent du postulat éculé de « l’islam religion de paix et d’amour » victime à la fois de « stigmatisation » de l’Occident et de mauvaise interprétation de la part de ceux de plus en plus nombreux qui commettent des crimes de masse en son nom.

« Citoyens aussi, nous voulons proposer notre expertise théologique aux différents acteurs qui sont confrontés aux phénomènes de la radicalisation dans les prisons, dans les établissements publics, fermés et ouverts, afin de répondre à des aberrations religieuses par un éclairage théologique lorsque les arguments avancés par ces jeunes sont d’ordre religieux. Une expertise que seuls les imams peuvent apporter », écrivent-ils. Autrement dit, à chaque fois que le texte coranique leur est opposé, et bien qu’il soit d’une très grande clarté quant au sort des Juifs, des chrétiens, des incroyants et des femmes, les imams éluderont en évoquant des complexités exégétiques qui ne sont en réalité qu’un écran de fumée. Ils renverront leur interlocuteur à son ignorance supposée du contexte, de la langue arabe ou des subtilités exégétiques pour s’affirmer comme seuls à pouvoir comprendre l’Islam. Les seuls donc à pouvoir sauver la France et le monde d’une menace idéologique pourtant contenue dans la foi qu’ils prêchent. Le tour de passe-passe est remarquable.
En réalité, s’adjuger le monopole de la compréhension du coran revient à mettre à l’index le corpus textuel islamique pour n’en distiller au public que ce qui en lustre l’image et paraît convenable pour les oreilles de la République. Les imams s’instaurent ainsi en clergé ad hoc, mais ils refuseront de se reconnaître comme tels à chaque fois qu’ils seront sommés de réformer leur dogme. En effet, comment toucher aux textes saints lorsque chacun sait qu’en Islam, il n’y a pas de clergé ?

L’antisémitisme, une science islamique ?

Si les imams reconnaissent à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, ils le décrivent volontiers comme une regrettable conséquence de l’ignorance de certains musulmans. Ces « ignares » qui n’ont pas pu profiter des Lumières des imams « modérés » de France se seraient ainsi formés à l’antisémitisme auprès de sombres réseaux anonymes sur Internet. Encore une mystification, pour ne pas dire un pur mensonge. Si n’importe quelle personne sachant lire l’arabe comme moi peut accéder à une riche bibliographie antisémite en effectuant une simple recherche sur Internet ou dans n’importe quelle bibliothèque du monde musulman, nos imams éclairés de France ne peuvent ignorer l’existence de tels « travaux ». Contrairement à ce que prétendent ces imams plus soucieux de lustrer leur image que de dire la vérité, les écrits antisémites ne sont pas toujours l’œuvre des prédicateurs autoproclamés des sous-sols. Citons quelques exemples !

Abdul Rahim Shareef, Doyen de la faculté de Charia à l’Université de Zarqa en Jordanie, titulaire – entre autres – d’un doctorat en exégèse coranique à l’Université de Damas en 2006, est l’auteur d’une recherche intitulée « Les caractéristiques des Juifs dans le coran ». En s’appuyant sur plus de 13 versets coraniques que sa qualité de docteur en exégèse habilite parfaitement à interpréter, il en sort que les juifs présentent huit caractères majeurs : le non partage de la sagesse, l’avarice, la cupidité, la couardise, la trahison, le mensonge, le vandalisme et le crime (ils assassinent les prophètes).
Voilà donc à quoi ressemble un travail académique en sciences islamiques dans un pays comme la Jordanie.

Les imams de France ne peuvent l’ignorer, l’étude des juifs semble même obséder les « savants » de l’Islam. Un autre universitaire, Abdullah Ben Radi Al Shamri, docteur en Charia mention Fiqh, professeur de théologie à l’Université de Hail en Arabie Saoudite, écrit sur le sujet : « Nous ne pourrons comprendre les Juifs que grâce à la description que Dieu en fait dans le coran. La raison de notre faiblesse face à eux, de l’humiliation qu’ils nous infligent et de notre sang qu’ils font couler, c’est que nous nous sommes éloignés des enseignements coraniques sur notre combat face à eux et que nous les avons substitués par une législation internationale et des considérations politiques (….) Les Juifs que nous voyons aujourd’hui sont les mêmes que Dieu a maudits depuis le septième ciel, ils ne sont pas différents de leurs ancêtres. Ils combattent même l’islam avec des moyens encore plus pervers (…) ». L’auteur de ces lignes compte à son actif plusieurs conférences en Europe, dont une en France, une à la faculté islamique de Bruxelles, une à Barcelone, et d’autres au Canada et ailleurs dans le monde.
Pour finir, l’auteure libanaise Salam Al Haj, diplômée en communication et en démographie à l’Université libanaise, ancienne journaliste du quotidien Al-Safîr, dénombre 24 caractéristiques des Juifs dans son étude « Qui sont les Juifs et quelles sont leurs caractéristiques dans le coran ? ».
Selon elle, aux huit tares citées plus haut, les Juifs se caractériseraient en outre et non exhaustivement par leur cruauté, leur insolence, et par leur idolâtrie de l’argent. Les « études » comme celles-ci sont légion dans les universités islamiques. Nier leur existence soulève la question de la sincérité des Imams de France lorsqu’ils proposent de promouvoir un islam des Lumières, compatible avec les valeurs républicaines.

De la contextualisation sélective
La seule posture acceptable de la part de Tareq Oubrou et de ses cosignataires, c’est non seulement la condamnation la plus ferme de ce type de travaux produits par leurs condisciples, mais surtout la réfutation absolue de ces thèses sur le plan intellectuel et théologique. Ils pourraient le faire, si seulement ils sortaient de leur posture identitaire. Non, Messieurs les Imams, vous n’êtes pas des ambassadeurs de l’Islam, vous n’avez pas un rôle de représentation, vous n’êtes pas la voix des musulmans de France, car ces derniers – ne vous en déplaise – ne sont pas une communauté, mais des individus. Des individus qui ne vous ont jamais élus.
L’Islam en France est-il à ce point devenu l’otage du paradigme identitaire qu’il en est devenu impensable d’en discuter le fond ? Qui oserait parler d’un catholicisme des Lumières devant un concert de rock irlandais, une exposition d’un artiste italien ou un défilé de mode d’un créateur français, simplement parce que les protagonistes sont nés dans des familles catholiques ? Pourquoi leurs congénères nés d’origines tunisienne, algérienne ou marocaine seraient-ils condamnés à être qualifiés et évalués par le spectre d’une identité religieuse monolithique aussi chimérique que dangereuse ?

Ceux parmi les musulmans éclairés qui s’évertuent à nous expliquer que les Musulmans peuvent être des personnes fréquentables ne nous apprennent rien. Nous autres Français de toutes origines avons suffisamment de sagesse politique et de valeurs humanistes pour nous permettre de critiquer ce fascisme qui se développe au sein de l’Islam sans en faire porter la responsabilité à tout individu né musulman, qu’il soit croyant ou pas, qu’il pratique la religion de ses pères ou qu’il ait choisi de s’y convertir. Ceux qui, par le déni de l’évidence, tentent de nous faire croire que l’Islam ne souffre aucun soupçon d’antisémitisme nous mentent. Nous n’avons pas besoin de leur discours infantilisant pour puiser en la civilisation islamique ce qui nous permettra de vivre avec nos concitoyens juifs.

Pour ma part, je n’ai jamais oublié la leçon de Fahmi Shanti, et je n’oublie pas non plus qu’il fut un temps où les cieux musulmans de l’Empire ottoman étaient bien plus cléments pour les Juifs que n’importe quel pays chrétien. Et pendant les temps les plus sombres en Europe, il valait bien mieux être juif à Alger, Fès ou Alexandrie qu’à Paris ou Berlin.

Expurger le coran n’est pas une hérésie, mais un contresens
Faut-il pour autant faire l’ablation de tout ce qui dans le coran ne correspond pas aux valeurs de la République ? Sans craindre d’offenser les musulmans, je suis en droit de me demander s’il en resterait alors grand-chose. Faire de l’archéologie coranique est nécessaire, mais vouloir l’expurger de ses versets barbares pour le rendre plus adapté à notre époque revient à en reconnaître le caractère législatif. Or, c’est bien parce que le coran est vu comme une constitution par une large partie de musulmans qu’il pose problème. Pas moins de 8 versets coraniques affirment que la terre est plate.
La science a-t-elle attendu pour autant que M. Oubrou et ses comparses les frappent d’obsolescence pour établir l’évidence ?

Au pays de Voltaire, à l’épreuve de la raison, l’Islam sacré des prédécesseurs arrive à péremption. Comme le catholicisme avant lui, il faudra que l’inconscient collectif français le désacralise pour le remettre à la seule place que devrait allouer une démocratie moderne en 2018 à un corpus législatif rédigé il y a 15 siècles en Arabie préislamique. Nul besoin d’expurger le coran que la tradition nous a transmis aujourd’hui s’il est tenu pour ce qu’il devrait : un livre ancien renfermant à la fois la sagesse et la barbarie des temps où il fut rédigé. L’Islam peinera à se renouveler tant que ses théologiens et ses fidèles défendront l’idée que Dieu est éternel, et que le coran est sa parole incréée. L’édifice intellectuel islamique continuera inexorablement à se fissurer jusqu’à effondrement total, tant que les questions fondamentales autour du coran, ses auteurs, sa chronologie, sa fabrication en tant que livre saint, seront soigneusement éludées par les imams.

Ce qui se joue à travers cette bataille des pétitions, c’est que l’omerta qui a entouré le dogme islamique pendant des siècles, usant de coercition et de violence contre tous les esprits éclairés qui ont osé induire le doute, est en train de céder à l’esprit critique et anticlérical français. Ce qui a été protégé à coup de lois anti blasphématoires ailleurs ne saura résister longtemps à la liberté du débat en France. Les crimes antisémites ou les attentats de « Charlie Hebdo » doivent être compris pour ce qu’ils sont : une ultime tentative de semer la terreur pour masquer la faillite intellectuel du dogme islamique tel que défendu par ses imams aujourd’hui.

Zineb El Rhazoui

31 août 2016

Patrick Kessel, Président du Comité Laïcité République.

Classé dans : tout est politique — eructeuse @ 9 h 47 min

Éditorial de Patrick Kessel, Président du Comité Laïcité République.

⏸ Le feuilleton de l’été « burkini-beach » a illustré une nouvelle fois l’ampleur de la confusion qui s’est installée dans les têtes. La vivacité des réactions montre qu’on touche désormais au dur et que les tensions sociales sont de plus en plus fortes.

Certains se sont insurgés que des mairies interdisent sur certaines plages, le port du « burkini », version estivale du tchador. Ne soyons pas dupes. On imagine qu’à quelques coudées de l’élection présidentielle, les arrière-pensées politiciennes ne sont pas absentes, en particulier chez ceux qui n’ont guère témoigné d’intérêt pour la laïcité dans le passé ! Voire qui l’ont combattue. Ou qui cherchent à l’instrumentaliser. On peut se dire qu’en d’autres temps, cette provocation, traitée comme un fait divers, comme l’affaire des seins nus sur la plage de Saint Tropez, aurait pu être accueillie avec un sourire ironique.

Pour autant, si le burkini n’était qu’un simple signe de religiosité, il ne poserait pas plus de problème que le port d’une petite croix au bout d’une chaine. Mais dès lors qu’il s’exhibe en signe ostentatoire d’appartenance communautaire, en affichage militant, en manifestation de prosélytisme d’un système d’asservissement de la femme, au risque de susciter provocation et trouble à l’ordre public, il sort de la liberté religieuse pour entrer dans la provocation politique…

Provocation nouvelle qui s’inscrit dans la liste déjà longue (piscines, crèches, hôpitaux, écoles, universités, prisons…) des dégâts occasionnés par des revendications communautaristes. La véritable dimension politique du burkini apparaît clairement lorsque dans le même temps, des images font le tour du monde montrant des femmes musulmanes tout juste libérées de la barbarie islamiste en Syrie, brûler de joie la burqa dans laquelle on les enfermait de force. C’est pourquoi, il n’est pas acceptable de laisser se banaliser des pratiques dont les femmes sont encore et toujours les victimes et qui, de concessions en concessions affaiblissent les principes mêmes du vivre ensemble républicain.

Pour autant, la laïcité que certains découvraient pour l’occasion, a été bien à tort convoquée dans la polémique. En fait, ce n’est pas de laïcité, au moins dans sa dimension juridique actuelle, qu’il s’agit mais, comme dans l’affaire de l’interdiction du voile intégral dans l’espace public, de la dignité de la femme et du danger que ces dérives font peser sur l’ordre public et la paix sociale.

Ceux qui croient pouvoir dénoncer une atteinte aux libertés font semblant de croire qu’il est interdit d’interdire et que tout vaut tout. Sont-ils favorables à la liberté pour chacun d’exhiber sa nudité sur toutes les plages ? Et pourquoi pas dans la rue ? Faudra-t-il accepter demain, au nom de la liberté des communautés, la ségrégation des garçons et des filles à l’école, l’instauration de plages réservées en fonction de la religion, la mise en place de wagons réservés dans les transports en commun, de tables dans les restaurants… ? En fait, il ne s’agit pas de libertés mais d’une guérilla livrée pour tester la capacité de résistance de la République. Et pour ce qui concerne les activistes du communautarisme islamiste, d’instrumentaliser les musulmans dont l’immense majorité veut vivre en citoyens comme et avec les autres. Leur objectif n’est pas de promouvoir des libertés nouvelles mais bien d’empêcher toute sécularisation de l’Islam en France.

Mais, ceux qui, une nouvelle fois pratiquent le déni face à ces inquiétantes dérives, prennent la lourde responsabilité de laisser s’installer un climat de tension menaçant pour la paix sociale. Le risque est sérieux de voir des communautés chauffées à blanc passer de la provocation à la violence. Le danger est réel de voir l’extrême-droite profiter de ces provocations et gober le fruit mûr lorsqu’il tombera de l’arbre.

L’opinion attend que soit tracée une limite à la tyrannie montante des différencialismes. Attention à ce que le besoin d’autorité de l’Etat qu’elle exprime de plus en plus fortement pour faire respecter la loi commune ne bascule en faveur d’une irrationnelle soif d’Ordre.

L’ordonnance du Conseil d’Etat marque une étape mais pas la fin d’un processus marqué par l’exacerbation croissante des crispations. Il devient urgent d’apporter des réponses politiques responsables en faveur de la loi commune, à défaut de quoi, prise en tenailles entre islamistes et xénophobes, c’est la République et ses fondements universalistes, au premier rang desquels la laïcité, qui se trouveront menacés.⏸

29 août 2016

ARTICLE DE SERENADE CHAFIK ECRIVAINE FEMINISTE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 6 h 32 min

 

Combattre l’islamisme sur tous les fronts

Dans une lettre ouverte, des personnalités militantes exhortent les dirigeants politiques français à mener une guerre éminemment politique et économique contre l’islamisme radical.

Combattre l’islamisme sur tous les fronts
Alors que depuis 2012 notre pays connaît une vague d’attentats sans précédent, pas un jour ne passe sans que l’un d’entre vous ne clame que «nous sommes en guerre». Pour répondre à l’inquiétude des citoyens, vous proposez des actions et des mesures souvent pertinentes, dont chacun peut légitimement se demander pourquoi elles n’ont pas été mises en œuvre plus tôt.

D’autres de vos idées sont plus contestables, si nous voulons conserver un cadre démocratique à notre République. Quelques-uns d’entre vous font même référence à Churchill («Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur») ou à Clemenceau («Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre»), mais peu semblent avoir la lucidité de l’analyse, la cohérence de l’action et la persistance du courage de ces illustres prédécesseurs.

Les «territoires perdus de la République»
Le prétendu Etat islamique et le jihadisme dans leurs formes actuelles seront militairement vaincus : c’est une question de temps et de moyens. Mais l’islamisme, qui est le terreau et le sas naturels du jihadisme, semble voué à prospérer. Refusant de séparer la religion de la politique, il travaille notre pays depuis des décennies, aboutissant à de véritables «territoires perdus de la République». Bien sûr, nous ne parlons pas ici de l’immense majorité de nos compatriotes musulmans vivant paisiblement leur foi (ou leur indifférence) dans leur sphère privée, mais d’un islam militant poursuivant un objectif politique.

L’islamisme, qu’il soit d’obédience wahhabite ou associé aux Frères musulmans, a le même projet stratégique de conquête que le jihadisme. Il n’en diffère que par la méthode pour gagner les esprits et les cœurs et implanter dans notre pays et d’autres en Europe un modèle politique et social à l’inverse absolu de notre démocratie occidentale. L’égalité hommes-femmes, la liberté d’expression (incluant le droit au blasphème), la laïcité, la protection des minorités, y compris sexuelles, une politique étrangère indépendante… voilà quelques-uns des marqueurs de notre modèle français et européen que veulent abattre les islamistes.

Les attentats terroristes sont certes condamnés par la plupart des institutions ou personnalités islamistes, d’abord parce qu’ils gênent leur stratégie «entriste» dans le tissu sociétal français, en créant la suspicion ou la répulsion envers l’islam. Mais depuis l’avènement des réseaux sociaux, le double discours de certains imams ou maîtres à penser médiatiques ne laisse plus place à l’illusion.

Pour arriver à ses fins, l’islamisme en France bénéficie de subsides et d’appuis matériels significatifs de l’Arabie saoudite et du Qatar. Ce soutien transite par des aides officielles, mais aussi par des fonds privés pour la construction de mosquées salafistes, des lieux d’enseignement, des organisations et des réseaux islamistes dans les universités comme dans les banlieues.

De la diffusion de la propagande islamiste
La prise de contrôle ou la participation dans de nombreuses entreprises françaises par des fonds issus de ces pays génèrent des bénéfices, contribuant à alimenter la diffusion de la propagande islamiste et les flux d’aide à leurs réseaux sur notre territoire. Ces contrôles d’entreprises françaises permettent aussi à ces Etats diffuseurs du salafisme d’augmenter leur visibilité et leur assise, comme l’a démontré le Qatar avec sa prise de contrôle économique et médiatique du PSG.

Le Qatar n’a cessé depuis quinze ans d’appeler au jihad. Son principal prêcheur, Youssef al-Qardaoui, est le fondateur et doyen de la première Université des études et sciences islamiques, établie au Qatar en 1977. Considéré comme le guide spirituel des Frères musulmans, il a été condamné à mort en Egypte. Son programme « Al-charia wa al-hayat » (la voie vers dieu et la vie), diffusé sur Al Jazeera, connaît une audience importante dans le monde. Voilà ce qu’il dit : «L’islam est entré deux fois en Europe, et deux fois l’a quittée… Peut-être que la prochaine conquête, avec la volonté d’Allah, se fera par la prédication et l’idéologie. Toute terre n’est pas obligatoirement conquise par l’épée… Nous voulons qu’une armée de prédicateurs et d’enseignants présente l’islam dans toutes les langues et tous les dialectes…»

Le Consortium Against Terrorist Finance nous apprend qu’en 2010, Al-Qardaoui était président du Conseil de surveillance de la charia de la Banque islamique du Qatar, l’un des plus importants établissements islamiques, qui entretient des relations controversées avec des organisations soupçonnées de financer le terrorisme au Moyen-Orient. Et Al-Qardaoui a coopté au sein de l’Union mondiale des savants musulmans le Suisse Tariq Ramadan, qui a demandé la naturalisation française pour jouer un rôle politique dans notre pays. Rappelons que Ramadan, petit-fils et adepte du fondateur des Frères musulmans, se vante de ne pas «être Charlie» et d’être «perquisitionnable»…

De son côté, l’Arabie saoudite est en passe de constituer le plus grand fond d’investissement dans le monde, après avoir cédé une partie de sa société d’exploitation pétrolière. Nul doute que de nombreuses entreprises en difficulté ou en quête de capitaux pour se développer seront tentées par cette nouvelle manne financière. Il n’est pas sûr que cela soit une bonne nouvelle pour notre pays.

Des niches fiscales accordées au Qatar
Au plus haut sommet de l’État, vous avez encouragé ces investissements, voire ces prises de contrôle. Vous avez même créé des niches fiscales pour les dispenser d’impôts, telle l’exonération des plus-values immobilières accordée en 2009 au Qatar, alors même que les institutions régaliennes du pays pour se défendre contre le terrorisme sont en mal de financement. Il serait fastidieux d’égrener la longue liste des sociétés françaises ainsi concernées, dans les médias, l’immobilier, le commerce ou le sport… Le Qatar n’a même pas caché sa volonté d’entrer dans le capital de deux sociétés stratégiques pour la défense nationale, EADS et Areva, sans succès heureusement. Pour le moment.

Dans toute guerre, la maîtrise de tous les attributs de la puissance est nécessaire pour vaincre un ennemi structuré. Vous pouvez frapper en Syrie, en Irak, au Mali, en République centrafricaine et en Libye. Vous pouvez renforcer nos services de renseignement et de sécurité intérieure. Mais vous devez aussi combattre politiquement l’islamisme en France. Vous devez fermer ses mosquées, expulser ses imams radicaux étrangers, tarir ses relais dans les quartiers, sanctionner ses réseaux sociaux et ses chaînes satellitaires, couper les sources de financement de l’islam politique. Sans quoi vous ne vous serez attaqués qu’à l’écume du terrorisme.

Investir dans les banlieues
Des efforts considérables seront nécessaires pour investir dans les banlieues et dans les quartiers en difficulté et reconquérir les zones abandonnées aux pègres et aux islamistes, où prospère aussi le Front national. Nul doute que se passer des «services» de puissances opulentes mais néfastes à la démocratie française impliquera des choix douloureux en matière économique…

Aurez-vous le courage de le dire aux Français, de désigner l’ennemi sous toutes ses facettes et surtout de mener cette guerre longue sur tous les fronts, y compris politique et économique ? Alors, et alors seulement, vous pourrez légitimement vous référer à Churchill ou à Clemenceau.

Par François Heilbronn, professeur associé à Sciences Po , Jacky Mamou, médecin, président du collectif Urgence Darfou , Jean-Michel Boisset, journaliste et Sérénade Chafik, militante féministe, co-porte-parole de l’association les Dorine

Paris sur le site de Libération le 26 août 2016

21 janvier 2016

Bien d’accord avec madame Badinter !

Classé dans : La cause des Femmes — eructeuse @ 13 h 31 min

Je me suis fait traiter d’islamophobe il y a quelques années quand je racontais ce que j’avais vécu ou vu ou entendu dans mon ex quartier. Quelques années plus tard il ne fallait toujours pas dire les choses car cela allait donner du poids au front national … oui les collabos ne sont pas forcément ceux qu’on croit, la gauche porte une lourde responsabilité dans la montée du front national mais elle refuse de se regarder dans un miroir ! je rejoins complètement ce que dit madame Badinder pour l’avoir vécu ! Les féministes inféodées aux partis politiques font le jeu des réactionnaires…donc de la droite…ça me rappelle une discussion un jour qu’on revenait d’une coordination nationale, dans le bus, qui portait sur le MLF qui appelait à voter au premier tour pour Mitterrand…oui j’ai roulé mes bosses de militante…

Article tiré de Marianne : Elisabeth Badinter ne peut que déplorer la réaction des têtes d’affiches du féminisme en France après les agressions de Cologne. Des centaines de femmes agressées durant la nuit de la Saint-Sylvestre par des hommes étrangers, et un réflexe de la part de ces féministes comme Caroline de Haas ou Clémentine Autain : craindre en premier lieu les « instrumentalisations racistes ». Dans une longue interview à paraître dans Marianne cette semaine, la philosophe revient sur ce féminisme qui en oublierait la défense de la femme :

« Toutes celles qui ont mis la priorité sur la dénonciation du racisme avant la protection des femmes ont fait exactement la même erreur que la maire de Cologne [Henriette Reker a tout d'abord mis en garde contre les amalgames avant de conseiller aux femmes de... s'éloigner des hommes, ndlr]. Et j’en suis d’autant plus surprise que le féminisme, depuis une dizaine d’années, a pour principal objet, pour leitmotiv même, la lutte contre les violences faites aux femmes, ici, en France. Ce que cette affaire de Cologne a démontré, c’est que quand ce sont des étrangers qui sont en cause alors les priorités changent. Franchement, quand on prétend diriger un mouvement féministe, ou incarner le nouveau féminisme, être à ce point silencieux, comme première réaction, sur les violences dont ont été victimes ces femmes… c’est stupéfiant ! »

Elisabeth Badinter considère que « s’il faut bien sûr se garder des amalgames, il ne faut surtout pas, pour autant, tomber dans le déni« . Ce que les néoféministes font, à ses yeux : « Elles sont dans l’injonction de faire silence, sous peine, disent-elles, d’alimenter le racisme. »

Alors que certaines associations de banlieue reprochent à ces féministes de les avoir laisser tomber dans leur combat, la philosophe répond :

« Effectivement, le féminisme qui se reconnaît dans l’extrême gauche a adopté les priorités de l’extrême gauche. C’est à peu près ce qui se passait il y a 40 ans, du temps des staliniens. « Ne dites pas ceci ou cela, car vous feriez le jeu du fascisme« , nous répétait-on à l’envi. Aujourd’hui ça n’a pas changé : ces femmes sont d’abord politiques, avant d’être féministes. et à chaque fois, elles vous renvoient à la figure que, si les jeunes portent le niqab, c’est parce qu’elles le veulent bien. Et que, si vous prétendez critiquer ceci, c’est une attaque de leur pratique religieuse… Donc c’est fini, on n’en parle plus. C’est devenu un sujet tabou. »

C’est exactement ça !

C’est bien pour cela que j’ai décidé de boycotter cette  gauche qui se croit la vraie gauche au risque de passer forcément pour une réac ! je m’en tape sérieusement ! le dégoût de leur déni me donne la nausée !! Merci madame Badinter tout d’un coup je ne sens un peu moins seule !

a symbole féministe

 

20 juin 2015

Question à six sous

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 11 h 58 min

La prostitution est-elle une boucherie ?

Une réponse loin du buzz méchiassetrique du moment avec Zahia

lire  » Je dois me vider  le coeur » par Rebecca Mott :

Prostitution – Je dois me vider le cœur

23 janvier 2012

par REBECCA MOTT, survivante et écrivaine

Il y a certaines choses au sujet desquelles je dois me vider le cœur.

Je n’ai pas l’habitude de faire des déclarations personnelles car, comme je continue à devoir le répéter continuellement, le sujet de ce blog n’est pas mon rétablissement ou mon itinéraire personnel – ce blog n’est qu’un élément du vaste mouvement abolitionniste qui veut mettre fin au commerce du sexe.

Je ne crois pas qu’il s’agit d’un rêve ou d’une sorte de concept illusoire.

Il est possible de débarrasser le monde de l’industrie du sexe, parce que ce n’est qu’une invention créée principalement par des hommes pour servir de point de chute à leur haine et à leur peur des femmes et des enfants.

Il n’y a rien de naturel dans le commerce du sexe : il n’est pas et n’a jamais été le «plus vieux métier du monde», il n’arrête pas la propagation de la violence masculine au-delà de la classe prostituée, on ne peut en faire de l’art et, surtout, jamais ne verra-t-on le commerce du sexe autoriser l’accès de la classe prostituée à sa pleine humanité.

Arrêtez de fournir des alibis à cette industrie, arrêtez de vous imaginer qu’elle peut un jour devenir sécuritaire et accorder à la classe prostituée un petit morceau de dignité, arrêtez de dire que les hommes ont besoin de prostituées ou bien ils deviendront fous et iront violer et tuer de «vraies» femmes.

Arrêtez simplement de penser que si vous arrivez à trouver des zones minuscules où se produiraient moins de violence, moins de haine, et moins d’avilissement des femmes et des filles, alors on pourra sauver le commerce du sexe.

Une chose qui agace particulièrement toutes les femmes sorties de l’industrie que je connais ou que j’ai lues, c’est le cliché suivant :

«La prostitution / pornographie a toujours existé, il n’y a donc pas lieu de les combattre, il suffit d’y apporter quelques réformes, et ensuite se taire.»

Eh bien, l’esclavage a toujours existé et notamment l’esclavage sexuel, qui est la réalité pour la grande majorité de la classe prostituée de tout temps, sur tous les continents, dans presque toutes les cultures.

Voyez le commerce du sexe comme il est, et non comme vous souhaiteriez qu’il soit.

C’est de l’esclavage sexuel – malgré vos efforts pour parler de bordels, de la caste des Devadasi en Inde, de «femmes de confort» en Corée, de simple travail d’escorte, pour le parquer dans telle ou telle rue, appeler cela du «massage avec des extras» ou une «girlfriend experience», lui donner mille et une étiquette, ou utiliser n’importe quelle stratégie pour passer sous silence la brutalité de l’esclavage. Mais, comme a dit une femme qui m’a lancé un poignard dans le cœur : « Cela ne peut pas être du véritable esclavage : vous avez été payée, n’est-ce pas ? »

Comme si la femme sortie de la prostitution devait s’excuser d’avoir été payée par des violeurs, payée quand des prostitueurs ont jeté son corps et son esprit dans un enfer si profond que, j’espère, aucune femme non prostituée ne pourra jamais l’imaginer entièrement. S’excuser d’avoir pris leur argent ou leurs «cadeaux», c’est comme devoir s’excuser d’être malcommode, plutôt que morte ou silencieuse pour toujours.

La prostituée n’est pas censée savoir qu’elle est une esclave, elle est censée être puissante, être cette femme de mauvaise vie qui contrôle les hommes, censée avoir choisi chaque étape de sa vie. Elle devrait se montrer reconnaissante et ne pas se plaindre du viol ou de la violence. Après tout, selon trop d’opinions tordues, la prostitution est simplement le fait d’avoir énormément de sexe «excitant», avec un salaire en prime.

Je me demande souvent ce que les gens ayant cette opinion pensent à ce que vend le commerce du sexe et qu’achètent les prostitueurs.

Vous imaginez-vous vraiment que c’est simplement une «pipe» à la sauvette dans quelque ruelle ? Pensez-vous que c’est simplement du sexe en position du missionnaire sans beaucoup de violence ? Pensez-vous vraiment que Richard Gere nous attend en coulisses ?

Il s’agit essentiellement de porno dure déversée dans le corps vivant de la prostituée. Chaque horreur de la porno extrême, que les activistes anti-porno détestent tant, est inscrite dans le corps de la classe prostituée depuis plus de 3 000 ans.

Chaque image ou insulte haineuse que charrie toute la pornographie vient se loger au plus profond du corps de la classe prostituée.

Nous avons toujours connu les dégâts causés par la porno, nous attendons simplement que le monde nous rejoigne dans cette prise de conscience. Nous faisons face à l’exigence que nos viols soient rendus invisibles – parce que nos viols disent haut et fort qu’il n’y a pas de divertissement dans la porno : celle-ci ne peut exister sans la douleur, la haine et l’avilissement, et elle est à l’intérieur de toutes nos cellules, elle fait partie de notre sang.

(Écrire ce message épuise mes réserves – je vais le continuer plus tard.)

S’il vous plaît, sachez qu’écrire cela me rend malade, mais que cette maladie est importante.

La maladie est la vérité qui refuse d’être censurée plus longtemps. La maladie est l’exigence que ce que j’écris ne soit jamais ramené à mon «mieux-être», c’est beaucoup plus important que cela.

Cette maladie est l’exigence d’une justice réelle et durable pour toute la classe prostituée. La lutte abolitionniste est urgente puisque des millions de prostituées sont détruites au moment où vous lisez ces lignes.

Nous devons penser au-delà de réformes. Nous devons penser à ce drame en termes de droits humains, de lutte contre l’esclavage et d’effort pour sauver des vies. Nous devons abolir le commerce du sexe et ne pas abandonner la classe prostituée.

Version originale: «Pesonal Statement»

Traduction: Martin Dufresne

Mis en ligne sur Sisyphe, le 22 janvier 2012

Rebecca Mott, survivante et écrivaine

 

11 janvier 2015

Liberté d’expression

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 11 h 26 min

Ce pour quoi nos dessinateurs ont été tués cette liberté de ton sur tous les sujets de nos sociétés,  cette liberté de toucher du crayon les religions, est détournée aujourd’hui !

 Les religions ces croyances en une terre plate en une femme sortie d’un côte d’un homme, ces religions qui ont le culte d’un Dieu unique vengeur noyeur qui copule avec des enfants, ces dieux qui ont mis la moitié de la population du monde en citoyen de non droits : les femmes ! Ces dieux qui ne tolèrent pas les non croyants jusqu’à missionner chaque centimètre carré de la planète, qui reviendront choisir les leurs, extermineront les autres, ces soit-disant mécréants, ces archaïsmes de la pensée, ont-ils repris le devant de la scène ? Mais ils ont toujours eu le devant de la scène ! Les femen ont tu leur combat contre les religions, car oui l’heure est au recueillement mais quand sera-t-il pour demain, j’ai bien peur que  la liberté de critiquer les religions soit conspuée ! Les religions ces archaïsmes de la pensée portent en elle l’intégrisme et le fondamentalisme, il est au cœur de leur croyance, les cloches ne font que résonner la mort proclamée de la laïcité !

 Détournement de la douleur du peuple ?

 Unité de la nation de celle qui souffre pour tous ces morts ses morts

Récupération politique ?

trêve et paix ?

 

Vomissure

 

Croyance croyance croyance

crois en moi

croix croix croix, abandonne toi peuple en pleurs regarde peuple la gouvernance est à tes côtés avec tous les représentants du monde des puissants regarde comme tu es bien protégé.

 Les religions veulent les âmes les politiques les esprits critiques !

 Les hypocrites qui n’ont eu cesse de condamner Charlie Hebdo de ne pas le soutenir seront dans les rues avec les responsables des toutes les fractures sociales politiques les poseurs de barbelés de murs de bombes du monde entier… avec ceux qui musellent la liberté de penser et manipulent chaque jour un peu plus ! Plus qu’à mettre un fusil virtuel dans chaque main et le bon peuple sera soldat derrière son écran prêt à en découdre avec la terre entière comme en 14 ?

 Liberté de penser

 Un tout petit exemple de la liberté d’expression le jeudi 8 janvier : Itélé fait sa revue de presse et présente les quotidiens, un seul quotidien ne fut pas montré c’est l’Humanité, vous avez dit liberté d’expression ?

 Liberté dirigée !

Comme quand Itélé coupe le son quand la dame lui reprochait d’avoir mis des informations en barre et mettait ainsi en danger son mari dans le magasin… Comme ces journalistes de BFMtélé qui demandent aux assassins comme ça, s’ils ont d’autres actions en cours et puis il passe ces assassins à l’antenne, ah le scoop ! quelle horreur !

 OUI VOMISSURES

 MON DEUIL EST, OUI, CHARLIE JE SUIS,

 EXPRIME SPONTANÉMENT MERCREDI DANS LA RUE

et exprimé à ce moment en mon cœur pour un bon moment pour tous tous

recueillement pour tous les assassinés

  Article dans Le Monde société :

A la veille des hommages œcuméniques rendus aux victimes de Charlie Hebdo, et alors que les Français se rassemblent déjà un peu partout en France, certains dessinateurs et journalistes de l’hebdomadaire satirique ont exprimé leur surprise face à un tel engouement. Des manifestations de soutien qui peuvent sonner étrangement, envers un journal qui a toujours cultivé l’irrévérence et l’art de ne pas se faire que des amis.

« Ils ont fait sonner les cloches de Notre-Dame pour Charlie, non mais on rêve ! », s’exclamait vendredi Gérard Biard, rédacteur en chef de Charlie Hebdo, pour souligner l’ironie de la situation d’un journal anticlérical célébré unanimement, jusque dans la plus célèbre cathédrale parisienne.

 

« UN JOURNAL QUI A ÉTÉ CONSPUÉ PAR TOUT LE MONDE »

Plusieurs membres de la rédaction ont reçu avec un peu d’amertume ces marques de solidarité envers un journal que peu soutenaient encore il y a quelques jours. Parmi eux, la rédactrice Zineb El Rhazoui, qui expliquait au Monde :

« J’aurais aimé que ceux qui sont morts bénéficient d’un tel soutien de leur vivant. Et ce n’était pas du tout le cas. ‘Charlie Hebdo’ est un journal qui a été conspué par tout le monde. Et ce qui est arrivé, on pouvait s’y attendre. On recevait des menacestout le temps et certains nous disaient qu’on l’avait bien cherché… »

D’autres n’iront carrément pas manifester, à l’image de Laurent Léger, journaliste enquête et investigation de Charlie Hebdo : 

« Je n’irai pas à la manifestation de dimanche mais je crois que suis le seul de l’équipe de ‘Charlie Hebdo’ à avoir fait ce choix. Je n’aime pas manifester en général, je pense que ‘Charlie Hebdo’ peut être absent d’un cortège où il y aura des politiques de tous bords et au sujet duquel il y a eu une polémique avec le FN. Pour autant, je trouve que le mouvement de soutien actuel est formidable et j’espère qu’il y aura beaucoup de monde à manifester dimanche. »

Charlie Hebdo’ a toujours été à part. Maintenant ’Charlie Hebdo’ devient mainstream. On s’institutionnalise, pour une semaine ou deux. C’est nouveau. Mais c’est un passage obligé, je ne suis pas contre cela. Et je sais que dans quelques semaines, une actualité en aura chassé une autre et nous serons seuls. (…) On est un peu dépassés : ce n’est pas que pour ’Charlie’ que les gens vont défiler. Ça se comprend. »

« NOUS VOMISSONS SUR TOUS CES GENS QUI, SUBITEMENT, DISENT ÊTRE NOS AMIS »

 

Dans Les Inrocks, le dessinateur Luz, rescapé de l’attentat du 7 janvier, estime de son côté que « la charge symbolique actuelle est tout ce contre quoi Charlie a toujours travaillé ». Il ajoute : 

« C’est formidable que les gens nous soutiennent mais on est dans un contre-sens de ce que sont les dessins de ‘Charlie’. (…) Cet unanimisme est utile à Hollande pour ressouder la nation. Il est utile à Marine Le Pen pour demander la peine de mort.

On parle de la mémoire de Charb, Tignous, Cabu, Honoré, Wolinski : ils auraient conchié ce genre d’attitude. »

Le dessinateur néerlandais Willem, de son vrai nom Bernard Holtrop, a eu les mots les plus durs dans Le PointRéagissant au soutien du chef de file de l’extrême droite néerlandaise Geert Wilders, il s’est exclamé : « Nous vomissons sur tous ces gens qui, subitement, disent être nos amis. »

 

Et pour ce qui est du soutien mondial à son journal :

« Ils n’ont jamais vu ‘Charlie Hebd’o. Il y a quelques années, des milliers de gens sont descendus dans les rues au Pakistan pour manifester contre ‘Charlie Hebdo’. Ils ne savaient pas ce que c’était.

Maintenant, c’est le contraire, mais si les gens manifestent pour défendre le libre mot, c’est naturellement une bonne chose. »


20 décembre 2014

UN PEU ENERVEE

Classé dans : le temps de la colère — eructeuse @ 8 h 38 min

Dans le flot de la circulation j’arrive à sortir du stop où je stationnais grâce à la gentillesse d’un automobiliste qui me laisse passer et vais pour me garer car je vois une place, copine voulait son tabac à rouler et du pain. Je me place. Dans le flot de cette circulation je ne vois pas les feux arrières de la voiture qui est déjà sur une place de parking, la dame veut l’autre place, les piétons voyant qu’elle s’énerve lui montre les places libres devant, mais  la dame sort de la voiture et commence ses réflexions, t’es aveugle tu veux des lunettes t’as pas vu mes feux  je lui dis pas de soucis il y a de la place pour tout le monde, oui j’avoue que je ne n’ai pas vu ses feux blancs, etc etc on se prend la tête je lui explique qu’il y a des choses plus importantes dans la vie, il faut croire qu’elle s’est sentie spoliée de cet espace vital, que je ne cherchais pas à lui voler ô drame du stationnement ! Bref je m’énerve et je lui dis c’est pas possible, pour être aussi con vous devez être du front national, elle part et revient et me dit « le front national il t’emmerde ! » il va s’en dire que, oui j’ai le regret de le dire, quelques noms d’oiseaux se sont envolés de ma boîte à bave, il est vrai que d’habitude j’ai la répartie plus constructive et je suis plutôt courtoise j’aime la pédagogie de la fraternité, là c’était certainement pas le bon jour, mais je le jure si on vient m’insulter, m’agresser, m’dame ou monsieur con au front à ta face répondrais, encore et toujours, avec doigté et intelligence de préférence, oui là j’avoue c’était bas de gamme, c’est vrai  mes mots d’oiseaux ont fusé, fallait que je suis grave énervée car pour me faire sortir de mes gonds il en faut, c’était la goutte de trop…

Cette semaine a été une semaine de merdouilleries prononcées entre autres choses, j’ai évité deux accidents, pilé juste à temps, deux refus de cette priorité à droite, oui j’étais à droite, le troisième refus je n’ai même pas avancé préférant ne pas passer je me préfère vivante,  j’suis plus faite pour la ville ni son égoïsme urbain…

Autre exemple dans ma résidence, un mec se gare contre une voiture qui est sur une place libre pour  faire chier son propriétaire parce qu’il pense qu’il n’a pas à se garer là. Qu’il bloque les autres, lui, ça ne lui vient pas à l’idée, il fait sa loi ! Bah quand sa copine, une voisine qui prône à longueur de temps son amour de la Marine se place sur cette place, il ne lui fait pas ce coup là !

La montée du Front ce n’est pas que dans les sondages, c’est dans la vie au quotidien, les langues se délient, un nouveau droit apparaît, celui d’un territoire, tiens donc, qui n’a pas le droit républicain inscrit à son fronton ! Le FN qui dit combattre les zones de non droit se comporte comme ce qu’il dénonce, au nom de quels droits ?  Sont tous aussi dangereux les uns que les autres ! C’est mon territoire je fais ce qui me plait, cette politique cette vision du droit du sol du propriétaire de lieux n’est pas républicaine, mais il faut dire que quand des margoulins commandent ce pays à la botte du patronat qui n’est pas pour le partage, je ne suis pas étonnée que cette pratique du chacun pour soi du moi sans toi,  soit à fleur de peau et s’étale dans les actes de chaque jour; je disais déjà à propos de Chirac avec un président délinquant, ça va donner des idées, et puis on a eu Sarko alors la montée des extrêmes a continué de monter sur le pont et avec Hollande on marine ni plus haut ni plus bas, quant au balai de Mélenchon, il est en rupture de stock… Ce n’est pas le socialisme qui est mort se sont nos institutions !

26 octobre 2014

LE PREMIER PAS

Classé dans : il faut savoir humour garder — eructeuse @ 8 h 36 min

Ce premier pas n’est pas celui de trop. Un pas à pas vers une nouvelle aventure, un nouveau toit où le soi, s’il n’est pas petit, n’en est pas roi.  Petit toit où quelques passions et  compassions éclairent et réchauffent mon coeur encore chaud de nos humanités, parfois glacé de nos méchancetés…

Je crie je craque je croque pas toujours avec les mots de la bienséance dus au rang du formatage féminin cela ne va très bien.

Je creuse je croque je nique je suis la croniqueuse, je crie je craque je croque en fille du peuple, ni ni tout à fait pieuse, bien que mystique, ni ni tout à fait sérieuse, certes certes belliqueuse, je dirais irrévérenchieuse, j’aime être peuple, vile fille moqueuse, mais aussi de moi-même cela va de soi, j’éructe donc et crache mes mots, je suis la cronigueuse et cela me sied fort bien je suis si pesteuse.

J’ai vilaine haleine et je ne mettrai toujours pas de masque pour renvoyer la puanteur du patriarcat c’est mon combat de forte et longue haleine. 

Je continue  d’affirmer haut et fort que j’emmerde la bienséance de droite comme de gauche et si mon ton déplaît il y a d’autres lieux de lecture, mais le ton c’est si bon ? 

Je ne cherche ni reconnaissance ni aisance je paille je rie je pleure n’en déplaise et  j’aime à donner du plaisir en ce lieu d’écrits de cris et de  joies… Je n’enterre point la Bordczyk, ce pseudo choisi avec ma maman, pseudo pour mettre de mes parents, les deux gravés sur le parchemin de mes écrits, il est en moi sur mon chemin de vie. Il est l’heure encore et encore de jouer avec les mots mon aventure se poursuit avec mon anagramme pique et pic et bonne pioche les Choubis !

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