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19 septembre 2021

MICHEL DE ROUGEMONT

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 15 h 07 min

FRONT POPULAIRE

ANALYSE Wokisme

Quelle opposition au courant écolo-gaucho-wokiste dominant ?

OPINION. L’idéologie de la cancel culture, qui a infiltré les universités et le mouvement écologiste, éradique toute opposition en s’imposant par la peur, ce qui rend très difficile sa contestation. La citadelle woke est-elle pour autant imprenable ?

Alors que l’on peut souhaiter un débat politique à propos des affres environnementales et climatiques (celles qui dominent les stratégies énergétiques, de décarbonisation ou de conservation de la nature), il faut constater qu’il est en train d’être dépassé avant même de ne pas avoir eu lieu. Ce courant dominant actuel est une combinaison astucieuse, quoique sans génie créateur, d’écologisme et d’altermondialisme anticapitaliste et anti-progrès, d’ores déjà dépassés par le wokisme de la cancel culture qui supplante et éradique tout, mêmes les plus extrêmes positions du gauchisme habituel. C’est une sorte de Maccarthysme à l’envers.

L’establishment — composé des partis politiques, gouvernements, administrations publiques et ONG, ainsi que des cercles économiques et financiers —, en reste sidéré et s’agenouille devant toutes les revendications afférentes : déboulonnages de statues, interdictions de parole ou d’exercer. La peur est dissuasive de se faire traiter de salaud, à tort bien sûr, mais peu importe, ça touche. Cette peur fait avouer tous les crimes qui n’ont pas été commis, même ceux attribués à nos ancêtres. Elle est bien plus puissante que le courage d’assumer sa personnalité et sa propre culture. C’est pourquoi la plupart des leaders politiques ou économiques s’avèrent n’être que des suiveurs. Par ailleurs, comme la société se montre adepte des plus impossibles aspirations, par exemple la précaution absolue et l’élimination de tout risque, un narratif catastrophiste la terrorise facilement, mentalement, sans explosifs ni fusils. Les justifications utilitaristes sont abjectes qui saluent des mesures offrant un sentiment de réconfort au prix d’une obéissance sans borne et qui balaient négligemment le sacrifice de libertés fondamentales. Personne ne s’en trouve réconforté et chacun perd sa liberté.

Croyant possible de trouver un moyen de moyenner, les partis gouvernementaux des pays occidentaux soutiennent les politiques les plus écolo-gauchistes qui se voient ainsi parées de toutes les vertus. Dire timidement qu’elles vont trop loin est une manière de les adouber sans autre réserve ; cela revient même à s’excuser de n’en pas faire assez. C’est dans ce contexte qu’une quelconque critique à l’égard de ces politiques se voit immédiatement taxer d’inaudible et d’irrecevable, de négationnisme criminel, car s’attaquant à un prétendu bien commun. Il est devenu habituel de se voir désinvité afin qu’aucun débat n’ait lieu, ou alors de servir d’alibi à un pseudo-esprit d’ouverture, se faisant accorder quelques lignes ou secondes d’antenne en s’assurant que des gardiens du temple puissent dézinguer tel messager sans aborder le message.

Les opposants ne sont pas faits du même béton rigide que celui des activistes déterminés, dont les positions extrêmes, doivent être débusquées par des raisonnements et jamais par des affirmations plus péremptoires et moins vérifiables que celles qui sont combattues. Crier encore plus fort des choses tout aussi fausses dessert sa cause.

Les raisons de s’opposer sont très variées et ne sont même pas toujours congruentes. Comme, simple exemple parmi d’autres, un antinucléaire n’acceptera jamais cette technologie comme solution pour satisfaire une forte croissance de la demande en courant électrique. Critiquer la science en y opposant des anecdotes ou des falbalas n’est pas non plus très fédérateur, bien au contraire. Il y a aussi de prétendus opposants qui sont bien difficiles à gérer, amis d’amis qui ne sont pas nécessairement des amis ; ce sont les habituels grincheux, neinsager, conservateurs dans le mauvais sens du terme, obscurs quérulents, scientifiques dévoyés, complotistes de tous genres, ou encore mystiques illuminés. Leurs audiences sont tout aussi hurluberlues, certes gênantes, mais restent de peu d’importance.

Les gardiens du temple n’ont rien à craindre de tels adversaires. L’opposition ne se trouve que très peu dans le monde scientifique, surtout celui des actifs dont les budgets et les publications dépendent de la rectitude politique de leurs projets et de leurs propos. La corruption commence par la soumission. Les émérites et retraités ont plus de liberté, mais moins d’accès aux audiences, malgré leur vaste expérience. Le respect fout le camp, en tous cas dans nos sociétés occidentales postmodernes. La controverse devient de moins en moins technique ou économique et prend un tournant plus philosophique avec des fossés idéologiques difficiles ou même impossibles à combler. Le débat courtois n’était déjà plus de mise, il devient utopique d’essayer d’en mener un.

C’est faire signe d’esprit critique et indépendant que de mettre en question les doxas fondées sur des interprétations incomplètes ou biaisées de la science, sur des idéologies de contraintes, ou sur les deux en même temps. Les personnes ayant cet esprit libre ne sont pas du genre de celles qui obéissent aveuglément à une stricte discipline partisane. La nuance, même en cas d’argumentation forte, doit rester leur première arme. La deuxième est l’humour, dont les ayatollahs de tous bords sont totalement dépourvus.

Tout cela ne fait pas une opposition cohérente et puissante, en dépit des usuelles insinuations que des lobbies inféodés à de sombres intérêts capitalistes seraient à la manœuvre. Pourtant, si lobbyisme il y a, cela fait bien des années qu’il est passé du côté de la bien-pensance écolo climatique qui se trouve en train d’adopter le wokisme. On constate donc sa désorganisation ; c’est plutôt une flopée de francs-tireurs qui visent des cibles diverses et qui peuvent aussi causer des victimes collatérales. Chacune ou chacun pratique une forme de guérilla avec plus ou moins de succès, sinon d’estime. Il faut simplement souhaiter qu’ils communiquent un peu entre eux afin d’éviter les erreurs les plus dommageables et aussi qu’ils se soutiennent mutuellement afin que leurs propos atteignent vraiment leur cible — le clan opposé — car cela ne sert à rien de chanter pour son propre chœur.

Publié le 19 septembre 2021

17 août 2021

NATACHA DEVANDA

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 8 h 37 min

Charlie Hebdo.fr

Religions

Saint-Chamond, la ville où les élus écolos sont les judas de la laïcité

L’affaire remonte à la fin du mois de juillet. Le 21 juillet, en pleine fête de l’Aïd, l’imam fait son prêche en plein air, non loin du terrain où une future mosquée est en construction. Les croyants sont au rendez-vous. « Femmes musulmanes, tâchez d’obéir aux droits d’Allah et à ceux de vos époux, restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas de la manière des femmes d’avant l’islam », déclame le prêcheur en citant l’un des versets du Coran.  

Ces belles paroles sont diffusées en direct sur Facebook. Et tombent dans les oreilles d’Isabelle Surply, conseillère municipale RN de Saint-Chamond. Laquelle s’en empare et s’emmêle les pinceaux en twittant « Tâchez d’obéir aux doigts d’Allah » au lieu de « Tâchez d’obéir aux droits d’Allah », ce qui, en soi, ne change pas grand-chose aux propos réacs qui sont le gage de toute religion qui se respecte. L’affaire agite les réseaux sociaux quand le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, demande à la préfète de la Loire de destituer l’imam et de s’occuper du « non-renouvellement de son titre de séjour », Mmadi Ahamada étant de nationalité comorienne. Lequel fait valoir sa bonne foi, explique qu’il est « pour que les filles fassent des études, deviennent médecins ou ingénieurs et pas pour qu’elles restent au foyer » et, aussi courageux qu’un caniche nain, explique son envolée machiste, en se planquant derrière le Coran avec cet argument choc : « c’est pas moi qui le dit, c’est Allah ! »

Les mésaventures de l’imam émeuvent illico les belles âmes de gauche qui voient dans la critique légitime de la religion musulmane la bête immonde de « l’islamophobie ». Les élus EELV de Saint-Chamond en sont et réagissent. Écrit avec les pieds, bourré de coquilles, de fautes de syntaxe et de grammaire, le communiqué de presse que se sont dépêchés de rédiger Patricia Simonin Chaillot et Jean Minnaert, conseillers municipaux à Saint-Chamond (Loire) fait peine à voir. 

C’est à vomir. @EELV entérine le sexisme de la religion dont on ne doit pas dire le nom… pic.twitter.com/60iXCeZsTL

— Fatiha Agag-Boudjahlat (@AgagBoudjahlat) July 31, 2021

Lundi 26 juillet, soit à peine cinq jours après la retransmission du prêche de l’imam sur Facebook, ces deux Verts de Saint-Chamond plongent tête la première dans le relativisme culturel et tentent de se faire l’avocat des religions monothéistes « qui portent l’égalité hommes femmes devant leur Dieu » (sic), tout en affirmant que « le combat historique des mouvements progressistes, portés par la gauche et les écologistes, ont participé à la reconnaissance de l’égalité homme-femme combattue le plus souvent par la droite et l’extrême droite ».
Dans un premier temps, on conseillera vivement aux conseillers municipaux EELV de lire attentivement Bible, Coran, Torah pour constater combien la femme est l’égale de l’homme dans les trois religions du Livre. Ensuite, on regrettera bien fort que ce « combat historique » de la gauche, des féministes et des écologistes, qui a su faire évoluer les mentalités, soit pour certains un lointain souvenir.  

Qu’espèrent donc ces deux mous du bulbe en rédigeant pareil charabia ? Qu’on les qualifie d’humanistes ? D’inclusifs ? De woke ? S’ils pensent sincèrement et un seul instant que les fidèles biberonnés aux prêches sexistes voteront EELV ou un quelconque parti progressiste lorsqu’ils se rendront aux urnes, ils sont, au mieux, de très mauvais stratèges politiques, au pire, plus cons qu’une laitue. Car courtiser un imam au prétexte de défendre la laïcité et les valeurs de gauche mérite de figurer tout en haut dans l’anthologie de la bêtise en politique. Les plus fidèles des fidèles, ceux qui ne jurent que par la religion, qui pensent que la place de la femme est à la maison à faire des gosses et la cuisine, ceux-là haïssent les idées de gauche, crachent sur les homos et les féministes, interdisent les débats d’idées, la déconnade, les empoignades… Et ce qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans.

Une évidence qui ne frappe pas les quelque 4600 signataires de la pétition de soutien à l’imam lancée sur change.org, le 23 juillet. Pas plus que les membres de la section ligérienne de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui s’est elle aussi fendu d’un communiqué, en date du 26 juillet. Même le journal Le Monde y est allé de son couplet. Dans un article publié le 30 juillet, il titre « Polémique après la suspension d’un imam dans la Loire » et note que jusque-là « les sanctions prises à l’encontre d’imams ou de mosquées l’ont été à la suite de propos d’incitation à la haine ou de soutien à des actions terroristes. Jamais sur la base d’une lecture d’extraits du Coran. Si la décision du ministre devait se confirmer, alors prêtres, pasteurs et rabbins pourraient s’inquiéter. »   

Diantre, on tremble pour tout ce ramassis obscurantiste qui connaît au XXIe siècle un tel regain d’intérêt. Et Le Monde de poursuivre : « Un passage de la Bible dit par exemple : « Femmes, soyez soumises à vos maris » (Lettre aux Éphésiens, 5, 22–24). Il deviendrait dès lors interdit de le citer en public. Joints par Le Monde afin de savoir quel texte de loi légitime leur action, ni la préfète de la Loire ni le ministre de l’intérieur n’ont répondu. »  

Mais ce que ni Le Monde, ni EELV ou la LDH ne semblent remarquer c’est que les propos de l’imam n’ont pas été tenus uniquement devant un public de fidèles, mais aussi en direct sur les réseaux sociaux, ce qui, sous couvert de faire du prosélytisme et de toucher le plus grand nombre, expose directement la responsabilité de celui qui prêche aux conventions de la vie en société, au pacte social et au respect des lois. Parmi elles, celle de l’égalité républicaine entre les hommes et les femmes. Le public de ce prêche n’était donc pas seulement les fidèles engoncés dans leurs croyances qui pensent que la femme est un être inférieur qui se doit d’être modeste, pudique et obéissante, mais les internautes, soit à peu près tout un chacun. Or, à Charlie, on trouve bien dommage qu’en 2021, les seuls politiques immédiatement choqués par les propos sexistes d’un imam, soient des membres du RN ou un ministre de droite.  

Que disent le PC, la France insoumise, les socialistes, les associations féministes des propos moyenâgeux tenus par l’imam ? Rien. Ah oui, c’est vrai, on oubliait, c’est les vacances, les JO, la plage, tout ça… Et, c’est bien connu, le sable dans les oreilles, ça rend sourd. ●

29 juillet 2021

Etats Geneaux du Combat Laïque

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 28 min
Plaidoyer pour une souveraineté Laïque Française.
La laïcité française est un enjeu local à l’échelon de la planète. Notre laïcité séparative, qui garantie la liberté de conscience de tout les citoyens est un enjeu national franco-français. En 2020, il est plus que temps de reprendre le main par le haut sur ce principe juridique puissant et sur la dimension philosophique qui engraine, qui engrainait la société d’une idée humaniste et universaliste.
Tout d’abord en revenant à ce qu’elle fût, avant que les politiques eux même ne la rendent caduque et inopérante.
Historiquement, la genèse fait débat. Les discussions sur les luttes pour l’émancipation du joug clérical et de la libération de l’individu ayant, au travers de la révolution laissées des traces indélébiles, tout autant que celles sur les inventeurs de la logique humaniste du siècle des lumières, ne trouverons que des débats historico-politiques qui diviseront inévitablement les meilleurs partisans de la laïcité.
Au stade où nous en sommes, il est inutile de se lancer dans une exégèse et un rappel historique de la laïcité, lorsqu’on sait que de l’aveu de certaines interprétations du Coran, Mahomet lui même serait un précurseur de la chose Laïque, que Jésus lui même serait laïque, tout comme Gengis khan dans les steppes mongoles. Inutile donc de faire une remontée dans le temps pour en chercher les prémices. Nous n’avons pas le temps nécessaire avant l’effondrement total de ce qui dirige nos pas de citoyen depuis 1905, date de la promulgation d’un texte qui a profondément impacté la marche de ce pays.
Loi de séparation entre les églises et l’État.
Il court depuis des années une interprétation sur le titre même de cette loi. Un enfumage politique chargé de faire dire le contraire d’un texte pourtant simple dans son titre et dans son exposé.
Le terme  »séparation » est galvaudé au point de le transformer en  »neutralité d’État ».
La séparation implique forcément deux parties. Les églises d’un côté, l’État de l’autre.
Sous la pression électorale, ou plus particulièrement sur le mythe d’un vote religieux communautariste, le terme  »séparation » est devenu caduque au profit de l’idée de  »neutralité de l’État » face aux églises. C’est un allègement idéologique de la rigueur séparative. Une sémantique qui renverse l’idée même de la loi de 1905, en l’empêchant d’être ce pourquoi elle a été promulguée, à savoir une séparation stricte entre le pouvoir temporel de l’État et le pouvoir intemporel des forces cléricales.
L’État serait donc seul à être neutre et non invasif à l’endroit d’un contre pouvoir organisé. Rendant du coup les églises libres et sans contraintes dans la société et face à l’État.
Il faut se dire qu’en 1946 en préambule de la constitution, puis en 1958 à la promulgation de la constitution de Vème République, il a été décrété que la République Française était laïque. Sur la base de la loi de 1905, loi de séparation entre les églises et de l’État, et dans un soucis de reconstruction après guerre, l’État a décrété que cette séparation était toujours valable et impérative pour que les fonctions publiques puissent fonctionner sans interférences cultuelles au service de l’État et des citoyens. Écoles, collèges, lycées, hôpitaux, sécurité intérieure, services sociaux, municipalités,collectivités locales, tout le régalien s’est mis au pas laïque, séparé du religieux et de l’influence cléricaliste. Chaque fonctionnaire ayant l’obligation légale et morale de neutralité, obligation de ne pas faire montre d’une quelconque obédience politique, religieuse, spirituelle, ou direction de pensée philosophique. Ces obligations ont permis de faire respecter non seulement l’État et son engagement envers le citoyen français, mais aussi de maintenir loin de la marche de l’État d’éventuelles résistances réactionnaires , ou d’obscurantismes sociaux.
Cette neutralité s’applique donc aux fonctionnaires et non à l’État lui même. L’État lui est toujours séparé dans ses décisions des églises. Et ce quelques soient les courants religieux. Ceux en place à la promulgation en 1905 , ainsi que ceux à venir puisqu’à aucun moment dans le texte de la loi de séparation, il n’est fait mention d’un quelconque courant religieux. Aucun culte n’est précisé afin que la loi en elle même, ne porte pas sur les spécificités de telle ou telle culte. On peut donc conclure qu’une forme d’égalité de traitement envers les rites, les cultes, les clergés, les religions est de fait actée par le seul titre de la loi.
De nos jours tout est fait pour que l’interprétation de ce titre soit détourné par l’idée de neutralité qui n’est dévolu qu’aux services publics et aux fonctionnaires en laissant entendre que l’État et le régalien serait deux choses identiques. Mais la marche de l’État n’en reste pas moins exempte de conseils religieux, les citoyens français ne pouvant justement pas être représentés par une autorité religieuse quelconque qui empêcherait ou influencerait l’État au moment de décider librement de la marche qu’il décréte pour et avec les citoyens eux même.
C’est ici que la gouvernance Macron induit une perte de souveraineté face aux éléments cultuels. Le président nouvellement élu en 2017, organise avec la conférence des évêques, un discours qui fera date en pulvérisant justement la séparation. Le président Macron, garant de la constitution, de la laïcité, de la séparation, affirme devant un parterre clérical catholique,vouloir renouer le lien entre les églises et l’État. Une traîtrise républicaine au pacte social qui permettait de maintenir les seules décisions de raison hors l’influence de dieu et ses représentants. Jamais depuis Pétain, on avait tourné le dos à la loi de séparation à un si au niveau de décision et de responsabilité
Le niveau de délabrement laïque, organisé depuis Mitterrand qui recommandait de ne pas faire trop cas de la laïcité, la trouvant difficile à défendre et trop rigoureuse dans, justement, son principe séparatif, puis par un Sarkozy qui s’est attaché à faire représenter les musulmans par un clergé politique, puis par un second par obligation pluraliste entre l’islam diplomatique et les frères musulmans, ou encore par la non affirmation de cette séparation en réponse aux suites des attentats islamistes de 2015 par Hollande et ses gouvernements. Le niveau de délabrement laïque donc, et la perte de sens politique du principe de séparation n’ont même pas permit une levée de bouclier citoyenne face à ce terrible coup de couteau cléricaliste dans le dos à la République, à la constitution, à l’esprit d’émancipation de la loi de 1905.
Il faut rétablir une souveraineté Laïque de l’État, et se réapproprier le principe de séparation et non de neutralité. l’État doit être libre de mouvement, dirigé par la raison, la science, par des choix éclairés qui s’appliquent à tout les citoyens dans la même charge de droits et de devoirs, sans que ces décisions ne soient entachées d’un doute sur les volontés d’égalité, de liberté et de fraternité qui guident les pas de la France depuis la révolution française. Il faut mettre fin à cet enfumage idéologique qui vient mettre en péril le joyaux protégé par ce principe de séparation. Parce que le but principal de la loi de séparation des églises et de l’État, n’est pas de donner des prérogatives à la marche de l’État, mais bel et bien de créer un nid à cette liberté au dessus des autres dans le cadre républicain et de la protéger par la force de la séparation des pouvoirs temporels humains, d’avec des organisations sociales qui ont vocations à brider les consciences.La laïcité, nous venons de le voir, c’est le principe de séparation d’abord dans le fonctionnement de l’État et des fonctions publiques par la neutralité. C’est l’écrin d’une des plus importantes libertés qui ait été donnée légalement aux Hommes. Un modèle mondial pour qui veut s’en emparer pour son compte, une liberté qui rend libre dans sa vie et libre dans sa tête et que la séparation protège comme le plus important héritage français à savoir, la liberté de conscience.
La liberté de conscience, ce n’est pas rien!
Mais surtout ce n’est pas la liberté religieuse, ou de religion, ou de croyance, ou d’expression. Non la liberté de conscience englobe tout cela.
On peut donc, et critiquer un culte ou tout les cultes, et mieux encore ne rien critiquer du tout. On peut l’écrire, le dire, le chanter, le filmer mais à la seule condition de n’être qu’un individu. Oui, la liberté de conscience est une liberté individuelle. Chaque citoyen est libre de penser, croire, théoriser, rationaliser, dire, pratiquer, de ne pas adhérer, de motiver ce pourquoi, d’en débattre, de se moquer, de donner des sous, tant que cela reste dans le champs individuel.
Ce n’est donc pas la simplification martelée par l’observatoire de la laïcité depuis sa création : »le droit de croire ou de ne pas droite » la laïcité et la liberté de conscience va beaucoup plus loin que ça.
La liberté de conscience, c’est surtout l’affirmation de la liberté de penser. Et l’organisation légale de son expression.
En qualité de liberté individuelle, elle coule sur tout les citoyens de manière égale, que l’on soit athée, religieux, pratiquant, nihiliste, de droite, de gauche, vieux ou jeune, homme ou femme, en province ou à Paris, sauf dans le concordat Alsace-Moselle qui conserve des spécificités à cause d’une erreur de taille lors du rapatriement des ces territoires a la fin de la première guerre mondiale. N’étant pas française en 1905, la région ne rentre pas légalement dans le cadre de la laïcité française. Idem pour les DOM TOM où la réglementation n’est pas calqué partout sur le modèle métropolitain.
La liberté de conscience donc raisonne et résonne comme un principe partagé , égalitaire et individuel.
La loi de 1905, ne gère pas l’individu. Elle organise l’expression collective du rite. Elle contraint les organisations cléricales à se conformer à la loi et les rend responsable des éventuelles infraction commises en leur nom, les congrégations et autres association religieuses. Elle met sous surveillance l’expression collective du culte et contrôle que les individus ne soient pas coupés de la liberté de conscience qui chapeaute toutes les expressions individuelles.
Elle pénalise même les dérives dans une séries d’articles qui met des garde-fous et instaure une police des cultes en établissant des sanctions financières et des fermetures de lieux de cultes qui dérogeraient aux règles. C’est à l’État de faire appliquer la loi, et aux cultes de conduire le culte dans les règles. Il est donc faux de dire qu’il y a une liberté religieuse, ou de religion, ou de culte.
Seule la liberté de conscience et la liberté de pratiquer son culte, d’en changer, en tant qu’individu est protégé.
Les clergés doivent se conformer à la loi.
Pourtant depuis des décennies, malgré les dénonciations de dérives, l’État ne fait rien ou si peu!
Des candidats politiques traînent leurs guêtres avant les élections, dans tout les lieux de cultes, pour promettre des dômes et des minarets, des facilités immobilières, des reconnaissances publiques d’un lien entre le politique et les cultes, des crèches dans les lieux régaliens, des repas cultuels au nom du vivre ensemble à Noël , à l’Aïd, à Hanouka, des achats de temples bouddhistes en kit par des mairies et conseils régionaux. Aucune dérive n’est condamnée par l’État. Au point que l’on donne des terrains appartenant à tout les citoyens, pour 1 euro, à une partie de la population et à des fins religieuses.
Les règles pourtant sont très claires
 » l’État ne reconnaît ,ni ne subventionne aucun culte ». Il n’y a rien de plus simple!
L’argent de l’État, l’argent public, ne peut être utilisé pour financer, subventionner, promouvoir un quelconque culte. L’argent du culte, c’est l’argent des croyants, pas celui du revenu de tout les citoyens. L’argent public ne regarde que l’état et les citoyens dans leurs ensemble.
Et c’est pour cela que l’État ne doit pas reconnaître les cultes comme des corps intermédiaires ,ni comme des syndicats d’une partie de la population. Pourtant il n’est pas rare que des représentants des cultes, soient conviés en mairie ou dans les ministères, ou même comme pendant le confinement, lors de l’épidémie de la COVID, directement connectés avec l’Elysée en visioconférence.
Les représentants de l’État ne doivent pas être partie prenante dans les affaires cultuelles, ni dans une quelconque aide à des institutions de droit privé religieux. C’est interdit par un texte qui date de 1905, et réactualisé en 1958 ,ni parler en lieu et place d’une partie seulement de la population, en leur nom ou en celui d’une communauté
Il s’agit ici de protéger l’individu d’un réarmement dans la société de canons religieux, en aidant à affûter l’emprise des cultes collectifs sur les croyances personnelles. La marche de l’État n’a pas à s’adosser sur un pouvoirs transversal qui a vocation au contrôle social privé.
Les germes du pouvoir religieux sont toujours d’actualité. Soit en affirmant une hégémonie culturelle, soit en modifiant dans la société les perceptions morales, sociales, ayant pour finalité la transformation par la loi de la liberté de conscience.
Le principal ennemi du religieux est le blasphème. Un délit qui n’est plus légal en France, mais qui autorise des passage à l’acte violent en s’exonérant du droit commun au profit de préceptes religieux devenu loi pour les plus rigoristes des pratiquants.
On peut constater une forme d’alliance informelle contre le blasphème. Tout est en place sans être dénoncé par les autorités pour museler les paroles critiques, caricaturales, idéologiques, la critique des rites, des pratiques, des sacrifices d’animaux, du business religieux et surtout la dénonciation de l’entrisme religieux dans la structures d’états et des financements associatifs de structures locales et confessionnelles, ou donc l’activité sert a la promotion du culte et des pratiques du cultes avec l’argent public. A la moindre remarques, les anathèmes pleuvent. Islamophobe, cathophobe, antisémite, laïcard, raciste…
Il est incroyable de penser que c’est avec une partie de l’argent public que ces gens s’arment contre les citoyens et contre la liberté de conscience.
Prenons par exemple  »alliance citoyenne » à Grenoble, qui touche de généreux subsides de la mairie elle même. Le but de cette association, outre quelques actions citoyennes locales est de forcer la main des pouvoirs publics pour se baigner habillé dans les piscines. Dit comme ça, sans connotation religieuses, on pourrait croire à une blague.
Mais si on y ajoute le fait que ces vêtements sont des habits religieux, imposé par une pratique orthodoxe du rite qui reste un choix au regard de la liberté de conscience, la donne change.
Et c’est bien de l’argent public, prit sur le salaire de millions de travailleurs, de propriétaires immobiliers, de taxe en tout genre, qui finance ce type d’action. Et la réponse de cette association qui qualifie d’islamophobe toutes les voix qui s’élèvent contre cet état de fait.
Faire taire au nom du blasphème.
Que l’on soit Salman Rushdie, Charlie Hebdo, Zineb el Rhazoui, Mila, ou simple citoyen au Bataclan, dans un quartier ou dans une file d’attente au supermarché, nous sommes tous soumis à d’éventuel actes ou paroles lié au blasphème. Aucune parole d’État ne vient contrarier ces menaces, actes, on trouve même des gardes des sceaux pour parler de respect pour faire taire les critiques de citoyens horrifié que Mila soit mise en danger pour son opinion sur l’islam.
Respect de quoi? A quel moment le respect est un argument judiciaire, juridique?
Pourtant faire taire au nom de son culte, forcer à exercer un culte ou des pratiques cultuelles est puni par la loi. Par la loi de 1905 et son article 31!
 »Article 31
Sont punis de la peine d’amende prévue pour les contraventions de la 5ème classe et d’un emprisonnement de six jours à deux mois ou de l’une de ces deux peines seulement ceux qui, soit par voies de fait, violences ou menaces contre un individu, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi ou d’exposer à un dommage sa personne, sa famille ou sa fortune, l’auront déterminé à exercer ou à s’abstenir d’exercer un culte, à faire partie ou à cesser de faire partie d’une association cultuelle, à contribuer ou à s’abstenir de contribuer aux frais d’un culte. »
Si menacer quelqu’un de violence, en lui demandant de se taire ou de se plier à une pratique cultuelle qui serait de ne pas dessiner le prophète ne conduit personne devant un tribunal, doit on s’étonner que la liberté de conscience soit si mal comprise?
Ou lorsque c’est fait avec de l’argent public , comme à Grenoble, où on demande que des pratiques vestimentaires religieuses soient permises dans l’enceinte d’un bâtiment public, recevant du public?
Ou lorsqu’un élu se présente à une cérémonie religieuse pour solliciter des votes, comme un retour sur investissement sur la vente à la découpe de la liberté de conscience?
Ou lorsque des associations ou congrégations religieuses sont invitées a débattre sur les lois bioéthiques à venir?
Ou quand un élu va remettre les clefs de sa ville à Barbarin contre un euro symbolique?
Ou en invitant les responsables locaux religieux à des débats dans les préfectures?
Ou quand un président de la République française s’invite à la conférence des évêques pour déclarer sa flamme au cléricat catholique en promettant de réparer le lien entre l’état et les cultes?
A coup d’argent public et d’arrêtés municipaux pour régler le problème des troubles à l’ordre public en mobilisant des forces de polices ou des agents municipaux.
La liberté de conscience ne se négocie pas. Elle ne doit pas être dénaturé au profit d’un vivre ensemble entre communautés et en excluant de fait l’état et les citoyens. Il en va de notre vie. Les orthodoxes faisant peu de cas de la vie en matière de blasphèmes.
C’est à l’État de prendre les choses en main, d’appliquer le titre VI de la loi de 1905 avec la plus intense des reflets, de communiqué fortement pour renvoyer tout les anti républicaine religieux, tous les fachistes de la pensée des arrière mondes, avec l’aval des citoyens puisque c’est le rôle de l’État que protéger les libertés et en premier lieu celles des consciences.
Il est temps de reposer la question d’un souverainisme laïque, qui serait l’action d’un état fort, au service des libertés fondamentales sans le délayer dans une soupe droit de l’hommeliste qui dénature le seul texte qui dirige nos pas laïques, la déclaration des droits de l’homme et des citoyens, et que la loi de 1905 a mis en forme dans une logique d’égalité, de liberté et de fraternité.
Soyons laïques, soyons français, soyons laïquement souverain.

9 mars 2021

VALERIE TORANIAN

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 14 h 22 min

LA MORT DE L’UNIVERSALISME C’EST LA FIN DU FÉMINISME ( tiré de la REVUE DES DEUX MONDES)

Je me souviens du temps où le féminisme était d’abord universaliste. On ne faisait pas le tri entre les femmes de culture et de religion différentes pour décider de leurs droits à être nos égales ou pas. Les droits des femmes concernaient toutes les catégories de femmes. À des échelles différentes et avec des nuances. Les femmes précaires étaient plus vulnérables que les femmes CSP ++, les femmes précaires et immigrées encore plus exposées que toutes les autres. L’intersectionnalité, avant de verser dans la folie tyrannique des minorités, c’était d’abord cette reconnaissance de multiples sources de discrimination. Et le féminisme universaliste embrassait toutes ces dimensions. Pas d’essentialisation, d’assignation à la race ou à la religion. Des combats à mener. Contre le sexisme, les discriminations, les inégalités. Que le système d’oppression soit blanc, noir, arabe, musulman, africain, orthodoxe juif, catholique intégriste ou évangéliste. Pas de sororité identitaire excluant celui/celle qui ne me ressemble pas (et bien sûr les hommes..). Plutôt la solidarité. Les féministes occidentales n’étaient pas des « blanches néo-colonialistes » mais souvent les porte-voix des femmes sans voix. Celles qui subissaient des lois iniques, des violences systématiques, à qui on refusait l’éducation, l’école, l’accès à la santé. Celles qui subissaient le viol comme arme de guerre. Celles qu’on interdisait de parole, de visibilité, qu’on mariait de force, qu’on excisait, qui subissaient la polygamie.

Lorsque ces pratiques sont arrivées en France, les féministes universalistes n’ont pas pensé que ces femmes immigrées, tant pis pour elles !, appartenaient à des communautés dont il fallait respecter les usages et les mœurs. Et qu’on pouvait donc les laisser sur le carreau. À partir du moment où la République française les accueillait, ces femmes avaient des devoirs mais aussi des droits. En France, nous sommes toutes les héritières d’Olympe de Gouges, de Simone de Beauvoir, de Simone Veil et des luttes des années soixante-dix.

« Le néo-féminisme intersectionnel et racisé fait aujourd’hui la promotion d’un identitarisme obsessionnel qui fut l’apanage de l’extrême droite. Et toutes les forces de progrès applaudissent, à l’exception de la gauche républicaine universaliste, hélas bien moins audible. »

Lorsque l’islam politique, importé par les salafistes et les Frères musulmans, s’est mis en marche dans les quartiers, poussant en première ligne les femmes voilées, étendards d’un séparatisme affiché, pas question de dire démagogiquement que c’était « leur droit ». Il importait, au contraire, de redire que tous les « droits » ne se valent pas : le foulard est le marqueur d’une idéologie totalitariste qui ne reconnaît pas aux femmes leur pleine égalité avec les hommes. Qu’elles portent le foulard librement et avec fierté en fait des militantes de l’islamisme, pas des militantes du féminisme.

Je me souviens que la gauche fut longtemps le fer de lance du combat féministe universaliste. La religion était l’opium du peuple, pas le nouvel horizon du progrès. Le combat contre le racisme n’était pas devenu le combat contre l’islamophobie au nom d’une bigoterie post-moderne invraisemblable. La laïcité était une fierté pas un concept honteux dont on n’ose même plus se revendiquer de peur d’être traité de « laïcard islamophobe ».

L’étude légitime des crimes du colonialisme ne s’était pas transformée en doxa indigéniste décoloniale interdisant aux Blancs de prendre la parole sur des questions historiques ou culturelles, censurant toute parole non conforme au dogme racialiste. Les réseaux sociaux, très investis par les mouvements néo-féministes intersectionnels et décoloniaux, ne faisaient pas encore la loi semant la terreur dans les médias terrorisés à l’idée du bad buzz. On n’interdisait pas des camps de vacances décoloniaux aux Blanches. On ne sonnait pas l’hallali lorsqu’une Irlandaise traduisait la chanson d’une Afro-américaine. On ne hurlait pas à l’appropriation culturelle lorsqu’une Blanche chantait le blues.

Le néo-féminisme intersectionnel et racisé fait aujourd’hui la promotion d’un identitarisme obsessionnel qui fut l’apanage de l’extrême droite. Et toutes les forces de progrès applaudissent, à l’exception de la gauche républicaine universaliste, hélas bien moins audible. Comme le dit Abnousse Shalmani, « orpheline de son électorat ouvrier, la gauche se console avec les islamistes ». Sinistre conversion. L’UNEF était un syndicat étudiant de gauche et féministe, pas un syndicat porteur, à travers sa présidente voilée, des valeurs de l’islam politique.

Le féminisme combattait le viol, pas le viol émanant exclusivement des prédateurs blancs occidentaux hétérosexuels. Un violeur noir n’est pas un prédateur, c’est une victime, nous disent les néo-féministes décoloniales. Même chose pour l’agresseur sexuel musulman. Souvenez-vous de la Saint-Sylvestre à Cologne et des intellectuels islamogauchistes nous expliquant que ces hommes d’origine maghrébine, donc victimes, avaient agressé des femmes blanches, donc coupables (être Blanche est une faute, être une femme blanche marchant dans la rue est une provocation ?). Tant pis si la victime du prédateur racisé est souvent racisée. Au nom de sa culture et de sa couleur, elle doit se taire.

« Le néo-féminisme est l’incarnation de son époque, séduite par les extrêmes, très perméable aux discours de haine, y compris à la haine de soi. Une époque post-moderne où n’existe plus que des valeurs et des principes alternatifs, tous équivalents. »

Le féminisme a toujours été traversé par des courants plus radicaux que d’autres. La nouveauté est que la radicalité est devenue le courant mainstream du féminisme. #Metoo avec la libération de la parole sur le harcèlement (notamment en entreprise) est un progrès. #Balancetonporc est un naufrage moral. Accompagner et aider les victimes de violence est une obligation. Poser comme dogme #victimejetecrois, en dépit des règles de l’État de droit, est une capitulation.

Le néo-féminisme est l’incarnation de son époque, séduite par les extrêmes, très perméable aux discours de haine, y compris à la haine de soi. Une époque post-moderne où n’existe plus que des valeurs et des principes alternatifs, tous équivalents.

Dans ce naufrage féministe des principes, dans cet océan de bêtise et de confusion, il faut donc saluer avec force celles qui résistent et continuent contre vents et marées à défendre un féminisme universaliste. Loin des théories décoloniales et racialistes qui nous font violemment régresser, elles sont les héritières de Simone de Beauvoir, d’Élisabeth Badinter, d’Annie Sugier, de Catherine Kintzler, d’Élisabeth de Fontenay. Hommage et respect à Abnousse Shalmani, Fatiha Boudjahlat, Zineb El Rhazoui, Hala Oukili, Mila, Françoise Laborde, Caroline Fourest, Tania de Montaigne, Peggy Sastre, Sonia Mabrouk, Lydia Guirous, Rachel Kahn… et toutes celles qui partagent leurs combats.

19 janvier 2021

La moutarde me monte au nez ! Trop c’est trop ! Touchez pas aux petites filles ! Merci madame Fatiha Agag-Boudjahlat !

Classé dans : Art et culture, la vie des avis,La cause des Femmes — eructeuse @ 15 h 18 min

Sur marianne.fr

Un amendement déposé par des députés La République En Marche (LREM) puis jugé irrecevable a remis sur la table le débat sur le port du voile par les fillettes. Marianne en parle avec Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et auteure d’un ouvrage sur cette pratique.

Aussitôt déposé, aussitôt retoqué. Quelques jours seulement après son dépôt par les députés LREM Aurore Bergé (Yvelines) et Jean-Baptiste Moreau (Creuse), l’amendement visant à interdire le voilement des fillettes dans le cadre du projet de loi visant à conforter le respect des principes républicains a été jugé irrecevable car dépassant le périmètre du texte. Mais le débat ne s’arrête pas là. Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et auteure de Combattre le voilement – Entrisme islamiste et multiculturalisme (Cerf) estime que l’interdiction du voilement des fillettes relève de la protection de l’enfance. Entretien.

Marianne :Quelle signification revêt le voilement d’une fillette ?

Fatiha Agag-Boudjahlat : Le voilement, qu’il concerne des enfants ou des femmes adultes, qu’il soit imposé comme en Iran, ou non comme en Europe, ne change ni de sens ni d’effet. La femme est soumise à la sainte trinité patriarcale. Elle doit être vierge, discrète, pudique. Le voilement, que ce soit pour les adultes ou les enfants réduit la femme à un organe génital total. Sa chevelure est présentée comme susceptible d’exciter le désir des hommes.

Le voilement, que ce soit pour les adultes ou les enfants réduit la femme à un organe génital total.

Quand il s’agit d’enfants, quelles sont les conséquences sur leur développement ?

Pour les islamistes, l’enjeu du voilement des fillettes est de les formater suffisamment tôt pour qu’elles ne s’écartent jamais de cette voie. Voiler des enfants vise à les emprisonner dans une ultraorthodoxie. Peu à peu, par cette pratique, on apprend à la fille qu’elle a des obligations que les garçons n’ont pas. On lui inculque l’idée qu’en tant que fille, elle constitue une vulnérabilité pour la famille. On lui impose une situation d’invisibilité pour ne pas exciter les hommes. Le voilement relève de l’hypersexualisation du corps des enfants. Mais le voilement des fillettes produit aussi des effets sur les petits garçons : ils intègrent que les femmes sont différentes. Les garçons apprennent qu’une fille qui se respecte est une fille qui se voile.

Pour les islamistes, l’enjeu du voilement des fillettes est de les formater suffisamment tôt pour qu’elles ne s’écartent jamais de cette voie.

Pourtant, certains défendent de ne pas l’interdire au nom de la liberté religieuse ou parce qu’ils craignent qu’une telle mesure stigmatise.

Je ne supporte plus que l’accusation de stigmatisation soit un prétexte pour ne pas faire avancer les choses. Le voilement ne correspond à aucune pratique musulmane du Maghreb, cela vient d’Afghanistan. En Algérie, par exemple, ceci n’existe pas. Je ne comprends pas comment des féministes peuvent défendre le voile, il n’y a rien de plus patriarcal. Les féministes parlent de consentement, mais la religion est le mécanisme le plus efficace d’emprise sur les êtres. Un enfant ne souhaite qu’une chose : plaire à ses parents.

Sait-on à quel point le voilement des fillettes est répandu en France ? Existe-t-il des chiffres ?

Il n’y a aucun chiffre car les ministères de l’éducation, de la santé et de l’intérieur s’interdisent d’enquêter. On refuse de considérer l’islamisme comme une dérive sectaire. Néanmoins, je constate que lorsque j’étais petite, moi-même fille d’immigrés, je rencontrais très peu d’enfants voilées. Maintenant, je croise des enfants de trois ou quatre ans qui portent le foulard. Ce n’est pas anecdotique, c’est surtout symptomatique d’une normalisation de pratiques ultraorthodoxes. En Algérie, mes parents n’ont jamais vu ça. On introduit l’idée qu’un bon musulman est un islamiste.

Comment lutter contre ce phénomène ?

La mère des réformes serait de remplacer la notion d’autorité parentale par celle de responsabilité parentale. Il faut une commission parlementaire pour revoir la protection de l’enfance. Nous avons hérité d’une pratique bonapartiste qui consiste à sacraliser l’autorité parentale, comme si les parents étaient propriétaires du corps de leur enfant. Il est indispensable de clarifier le statut juridique de l’enfant. La Convention internationale des droits des enfants leur garantit la possibilité de se construire une personnalité mais garantit surtout aux parents le droit de leur transmettre leur culture. Que fait-on s’il y a une contradiction entre les deux ?

Quelle est la distinction entre autorité et responsabilité parentale ?

L’autorité parentale fait croire que le rôle des parents consiste à exercer un pouvoir sur leur enfant. La responsabilité suggère que les parents ont des devoirs vis-à-vis des enfants, et non des droits. Ils ont le devoir de prendre soin de leurs enfants. La protection de l’enfance à l’heure actuelle est un scandale d’État. Il faut réintroduire un défenseur des enfants qui ne dépende pas du Défenseur des Droits. Les enfants radicalisés disparaissent des radars. Ils ne sont pas scolarisés, ou seulement à domicile. Il est urgent de repenser la protection de l’enfance.

Il est urgent de repenser la protection de l’enfance.

Dans ce travail de réforme de la protection de l’enfance, que proposez-vous précisément pour bannir le voilement des fillettes ?

La loi a déjà intégré que la maltraitance ne se limite pas seulement à des atteintes physiques, mais inclut également des violences psychologiques. Je propose d’avancer en interdisant les « exigences éducatives disproportionnées », terme formulé dès 1988 par la commission Jacques Barrot sur la protection de l’enfance. C’est l’argument juridique qui permettrait de bannir le voilement des fillettes. Chantal Jouanno s’était déjà appuyée dessus pour interdire les concours de mini-miss. Les exigences éducatives disproportionnées permettraient également d’interdire les certificats de virginité ou la pratique du ramadan par les enfants. Il y a deux ans, je me souviens avoir envoyé à l’infirmerie un élève qui pratiquait le jeûne et se sentait mal. Quand l’infirmière a appelé les parents, ils lui ont répondu qu’elle laisse dormir leur fils car il ne devait pas casser le ramadan.

Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau ont déposé leur amendement pour interdire le voilement des fillettes dans le cadre du projet de loi confortant le respect des principes républicains. Mais à vous entendre, l’enjeu relève plus de la protection de l’enfance que de la laïcité.

Oui. Je savais que ce que proposait Aurore Bergé était voué à l’échec. La question du voilement des fillettes est une question de maltraitance des enfants. Il ne faut pas convoquer la laïcité à tout bout de champ. Une commission parlementaire sur la protection de l’enfance traiterait aussi bien de l’inceste, des exigences éducatives disproportionnées que de l’accès à la pornographie.

Y a-t-il également une frilosité politique à avancer sur ce sujet ?

LREM n’avance que lorsqu’il y a un attentat. Il faut qu’une tête tombe pour qu’ils bougent. LREM défend une conception multiculturaliste, comme ces sinistres sires de la France Insoumise qui combattent le patriarcat jusque dans les toilettes d’Alain Finkielkraut mais qui n’ont aucun problème avec le voilement des fillettes. Sur la protection de l’enfance, on est en train d’avancer sur la pédophilie. Mais sur le sujet du voile, dès qu’on le mentionne, on ressort l’accusation de stigmatisation. D’autres affirment qu’il faudrait aussi interdire les croix ou les kippas. Or, une kippa ne fait pas des cheveux d’un homme un organe génital qu’il faut cacher. La loi de 1905 visait clairement l’Église. Il faut s’adapter au contexte et aux religions.

LREM n’avance que lorsqu’il y a un attentat. Il faut qu’une tête tombe pour qu’ils bougent.

Tout cela est dramatique car si les islamistes arrivent à contrôler les enfants, l’orthodoxie se banalisera complètement. Il faut agir, il n’y a rien de plus faible que les enfants.

29 avril 2018

Lu et approuvé, article de Zineb El Rhazoui

Classé dans : tout est politique — eructeuse @ 13 h 48 min

Article pris sur la page FB de Laïcité 30

Zineb, ex journaliste de Charlie Hebdo, revient sur l’antisémitisme dans le Coran.

« Au pays de Voltaire, à l’épreuve de la raison, l’Islam sacré des prédécesseurs arrive à péremption. Comme le catholicisme avant lui, il faudra que l’inconscient collectif français le désacralise pour le remettre à la seule place que devrait allouer une démocratie moderne en 2018 à un corpus législatif rédigé il y a 15 siècles en Arabie préislamique. Nul besoin d’expurger le coran que la tradition nous a transmis aujourd’hui s’il est tenu pour ce qu’il devrait : un livre ancien renfermant à la fois la sagesse et la barbarie des temps où il fut rédigé. L’Islam peinera à se renouveler tant que ses théologiens et ses fidèles défendront l’idée que Dieu est éternel, et que le coran est sa parole incréée. L’édifice intellectuel islamique continuera inexorablement à se fissurer jusqu’à effondrement total, tant que les questions fondamentales autour du coran, ses auteurs, sa chronologie, sa fabrication en tant que livre saint, seront soigneusement éludées par les imams. »

La journaliste et militante Zineb El Rhazoui réagit au « manifeste contre le nouvel antisémitisme ».

Zineb El Rhazoui, également connu sous le nom de plume Zineb, est l’une des femmes les plus protégées de France. Cette ex-journaliste à « Charlie Hebdo » est aujourd’hui militante des droits de l’homme et théologienne. En exclusivité pour « l’Obs », elle réagit à la publication du « manifeste contre le nouvel antisémitisme ».

Lorsque j’ai entendu le mot « Yhoudi » (juif) pour la première fois, il y a plus de 30 ans au Maroc, il sonnait comme une insulte. C’était dans un large rassemblement familial, le genre de réunions où les adultes profitant des retrouvailles s’irritent de leur marmaille qui court dans tous les sens. Quelqu’un venait de traiter son enfant de « Yhoudi ould lyhoud (juif fils de juifs) pour lui dire qu’il était un vilain garnement. J’allais avoir l’occasion d’entendre cette « insulte » sous différentes formes au cours de ma vie au Maroc, un pays dont j’ai pourtant appris plus tard qu’il était le moins antisémite du monde arabe.
« Hachak » (sauf votre respect) est un mot que les Marocains, très soucieux de la politesse verbale, accolent à tout terme infamant. Ainsi, un Marocain dira « la poubelle hachak » ou « l’âne hachak ». Mais plus étonnant encore, beaucoup de Marocains diraient « une femme sauf votre respect » ou « un juif sauf votre respect ». D’ailleurs, la légende ne raconte-t-elle pas qu’avant l’extinction des lions de l’Atlas, en des temps immémoriaux, le voyageur qui craignait une attaque des fauves devait s’entourer de Juifs, un gibier si vil que le roi des animaux ne s’abaisserait pas à le chasser ?

Un peu plus tard à l’école primaire Al-Amani à Casablanca où j’apprenais des rudiments d’arabe, de français, et beaucoup de cours religieux, il se murmura dans la cour que la maison mitoyenne était habitée par des Juifs. Nous-nous crûmes alors autorisés, nous autres petits écoliers d’un établissement privé plutôt bourgeois, à balancer des insultes et des détritus depuis les fenêtres de nos classes. La propriétaire s’en plaignit au directeur, un lauréat de l’université théologique d’Al Azhar au Caire et docteur en littérature arabe, qui, furieux, nous administra une punition exemplaire. Pour la première fois, les antisémites en herbe que nous étions venaient d’apprendre que haïr les Juifs était quelque chose de mal. Ironie du sort, c’était M. Fahmi Shanti, un brillant intellectuel palestinien réfugié au Maroc où il avait fondé notre école, qui nous l’a appris.
Cette leçon, je n’allais jamais l’oublier. J’en retins que l’antisémitisme -n’en déplaise aux détracteurs de George Bensoussan- est bel et bien un atavisme que l’on a de fortes chances de téter du sein de sa mère pour peu que l’on reçoive une éducation islamique standard. Un atavisme, certes, mais pas une fatalité. J’en retins également que la cause palestinienne ne peut être prétexte à l’antisémitisme, même pour ceux qui ont en personnellement fait les frais comme M. Shanti. J’en retins surtout que tout théologien d’Al Azhar qu’il était, le directeur de l’école tenait avant tout à avoir des relations de bon voisinage. Si lui parvenait à vivre ensemble avec ses voisins juifs, pourquoi en France nous n’y parviendrions pas ?

L’antisémitisme musulman, le mot est lancé
Dans un « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » publié dimanche 22 avril dans « Le Parisien », 300 personnalités politiques, médiatiques et du monde des arts tirent la sonnette d’alarme quant à l’inquiétante recrudescence des crimes antisémites commis en France par des islamistes. Pour ceux qui les perpètrent, ces actes ont un nom : le Jihad. Afin de faire cesser ces ordalies au rabais qui envoient tout droit leurs auteurs auprès des Houries de l’Éden et qui contraignent les Juifs de France à migrer plus prosaïquement vers des cieux ou des quartiers plus sûrs, les signataires du manifeste exhortent les autorités théologiques islamiques de France à frapper du sceau de l’obsolescence les versets du coran appelant au meurtre des Juifs, des Chrétiens et des incroyants.
D’aucuns ont d’abord réagi au texte en pointant sa partialité, car le fait même d’évoquer un antisémitisme islamique serait « stigmatisant » pour toute une « communauté ». Les auteurs du manifeste se sont ainsi vus sommés de mentionner tous les antisémitismes ; celui de la fachosphère française et celui qui sévit eu Europe de l’Est, sous peine de se voir accuser de façon à peine voilée d’ »islamophobie ». Cette même dialectique de l’intimidation enjoint à toute personne qui s’exprime sur l’intégrisme islamique de valider d’abord « qu’il y a des intégristes dans toutes les religions ». L’argument en apparence équilibré n’est qu’une technique de réfutation qui permet de diluer le propos sans jamais en discuter le fond.

Toutefois, ce sont les principaux intéressés eux-mêmes qui mettent fin à ce début de polémique stérile pour amorcer le seul véritable débat qui compte : la part de responsabilité des textes islamiques dans ces crimes antisémites et l’opportunité de procéder à un toilettage du texte coranique pour l’expurger de ses versets violents. « Des Imams au service de la République française », publié dans « Le Monde » du 25 avril, est rédigé par Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux, et signé par 30 imams qui dénoncent « le terrorisme et les crimes antisémites » et les qualifient de « situation intenable ». Si la démarche a le mérite d’entériner à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, les imams républicains ne vont pourtant pas jusqu’à accéder à la requête qui leur est faite de revoir leur copie du coran.

L’ »imam modéré » ? Un mythe médiatique

L’expression est à la mode. Ou comment un oxymore se ferait presque passer pour un pléonasme. Lors de la polémique sur le burkini qui a empoisonné le débat estival en 2016, les imams français dits modérés ont magistralement raté l’occasion de prouver que « modérés », ils l’étaient vraiment. Quasiment tous ont défendu la « liberté » de ces anti-Mariannes des plages à s’afficher en tenue wahhabite, déplorant pour la plupart cette « islamophobie » si française, à une heure où la France n’avait pas encore fini d’enterrer les victimes des attentats de Nice. S’il y avait, certes, matière à débattre du bienfondé des décrets préfectoraux interdisant le burkini, il aurait suffi qu’un seul de ces imams lève le petit doigt pour dire que l’on peut parfaitement être musulmane et porter le maillot de bain pour qu’il mérite authentiquement son étiquette de « modéré ». Aucun ne l’a fait.

Le traditionnel ballet des « condamnations » de ces imams fait maintenant partie du décorum post-attentats. Pourtant, il y aurait lieu de se questionner sur l’opportunité de plébisciter des théologiens qui se contentent de condamner des crimes qui le sont déjà par la loi au lieu de condamner les textes qu’ils prêchent dans leurs mosquées et qui justifient ces mêmes crimes.

Dans le cas précis des attentats visant les citoyens de confession juive, il aura fallu des années depuis le forfait de Merah pour que les imams lâchent le mot « antisémitisme ». Mieux vaut tard que jamais. Toutefois la noblesse de l’intention affichée masque à peine l’affront ressenti par les imams face à ces 300 illustres profanes qui les somment d’amender leur livre saint. Demander à un musulman croyant, imam de surcroit, de changer l’emplacement d’une virgule dans le coran, c’est comme demander au Louvre de repeindre la gorge de la Joconde en noir parce que les islamistes trouvent son décolleté trop affriolant.

Maladroite, certes, et même « ignare » comme l’a sous-entendu Tareq Oubrou, l’injonction faite aux responsables musulmans de se justifier sur les versets criminogènes contenus dans le coran a tout de même le mérite de sonner le glas d’une mystification. D’abord, à travers ce manifeste, 300 signataires d’horizons très divers affirment ne pas être dupes. Sauf à faire preuve d’une extrême mauvaise foi, plus personne ne croit à l’antienne répétée en chœur par les Imams de France et de Navarre face au fléau terroriste. Non, la succession des crimes idéologiques perpétrés à coups d’ »Allah Akbar » n’est ni l’œuvre hasardeuse de détraqués mentaux mystérieusement inspirés par le même génie profane, ni le fruit amère d’une civilisation occidentale intrinsèquement raciste et oppressive pour « une communauté musulmane » dont la jeunesse désœuvrée exprimerait ainsi de façon ultime son extrême désespoir. Si tel avait été le cas, on ne compterait pas les victimes du terrorisme islamique par milliers sous les cieux où règne l’Islam.

Ensuite, la proposition faite par les Imams signataires de l’appel des 30 de remédier au fondamentalisme en enseignant le « bon » islam – le leur – ne résiste pas non plus à l’analyse. En refusant encore une fois toute critique de fond des textes islamiques, parce que l’Islam serait foncièrement vertueux et mal interprété, Tareq Oubrou qui s’est fait connaître pour son projet très louable de régénérer l’islam de France, un islam qui selon lui doit être nourri de l’esprit des Lumières, semble ne pas se donner les moyens de ses ambitions. Comment réformer l’islam sans le critiquer, sans le pousser dans ses retranchements, sans le questionner sur la nature du coran, crée ou incrée, et sur la question du Salut dans la foi musulmane ? En effet, l’imam et ses comparses usent et abusent du postulat éculé de « l’islam religion de paix et d’amour » victime à la fois de « stigmatisation » de l’Occident et de mauvaise interprétation de la part de ceux de plus en plus nombreux qui commettent des crimes de masse en son nom.

« Citoyens aussi, nous voulons proposer notre expertise théologique aux différents acteurs qui sont confrontés aux phénomènes de la radicalisation dans les prisons, dans les établissements publics, fermés et ouverts, afin de répondre à des aberrations religieuses par un éclairage théologique lorsque les arguments avancés par ces jeunes sont d’ordre religieux. Une expertise que seuls les imams peuvent apporter », écrivent-ils. Autrement dit, à chaque fois que le texte coranique leur est opposé, et bien qu’il soit d’une très grande clarté quant au sort des Juifs, des chrétiens, des incroyants et des femmes, les imams éluderont en évoquant des complexités exégétiques qui ne sont en réalité qu’un écran de fumée. Ils renverront leur interlocuteur à son ignorance supposée du contexte, de la langue arabe ou des subtilités exégétiques pour s’affirmer comme seuls à pouvoir comprendre l’Islam. Les seuls donc à pouvoir sauver la France et le monde d’une menace idéologique pourtant contenue dans la foi qu’ils prêchent. Le tour de passe-passe est remarquable.
En réalité, s’adjuger le monopole de la compréhension du coran revient à mettre à l’index le corpus textuel islamique pour n’en distiller au public que ce qui en lustre l’image et paraît convenable pour les oreilles de la République. Les imams s’instaurent ainsi en clergé ad hoc, mais ils refuseront de se reconnaître comme tels à chaque fois qu’ils seront sommés de réformer leur dogme. En effet, comment toucher aux textes saints lorsque chacun sait qu’en Islam, il n’y a pas de clergé ?

L’antisémitisme, une science islamique ?

Si les imams reconnaissent à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, ils le décrivent volontiers comme une regrettable conséquence de l’ignorance de certains musulmans. Ces « ignares » qui n’ont pas pu profiter des Lumières des imams « modérés » de France se seraient ainsi formés à l’antisémitisme auprès de sombres réseaux anonymes sur Internet. Encore une mystification, pour ne pas dire un pur mensonge. Si n’importe quelle personne sachant lire l’arabe comme moi peut accéder à une riche bibliographie antisémite en effectuant une simple recherche sur Internet ou dans n’importe quelle bibliothèque du monde musulman, nos imams éclairés de France ne peuvent ignorer l’existence de tels « travaux ». Contrairement à ce que prétendent ces imams plus soucieux de lustrer leur image que de dire la vérité, les écrits antisémites ne sont pas toujours l’œuvre des prédicateurs autoproclamés des sous-sols. Citons quelques exemples !

Abdul Rahim Shareef, Doyen de la faculté de Charia à l’Université de Zarqa en Jordanie, titulaire – entre autres – d’un doctorat en exégèse coranique à l’Université de Damas en 2006, est l’auteur d’une recherche intitulée « Les caractéristiques des Juifs dans le coran ». En s’appuyant sur plus de 13 versets coraniques que sa qualité de docteur en exégèse habilite parfaitement à interpréter, il en sort que les juifs présentent huit caractères majeurs : le non partage de la sagesse, l’avarice, la cupidité, la couardise, la trahison, le mensonge, le vandalisme et le crime (ils assassinent les prophètes).
Voilà donc à quoi ressemble un travail académique en sciences islamiques dans un pays comme la Jordanie.

Les imams de France ne peuvent l’ignorer, l’étude des juifs semble même obséder les « savants » de l’Islam. Un autre universitaire, Abdullah Ben Radi Al Shamri, docteur en Charia mention Fiqh, professeur de théologie à l’Université de Hail en Arabie Saoudite, écrit sur le sujet : « Nous ne pourrons comprendre les Juifs que grâce à la description que Dieu en fait dans le coran. La raison de notre faiblesse face à eux, de l’humiliation qu’ils nous infligent et de notre sang qu’ils font couler, c’est que nous nous sommes éloignés des enseignements coraniques sur notre combat face à eux et que nous les avons substitués par une législation internationale et des considérations politiques (….) Les Juifs que nous voyons aujourd’hui sont les mêmes que Dieu a maudits depuis le septième ciel, ils ne sont pas différents de leurs ancêtres. Ils combattent même l’islam avec des moyens encore plus pervers (…) ». L’auteur de ces lignes compte à son actif plusieurs conférences en Europe, dont une en France, une à la faculté islamique de Bruxelles, une à Barcelone, et d’autres au Canada et ailleurs dans le monde.
Pour finir, l’auteure libanaise Salam Al Haj, diplômée en communication et en démographie à l’Université libanaise, ancienne journaliste du quotidien Al-Safîr, dénombre 24 caractéristiques des Juifs dans son étude « Qui sont les Juifs et quelles sont leurs caractéristiques dans le coran ? ».
Selon elle, aux huit tares citées plus haut, les Juifs se caractériseraient en outre et non exhaustivement par leur cruauté, leur insolence, et par leur idolâtrie de l’argent. Les « études » comme celles-ci sont légion dans les universités islamiques. Nier leur existence soulève la question de la sincérité des Imams de France lorsqu’ils proposent de promouvoir un islam des Lumières, compatible avec les valeurs républicaines.

De la contextualisation sélective
La seule posture acceptable de la part de Tareq Oubrou et de ses cosignataires, c’est non seulement la condamnation la plus ferme de ce type de travaux produits par leurs condisciples, mais surtout la réfutation absolue de ces thèses sur le plan intellectuel et théologique. Ils pourraient le faire, si seulement ils sortaient de leur posture identitaire. Non, Messieurs les Imams, vous n’êtes pas des ambassadeurs de l’Islam, vous n’avez pas un rôle de représentation, vous n’êtes pas la voix des musulmans de France, car ces derniers – ne vous en déplaise – ne sont pas une communauté, mais des individus. Des individus qui ne vous ont jamais élus.
L’Islam en France est-il à ce point devenu l’otage du paradigme identitaire qu’il en est devenu impensable d’en discuter le fond ? Qui oserait parler d’un catholicisme des Lumières devant un concert de rock irlandais, une exposition d’un artiste italien ou un défilé de mode d’un créateur français, simplement parce que les protagonistes sont nés dans des familles catholiques ? Pourquoi leurs congénères nés d’origines tunisienne, algérienne ou marocaine seraient-ils condamnés à être qualifiés et évalués par le spectre d’une identité religieuse monolithique aussi chimérique que dangereuse ?

Ceux parmi les musulmans éclairés qui s’évertuent à nous expliquer que les Musulmans peuvent être des personnes fréquentables ne nous apprennent rien. Nous autres Français de toutes origines avons suffisamment de sagesse politique et de valeurs humanistes pour nous permettre de critiquer ce fascisme qui se développe au sein de l’Islam sans en faire porter la responsabilité à tout individu né musulman, qu’il soit croyant ou pas, qu’il pratique la religion de ses pères ou qu’il ait choisi de s’y convertir. Ceux qui, par le déni de l’évidence, tentent de nous faire croire que l’Islam ne souffre aucun soupçon d’antisémitisme nous mentent. Nous n’avons pas besoin de leur discours infantilisant pour puiser en la civilisation islamique ce qui nous permettra de vivre avec nos concitoyens juifs.

Pour ma part, je n’ai jamais oublié la leçon de Fahmi Shanti, et je n’oublie pas non plus qu’il fut un temps où les cieux musulmans de l’Empire ottoman étaient bien plus cléments pour les Juifs que n’importe quel pays chrétien. Et pendant les temps les plus sombres en Europe, il valait bien mieux être juif à Alger, Fès ou Alexandrie qu’à Paris ou Berlin.

Expurger le coran n’est pas une hérésie, mais un contresens
Faut-il pour autant faire l’ablation de tout ce qui dans le coran ne correspond pas aux valeurs de la République ? Sans craindre d’offenser les musulmans, je suis en droit de me demander s’il en resterait alors grand-chose. Faire de l’archéologie coranique est nécessaire, mais vouloir l’expurger de ses versets barbares pour le rendre plus adapté à notre époque revient à en reconnaître le caractère législatif. Or, c’est bien parce que le coran est vu comme une constitution par une large partie de musulmans qu’il pose problème. Pas moins de 8 versets coraniques affirment que la terre est plate.
La science a-t-elle attendu pour autant que M. Oubrou et ses comparses les frappent d’obsolescence pour établir l’évidence ?

Au pays de Voltaire, à l’épreuve de la raison, l’Islam sacré des prédécesseurs arrive à péremption. Comme le catholicisme avant lui, il faudra que l’inconscient collectif français le désacralise pour le remettre à la seule place que devrait allouer une démocratie moderne en 2018 à un corpus législatif rédigé il y a 15 siècles en Arabie préislamique. Nul besoin d’expurger le coran que la tradition nous a transmis aujourd’hui s’il est tenu pour ce qu’il devrait : un livre ancien renfermant à la fois la sagesse et la barbarie des temps où il fut rédigé. L’Islam peinera à se renouveler tant que ses théologiens et ses fidèles défendront l’idée que Dieu est éternel, et que le coran est sa parole incréée. L’édifice intellectuel islamique continuera inexorablement à se fissurer jusqu’à effondrement total, tant que les questions fondamentales autour du coran, ses auteurs, sa chronologie, sa fabrication en tant que livre saint, seront soigneusement éludées par les imams.

Ce qui se joue à travers cette bataille des pétitions, c’est que l’omerta qui a entouré le dogme islamique pendant des siècles, usant de coercition et de violence contre tous les esprits éclairés qui ont osé induire le doute, est en train de céder à l’esprit critique et anticlérical français. Ce qui a été protégé à coup de lois anti blasphématoires ailleurs ne saura résister longtemps à la liberté du débat en France. Les crimes antisémites ou les attentats de « Charlie Hebdo » doivent être compris pour ce qu’ils sont : une ultime tentative de semer la terreur pour masquer la faillite intellectuel du dogme islamique tel que défendu par ses imams aujourd’hui.

Zineb El Rhazoui

31 août 2016

Patrick Kessel, Président du Comité Laïcité République.

Classé dans : tout est politique — eructeuse @ 9 h 47 min

Éditorial de Patrick Kessel, Président du Comité Laïcité République.

⏸ Le feuilleton de l’été « burkini-beach » a illustré une nouvelle fois l’ampleur de la confusion qui s’est installée dans les têtes. La vivacité des réactions montre qu’on touche désormais au dur et que les tensions sociales sont de plus en plus fortes.

Certains se sont insurgés que des mairies interdisent sur certaines plages, le port du « burkini », version estivale du tchador. Ne soyons pas dupes. On imagine qu’à quelques coudées de l’élection présidentielle, les arrière-pensées politiciennes ne sont pas absentes, en particulier chez ceux qui n’ont guère témoigné d’intérêt pour la laïcité dans le passé ! Voire qui l’ont combattue. Ou qui cherchent à l’instrumentaliser. On peut se dire qu’en d’autres temps, cette provocation, traitée comme un fait divers, comme l’affaire des seins nus sur la plage de Saint Tropez, aurait pu être accueillie avec un sourire ironique.

Pour autant, si le burkini n’était qu’un simple signe de religiosité, il ne poserait pas plus de problème que le port d’une petite croix au bout d’une chaine. Mais dès lors qu’il s’exhibe en signe ostentatoire d’appartenance communautaire, en affichage militant, en manifestation de prosélytisme d’un système d’asservissement de la femme, au risque de susciter provocation et trouble à l’ordre public, il sort de la liberté religieuse pour entrer dans la provocation politique…

Provocation nouvelle qui s’inscrit dans la liste déjà longue (piscines, crèches, hôpitaux, écoles, universités, prisons…) des dégâts occasionnés par des revendications communautaristes. La véritable dimension politique du burkini apparaît clairement lorsque dans le même temps, des images font le tour du monde montrant des femmes musulmanes tout juste libérées de la barbarie islamiste en Syrie, brûler de joie la burqa dans laquelle on les enfermait de force. C’est pourquoi, il n’est pas acceptable de laisser se banaliser des pratiques dont les femmes sont encore et toujours les victimes et qui, de concessions en concessions affaiblissent les principes mêmes du vivre ensemble républicain.

Pour autant, la laïcité que certains découvraient pour l’occasion, a été bien à tort convoquée dans la polémique. En fait, ce n’est pas de laïcité, au moins dans sa dimension juridique actuelle, qu’il s’agit mais, comme dans l’affaire de l’interdiction du voile intégral dans l’espace public, de la dignité de la femme et du danger que ces dérives font peser sur l’ordre public et la paix sociale.

Ceux qui croient pouvoir dénoncer une atteinte aux libertés font semblant de croire qu’il est interdit d’interdire et que tout vaut tout. Sont-ils favorables à la liberté pour chacun d’exhiber sa nudité sur toutes les plages ? Et pourquoi pas dans la rue ? Faudra-t-il accepter demain, au nom de la liberté des communautés, la ségrégation des garçons et des filles à l’école, l’instauration de plages réservées en fonction de la religion, la mise en place de wagons réservés dans les transports en commun, de tables dans les restaurants… ? En fait, il ne s’agit pas de libertés mais d’une guérilla livrée pour tester la capacité de résistance de la République. Et pour ce qui concerne les activistes du communautarisme islamiste, d’instrumentaliser les musulmans dont l’immense majorité veut vivre en citoyens comme et avec les autres. Leur objectif n’est pas de promouvoir des libertés nouvelles mais bien d’empêcher toute sécularisation de l’Islam en France.

Mais, ceux qui, une nouvelle fois pratiquent le déni face à ces inquiétantes dérives, prennent la lourde responsabilité de laisser s’installer un climat de tension menaçant pour la paix sociale. Le risque est sérieux de voir des communautés chauffées à blanc passer de la provocation à la violence. Le danger est réel de voir l’extrême-droite profiter de ces provocations et gober le fruit mûr lorsqu’il tombera de l’arbre.

L’opinion attend que soit tracée une limite à la tyrannie montante des différencialismes. Attention à ce que le besoin d’autorité de l’Etat qu’elle exprime de plus en plus fortement pour faire respecter la loi commune ne bascule en faveur d’une irrationnelle soif d’Ordre.

L’ordonnance du Conseil d’Etat marque une étape mais pas la fin d’un processus marqué par l’exacerbation croissante des crispations. Il devient urgent d’apporter des réponses politiques responsables en faveur de la loi commune, à défaut de quoi, prise en tenailles entre islamistes et xénophobes, c’est la République et ses fondements universalistes, au premier rang desquels la laïcité, qui se trouveront menacés.⏸

29 août 2016

ARTICLE DE SERENADE CHAFIK ECRIVAINE FEMINISTE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 6 h 32 min

 

Combattre l’islamisme sur tous les fronts

Dans une lettre ouverte, des personnalités militantes exhortent les dirigeants politiques français à mener une guerre éminemment politique et économique contre l’islamisme radical.

Combattre l’islamisme sur tous les fronts
Alors que depuis 2012 notre pays connaît une vague d’attentats sans précédent, pas un jour ne passe sans que l’un d’entre vous ne clame que «nous sommes en guerre». Pour répondre à l’inquiétude des citoyens, vous proposez des actions et des mesures souvent pertinentes, dont chacun peut légitimement se demander pourquoi elles n’ont pas été mises en œuvre plus tôt.

D’autres de vos idées sont plus contestables, si nous voulons conserver un cadre démocratique à notre République. Quelques-uns d’entre vous font même référence à Churchill («Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur») ou à Clemenceau («Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre»), mais peu semblent avoir la lucidité de l’analyse, la cohérence de l’action et la persistance du courage de ces illustres prédécesseurs.

Les «territoires perdus de la République»
Le prétendu Etat islamique et le jihadisme dans leurs formes actuelles seront militairement vaincus : c’est une question de temps et de moyens. Mais l’islamisme, qui est le terreau et le sas naturels du jihadisme, semble voué à prospérer. Refusant de séparer la religion de la politique, il travaille notre pays depuis des décennies, aboutissant à de véritables «territoires perdus de la République». Bien sûr, nous ne parlons pas ici de l’immense majorité de nos compatriotes musulmans vivant paisiblement leur foi (ou leur indifférence) dans leur sphère privée, mais d’un islam militant poursuivant un objectif politique.

L’islamisme, qu’il soit d’obédience wahhabite ou associé aux Frères musulmans, a le même projet stratégique de conquête que le jihadisme. Il n’en diffère que par la méthode pour gagner les esprits et les cœurs et implanter dans notre pays et d’autres en Europe un modèle politique et social à l’inverse absolu de notre démocratie occidentale. L’égalité hommes-femmes, la liberté d’expression (incluant le droit au blasphème), la laïcité, la protection des minorités, y compris sexuelles, une politique étrangère indépendante… voilà quelques-uns des marqueurs de notre modèle français et européen que veulent abattre les islamistes.

Les attentats terroristes sont certes condamnés par la plupart des institutions ou personnalités islamistes, d’abord parce qu’ils gênent leur stratégie «entriste» dans le tissu sociétal français, en créant la suspicion ou la répulsion envers l’islam. Mais depuis l’avènement des réseaux sociaux, le double discours de certains imams ou maîtres à penser médiatiques ne laisse plus place à l’illusion.

Pour arriver à ses fins, l’islamisme en France bénéficie de subsides et d’appuis matériels significatifs de l’Arabie saoudite et du Qatar. Ce soutien transite par des aides officielles, mais aussi par des fonds privés pour la construction de mosquées salafistes, des lieux d’enseignement, des organisations et des réseaux islamistes dans les universités comme dans les banlieues.

De la diffusion de la propagande islamiste
La prise de contrôle ou la participation dans de nombreuses entreprises françaises par des fonds issus de ces pays génèrent des bénéfices, contribuant à alimenter la diffusion de la propagande islamiste et les flux d’aide à leurs réseaux sur notre territoire. Ces contrôles d’entreprises françaises permettent aussi à ces Etats diffuseurs du salafisme d’augmenter leur visibilité et leur assise, comme l’a démontré le Qatar avec sa prise de contrôle économique et médiatique du PSG.

Le Qatar n’a cessé depuis quinze ans d’appeler au jihad. Son principal prêcheur, Youssef al-Qardaoui, est le fondateur et doyen de la première Université des études et sciences islamiques, établie au Qatar en 1977. Considéré comme le guide spirituel des Frères musulmans, il a été condamné à mort en Egypte. Son programme « Al-charia wa al-hayat » (la voie vers dieu et la vie), diffusé sur Al Jazeera, connaît une audience importante dans le monde. Voilà ce qu’il dit : «L’islam est entré deux fois en Europe, et deux fois l’a quittée… Peut-être que la prochaine conquête, avec la volonté d’Allah, se fera par la prédication et l’idéologie. Toute terre n’est pas obligatoirement conquise par l’épée… Nous voulons qu’une armée de prédicateurs et d’enseignants présente l’islam dans toutes les langues et tous les dialectes…»

Le Consortium Against Terrorist Finance nous apprend qu’en 2010, Al-Qardaoui était président du Conseil de surveillance de la charia de la Banque islamique du Qatar, l’un des plus importants établissements islamiques, qui entretient des relations controversées avec des organisations soupçonnées de financer le terrorisme au Moyen-Orient. Et Al-Qardaoui a coopté au sein de l’Union mondiale des savants musulmans le Suisse Tariq Ramadan, qui a demandé la naturalisation française pour jouer un rôle politique dans notre pays. Rappelons que Ramadan, petit-fils et adepte du fondateur des Frères musulmans, se vante de ne pas «être Charlie» et d’être «perquisitionnable»…

De son côté, l’Arabie saoudite est en passe de constituer le plus grand fond d’investissement dans le monde, après avoir cédé une partie de sa société d’exploitation pétrolière. Nul doute que de nombreuses entreprises en difficulté ou en quête de capitaux pour se développer seront tentées par cette nouvelle manne financière. Il n’est pas sûr que cela soit une bonne nouvelle pour notre pays.

Des niches fiscales accordées au Qatar
Au plus haut sommet de l’État, vous avez encouragé ces investissements, voire ces prises de contrôle. Vous avez même créé des niches fiscales pour les dispenser d’impôts, telle l’exonération des plus-values immobilières accordée en 2009 au Qatar, alors même que les institutions régaliennes du pays pour se défendre contre le terrorisme sont en mal de financement. Il serait fastidieux d’égrener la longue liste des sociétés françaises ainsi concernées, dans les médias, l’immobilier, le commerce ou le sport… Le Qatar n’a même pas caché sa volonté d’entrer dans le capital de deux sociétés stratégiques pour la défense nationale, EADS et Areva, sans succès heureusement. Pour le moment.

Dans toute guerre, la maîtrise de tous les attributs de la puissance est nécessaire pour vaincre un ennemi structuré. Vous pouvez frapper en Syrie, en Irak, au Mali, en République centrafricaine et en Libye. Vous pouvez renforcer nos services de renseignement et de sécurité intérieure. Mais vous devez aussi combattre politiquement l’islamisme en France. Vous devez fermer ses mosquées, expulser ses imams radicaux étrangers, tarir ses relais dans les quartiers, sanctionner ses réseaux sociaux et ses chaînes satellitaires, couper les sources de financement de l’islam politique. Sans quoi vous ne vous serez attaqués qu’à l’écume du terrorisme.

Investir dans les banlieues
Des efforts considérables seront nécessaires pour investir dans les banlieues et dans les quartiers en difficulté et reconquérir les zones abandonnées aux pègres et aux islamistes, où prospère aussi le Front national. Nul doute que se passer des «services» de puissances opulentes mais néfastes à la démocratie française impliquera des choix douloureux en matière économique…

Aurez-vous le courage de le dire aux Français, de désigner l’ennemi sous toutes ses facettes et surtout de mener cette guerre longue sur tous les fronts, y compris politique et économique ? Alors, et alors seulement, vous pourrez légitimement vous référer à Churchill ou à Clemenceau.

Par François Heilbronn, professeur associé à Sciences Po , Jacky Mamou, médecin, président du collectif Urgence Darfou , Jean-Michel Boisset, journaliste et Sérénade Chafik, militante féministe, co-porte-parole de l’association les Dorine

Paris sur le site de Libération le 26 août 2016

21 janvier 2016

Bien d’accord avec madame Badinter !

Classé dans : La cause des Femmes — eructeuse @ 13 h 31 min

Je me suis fait traiter d’islamophobe il y a quelques années quand je racontais ce que j’avais vécu ou vu ou entendu dans mon ex quartier. Quelques années plus tard il ne fallait toujours pas dire les choses car cela allait donner du poids au front national … oui les collabos ne sont pas forcément ceux qu’on croit, la gauche porte une lourde responsabilité dans la montée du front national mais elle refuse de se regarder dans un miroir ! je rejoins complètement ce que dit madame Badinder pour l’avoir vécu ! Les féministes inféodées aux partis politiques font le jeu des réactionnaires…donc de la droite…ça me rappelle une discussion un jour qu’on revenait d’une coordination nationale, dans le bus, qui portait sur le MLF qui appelait à voter au premier tour pour Mitterrand…oui j’ai roulé mes bosses de militante…

Article tiré de Marianne : Elisabeth Badinter ne peut que déplorer la réaction des têtes d’affiches du féminisme en France après les agressions de Cologne. Des centaines de femmes agressées durant la nuit de la Saint-Sylvestre par des hommes étrangers, et un réflexe de la part de ces féministes comme Caroline de Haas ou Clémentine Autain : craindre en premier lieu les « instrumentalisations racistes ». Dans une longue interview à paraître dans Marianne cette semaine, la philosophe revient sur ce féminisme qui en oublierait la défense de la femme :

« Toutes celles qui ont mis la priorité sur la dénonciation du racisme avant la protection des femmes ont fait exactement la même erreur que la maire de Cologne [Henriette Reker a tout d'abord mis en garde contre les amalgames avant de conseiller aux femmes de... s'éloigner des hommes, ndlr]. Et j’en suis d’autant plus surprise que le féminisme, depuis une dizaine d’années, a pour principal objet, pour leitmotiv même, la lutte contre les violences faites aux femmes, ici, en France. Ce que cette affaire de Cologne a démontré, c’est que quand ce sont des étrangers qui sont en cause alors les priorités changent. Franchement, quand on prétend diriger un mouvement féministe, ou incarner le nouveau féminisme, être à ce point silencieux, comme première réaction, sur les violences dont ont été victimes ces femmes… c’est stupéfiant ! »

Elisabeth Badinter considère que « s’il faut bien sûr se garder des amalgames, il ne faut surtout pas, pour autant, tomber dans le déni« . Ce que les néoféministes font, à ses yeux : « Elles sont dans l’injonction de faire silence, sous peine, disent-elles, d’alimenter le racisme. »

Alors que certaines associations de banlieue reprochent à ces féministes de les avoir laisser tomber dans leur combat, la philosophe répond :

« Effectivement, le féminisme qui se reconnaît dans l’extrême gauche a adopté les priorités de l’extrême gauche. C’est à peu près ce qui se passait il y a 40 ans, du temps des staliniens. « Ne dites pas ceci ou cela, car vous feriez le jeu du fascisme« , nous répétait-on à l’envi. Aujourd’hui ça n’a pas changé : ces femmes sont d’abord politiques, avant d’être féministes. et à chaque fois, elles vous renvoient à la figure que, si les jeunes portent le niqab, c’est parce qu’elles le veulent bien. Et que, si vous prétendez critiquer ceci, c’est une attaque de leur pratique religieuse… Donc c’est fini, on n’en parle plus. C’est devenu un sujet tabou. »

C’est exactement ça !

C’est bien pour cela que j’ai décidé de boycotter cette  gauche qui se croit la vraie gauche au risque de passer forcément pour une réac ! je m’en tape sérieusement ! le dégoût de leur déni me donne la nausée !! Merci madame Badinter tout d’un coup je ne sens un peu moins seule !

a symbole féministe

 

20 juin 2015

Question à six sous

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 11 h 58 min

La prostitution est-elle une boucherie ?

Une réponse loin du buzz méchiassetrique du moment avec Zahia

lire  » Je dois me vider  le coeur » par Rebecca Mott :

Prostitution – Je dois me vider le cœur

23 janvier 2012

par REBECCA MOTT, survivante et écrivaine

Il y a certaines choses au sujet desquelles je dois me vider le cœur.

Je n’ai pas l’habitude de faire des déclarations personnelles car, comme je continue à devoir le répéter continuellement, le sujet de ce blog n’est pas mon rétablissement ou mon itinéraire personnel – ce blog n’est qu’un élément du vaste mouvement abolitionniste qui veut mettre fin au commerce du sexe.

Je ne crois pas qu’il s’agit d’un rêve ou d’une sorte de concept illusoire.

Il est possible de débarrasser le monde de l’industrie du sexe, parce que ce n’est qu’une invention créée principalement par des hommes pour servir de point de chute à leur haine et à leur peur des femmes et des enfants.

Il n’y a rien de naturel dans le commerce du sexe : il n’est pas et n’a jamais été le «plus vieux métier du monde», il n’arrête pas la propagation de la violence masculine au-delà de la classe prostituée, on ne peut en faire de l’art et, surtout, jamais ne verra-t-on le commerce du sexe autoriser l’accès de la classe prostituée à sa pleine humanité.

Arrêtez de fournir des alibis à cette industrie, arrêtez de vous imaginer qu’elle peut un jour devenir sécuritaire et accorder à la classe prostituée un petit morceau de dignité, arrêtez de dire que les hommes ont besoin de prostituées ou bien ils deviendront fous et iront violer et tuer de «vraies» femmes.

Arrêtez simplement de penser que si vous arrivez à trouver des zones minuscules où se produiraient moins de violence, moins de haine, et moins d’avilissement des femmes et des filles, alors on pourra sauver le commerce du sexe.

Une chose qui agace particulièrement toutes les femmes sorties de l’industrie que je connais ou que j’ai lues, c’est le cliché suivant :

«La prostitution / pornographie a toujours existé, il n’y a donc pas lieu de les combattre, il suffit d’y apporter quelques réformes, et ensuite se taire.»

Eh bien, l’esclavage a toujours existé et notamment l’esclavage sexuel, qui est la réalité pour la grande majorité de la classe prostituée de tout temps, sur tous les continents, dans presque toutes les cultures.

Voyez le commerce du sexe comme il est, et non comme vous souhaiteriez qu’il soit.

C’est de l’esclavage sexuel – malgré vos efforts pour parler de bordels, de la caste des Devadasi en Inde, de «femmes de confort» en Corée, de simple travail d’escorte, pour le parquer dans telle ou telle rue, appeler cela du «massage avec des extras» ou une «girlfriend experience», lui donner mille et une étiquette, ou utiliser n’importe quelle stratégie pour passer sous silence la brutalité de l’esclavage. Mais, comme a dit une femme qui m’a lancé un poignard dans le cœur : « Cela ne peut pas être du véritable esclavage : vous avez été payée, n’est-ce pas ? »

Comme si la femme sortie de la prostitution devait s’excuser d’avoir été payée par des violeurs, payée quand des prostitueurs ont jeté son corps et son esprit dans un enfer si profond que, j’espère, aucune femme non prostituée ne pourra jamais l’imaginer entièrement. S’excuser d’avoir pris leur argent ou leurs «cadeaux», c’est comme devoir s’excuser d’être malcommode, plutôt que morte ou silencieuse pour toujours.

La prostituée n’est pas censée savoir qu’elle est une esclave, elle est censée être puissante, être cette femme de mauvaise vie qui contrôle les hommes, censée avoir choisi chaque étape de sa vie. Elle devrait se montrer reconnaissante et ne pas se plaindre du viol ou de la violence. Après tout, selon trop d’opinions tordues, la prostitution est simplement le fait d’avoir énormément de sexe «excitant», avec un salaire en prime.

Je me demande souvent ce que les gens ayant cette opinion pensent à ce que vend le commerce du sexe et qu’achètent les prostitueurs.

Vous imaginez-vous vraiment que c’est simplement une «pipe» à la sauvette dans quelque ruelle ? Pensez-vous que c’est simplement du sexe en position du missionnaire sans beaucoup de violence ? Pensez-vous vraiment que Richard Gere nous attend en coulisses ?

Il s’agit essentiellement de porno dure déversée dans le corps vivant de la prostituée. Chaque horreur de la porno extrême, que les activistes anti-porno détestent tant, est inscrite dans le corps de la classe prostituée depuis plus de 3 000 ans.

Chaque image ou insulte haineuse que charrie toute la pornographie vient se loger au plus profond du corps de la classe prostituée.

Nous avons toujours connu les dégâts causés par la porno, nous attendons simplement que le monde nous rejoigne dans cette prise de conscience. Nous faisons face à l’exigence que nos viols soient rendus invisibles – parce que nos viols disent haut et fort qu’il n’y a pas de divertissement dans la porno : celle-ci ne peut exister sans la douleur, la haine et l’avilissement, et elle est à l’intérieur de toutes nos cellules, elle fait partie de notre sang.

(Écrire ce message épuise mes réserves – je vais le continuer plus tard.)

S’il vous plaît, sachez qu’écrire cela me rend malade, mais que cette maladie est importante.

La maladie est la vérité qui refuse d’être censurée plus longtemps. La maladie est l’exigence que ce que j’écris ne soit jamais ramené à mon «mieux-être», c’est beaucoup plus important que cela.

Cette maladie est l’exigence d’une justice réelle et durable pour toute la classe prostituée. La lutte abolitionniste est urgente puisque des millions de prostituées sont détruites au moment où vous lisez ces lignes.

Nous devons penser au-delà de réformes. Nous devons penser à ce drame en termes de droits humains, de lutte contre l’esclavage et d’effort pour sauver des vies. Nous devons abolir le commerce du sexe et ne pas abandonner la classe prostituée.

Version originale: «Pesonal Statement»

Traduction: Martin Dufresne

Mis en ligne sur Sisyphe, le 22 janvier 2012

Rebecca Mott, survivante et écrivaine

 

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