Victoryne Moqkeuz Eructeuse

Inspiration expulsion

10 avril 2021

ESPRIT LAÏQUE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 5 h 17 min

Lettre au Sénat 9avril 2021

                                                                        Association Esprit Laïque, Reims, le 9 avril 2021

 

 Mesdames et Messieurs les sénateurs,

 L’association Esprit Laïque soutient toute loi confortant les principes républicains. Malgré quelques réticences de fond nous pensons que ce texte va dans le bon sens, et qu’il vise l’apaisement de la France face à la pression exercée sur la société civile par des groupes d’intérêts idéologiques.

Depuis les terribles événements de l’année 2015, nous avons eu la douloureuse démonstration que la simple loi de 1905 ne suffisait plus pour combattre l’esprit clérical et cléricaliste que souhaitaient les tenants d’un islam politique sous l’impulsion d’idéologues belliqueux et invasifs.

Les démarches qui consistent à faire reconnaître des particularismes culturels spécifiques en mettant sous pression la société sur des sujets tels que le voile, le burqini, la gestion des associations cultuelles, en mêlant confessions et actes civils, utilisent toutes les failles légales de la loi de 1905.

Ces failles légales de la loi de séparation des églises et de l’Etat sont désormais très claires, comme la limitation des libertés de l’ensemble de nos concitoyens par l’emploi du très controversé  »concept d’islamophobie » et les revendications de droits spécifiques appliqués aux seuls musulmans en dépit du principe d’égalité entre tous les citoyens.

Par là même, nous soutenons l’action du Sénat qui vise à ouvrir de nouvelles perspectives légales qui viendraient rehausser le texte proposé par le gouvernement. En effet, l’arsenal législatif discuté au Sénat propose d’être plus offensif sur les points qui fracturent l’opinion sur des bases politiques cachées derrières des revendications religieuses qui ne devraient pas concerner la société civile.

Le culte ainsi que toutes formes de revendication cultuelle n’ont pas à être discutés par les assemblées de l’état : c’est l’essence même de la loi de 1905.

La République ne reconnait aucun culte et, en ce sens, elle refuse d’être l’arbitre du fait religieux. Toutefois, et selon le principe de liberté de conscience qu’elle défend, elle protège la liberté de pratique du culte à la seule condition que l’ordre public soit garanti.

Il est donc normal et logique que le Sénat soumette des aménagements de la proposition de loi du gouvernement, afin de garantir à tous les citoyens un apaisement et l’assurance d’une tranquillité publique collective.

Il est essentiel que l’apaisement de la société et le rétablissement de l’ordre public passe par des textes qui couvrent les limites du titre V (livre de police) et par une répression des actes anti-républicains causés par les tenants des cultes ou de leurs ministres.

Nous demeurerons néanmoins vigilants quant au respect de l’esprit et de la lettre de la loi telle que défendue par ses fondateurs en 1905.

Consciente de la lourde charge, qui consiste à équilibrer une loi décriée et disputée par des forces réactionnaires et idéologiques, l’association Esprit Laïque vous assure, Mesdames et Messieurs les sénateurs, de son soutien républicain et souhaite que le retour à une société apaisée, laïque, indivisible et fraternelle soit de nouveau la règle pour tous.

Par vos propositions, vous ancrez ainsi la vision d’Aristide Briand dans le XXI -ème siècle.

 Mesdames et Messieurs les sénateurs, veuillez recevoir l’expression de notre respect le plus républicain.

 Richelet Rémi, président de l’association Esprit Laïque.

 

 espritassoc@gmail.com

 

 


30 mars 2021

Comment les Sciences Sociales ont fait le lit des nouvelles idéologies totalitaires

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 9 h 14 min

par Michel MESSU, Professeur honoraire de sociologie

Cela a commencé avec les disciplines relevant de l’anthropo-sociologie et des sciences politiques, cela s’est poursuivi avec l’histoire et les sciences du langage, ce sont désormais toutes les disciplines enseignées dans les ex-facultés de Lettres qui se trouvent contaminées. La pensée « décoloniale », le point de vue du « genre », le « racialisme » et autres néologismes importés des campus américains dans les années 1990-2000 fournissent aujourd’hui les cadres obligés de l’enseignement dans nos universités. Ce ne sont pas là seulement des notions que l’on glisse, à titre de pensée alternative, dans un enseignement « classique », ce sont de véritables cadres de pensée dans lesquels il devient impératif d’exercer son esprit pour comprendre le monde contemporain. Au besoin, les adeptes les plus convaincus et les plus virulents de ces courants de pensée, vont agir directement pour interdire l’expression d’une pensée qui n’a pas l’heur de leur plaire ou pour inscrire dans les programmes d’enseignement leurs délires idéologiques. Et, les autorités universitaires de reculer.

Comme bien des idéologies à vocation totalitaire, elles se sont d’abord diffusées à bas bruit, apportant ici ou là des « points de vue » nouveaux censés recomposer le panorama des perceptions des phénomènes sociaux étudiés, souvent d’ailleurs parce que des lacunes pouvaient apparaître dans le traitement de ces sujets – dans une société où l’égalisation des conditions civique, politique et sociale était devenue la règle, il y avait place pour décrire, tenter d’expliquer et de théoriser les écarts entre la règle et les constats empiriques effectués, même chose pour les rapports entre les nations, les cultures voire les civilisations après la phase de décolonisation inaugurée au mitan du XXe siècle. Mais bientôt, ce qui était le plus souvent un point à débattre, c’est-à-dire qui demande d’envisager ses conséquences théoriques – comme le fait un astrophysicien lorsqu’il débat d’une proposition explicative relative à une énigme théorique ou observationnelle –, est devenu une conviction, une « posture », partageant la réflexion entre pensée progressiste et pensée réactionnaire. Ce qui n’était pas sans rappeler les temps où la ligne de partage se faisait entre « science prolétarienne » et « science bourgeoise ». 

C’est qu’entre temps, les timides et fragiles « points de vue » de départ avaient séduit l’ensemble des sciences sociales, reçu le sacre des médias et obtenu une transcription politico-administrative sous forme d’instances ministérielles chargées de réformer, à coup de lois, décrets et autres règlements, une société dépeinte comme récalcitrante au « progrès social ». Il fallait donc, ultime étape, s’attaquer à ce qui pouvait encore résister et porter ombrage à ces idéologies et « révolutionner » la pensée occidentale, celle de « l’homme blanc », « masculiniste », porteur d’une « culture du viol » et d’un « racisme systémique », etc. L’arène tout indiquée pour mener l’offensive n’est autre que l’enseignement supérieur, là où des prérogatives critiques sont largement revendiquées, notamment du côté des sciences sociales. Aujourd’hui, dans toutes les universités, même les moins prestigieuses, la confrontation a lieu et atteint les instances régulatrices des établissements, une manière d’inquisition permanente s’est installée dans la vie intellectuelle et scientifique des universités. Les oukases de l’idéologie « décoloniale » – dans son sens générique et dans ses formules chic et choc telle « décoloniser les esprits » – opèrent quotidiennement, bien au-delà des affaires retentissantes de la Sorbonne, de l’université de Bordeaux, de celle de Lille ou de Sciences-po.

La situation est à ce point alarmante qu’un collectif d’universitaires a cru devoir mettre sur pied un « Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires » afin de déconstruire les constructions délirantes des tenants de cette idéologie qui entend s’imposer urbi et orbi. Car, ce qui est aussi en jeu dans cette affaire, est la liberté académique dans laquelle doivent opérer les enseignants-chercheurs des universités et des établissements de la recherche, laquelle ne consiste pas à livrer en pâture des « opinions », mais à satisfaire à des impératifs de méthode, de raisonnement et de débat interne, ce qui bannit les oukases idéologiques, fussent-ils les mieux intentionnés.

Comment est-ce arrivé ?

 On le sait, et nous venons de le répéter, bien des universitaires des sciences sociales ont cru faire preuve de novation théorique en important, ne varietur, certains des « points de vue » débattus sur les campus américains dans les années 1980-1990. On le sait aussi, ces « points de vue » auraient trouvé leur source dans la diffusion de la prétendue French Theory dont on aurait retenu que toute réalité n’était qu’une construction socialement orientée à des fins de domination. Proposition perverse puisque si l’exercice scientifique est régulièrement une entreprise de déconstruction des représentations qui ont cours, ce n’est pas pour révéler des intentions cachées à mettre au compte d’un dominant, mais pour proposer une nouvelle représentation plus satisfaisante au plan épistémique.

En important sans autre forme de procès ces propositions, ainsi que leurs auteurs présentés comme apportant une « révolution » de la pensée traditionnelle, ont été importé les dérives idéologiques que l’on faisait subir à la démarche scientifique. Le « point de vue » du genre que l’on imposait à toute étude du fonctionnement social n’avait pas plus de fondement épistémologique et théorique avéré que le « point de vue » du prolétariat quelques décennies plus tôt. Le « point de vue » du genre, qui allait susciter bien des débats publics et diviser les propagandistes et activistes du féminisme, montrait bien vite sa faiblesse heuristique mais aussi sa force politique et militante. La pensée communautariste radicale qui pouvait fleurir aux États-Unis sur le terreau de sa tradition communautaire (associative), déjà analysée par Tocqueville, a reçu pour sa part quelques réticences à son importation sans contrôle – en témoigne encore aujourd’hui les propositions législatives anti-séparatisme. Quant aux, d’abord discrètes, propositions d’un Stuart Hall sur le renversement du lieu d’appréciation des cultures, elles reviendront en Europe amplifiées de leurs caricatures américaines et sud-américaines, relayées par les déclinaisons indiennes des subaltern studies et enveloppées dans un emballage censé résister à toute tentative de relativisation : l’analyse intersectionnelle. Tout cela va fournir la base de l’offensive idéologique et politique du « décolonialisme » actuel et la matrice d’une imposture épistémologique dans les sciences sociales.

Une imposture épistémologique : l’ « épistémologie du Sud »

Très en vogue dans les pays d’Amérique latine et popularisée par quelques reconvertis du tiers-mondisme au sein des sciences sociales européennes et nord-américaines, ces dernières ont pensé réaliser un saut épistémologique décisif en imposant que les sciences sociales abandonnent leur socle épistémologique construit au cours des XVIIIe et XIXe siècles dans les pays occidentaux. Celui-ci réclamait que seuls les instruments construits par la raison et discutés par cette même raison prévalent dans l’explication des œuvres et de l’action humaines, quel qu’en soit le domaine. Il convenait donc de l’abandonner au profit d’une démarche qui ne se développerait qu’à partir du capital – réel ou supposé – de croyances des peuples victimes de l’histoire de la domination occidentale. Autrement dit, substituer à l’empire de la raison universelle le règne des croyances ancestrales locales – le plus souvent recueillies et cultivées en laboratoire par les adeptes de ladite épistémologie. L’argument que l’on retrouve chez ces derniers, comme chez tous les tenants des idéologies décolonialistes, est que la raison universelle est une vision purement occidentale du savoir qui invisibilise les savoirs alternatifs dont sont titulaires (par nature ?) les opprimés de la terre. Confondant dans un même jet la raison régulatrice du raisonnement rationnel et la raison justificatrice de l’action politique lato sensu, les tenants du grand bond en avant épistémologique ont ramené toute compréhension anthropologique et sociologique à n’être qu’une exhibition des malheurs infligés par l’ « homme blanc » et des vertus refoulées, méprisées, massacrées, de la culture du natif que l’on pourra se mettre sous la main. L’épistémologie du Sud, produite depuis les universités des pays européens, anciennement colonisateurs (Portugal, Belgique, France…), a conquis le continent sud-américain et revient en Europe grossir la vague de la pensée déconstructionniste des Studies. L’arnaque intellectuelle tient à ce qu’elle entend se situer d’abord sur le plan des principes de la démarche scientifique, de proposer rien moins qu’une nouvelle « rupture épistémologique », un tournant dans l’approche de sciences sociales, quand il s’agit tout simplement de vénérer l’insolite, de magnifier l’exotique et de disqualifier la science de l’ « homme blanc », l’occidental, l’ancien colonialiste. Sa nature, forgée par l’histoire, lui interdit de prétendre à la connaissance objective, sa science est subordonnée à son essence, sa science est coloniale. Un Scientific turn s’impose, fût-il concocté par quelques grands prêtres des universités de Coimbra, de Louvain ou d’ailleurs.

Les sciences sociales solubles dans l’idéologie vs l’idéologie soluble dans les sciences sociales

Plus que jamais les sciences sociales voient leur crédibilité scientifique menacée par leurs égarements idéologiques. Ce n’est pas nouveau, leur histoire est aussi un long combat contre l’air du temps et, finalement, cette fragilité leur est peut-être consubstantielle.  Aussi, la « vigilance épistémologique » s’est-elle imposée comme un garde-fou indispensable, ce qui, dans le cours ordinaire des choses, est assuré par les bonnes pratiques méthodologiques et critiques. La réception d’une analyse de science sociale est donc à la fois le point d’aboutissement d’une démarche soumise au contrôle des pairs et le point de départ de controverses possibles entre les pairs. Accessoirement, elle obtiendra quelques commentaires dans l’espace public et médiatique, ce qui reste une utilité dérivée et non première. Son utilité première relève du domaine de la connaissance.

La dérive primordiale, régulièrement constatée, est de confondre les deux ordres d’utilité, voire de subordonner la première au second car à terme cela revient à abandonner la quête de connaissance nouvelle au profit d’une instrumentation des sciences sociales en idéologies au service d’une cause portée par l’air du temps. C’est exactement ce que deviennent les sciences sociales qui adoptent le « point de vue » du décolonialisme, du genre et de leurs avatars intersectionnels. Elles mutent en idéologies d’un combat qui, comme il a été montré ailleurs, poursuit un but totalitaire en censurant toute autre forme de pensée au nom d’un « progressisme » imaginaire.

Mais ce qui semble plus inquiétant dans la situation actuelle est que les sciences sociales revendiquent massivement leur dévoiement idéologique, l’épistémologie du Sud et les Studies de tout acabit, le proclame haut et fort. Nombre d’enseignants-chercheurs y trouvent leur graal spirituel en même temps que leur kit théorique et, pour les plus pugnaces d’entre eux, le mobile de leurs actions d’intimidation à l’endroit de ceux qu’ils ont érigés en adversaires à terrasser. Ce qui transforme, à l’instar de certains campus nord-américains, l’université en arène où doit faire rage la chasse aux « anti-progressistes », désormais repérables à leur flagrante « blanchité ». Et, ce qui en d’autres temps aurait ému les autorités académiques, les amène aujourd’hui à redoubler de servilité en faveur des idéologues de la décolonisation de la pensée. On annule la conférence qui déplaît, on s’emploie à prévenir les micro-agressions dont se disent victimes certains, on satisfait à toutes les demandes d’introduire la propagande dans les programmes, au besoin on châtie l’enseignant-chercheur récalcitrant. L’université est donc devenue un des hauts-lieux du combat de ces « progressistes » d’un nouveau genre.

Quand la quête médiatique se retourne contre les sciences sociales

L’idéologie décolonialiste a gagné tellement de terrain du côté des sciences sociales que certains enseignants-chercheurs chantres, hier, des gender studies, des cultural studies, etc., se voient parfois incriminés d’illégitimité à poursuivre dans la voie intersectionnelle du fait de leur « blanchité » ou de leur position sociale dominante par les étudiants-mêmes qu’ils avaient formatés au décolonialisme. De quoi les chagriner probablement, mais surtout de mettre au jour la fragilité théorique de la posture. Tout déconstructionisme excessif est voué à être déconstruit, partant à voir son édifice théorique de départ réduit à devenir une rhétorique de sens commun, ce qui ne veut pas dire une rhétorique inoffensive.

La trivialité du propos des sciences sociales engagées dans le « décolonialisme » se mesure, entre autres, par leur audience médiatique. Sur ce plan, leur combat est déjà gagné, les médias nous inondent dudit propos, parfois tenu par des représentants de ces sciences sociales, généralement adoubés par les médias, d’autres fois, tenu ès qualités par des journalistes, des vedettes de la culture ou du show biz, des émanations de la société civile, bref, de quiconque se voit tendre un micro. Par contre, ce succès médiatique se retourne contre ceux qui avaient fait bon marché des exigences de la science, puisqu’ils se trouvent contraints de venir concurrencer et donc de s’aligner sur la pensée d’un footballeur, d’une chanteuse à la mode ou d’un comédien en mal de renommée. De ce point de vue, les maisons d’édition jouent un rôle particulièrement délétère quand, pour atteindre les succès de librairie d’ouvrages phares, elles contraignent à produire une pensée et une écriture « grand public », ce à quoi la pensée décolonialiste se prête à merveille. Ce faisant, la contribution à valeur scientifique des sciences sociales s’estompe encore plus.

Désormais, avec la diffusion tous azimuts de la pensée décolonialiste, les sciences sociales ne semblent participer qu’au bruit de fond dont elles ont composé la trame musicale mais qu’elles n’arrivent déjà plus à orchestrer. Une fois encore, les sciences sociales sont devant l’alternative du savant et du politique et ne trouveront de salut qu’en récusant le second. D’autant que dans sa forme contemporaine ce politique décolonialiste exhale tous les parfums du totalitarisme.

24 mars 2021

Valérie Toranian

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 4 h 57 min
Faut-il dissoudre l’Unef ? Ce syndicat de gauche, autrefois féministe et laïque, a opéré depuis plusieurs années une lente dérive radicale pour coller à la mode islamo-gauchiste, racialiste et néo-féministe qui sévit à l’université. La confirmation, par sa présidente Mélanie Luce au micro de Sonia Mabrouk, qu’existaient des réunions « non-mixtes racisées » (interdites aux Blancs), braque de nouveau les projecteurs sur les turpitudes post-modernes du syndicat étudiant.
Séparer les Noirs des Blancs, c’était le programme du Ku-Klux-Klan et de l’État apartheid d’Afrique du Sud, voilà qu’il nous revient par la gauche, au nom du bien et du progrès. On crie, on s’indigne, à juste titre. Mais que faut-il encore attendre de l’Unef, le syndicat qui a porté à sa vice-présidence une militante du voile islamique, Maryam Pougetoux et qui vient de désigner nommément à la haine publique deux professeurs de Sciences-Po Grenoble accusés, selon la section locale du syndicat, d’être fascistes car « islamophobes » ? Il n’en a pas fallu beaucoup plus à Samuel Paty pour se faire décapiter…
Pire qu’une dérive, l’histoire de l’Unef est celle d’un naufrage. Les positions laïques du syndicat, qui s’était prononcé contre le port du voile à l’université en 2013, sont enterrées depuis belle lurette. Aujourd’hui, l’organisation est à la pointe du combat pour les droits des minorités qu’elle a substitué aux luttes pour les droits des étudiants. Lutte des races, nouvelle lutte des classes, nouvelle lutte des femmes.
Rétablir en France le délit de blasphème via la lutte contre « l’islamophobie », voilà le nouveau combat ! L’Unef était au premier rang de la manifestation contre « l’islamophobie » en novembre 2019, au cours de laquelle on avait scandé « Allahu akbar ». La même année, le syndicat étudiant s’était associé aux militants « antiracistes » de la Sorbonne qui demandaient l’annulation de la représentation des Suppliantes d’Eschyle parce que le metteur en scène utilisait des masques de couleur cuivre pour représenter les Danaïdes. Rétablir la censure, voilà un autre des nouveaux objectifs de l’Unef !
« Ce n’est plus un syndicat », déplore Jean-Christophe Cambadélis qui a présidé l’Unef-ID de 1980 à 1984. « Ces militants sont devenus les gardes rouges du woke ». La dérive de l’Unef a une cause. Son nombre d’adhérents est en chute libre. Cette fuite en avant idéologique est censée les remettre en selle. Depuis 2017, la Fage a ravi la première place à l’Unef. Les deux syndicats de gauche se sont lancés dans une surenchère pour ravir les voix des racialistes, des promoteurs de l’identité de genre et de l’écriture inclusive.
Pour protéger son business syndical, l’Unef n’hésite pas à se rallier à la cause de l’islam politique. Ces dernières années, l’Unef s’est rapprochée des Étudiants musulmans de France (Emf), organisation proche des Frères musulmans, implantée dans 26 universités. À Lyon 3, les deux organisations ont fait liste commune pour les élections étudiantes. À Orléans, l’Emf interdite de locaux et de subventions, car ne respectant pas le principe de laïcité, a été abritée pendant plusieurs mois au sein des locaux de l’Unef. De vraies affinités progressistes ! Comme l’explique Mohamed Louizi, ex-membre des Frères musulmans, et ancien cadre de l’Emf : « Tous les débats que l’on voit aujourd’hui au sujet de la laïcité, du voile, toutes les revendications communautaristes prônées par les Frères musulmans ont déjà été abordés dans leurs congrès étudiants dès les années 1991-1992 ».
Tandis que Jean-Luc Mélenchon, converti au ségrégationnisme après son reniement laïc, témoigne à l’Assemblée nationale de sa solidarité avec l’Unef, certains, à l’instar d’Éric Ciotti (LR) demandent la dissolution de l’organisation. Jean-Michel Blanquer dénonce une dérive qui « ressemble au fascisme ». Le ministre de l’Éducation veut rendre illégal le fait d’organiser des réunions « en réalité racistes ». Christophe Castaner, patron de LREM, réclame aussi des moyens judiciaires. Bruno Retailleau (LR) dénonce une « provocation à la haine raciale » qui doit être sanctionnée par la loi.
Mais plutôt que de dissoudre une organisation syndicale, ce qui n’est ni facile, ni souhaitable, mieux vaut s’en prendre au nerf de la guerre. L’Unef reçoit chaque année des subventions de l’État, proportionnellement aux sièges obtenus lors des élections étudiantes du Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires) et du Cneser (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche). 458 850 euros en 2019. Cette somme est officiellement utilisée à la formation des étudiants élus dans ces instances. Et sert dans la pratique au fonctionnement de l’organisation.
Si le syndicat n’est plus un syndicat mais un groupement politique racialiste, n’est-il pas logique de réfléchir à ces allocations ? Imaginons un syndicat qui refuserait d’organiser des réunions avec les Noirs. Accepterions-nous que nos impôts le subventionnent ? Si l’État ne finance aucun culte, pourquoi diable irait-il financer l’idéologie ségrégationniste ? Doit-on financer avec nos impôts les réunions en non-mixité de l’Unef ?
Les réunions en non-mixité et non racisées existent depuis longtemps. Au sein de l’Unef et ailleurs. Elles étaient au départ l’apanage d’associations radicales féministes excluant la présence des hommes, de groupes antiracistes revendiquant l’entre-soi pour parler de discriminations. La pratique s’est répandue et n’a plus grand-chose à voir avec l’idée d’un « safe space » pour parler librement. L’essentialisation des luttes qui passe par le refus de tout espace commun, de tout universalisme, c’est la dérive dans laquelle veut nous entraîner la radicalité racialiste. Non pas défendre ensemble les plus faibles ou les plus discriminés, mais refuser à l’autre, sur des bases raciales, le droit de s’immiscer dans un combat qui « n’est pas le sien ». Attiser copieusement les haines et le ressentiment. Et surtout empêcher chacun de se détacher de ses appartenances pour faire société.
En antidote à cette bêtise rétrograde, il faut lire le lumineux essai de Rachel Khan, Racée (Éditions de l’Observatoire). Juriste, scénariste, actrice, écrivain, femme, noire, sénégalaise et gambienne par son père, juive polonaise par sa mère (sans ordre de préséance), elle se livre avec intelligence à un saccage joyeux des idéologies racialistes et intersectionnelles. Elle croit, à l’instar d’Édouard Glissant, que c’est la relation à l’autre qui crée l’identité. Et, dans le droit fil de Romain Gary, que ne pas avoir d’identité est une identité. Contre l’assignation identitaire et le « droit à être victime », contre le terme « racisé » qui enferme dans une identité qu’on vous impose et qui stigmatise, elle se bat pour la liberté d’être soi. « Seront désaliénés Nègres et Blancs qui auront refusé de se laisser enfermer dans la Tour substantialisée du Passé. » Frantz Fanon.
Article pris sur Laïcité30

17 mars 2021

FRONTPOPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 14 h 01 min

Islamophobie, racisme anti-blanc : Sonia Mabrouk met KO la présidente de l’UNEF

ARTICLE. Ce matin dans sa matinale d’Europe 1, Sonia Mabrouk a reçu Mélanie Luce, la jeune présidente de l’Unef. Déroulant ses questions comme un rouleau compresseur, Sonia Mabrouk a mis au jour les dangereuses contradictions du syndicat étudiant.

L’interview a commencé en douceur, ce qui dans la matinale de Sonia Mabrouk n’est souvent pas bon signe pour l’invité. « L’augmentation des bourses et des aides au logement, c’est ça l’urgence. Il faut des mesures qui permettent d’avoir de l’argent dans les poches des étudiants et de manière immédiate », réclame Mélanie Luce. Et puis vient déjà le moment de la deuxième question : « Pour les auditeurs qui ne vous connaîtraient pas, vous vous présentez comme la première présidente « racisée » de l’Unef. A quelle catégorie raciale estimez-vous appartenir ? »

« Cela signifie que je ne suis pas blanche, et que je suis la première personne non-blanche à diriger l’Unef », explique Mélanie Luce, ajoutant qu’il ne s’agit pas d’une « race biologique » mais d’une « race sociale », c’est-à-dire ce à quoi (la couleur de peau) chacun serait renvoyé dans la société. « En vous présentant ainsi, vous validez vous-même cette assignation racialisante… », rétorque Sonia Mabrouk. Pour Mélanie Luce, il ne s’agirait que d’un « constat ». Rappelons ici ce que la réponse de Mélanie Luce a de fondamentale. Il s’agit du cœur nucléaire de ce qu’on appelle « l’identité victimaire », soit le fait de se définir non pas positivement, mais négativement, c’est-à-dire de la façon – évidemment oppressive – dont vous prétendez que les autres vous voient.

A partir de là, le cafouillage rhétorique commence à s’installer chez la jeune présidente de l’Unef. L’intervieweuse quant à elle semble savoir parfaitement où elle va : « vous estimez qu’il y a un racisme institutionnel venant des blancs ? Vous vous présentez comme « non-blanche » donc je me permets de vous demander s’il existe un racisme venant des blancs à votre égard ? »

« Le constat qu’on fait, c’est que nous sommes dans une société qui reproduit les discriminations, qui reproduit le sexisme. Aujourd’hui on a un écart de salaire entre les femmes et les hommes… » Et Sonia Mabrouk d’anticiper le changement de sujet : « Je vous parle du racisme. Existe-t-il un racisme d’Etat ? » « Vous voulez que je vous réponde ? », rétorque la jeune femme, comme pour essayer de gagner du temps. « Oui, j’aimerais bien, directement si c’est possible », répond la journaliste avec un sourire un brin carnassier.

Le combat est certes pour partie inégal. Malgré ses éléments de langage, la jeune fille de 24 ans n’est pas taillée pour un entretien sur le fil du rasoir. Sonia Mabrouk est une professionnelle de l’interview et elle va le montrer en déminant les réponses préfabriquées de Mélanie Luce. Exemple avec ce piège à double détente : « j’imagine que vous dénoncez toute forme de racisme ? » Réponse à la fois évidente et suicidaire de l’intéressée : « Bien sûr ». L’auditeur averti connaît déjà la question suivante et elle arrive une demi-seconde plus tard : « Y compris le racisme anti-blanc ? » Le piège est refermé.

Mélanie Luce a désormais le choix entre deux contradictions : soit elle répond par l’affirmative et contredit le postulat de base de l’indigénisme (le racisme anti-blanc ne n’existe pas car il n’est pas systémique), soit elle répond par la négative et contredit sa phrase précédente. C’est pour ce dernier choix qu’elle opte : « Alors…attention…je pense que la question c’est… ». « Ah, attention ? », jubile Sonia Mabrouk.

A partir de là, il ne reste plus à Sonia Mabrouk qu’à dérouler en appuyant sur le nœud de contradiction rhétorique duquel la jeune représente de l’Unef n’arrivera plus à se délivrer. « Le premier à avoir parlé de racisme anti-blancs, c’est Jean-Marie Le Pen », explique Mélanie Luce pour tenter de disqualifier l’expression. « Oui oui, bien sûr…je vois bien l’extrême droite… », rétorque la journaliste avant d’enchaîner sur les réunions « en non-mixité » (donc interdites aux blancs) organisées par le syndicat étudiant. Complètement débordée, la jeune femme interroge la journaliste : « est-ce que vous voulez des vraies réponses ? » Et Sonia Mabrouk, intraitable : « Je les attends depuis toute à l’heure, à vrai dire. »

Après moult tentatives d’esquives et de contorsions, la présidente de l’Unef est obligée d’admettre, à grands renforts d’explications louches, que l’Unef organise des réunions interdites aux blancs. Reste encore à avaler la polémique de l’IEP de Grenoble dans laquelle l’Unef a relayé les photos des professeurs pris pour cibles sur les réseaux : « Vous apportez ce matin votre soutien clair et franc à ces deux professeurs dont les noms ont été placardés sur les murs au nom d’une prétendue islamophobie ? »Et Mélanie Luce de répondre : « Mon soutien face aux menaces qu’ils peuvent subir, oui, par contre…il y a deux sujets… »

« Ah, il y un mais ? », enchaîne Sonia Mabrouk avant d’ajouter : « Est-ce que vous pensez que l’islamophobie tue aujourd’hui dans notre pays ? » Question quasi rhétorique à laquelle Mélanie Luce répond en ciblant l’extrême droite. « Madame Mélanie Luce, après les accusations d’être islamophobes, Charb et ses amis ont été tués à Charlie Hebdo. Après avoir été accusés d’être islamophobe, l’enseignant Samuel Paty a été décapité dans notre pays. Je vous pose une nouvelle fois la question. Qu’est-ce qui tue dans notre pays : l’islamophobie ou l’islamisme ? »

L’échange se poursuivra encore quelques minutes, mais en réalité, il a déjà cessé. Sonia Mabrouk vient de démontrer que l’agressivité n’est pas nécessaire pour pousser un invité dans ses retranchements. Poser les bonnes questions au bon moment suffit. La présidente de l’Unef est KO debout. C’est le problème des interviews en mixité !

9 mars 2021

VALERIE TORANIAN

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 14 h 22 min

LA MORT DE L’UNIVERSALISME C’EST LA FIN DU FÉMINISME ( tiré de la REVUE DES DEUX MONDES)

Je me souviens du temps où le féminisme était d’abord universaliste. On ne faisait pas le tri entre les femmes de culture et de religion différentes pour décider de leurs droits à être nos égales ou pas. Les droits des femmes concernaient toutes les catégories de femmes. À des échelles différentes et avec des nuances. Les femmes précaires étaient plus vulnérables que les femmes CSP ++, les femmes précaires et immigrées encore plus exposées que toutes les autres. L’intersectionnalité, avant de verser dans la folie tyrannique des minorités, c’était d’abord cette reconnaissance de multiples sources de discrimination. Et le féminisme universaliste embrassait toutes ces dimensions. Pas d’essentialisation, d’assignation à la race ou à la religion. Des combats à mener. Contre le sexisme, les discriminations, les inégalités. Que le système d’oppression soit blanc, noir, arabe, musulman, africain, orthodoxe juif, catholique intégriste ou évangéliste. Pas de sororité identitaire excluant celui/celle qui ne me ressemble pas (et bien sûr les hommes..). Plutôt la solidarité. Les féministes occidentales n’étaient pas des « blanches néo-colonialistes » mais souvent les porte-voix des femmes sans voix. Celles qui subissaient des lois iniques, des violences systématiques, à qui on refusait l’éducation, l’école, l’accès à la santé. Celles qui subissaient le viol comme arme de guerre. Celles qu’on interdisait de parole, de visibilité, qu’on mariait de force, qu’on excisait, qui subissaient la polygamie.

Lorsque ces pratiques sont arrivées en France, les féministes universalistes n’ont pas pensé que ces femmes immigrées, tant pis pour elles !, appartenaient à des communautés dont il fallait respecter les usages et les mœurs. Et qu’on pouvait donc les laisser sur le carreau. À partir du moment où la République française les accueillait, ces femmes avaient des devoirs mais aussi des droits. En France, nous sommes toutes les héritières d’Olympe de Gouges, de Simone de Beauvoir, de Simone Veil et des luttes des années soixante-dix.

« Le néo-féminisme intersectionnel et racisé fait aujourd’hui la promotion d’un identitarisme obsessionnel qui fut l’apanage de l’extrême droite. Et toutes les forces de progrès applaudissent, à l’exception de la gauche républicaine universaliste, hélas bien moins audible. »

Lorsque l’islam politique, importé par les salafistes et les Frères musulmans, s’est mis en marche dans les quartiers, poussant en première ligne les femmes voilées, étendards d’un séparatisme affiché, pas question de dire démagogiquement que c’était « leur droit ». Il importait, au contraire, de redire que tous les « droits » ne se valent pas : le foulard est le marqueur d’une idéologie totalitariste qui ne reconnaît pas aux femmes leur pleine égalité avec les hommes. Qu’elles portent le foulard librement et avec fierté en fait des militantes de l’islamisme, pas des militantes du féminisme.

Je me souviens que la gauche fut longtemps le fer de lance du combat féministe universaliste. La religion était l’opium du peuple, pas le nouvel horizon du progrès. Le combat contre le racisme n’était pas devenu le combat contre l’islamophobie au nom d’une bigoterie post-moderne invraisemblable. La laïcité était une fierté pas un concept honteux dont on n’ose même plus se revendiquer de peur d’être traité de « laïcard islamophobe ».

L’étude légitime des crimes du colonialisme ne s’était pas transformée en doxa indigéniste décoloniale interdisant aux Blancs de prendre la parole sur des questions historiques ou culturelles, censurant toute parole non conforme au dogme racialiste. Les réseaux sociaux, très investis par les mouvements néo-féministes intersectionnels et décoloniaux, ne faisaient pas encore la loi semant la terreur dans les médias terrorisés à l’idée du bad buzz. On n’interdisait pas des camps de vacances décoloniaux aux Blanches. On ne sonnait pas l’hallali lorsqu’une Irlandaise traduisait la chanson d’une Afro-américaine. On ne hurlait pas à l’appropriation culturelle lorsqu’une Blanche chantait le blues.

Le néo-féminisme intersectionnel et racisé fait aujourd’hui la promotion d’un identitarisme obsessionnel qui fut l’apanage de l’extrême droite. Et toutes les forces de progrès applaudissent, à l’exception de la gauche républicaine universaliste, hélas bien moins audible. Comme le dit Abnousse Shalmani, « orpheline de son électorat ouvrier, la gauche se console avec les islamistes ». Sinistre conversion. L’UNEF était un syndicat étudiant de gauche et féministe, pas un syndicat porteur, à travers sa présidente voilée, des valeurs de l’islam politique.

Le féminisme combattait le viol, pas le viol émanant exclusivement des prédateurs blancs occidentaux hétérosexuels. Un violeur noir n’est pas un prédateur, c’est une victime, nous disent les néo-féministes décoloniales. Même chose pour l’agresseur sexuel musulman. Souvenez-vous de la Saint-Sylvestre à Cologne et des intellectuels islamogauchistes nous expliquant que ces hommes d’origine maghrébine, donc victimes, avaient agressé des femmes blanches, donc coupables (être Blanche est une faute, être une femme blanche marchant dans la rue est une provocation ?). Tant pis si la victime du prédateur racisé est souvent racisée. Au nom de sa culture et de sa couleur, elle doit se taire.

« Le néo-féminisme est l’incarnation de son époque, séduite par les extrêmes, très perméable aux discours de haine, y compris à la haine de soi. Une époque post-moderne où n’existe plus que des valeurs et des principes alternatifs, tous équivalents. »

Le féminisme a toujours été traversé par des courants plus radicaux que d’autres. La nouveauté est que la radicalité est devenue le courant mainstream du féminisme. #Metoo avec la libération de la parole sur le harcèlement (notamment en entreprise) est un progrès. #Balancetonporc est un naufrage moral. Accompagner et aider les victimes de violence est une obligation. Poser comme dogme #victimejetecrois, en dépit des règles de l’État de droit, est une capitulation.

Le néo-féminisme est l’incarnation de son époque, séduite par les extrêmes, très perméable aux discours de haine, y compris à la haine de soi. Une époque post-moderne où n’existe plus que des valeurs et des principes alternatifs, tous équivalents.

Dans ce naufrage féministe des principes, dans cet océan de bêtise et de confusion, il faut donc saluer avec force celles qui résistent et continuent contre vents et marées à défendre un féminisme universaliste. Loin des théories décoloniales et racialistes qui nous font violemment régresser, elles sont les héritières de Simone de Beauvoir, d’Élisabeth Badinter, d’Annie Sugier, de Catherine Kintzler, d’Élisabeth de Fontenay. Hommage et respect à Abnousse Shalmani, Fatiha Boudjahlat, Zineb El Rhazoui, Hala Oukili, Mila, Françoise Laborde, Caroline Fourest, Tania de Montaigne, Peggy Sastre, Sonia Mabrouk, Lydia Guirous, Rachel Kahn… et toutes celles qui partagent leurs combats.

19 janvier 2021

La moutarde me monte au nez ! Trop c’est trop ! Touchez pas aux petites filles ! Merci madame Fatiha Agag-Boudjahlat !

Classé dans : Art et culture, la vie des avis,La cause des Femmes — eructeuse @ 15 h 18 min

Sur marianne.fr

Un amendement déposé par des députés La République En Marche (LREM) puis jugé irrecevable a remis sur la table le débat sur le port du voile par les fillettes. Marianne en parle avec Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et auteure d’un ouvrage sur cette pratique.

Aussitôt déposé, aussitôt retoqué. Quelques jours seulement après son dépôt par les députés LREM Aurore Bergé (Yvelines) et Jean-Baptiste Moreau (Creuse), l’amendement visant à interdire le voilement des fillettes dans le cadre du projet de loi visant à conforter le respect des principes républicains a été jugé irrecevable car dépassant le périmètre du texte. Mais le débat ne s’arrête pas là. Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et auteure de Combattre le voilement – Entrisme islamiste et multiculturalisme (Cerf) estime que l’interdiction du voilement des fillettes relève de la protection de l’enfance. Entretien.

Marianne :Quelle signification revêt le voilement d’une fillette ?

Fatiha Agag-Boudjahlat : Le voilement, qu’il concerne des enfants ou des femmes adultes, qu’il soit imposé comme en Iran, ou non comme en Europe, ne change ni de sens ni d’effet. La femme est soumise à la sainte trinité patriarcale. Elle doit être vierge, discrète, pudique. Le voilement, que ce soit pour les adultes ou les enfants réduit la femme à un organe génital total. Sa chevelure est présentée comme susceptible d’exciter le désir des hommes.

Le voilement, que ce soit pour les adultes ou les enfants réduit la femme à un organe génital total.

Quand il s’agit d’enfants, quelles sont les conséquences sur leur développement ?

Pour les islamistes, l’enjeu du voilement des fillettes est de les formater suffisamment tôt pour qu’elles ne s’écartent jamais de cette voie. Voiler des enfants vise à les emprisonner dans une ultraorthodoxie. Peu à peu, par cette pratique, on apprend à la fille qu’elle a des obligations que les garçons n’ont pas. On lui inculque l’idée qu’en tant que fille, elle constitue une vulnérabilité pour la famille. On lui impose une situation d’invisibilité pour ne pas exciter les hommes. Le voilement relève de l’hypersexualisation du corps des enfants. Mais le voilement des fillettes produit aussi des effets sur les petits garçons : ils intègrent que les femmes sont différentes. Les garçons apprennent qu’une fille qui se respecte est une fille qui se voile.

Pour les islamistes, l’enjeu du voilement des fillettes est de les formater suffisamment tôt pour qu’elles ne s’écartent jamais de cette voie.

Pourtant, certains défendent de ne pas l’interdire au nom de la liberté religieuse ou parce qu’ils craignent qu’une telle mesure stigmatise.

Je ne supporte plus que l’accusation de stigmatisation soit un prétexte pour ne pas faire avancer les choses. Le voilement ne correspond à aucune pratique musulmane du Maghreb, cela vient d’Afghanistan. En Algérie, par exemple, ceci n’existe pas. Je ne comprends pas comment des féministes peuvent défendre le voile, il n’y a rien de plus patriarcal. Les féministes parlent de consentement, mais la religion est le mécanisme le plus efficace d’emprise sur les êtres. Un enfant ne souhaite qu’une chose : plaire à ses parents.

Sait-on à quel point le voilement des fillettes est répandu en France ? Existe-t-il des chiffres ?

Il n’y a aucun chiffre car les ministères de l’éducation, de la santé et de l’intérieur s’interdisent d’enquêter. On refuse de considérer l’islamisme comme une dérive sectaire. Néanmoins, je constate que lorsque j’étais petite, moi-même fille d’immigrés, je rencontrais très peu d’enfants voilées. Maintenant, je croise des enfants de trois ou quatre ans qui portent le foulard. Ce n’est pas anecdotique, c’est surtout symptomatique d’une normalisation de pratiques ultraorthodoxes. En Algérie, mes parents n’ont jamais vu ça. On introduit l’idée qu’un bon musulman est un islamiste.

Comment lutter contre ce phénomène ?

La mère des réformes serait de remplacer la notion d’autorité parentale par celle de responsabilité parentale. Il faut une commission parlementaire pour revoir la protection de l’enfance. Nous avons hérité d’une pratique bonapartiste qui consiste à sacraliser l’autorité parentale, comme si les parents étaient propriétaires du corps de leur enfant. Il est indispensable de clarifier le statut juridique de l’enfant. La Convention internationale des droits des enfants leur garantit la possibilité de se construire une personnalité mais garantit surtout aux parents le droit de leur transmettre leur culture. Que fait-on s’il y a une contradiction entre les deux ?

Quelle est la distinction entre autorité et responsabilité parentale ?

L’autorité parentale fait croire que le rôle des parents consiste à exercer un pouvoir sur leur enfant. La responsabilité suggère que les parents ont des devoirs vis-à-vis des enfants, et non des droits. Ils ont le devoir de prendre soin de leurs enfants. La protection de l’enfance à l’heure actuelle est un scandale d’État. Il faut réintroduire un défenseur des enfants qui ne dépende pas du Défenseur des Droits. Les enfants radicalisés disparaissent des radars. Ils ne sont pas scolarisés, ou seulement à domicile. Il est urgent de repenser la protection de l’enfance.

Il est urgent de repenser la protection de l’enfance.

Dans ce travail de réforme de la protection de l’enfance, que proposez-vous précisément pour bannir le voilement des fillettes ?

La loi a déjà intégré que la maltraitance ne se limite pas seulement à des atteintes physiques, mais inclut également des violences psychologiques. Je propose d’avancer en interdisant les « exigences éducatives disproportionnées », terme formulé dès 1988 par la commission Jacques Barrot sur la protection de l’enfance. C’est l’argument juridique qui permettrait de bannir le voilement des fillettes. Chantal Jouanno s’était déjà appuyée dessus pour interdire les concours de mini-miss. Les exigences éducatives disproportionnées permettraient également d’interdire les certificats de virginité ou la pratique du ramadan par les enfants. Il y a deux ans, je me souviens avoir envoyé à l’infirmerie un élève qui pratiquait le jeûne et se sentait mal. Quand l’infirmière a appelé les parents, ils lui ont répondu qu’elle laisse dormir leur fils car il ne devait pas casser le ramadan.

Aurore Bergé et Jean-Baptiste Moreau ont déposé leur amendement pour interdire le voilement des fillettes dans le cadre du projet de loi confortant le respect des principes républicains. Mais à vous entendre, l’enjeu relève plus de la protection de l’enfance que de la laïcité.

Oui. Je savais que ce que proposait Aurore Bergé était voué à l’échec. La question du voilement des fillettes est une question de maltraitance des enfants. Il ne faut pas convoquer la laïcité à tout bout de champ. Une commission parlementaire sur la protection de l’enfance traiterait aussi bien de l’inceste, des exigences éducatives disproportionnées que de l’accès à la pornographie.

Y a-t-il également une frilosité politique à avancer sur ce sujet ?

LREM n’avance que lorsqu’il y a un attentat. Il faut qu’une tête tombe pour qu’ils bougent. LREM défend une conception multiculturaliste, comme ces sinistres sires de la France Insoumise qui combattent le patriarcat jusque dans les toilettes d’Alain Finkielkraut mais qui n’ont aucun problème avec le voilement des fillettes. Sur la protection de l’enfance, on est en train d’avancer sur la pédophilie. Mais sur le sujet du voile, dès qu’on le mentionne, on ressort l’accusation de stigmatisation. D’autres affirment qu’il faudrait aussi interdire les croix ou les kippas. Or, une kippa ne fait pas des cheveux d’un homme un organe génital qu’il faut cacher. La loi de 1905 visait clairement l’Église. Il faut s’adapter au contexte et aux religions.

LREM n’avance que lorsqu’il y a un attentat. Il faut qu’une tête tombe pour qu’ils bougent.

Tout cela est dramatique car si les islamistes arrivent à contrôler les enfants, l’orthodoxie se banalisera complètement. Il faut agir, il n’y a rien de plus faible que les enfants.

29 avril 2018

Lu et approuvé, article de Zineb El Rhazoui

Classé dans : tout est politique — eructeuse @ 13 h 48 min

Article pris sur la page FB de Laïcité 30

Zineb, ex journaliste de Charlie Hebdo, revient sur l’antisémitisme dans le Coran.

« Au pays de Voltaire, à l’épreuve de la raison, l’Islam sacré des prédécesseurs arrive à péremption. Comme le catholicisme avant lui, il faudra que l’inconscient collectif français le désacralise pour le remettre à la seule place que devrait allouer une démocratie moderne en 2018 à un corpus législatif rédigé il y a 15 siècles en Arabie préislamique. Nul besoin d’expurger le coran que la tradition nous a transmis aujourd’hui s’il est tenu pour ce qu’il devrait : un livre ancien renfermant à la fois la sagesse et la barbarie des temps où il fut rédigé. L’Islam peinera à se renouveler tant que ses théologiens et ses fidèles défendront l’idée que Dieu est éternel, et que le coran est sa parole incréée. L’édifice intellectuel islamique continuera inexorablement à se fissurer jusqu’à effondrement total, tant que les questions fondamentales autour du coran, ses auteurs, sa chronologie, sa fabrication en tant que livre saint, seront soigneusement éludées par les imams. »

La journaliste et militante Zineb El Rhazoui réagit au « manifeste contre le nouvel antisémitisme ».

Zineb El Rhazoui, également connu sous le nom de plume Zineb, est l’une des femmes les plus protégées de France. Cette ex-journaliste à « Charlie Hebdo » est aujourd’hui militante des droits de l’homme et théologienne. En exclusivité pour « l’Obs », elle réagit à la publication du « manifeste contre le nouvel antisémitisme ».

Lorsque j’ai entendu le mot « Yhoudi » (juif) pour la première fois, il y a plus de 30 ans au Maroc, il sonnait comme une insulte. C’était dans un large rassemblement familial, le genre de réunions où les adultes profitant des retrouvailles s’irritent de leur marmaille qui court dans tous les sens. Quelqu’un venait de traiter son enfant de « Yhoudi ould lyhoud (juif fils de juifs) pour lui dire qu’il était un vilain garnement. J’allais avoir l’occasion d’entendre cette « insulte » sous différentes formes au cours de ma vie au Maroc, un pays dont j’ai pourtant appris plus tard qu’il était le moins antisémite du monde arabe.
« Hachak » (sauf votre respect) est un mot que les Marocains, très soucieux de la politesse verbale, accolent à tout terme infamant. Ainsi, un Marocain dira « la poubelle hachak » ou « l’âne hachak ». Mais plus étonnant encore, beaucoup de Marocains diraient « une femme sauf votre respect » ou « un juif sauf votre respect ». D’ailleurs, la légende ne raconte-t-elle pas qu’avant l’extinction des lions de l’Atlas, en des temps immémoriaux, le voyageur qui craignait une attaque des fauves devait s’entourer de Juifs, un gibier si vil que le roi des animaux ne s’abaisserait pas à le chasser ?

Un peu plus tard à l’école primaire Al-Amani à Casablanca où j’apprenais des rudiments d’arabe, de français, et beaucoup de cours religieux, il se murmura dans la cour que la maison mitoyenne était habitée par des Juifs. Nous-nous crûmes alors autorisés, nous autres petits écoliers d’un établissement privé plutôt bourgeois, à balancer des insultes et des détritus depuis les fenêtres de nos classes. La propriétaire s’en plaignit au directeur, un lauréat de l’université théologique d’Al Azhar au Caire et docteur en littérature arabe, qui, furieux, nous administra une punition exemplaire. Pour la première fois, les antisémites en herbe que nous étions venaient d’apprendre que haïr les Juifs était quelque chose de mal. Ironie du sort, c’était M. Fahmi Shanti, un brillant intellectuel palestinien réfugié au Maroc où il avait fondé notre école, qui nous l’a appris.
Cette leçon, je n’allais jamais l’oublier. J’en retins que l’antisémitisme -n’en déplaise aux détracteurs de George Bensoussan- est bel et bien un atavisme que l’on a de fortes chances de téter du sein de sa mère pour peu que l’on reçoive une éducation islamique standard. Un atavisme, certes, mais pas une fatalité. J’en retins également que la cause palestinienne ne peut être prétexte à l’antisémitisme, même pour ceux qui ont en personnellement fait les frais comme M. Shanti. J’en retins surtout que tout théologien d’Al Azhar qu’il était, le directeur de l’école tenait avant tout à avoir des relations de bon voisinage. Si lui parvenait à vivre ensemble avec ses voisins juifs, pourquoi en France nous n’y parviendrions pas ?

L’antisémitisme musulman, le mot est lancé
Dans un « Manifeste contre le nouvel antisémitisme » publié dimanche 22 avril dans « Le Parisien », 300 personnalités politiques, médiatiques et du monde des arts tirent la sonnette d’alarme quant à l’inquiétante recrudescence des crimes antisémites commis en France par des islamistes. Pour ceux qui les perpètrent, ces actes ont un nom : le Jihad. Afin de faire cesser ces ordalies au rabais qui envoient tout droit leurs auteurs auprès des Houries de l’Éden et qui contraignent les Juifs de France à migrer plus prosaïquement vers des cieux ou des quartiers plus sûrs, les signataires du manifeste exhortent les autorités théologiques islamiques de France à frapper du sceau de l’obsolescence les versets du coran appelant au meurtre des Juifs, des Chrétiens et des incroyants.
D’aucuns ont d’abord réagi au texte en pointant sa partialité, car le fait même d’évoquer un antisémitisme islamique serait « stigmatisant » pour toute une « communauté ». Les auteurs du manifeste se sont ainsi vus sommés de mentionner tous les antisémitismes ; celui de la fachosphère française et celui qui sévit eu Europe de l’Est, sous peine de se voir accuser de façon à peine voilée d’ »islamophobie ». Cette même dialectique de l’intimidation enjoint à toute personne qui s’exprime sur l’intégrisme islamique de valider d’abord « qu’il y a des intégristes dans toutes les religions ». L’argument en apparence équilibré n’est qu’une technique de réfutation qui permet de diluer le propos sans jamais en discuter le fond.

Toutefois, ce sont les principaux intéressés eux-mêmes qui mettent fin à ce début de polémique stérile pour amorcer le seul véritable débat qui compte : la part de responsabilité des textes islamiques dans ces crimes antisémites et l’opportunité de procéder à un toilettage du texte coranique pour l’expurger de ses versets violents. « Des Imams au service de la République française », publié dans « Le Monde » du 25 avril, est rédigé par Tareq Oubrou, le recteur de la mosquée de Bordeaux, et signé par 30 imams qui dénoncent « le terrorisme et les crimes antisémites » et les qualifient de « situation intenable ». Si la démarche a le mérite d’entériner à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, les imams républicains ne vont pourtant pas jusqu’à accéder à la requête qui leur est faite de revoir leur copie du coran.

L’ »imam modéré » ? Un mythe médiatique

L’expression est à la mode. Ou comment un oxymore se ferait presque passer pour un pléonasme. Lors de la polémique sur le burkini qui a empoisonné le débat estival en 2016, les imams français dits modérés ont magistralement raté l’occasion de prouver que « modérés », ils l’étaient vraiment. Quasiment tous ont défendu la « liberté » de ces anti-Mariannes des plages à s’afficher en tenue wahhabite, déplorant pour la plupart cette « islamophobie » si française, à une heure où la France n’avait pas encore fini d’enterrer les victimes des attentats de Nice. S’il y avait, certes, matière à débattre du bienfondé des décrets préfectoraux interdisant le burkini, il aurait suffi qu’un seul de ces imams lève le petit doigt pour dire que l’on peut parfaitement être musulmane et porter le maillot de bain pour qu’il mérite authentiquement son étiquette de « modéré ». Aucun ne l’a fait.

Le traditionnel ballet des « condamnations » de ces imams fait maintenant partie du décorum post-attentats. Pourtant, il y aurait lieu de se questionner sur l’opportunité de plébisciter des théologiens qui se contentent de condamner des crimes qui le sont déjà par la loi au lieu de condamner les textes qu’ils prêchent dans leurs mosquées et qui justifient ces mêmes crimes.

Dans le cas précis des attentats visant les citoyens de confession juive, il aura fallu des années depuis le forfait de Merah pour que les imams lâchent le mot « antisémitisme ». Mieux vaut tard que jamais. Toutefois la noblesse de l’intention affichée masque à peine l’affront ressenti par les imams face à ces 300 illustres profanes qui les somment d’amender leur livre saint. Demander à un musulman croyant, imam de surcroit, de changer l’emplacement d’une virgule dans le coran, c’est comme demander au Louvre de repeindre la gorge de la Joconde en noir parce que les islamistes trouvent son décolleté trop affriolant.

Maladroite, certes, et même « ignare » comme l’a sous-entendu Tareq Oubrou, l’injonction faite aux responsables musulmans de se justifier sur les versets criminogènes contenus dans le coran a tout de même le mérite de sonner le glas d’une mystification. D’abord, à travers ce manifeste, 300 signataires d’horizons très divers affirment ne pas être dupes. Sauf à faire preuve d’une extrême mauvaise foi, plus personne ne croit à l’antienne répétée en chœur par les Imams de France et de Navarre face au fléau terroriste. Non, la succession des crimes idéologiques perpétrés à coups d’ »Allah Akbar » n’est ni l’œuvre hasardeuse de détraqués mentaux mystérieusement inspirés par le même génie profane, ni le fruit amère d’une civilisation occidentale intrinsèquement raciste et oppressive pour « une communauté musulmane » dont la jeunesse désœuvrée exprimerait ainsi de façon ultime son extrême désespoir. Si tel avait été le cas, on ne compterait pas les victimes du terrorisme islamique par milliers sous les cieux où règne l’Islam.

Ensuite, la proposition faite par les Imams signataires de l’appel des 30 de remédier au fondamentalisme en enseignant le « bon » islam – le leur – ne résiste pas non plus à l’analyse. En refusant encore une fois toute critique de fond des textes islamiques, parce que l’Islam serait foncièrement vertueux et mal interprété, Tareq Oubrou qui s’est fait connaître pour son projet très louable de régénérer l’islam de France, un islam qui selon lui doit être nourri de l’esprit des Lumières, semble ne pas se donner les moyens de ses ambitions. Comment réformer l’islam sans le critiquer, sans le pousser dans ses retranchements, sans le questionner sur la nature du coran, crée ou incrée, et sur la question du Salut dans la foi musulmane ? En effet, l’imam et ses comparses usent et abusent du postulat éculé de « l’islam religion de paix et d’amour » victime à la fois de « stigmatisation » de l’Occident et de mauvaise interprétation de la part de ceux de plus en plus nombreux qui commettent des crimes de masse en son nom.

« Citoyens aussi, nous voulons proposer notre expertise théologique aux différents acteurs qui sont confrontés aux phénomènes de la radicalisation dans les prisons, dans les établissements publics, fermés et ouverts, afin de répondre à des aberrations religieuses par un éclairage théologique lorsque les arguments avancés par ces jeunes sont d’ordre religieux. Une expertise que seuls les imams peuvent apporter », écrivent-ils. Autrement dit, à chaque fois que le texte coranique leur est opposé, et bien qu’il soit d’une très grande clarté quant au sort des Juifs, des chrétiens, des incroyants et des femmes, les imams éluderont en évoquant des complexités exégétiques qui ne sont en réalité qu’un écran de fumée. Ils renverront leur interlocuteur à son ignorance supposée du contexte, de la langue arabe ou des subtilités exégétiques pour s’affirmer comme seuls à pouvoir comprendre l’Islam. Les seuls donc à pouvoir sauver la France et le monde d’une menace idéologique pourtant contenue dans la foi qu’ils prêchent. Le tour de passe-passe est remarquable.
En réalité, s’adjuger le monopole de la compréhension du coran revient à mettre à l’index le corpus textuel islamique pour n’en distiller au public que ce qui en lustre l’image et paraît convenable pour les oreilles de la République. Les imams s’instaurent ainsi en clergé ad hoc, mais ils refuseront de se reconnaître comme tels à chaque fois qu’ils seront sommés de réformer leur dogme. En effet, comment toucher aux textes saints lorsque chacun sait qu’en Islam, il n’y a pas de clergé ?

L’antisémitisme, une science islamique ?

Si les imams reconnaissent à demi-mot l’existence d’un antisémitisme musulman, ils le décrivent volontiers comme une regrettable conséquence de l’ignorance de certains musulmans. Ces « ignares » qui n’ont pas pu profiter des Lumières des imams « modérés » de France se seraient ainsi formés à l’antisémitisme auprès de sombres réseaux anonymes sur Internet. Encore une mystification, pour ne pas dire un pur mensonge. Si n’importe quelle personne sachant lire l’arabe comme moi peut accéder à une riche bibliographie antisémite en effectuant une simple recherche sur Internet ou dans n’importe quelle bibliothèque du monde musulman, nos imams éclairés de France ne peuvent ignorer l’existence de tels « travaux ». Contrairement à ce que prétendent ces imams plus soucieux de lustrer leur image que de dire la vérité, les écrits antisémites ne sont pas toujours l’œuvre des prédicateurs autoproclamés des sous-sols. Citons quelques exemples !

Abdul Rahim Shareef, Doyen de la faculté de Charia à l’Université de Zarqa en Jordanie, titulaire – entre autres – d’un doctorat en exégèse coranique à l’Université de Damas en 2006, est l’auteur d’une recherche intitulée « Les caractéristiques des Juifs dans le coran ». En s’appuyant sur plus de 13 versets coraniques que sa qualité de docteur en exégèse habilite parfaitement à interpréter, il en sort que les juifs présentent huit caractères majeurs : le non partage de la sagesse, l’avarice, la cupidité, la couardise, la trahison, le mensonge, le vandalisme et le crime (ils assassinent les prophètes).
Voilà donc à quoi ressemble un travail académique en sciences islamiques dans un pays comme la Jordanie.

Les imams de France ne peuvent l’ignorer, l’étude des juifs semble même obséder les « savants » de l’Islam. Un autre universitaire, Abdullah Ben Radi Al Shamri, docteur en Charia mention Fiqh, professeur de théologie à l’Université de Hail en Arabie Saoudite, écrit sur le sujet : « Nous ne pourrons comprendre les Juifs que grâce à la description que Dieu en fait dans le coran. La raison de notre faiblesse face à eux, de l’humiliation qu’ils nous infligent et de notre sang qu’ils font couler, c’est que nous nous sommes éloignés des enseignements coraniques sur notre combat face à eux et que nous les avons substitués par une législation internationale et des considérations politiques (….) Les Juifs que nous voyons aujourd’hui sont les mêmes que Dieu a maudits depuis le septième ciel, ils ne sont pas différents de leurs ancêtres. Ils combattent même l’islam avec des moyens encore plus pervers (…) ». L’auteur de ces lignes compte à son actif plusieurs conférences en Europe, dont une en France, une à la faculté islamique de Bruxelles, une à Barcelone, et d’autres au Canada et ailleurs dans le monde.
Pour finir, l’auteure libanaise Salam Al Haj, diplômée en communication et en démographie à l’Université libanaise, ancienne journaliste du quotidien Al-Safîr, dénombre 24 caractéristiques des Juifs dans son étude « Qui sont les Juifs et quelles sont leurs caractéristiques dans le coran ? ».
Selon elle, aux huit tares citées plus haut, les Juifs se caractériseraient en outre et non exhaustivement par leur cruauté, leur insolence, et par leur idolâtrie de l’argent. Les « études » comme celles-ci sont légion dans les universités islamiques. Nier leur existence soulève la question de la sincérité des Imams de France lorsqu’ils proposent de promouvoir un islam des Lumières, compatible avec les valeurs républicaines.

De la contextualisation sélective
La seule posture acceptable de la part de Tareq Oubrou et de ses cosignataires, c’est non seulement la condamnation la plus ferme de ce type de travaux produits par leurs condisciples, mais surtout la réfutation absolue de ces thèses sur le plan intellectuel et théologique. Ils pourraient le faire, si seulement ils sortaient de leur posture identitaire. Non, Messieurs les Imams, vous n’êtes pas des ambassadeurs de l’Islam, vous n’avez pas un rôle de représentation, vous n’êtes pas la voix des musulmans de France, car ces derniers – ne vous en déplaise – ne sont pas une communauté, mais des individus. Des individus qui ne vous ont jamais élus.
L’Islam en France est-il à ce point devenu l’otage du paradigme identitaire qu’il en est devenu impensable d’en discuter le fond ? Qui oserait parler d’un catholicisme des Lumières devant un concert de rock irlandais, une exposition d’un artiste italien ou un défilé de mode d’un créateur français, simplement parce que les protagonistes sont nés dans des familles catholiques ? Pourquoi leurs congénères nés d’origines tunisienne, algérienne ou marocaine seraient-ils condamnés à être qualifiés et évalués par le spectre d’une identité religieuse monolithique aussi chimérique que dangereuse ?

Ceux parmi les musulmans éclairés qui s’évertuent à nous expliquer que les Musulmans peuvent être des personnes fréquentables ne nous apprennent rien. Nous autres Français de toutes origines avons suffisamment de sagesse politique et de valeurs humanistes pour nous permettre de critiquer ce fascisme qui se développe au sein de l’Islam sans en faire porter la responsabilité à tout individu né musulman, qu’il soit croyant ou pas, qu’il pratique la religion de ses pères ou qu’il ait choisi de s’y convertir. Ceux qui, par le déni de l’évidence, tentent de nous faire croire que l’Islam ne souffre aucun soupçon d’antisémitisme nous mentent. Nous n’avons pas besoin de leur discours infantilisant pour puiser en la civilisation islamique ce qui nous permettra de vivre avec nos concitoyens juifs.

Pour ma part, je n’ai jamais oublié la leçon de Fahmi Shanti, et je n’oublie pas non plus qu’il fut un temps où les cieux musulmans de l’Empire ottoman étaient bien plus cléments pour les Juifs que n’importe quel pays chrétien. Et pendant les temps les plus sombres en Europe, il valait bien mieux être juif à Alger, Fès ou Alexandrie qu’à Paris ou Berlin.

Expurger le coran n’est pas une hérésie, mais un contresens
Faut-il pour autant faire l’ablation de tout ce qui dans le coran ne correspond pas aux valeurs de la République ? Sans craindre d’offenser les musulmans, je suis en droit de me demander s’il en resterait alors grand-chose. Faire de l’archéologie coranique est nécessaire, mais vouloir l’expurger de ses versets barbares pour le rendre plus adapté à notre époque revient à en reconnaître le caractère législatif. Or, c’est bien parce que le coran est vu comme une constitution par une large partie de musulmans qu’il pose problème. Pas moins de 8 versets coraniques affirment que la terre est plate.
La science a-t-elle attendu pour autant que M. Oubrou et ses comparses les frappent d’obsolescence pour établir l’évidence ?

Au pays de Voltaire, à l’épreuve de la raison, l’Islam sacré des prédécesseurs arrive à péremption. Comme le catholicisme avant lui, il faudra que l’inconscient collectif français le désacralise pour le remettre à la seule place que devrait allouer une démocratie moderne en 2018 à un corpus législatif rédigé il y a 15 siècles en Arabie préislamique. Nul besoin d’expurger le coran que la tradition nous a transmis aujourd’hui s’il est tenu pour ce qu’il devrait : un livre ancien renfermant à la fois la sagesse et la barbarie des temps où il fut rédigé. L’Islam peinera à se renouveler tant que ses théologiens et ses fidèles défendront l’idée que Dieu est éternel, et que le coran est sa parole incréée. L’édifice intellectuel islamique continuera inexorablement à se fissurer jusqu’à effondrement total, tant que les questions fondamentales autour du coran, ses auteurs, sa chronologie, sa fabrication en tant que livre saint, seront soigneusement éludées par les imams.

Ce qui se joue à travers cette bataille des pétitions, c’est que l’omerta qui a entouré le dogme islamique pendant des siècles, usant de coercition et de violence contre tous les esprits éclairés qui ont osé induire le doute, est en train de céder à l’esprit critique et anticlérical français. Ce qui a été protégé à coup de lois anti blasphématoires ailleurs ne saura résister longtemps à la liberté du débat en France. Les crimes antisémites ou les attentats de « Charlie Hebdo » doivent être compris pour ce qu’ils sont : une ultime tentative de semer la terreur pour masquer la faillite intellectuel du dogme islamique tel que défendu par ses imams aujourd’hui.

Zineb El Rhazoui

31 août 2016

Patrick Kessel, Président du Comité Laïcité République.

Classé dans : tout est politique — eructeuse @ 9 h 47 min

Éditorial de Patrick Kessel, Président du Comité Laïcité République.

⏸ Le feuilleton de l’été « burkini-beach » a illustré une nouvelle fois l’ampleur de la confusion qui s’est installée dans les têtes. La vivacité des réactions montre qu’on touche désormais au dur et que les tensions sociales sont de plus en plus fortes.

Certains se sont insurgés que des mairies interdisent sur certaines plages, le port du « burkini », version estivale du tchador. Ne soyons pas dupes. On imagine qu’à quelques coudées de l’élection présidentielle, les arrière-pensées politiciennes ne sont pas absentes, en particulier chez ceux qui n’ont guère témoigné d’intérêt pour la laïcité dans le passé ! Voire qui l’ont combattue. Ou qui cherchent à l’instrumentaliser. On peut se dire qu’en d’autres temps, cette provocation, traitée comme un fait divers, comme l’affaire des seins nus sur la plage de Saint Tropez, aurait pu être accueillie avec un sourire ironique.

Pour autant, si le burkini n’était qu’un simple signe de religiosité, il ne poserait pas plus de problème que le port d’une petite croix au bout d’une chaine. Mais dès lors qu’il s’exhibe en signe ostentatoire d’appartenance communautaire, en affichage militant, en manifestation de prosélytisme d’un système d’asservissement de la femme, au risque de susciter provocation et trouble à l’ordre public, il sort de la liberté religieuse pour entrer dans la provocation politique…

Provocation nouvelle qui s’inscrit dans la liste déjà longue (piscines, crèches, hôpitaux, écoles, universités, prisons…) des dégâts occasionnés par des revendications communautaristes. La véritable dimension politique du burkini apparaît clairement lorsque dans le même temps, des images font le tour du monde montrant des femmes musulmanes tout juste libérées de la barbarie islamiste en Syrie, brûler de joie la burqa dans laquelle on les enfermait de force. C’est pourquoi, il n’est pas acceptable de laisser se banaliser des pratiques dont les femmes sont encore et toujours les victimes et qui, de concessions en concessions affaiblissent les principes mêmes du vivre ensemble républicain.

Pour autant, la laïcité que certains découvraient pour l’occasion, a été bien à tort convoquée dans la polémique. En fait, ce n’est pas de laïcité, au moins dans sa dimension juridique actuelle, qu’il s’agit mais, comme dans l’affaire de l’interdiction du voile intégral dans l’espace public, de la dignité de la femme et du danger que ces dérives font peser sur l’ordre public et la paix sociale.

Ceux qui croient pouvoir dénoncer une atteinte aux libertés font semblant de croire qu’il est interdit d’interdire et que tout vaut tout. Sont-ils favorables à la liberté pour chacun d’exhiber sa nudité sur toutes les plages ? Et pourquoi pas dans la rue ? Faudra-t-il accepter demain, au nom de la liberté des communautés, la ségrégation des garçons et des filles à l’école, l’instauration de plages réservées en fonction de la religion, la mise en place de wagons réservés dans les transports en commun, de tables dans les restaurants… ? En fait, il ne s’agit pas de libertés mais d’une guérilla livrée pour tester la capacité de résistance de la République. Et pour ce qui concerne les activistes du communautarisme islamiste, d’instrumentaliser les musulmans dont l’immense majorité veut vivre en citoyens comme et avec les autres. Leur objectif n’est pas de promouvoir des libertés nouvelles mais bien d’empêcher toute sécularisation de l’Islam en France.

Mais, ceux qui, une nouvelle fois pratiquent le déni face à ces inquiétantes dérives, prennent la lourde responsabilité de laisser s’installer un climat de tension menaçant pour la paix sociale. Le risque est sérieux de voir des communautés chauffées à blanc passer de la provocation à la violence. Le danger est réel de voir l’extrême-droite profiter de ces provocations et gober le fruit mûr lorsqu’il tombera de l’arbre.

L’opinion attend que soit tracée une limite à la tyrannie montante des différencialismes. Attention à ce que le besoin d’autorité de l’Etat qu’elle exprime de plus en plus fortement pour faire respecter la loi commune ne bascule en faveur d’une irrationnelle soif d’Ordre.

L’ordonnance du Conseil d’Etat marque une étape mais pas la fin d’un processus marqué par l’exacerbation croissante des crispations. Il devient urgent d’apporter des réponses politiques responsables en faveur de la loi commune, à défaut de quoi, prise en tenailles entre islamistes et xénophobes, c’est la République et ses fondements universalistes, au premier rang desquels la laïcité, qui se trouveront menacés.⏸

29 août 2016

ARTICLE DE SERENADE CHAFIK ECRIVAINE FEMINISTE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 6 h 32 min

 

Combattre l’islamisme sur tous les fronts

Dans une lettre ouverte, des personnalités militantes exhortent les dirigeants politiques français à mener une guerre éminemment politique et économique contre l’islamisme radical.

Combattre l’islamisme sur tous les fronts
Alors que depuis 2012 notre pays connaît une vague d’attentats sans précédent, pas un jour ne passe sans que l’un d’entre vous ne clame que «nous sommes en guerre». Pour répondre à l’inquiétude des citoyens, vous proposez des actions et des mesures souvent pertinentes, dont chacun peut légitimement se demander pourquoi elles n’ont pas été mises en œuvre plus tôt.

D’autres de vos idées sont plus contestables, si nous voulons conserver un cadre démocratique à notre République. Quelques-uns d’entre vous font même référence à Churchill («Je n’ai rien d’autre à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur») ou à Clemenceau («Politique intérieure ? Je fais la guerre. Politique étrangère ? Je fais la guerre. Je fais toujours la guerre»), mais peu semblent avoir la lucidité de l’analyse, la cohérence de l’action et la persistance du courage de ces illustres prédécesseurs.

Les «territoires perdus de la République»
Le prétendu Etat islamique et le jihadisme dans leurs formes actuelles seront militairement vaincus : c’est une question de temps et de moyens. Mais l’islamisme, qui est le terreau et le sas naturels du jihadisme, semble voué à prospérer. Refusant de séparer la religion de la politique, il travaille notre pays depuis des décennies, aboutissant à de véritables «territoires perdus de la République». Bien sûr, nous ne parlons pas ici de l’immense majorité de nos compatriotes musulmans vivant paisiblement leur foi (ou leur indifférence) dans leur sphère privée, mais d’un islam militant poursuivant un objectif politique.

L’islamisme, qu’il soit d’obédience wahhabite ou associé aux Frères musulmans, a le même projet stratégique de conquête que le jihadisme. Il n’en diffère que par la méthode pour gagner les esprits et les cœurs et implanter dans notre pays et d’autres en Europe un modèle politique et social à l’inverse absolu de notre démocratie occidentale. L’égalité hommes-femmes, la liberté d’expression (incluant le droit au blasphème), la laïcité, la protection des minorités, y compris sexuelles, une politique étrangère indépendante… voilà quelques-uns des marqueurs de notre modèle français et européen que veulent abattre les islamistes.

Les attentats terroristes sont certes condamnés par la plupart des institutions ou personnalités islamistes, d’abord parce qu’ils gênent leur stratégie «entriste» dans le tissu sociétal français, en créant la suspicion ou la répulsion envers l’islam. Mais depuis l’avènement des réseaux sociaux, le double discours de certains imams ou maîtres à penser médiatiques ne laisse plus place à l’illusion.

Pour arriver à ses fins, l’islamisme en France bénéficie de subsides et d’appuis matériels significatifs de l’Arabie saoudite et du Qatar. Ce soutien transite par des aides officielles, mais aussi par des fonds privés pour la construction de mosquées salafistes, des lieux d’enseignement, des organisations et des réseaux islamistes dans les universités comme dans les banlieues.

De la diffusion de la propagande islamiste
La prise de contrôle ou la participation dans de nombreuses entreprises françaises par des fonds issus de ces pays génèrent des bénéfices, contribuant à alimenter la diffusion de la propagande islamiste et les flux d’aide à leurs réseaux sur notre territoire. Ces contrôles d’entreprises françaises permettent aussi à ces Etats diffuseurs du salafisme d’augmenter leur visibilité et leur assise, comme l’a démontré le Qatar avec sa prise de contrôle économique et médiatique du PSG.

Le Qatar n’a cessé depuis quinze ans d’appeler au jihad. Son principal prêcheur, Youssef al-Qardaoui, est le fondateur et doyen de la première Université des études et sciences islamiques, établie au Qatar en 1977. Considéré comme le guide spirituel des Frères musulmans, il a été condamné à mort en Egypte. Son programme « Al-charia wa al-hayat » (la voie vers dieu et la vie), diffusé sur Al Jazeera, connaît une audience importante dans le monde. Voilà ce qu’il dit : «L’islam est entré deux fois en Europe, et deux fois l’a quittée… Peut-être que la prochaine conquête, avec la volonté d’Allah, se fera par la prédication et l’idéologie. Toute terre n’est pas obligatoirement conquise par l’épée… Nous voulons qu’une armée de prédicateurs et d’enseignants présente l’islam dans toutes les langues et tous les dialectes…»

Le Consortium Against Terrorist Finance nous apprend qu’en 2010, Al-Qardaoui était président du Conseil de surveillance de la charia de la Banque islamique du Qatar, l’un des plus importants établissements islamiques, qui entretient des relations controversées avec des organisations soupçonnées de financer le terrorisme au Moyen-Orient. Et Al-Qardaoui a coopté au sein de l’Union mondiale des savants musulmans le Suisse Tariq Ramadan, qui a demandé la naturalisation française pour jouer un rôle politique dans notre pays. Rappelons que Ramadan, petit-fils et adepte du fondateur des Frères musulmans, se vante de ne pas «être Charlie» et d’être «perquisitionnable»…

De son côté, l’Arabie saoudite est en passe de constituer le plus grand fond d’investissement dans le monde, après avoir cédé une partie de sa société d’exploitation pétrolière. Nul doute que de nombreuses entreprises en difficulté ou en quête de capitaux pour se développer seront tentées par cette nouvelle manne financière. Il n’est pas sûr que cela soit une bonne nouvelle pour notre pays.

Des niches fiscales accordées au Qatar
Au plus haut sommet de l’État, vous avez encouragé ces investissements, voire ces prises de contrôle. Vous avez même créé des niches fiscales pour les dispenser d’impôts, telle l’exonération des plus-values immobilières accordée en 2009 au Qatar, alors même que les institutions régaliennes du pays pour se défendre contre le terrorisme sont en mal de financement. Il serait fastidieux d’égrener la longue liste des sociétés françaises ainsi concernées, dans les médias, l’immobilier, le commerce ou le sport… Le Qatar n’a même pas caché sa volonté d’entrer dans le capital de deux sociétés stratégiques pour la défense nationale, EADS et Areva, sans succès heureusement. Pour le moment.

Dans toute guerre, la maîtrise de tous les attributs de la puissance est nécessaire pour vaincre un ennemi structuré. Vous pouvez frapper en Syrie, en Irak, au Mali, en République centrafricaine et en Libye. Vous pouvez renforcer nos services de renseignement et de sécurité intérieure. Mais vous devez aussi combattre politiquement l’islamisme en France. Vous devez fermer ses mosquées, expulser ses imams radicaux étrangers, tarir ses relais dans les quartiers, sanctionner ses réseaux sociaux et ses chaînes satellitaires, couper les sources de financement de l’islam politique. Sans quoi vous ne vous serez attaqués qu’à l’écume du terrorisme.

Investir dans les banlieues
Des efforts considérables seront nécessaires pour investir dans les banlieues et dans les quartiers en difficulté et reconquérir les zones abandonnées aux pègres et aux islamistes, où prospère aussi le Front national. Nul doute que se passer des «services» de puissances opulentes mais néfastes à la démocratie française impliquera des choix douloureux en matière économique…

Aurez-vous le courage de le dire aux Français, de désigner l’ennemi sous toutes ses facettes et surtout de mener cette guerre longue sur tous les fronts, y compris politique et économique ? Alors, et alors seulement, vous pourrez légitimement vous référer à Churchill ou à Clemenceau.

Par François Heilbronn, professeur associé à Sciences Po , Jacky Mamou, médecin, président du collectif Urgence Darfou , Jean-Michel Boisset, journaliste et Sérénade Chafik, militante féministe, co-porte-parole de l’association les Dorine

Paris sur le site de Libération le 26 août 2016

18 juin 2016

18 JUIN

Classé dans : élection érection piège à con — eructeuse @ 6 h 24 min

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