Victoryne Moqkeuz Eructeuse

Inspiration expulsion

9 juin 2022

Céline Pina

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 28 min
Vous souvenez-vous d’Alban Gervaise ?
Si cela ne vous dit rien et que vous n’êtes pas journaliste, ne culpabilisez pas, c’est normal. Sa mort dramatique a été occultée. Il ne fallait pas déranger la campagne législative et la fausse sécurité que l’on essaie de vendre aux Français en leur faisant croire que le terrorisme de proximité a disparu.
Hélas, il n’en est rien. A Marseille, ce médecin de 41 ans a été égorgé devant ses deux enfants de 3 et 7 ans qu’il venait chercher à l’école.
Mais pardon, déjà dans ce bref exposé des faits je commets un impair : dans la novlangue médiatique on ne dit plus « égorgé », c’est trop connoté, on dit que des « coups de couteau lui ont été portés à la gorge », sinon cela fait trop penser à un crime d’islamiste. Or dans le microcosme parisien, si vous laissez penser cela, cela signifie que vous montrez du doigt la communauté musulmane et donc que vous êtes probablement raciste. Utiliser le terme « égorgé » commence déjà à faire de vous un personnage peu fréquentable. Pour éviter les amalgames il est donc très important de censurer le réel et de ne surtout pas s’en tenir aux faits. Et pour donner des gages il est de bon ton d’expliquer aussi que l’on censure pour de bonnes raisons : la communauté musulmane se sent persécutée et il serait dangereux pour la cohésion nationale de continuer à parler des égorgements de proximité qui n’ont jamais cessé.
Alors que le vote communautaire des musulmans est massif et que tous les politiques envient cette manne qui voit 70% de cette communauté voter en masse pour Jean-Luc Mélenchon sur la base d’un discours victimaire et anti-police, personne ne veut regarder certains faits en face. D’abord parce que cela gêne le racolage communautaire sur fond de discours mettant en cause les Français pour peu qu’ils aient la peau blanche en les accusant de racisme systémique. Ensuite parce que personne ne sait comment inverser la vapeur qui voit l’influence des représentations islamistes et gauchistes en mode decolonial gagner de plus en plus de terrains dans les banlieues. Celles-ci sont devenues le haut lieu de la reislamisation par les salafistes et les frères musulmans des Français de confession musulmane. Les votes massifs que cela génère effraient et attisent la convoitise de politiques qui ne comprennent pas que cette influence pourrait être combattue à condition qu’ils arrêtent de lécher les bottes de leaders communautaires pour porter haut nos idéaux civilisationnels. Faute d’en être capable, ils choisissent le déni du réel. C’est ainsi que la mort d’Alban Gervaise est reléguée au rang de fairs-divers.
Pourtant les faits mettent très mal à l’aise quand on sait que le motif terroriste n’a pas été retenu. L’égorgeur se nomme Mohammed. Âge de 24 ans, il aurait crié « Allah Akbar » en se jetant sur sa victime. Ce petit dealer aurait confié aux policiers avoir agi « au nom d’Allah » et tenait des propos confus après avoir commis son meurtre.
Un énième « déséquilibré » peut-être ? Pourtant l’homme n’a pas été hospitalisé en psychiatrie. Il n’est donc pour la justice ni fou ni terroriste. Or ce qui fait dire à la justice qu’il n’est pas terroriste est que la perquisition de son logement n’aurait pas révélé d’éléments suffisamment probants. Egorger un homme au nom d’Allah est donc selon la justice une attitude qui ne parle pas de la propagande islamiste qui infecte de plus en plus de cerveaux et a provoqué plus de 250 morts dans notre pays.
Bien sûr nul hommage n’a été rendu à ce jeune médecin. Le président de la République n’a pas reçu sa famille à l’Elysée. Pourtant sa mort parle d’une véritable menace, celle d’un séparatisme identitaire qui detruit la notion de dignité humaine et d’égalité des hommes.
Pour un homme sous influence islamiste, un non musulman ou un musulman éclairé ne sont pas vraiment des hommes. Les éliminer c’est faire plaisir à Dieu et retirer du monde un oppresseur ou un traître. On appelle cela le jihadisme d’atmosphère. L’histoire de l’assassin y fait réellement penser.
Ce que ne semble pas vouloir reconnaître ni le pouvoir ni trop de médias, c’est que ce jihadisme d’atmosphère ne concerne pas les théologiens ou les penseurs de l’islamisme. Il cible les frustrés et les voyous, le petit dealer et le squatteur de halls d’entrées. Il pousse au passage à l’acte les esprits faibles, tout ce qui fait la piétaille du terrorisme. On entend en effet souvent des analystes expliquer que certains voyous ne sauraient être des islamistes car ils ne sont pas assidus à la mosquée, qu’ils fument du shit ou ne connaissent pas grand chose au Coran. Ils oublient probablement que la plupart des croyants ne connaissent pas grand chose de leur propre religion, mais surtout ils ne connaissent pas la construction mentale qui fait des petits voyous, des proies d’excellence pour les islamistes. Ceux-ci souvent sont tellement déstructurés qu’ils ne peuvent se soumettre à la discipline de la Charia. Ils ont déjà du mal à se lever le matin même quand ils décrochent un boulot… Du coup il existe une voie accélérée pour gagner son paradis et même l’offrir à ceux que l’on aime : le meurtre qui plaît à Dieu. Celui des kouffars, des croyants d’une autre religion ou des musulmans qui refusent l’intégrisme et l’islam politique.
Ces représentations peuvent sembler délirantes et archaïques, mais elles sont le fond d’écran mental de bien des terroristes. Les écoutes des échanges en prison entre la mère et le frère de Mohamed Merah offrent un exemple édifiant de la force de ces représentations et de la mentalité des personnes sous emprise islamiste.
Le déni entraînant la censure, ce sont les victimes qui deviennent alors dérangeantes, autant les effacer du tableau. Cela ne change rien à la menace, mais cela permet au gouvernement de continuer à la minimiser et donc de l’ignorer.
Aujourd’hui a lieu l’inhumation d’Alban Gervaise et je voulais lui rendre hommage, lui dire que tout le monde ne cautionnait pas le déni dont sa mort est entourée, qu’il méritait l’hommage de la Nation et que nul n’avait le droit de lui voler sa vie. Je pense à ses enfants et à sa femme. Je pense aussi à ce gouvernement et à certains élus dont le déni nous expose en tant que peuple mais leur permet d’occuper indûment des places et des postes qu’ils détournent à leur seul profit.
Sans doute ne pouvait-on pas prévoir ce qui allait arriver à ce jeune médecin, de là à occulter sa mort parce qu’elle dérange le clientélisme électoral et le racolage communautariste, il y avait un pas. Il a été franchi.

17 avril 2022

JULIA DE FUNES

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 4 h 16 min
« Nombreux sont désormais ceux qui annoncent avec grandiloquence, la mine satisfaite et «en conscience», disent-ils, qu’ils voteront pour Emmanuel Macron. Ce sont des gens bien, du bon côté de la vie, et il s’agit d’en faire part au monde entier dans un lyrisme unanime et un entrain grégaire. Fini le secret de l’isoloir et l’enveloppe opaque, c’est ouvertement que certains affichent publiquement leur intention de vote dont on se passerait bien.
On a le sentiment qu’il ne s’agit pas seulement de partager une opinion personnelle (qui n’intéresse qu’eux-mêmes), mais de se grandir moralement au point de se hisser directeurs de conscience et maîtres dans l’exercice désormais habituel d’exhortation. Ces généreux prédicateurs de vertu se voient soudainement investis d’une nouvelle mission: vanter les bienfaits, non plus de la vaccination, mais d’une certaine intention de vote. Penser juste revient à penser bien. Penser bien revient à penser comme eux.
À entendre leurs sermons, ils perçoivent comme une bravoure individuelle le fait de révéler des secrets de polichinelle: un parti extrême serait (ô stupeur!) une menace pour la démocratie! La sortie de l’Europe une faillite pour notre pays! Le racisme et le rétrécissement identitaire dont le RN leur semble être (à tort ou à raison) le catalyseur font de ce dernier l’ennemi et non plus seulement l’adversaire contre lequel on se doit de lutter héroïquement. Car ce n’est pas sans effet de manches, mais avec emphase et affectation, que ces bienfaiteurs prennent des postures de matamores en voulant donner l’impression d’un courage inégalable contre de terribles oppresseurs à abattre. Alors nos combattants en toc ne disent plus Marine Le Pen (trop familier) mais «la candidate de l’extrême droite» (plus effrayant), postent des tweets et jouent à se faire peur derrière leur écran en s’alliant sur les ondes pour faire front. Mais ces déclamations chevaleresques, sur fond de récupération morale, me semblent vaines et inopérantes pour plusieurs raisons.
La première, c’est que le souffle de ce front anti-RN sent le remugle des années 1980 face à Jean-Marie Le Pen. Bien que le RN soit un parti républicain, la nazification de l’extrême droite reste un réflexe, au risque d’amoindrir dans les mémoires la spécificité de l’abomination hitlérienne. Je comprends la facilité à fouiller dans les poubelles de l’histoire, mais elle est le signe d’une pauvreté, celle de l’esprit incapable de penser le nouveau, l’événement, le présent. Plus le monde devient complexe et plus les esprits pauvres en lucidité mais riches en moralisation se cramponnent aux époques où il y avait d’un côté le mal, de l’autre le bien.
Deuxièmement, c’est ignorer que la morale n’a pas d’effet véritable sur les consciences. Si l’on se contentait de voir le bien pour le faire, l’histoire serait plus radieuse et l’éducation plus aisée. S’il suffisait de comprendre que fumer n’est pas bon pour la santé, il y aurait nettement moins de fumeurs et de cancers du poumon. Allez dire à un alcoolique ou un drogué d’arrêter son addiction avec les meilleures raisons du monde, vous n’y parviendrez pas. Seul un désir peut en contrer un autre, de sorte que le match raison versus passion se termine généralement mal pour la rationalité souvent perdante. La raison ne fait pas l’action, elle combine, évalue, relie, mais ne fait jamais passer à l’acte. La raison «réfute sans convaincre, ou convainc sans persuader ni entraîner, ni convertir, semblable à ces prédicateurs éloquents qui nous font changer d’opinions mais non pas de conduite», disait Jankélévitch.
Troisièmement, utiliser des arguments rationnels pour convaincre du «bon» vote revient à se tromper de dispositif. La raison ne permet pas de connaître le bien et le mal mais le vrai et le faux. Aussi n’est-il pas «contraire à la raison de préférer la destruction du monde entier à l’égratignure de son doigt» (Hume) .
Un acte libre, comme l’est un choix électoral, suppose de se laisser déterminer par sa propre volonté. C’est pourquoi, lorsqu’on est attaché à la liberté démocratique, dont liberté-autonomie-responsabilité demeure le triptyque dont se réclament pourtant ces prédicateurs souvent libéraux, on respecte la liberté de conscience et de décision. Or les sermonneurs du bien appellent désormais danger, bêtise ou ignorance un choix qui n’irait pas dans leur sens. «Approuve ce que je te dis d’approuver, car je sais mieux que toi où se situe le bien» semble être leur credo aussi prétentieux, intolérant, qu’inopérant. Non seulement la rationalisation du bien n’influe pas sur une conviction intime, mais la moralisation de la vie politique outrepasse le respect de la liberté de décision et de conscience dont le précepte serait plutôt: «Dilige, et quod vis fac» (saint Augustin: «Aime et fais ce que tu veux»). »

20 mars 2022

Céline Pina

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 20 h 27 min
Il aura suffit de 36 secondes. 36 secondes pour que l’islamiste Merah tue Jonathan, Arié et Gabriel Sander et abatte à bout touchant la petite Myriam Monsénégo. 36 secondes pour semer la mort dans une école et abattre des enfants simplement parce qu’ils étaient juif. Si peu de temps et tellement de choses irréversibles.
A ce moment-là on a voulu croire que Merah était un monstre, un loup solitaire, une anomalie. Peut-être parce que ce qu’il avait fait était tellement horrible, tellement inenvisageable que miser sur la monstruosité c’était espérer qu’une telle horreur n’arriverait qu’une fois, c’était conjurer le sort. C’est peut-être la seule façon de comprendre notre aveuglement collectif et surtout notre absence de réaction.
La suite nous aura prouvé que l’aveuglement n’est pas une protection et que l’on ne protège personne en fermant les yeux sur l’horreur. Et surtout que Mohamed Merah n’était pas un cas isolé mais le produit d’une idéologie, l’islamisme. Une idéologie dont l’influence sur l’Islam était à la fois importante et croissante et fabriquait ce type d’assassin.
Depuis ?
Depuis le sang n’a cessé de couler, de Paris à Nice, de Saint Etienne-du-Rouvray à Magnanville, Carcassonne, Trèbes, Conflans-Sainte-Honorine… La liste n’a cessé de s’allonger. La France est devenue terre de jihad et les massacres se sont accumulés. Et ce n’est pas un hasard. L’Europe est une cible et les gouvernements n’ont toujours pas pris la mesure de ce que cela implique.
Aujourd’hui encore, en pleine élection, certains partis font des appels du pied aux islamistes et reprennent leurs éléments de langage pour défendre le port du voile, faire croire à une persécution des musulmans sur notre sol, parler de racisme systématique et relayer la thématique de « l’islamophobie ». EELV et LFI sont à la pointe de ce mauvais combat, mais les Législatives qui s’annoncent devraient multiplier les appels du pied au clientélisme islamiste.
Aucun gouvernement n’a voulu regarder en face le lien entre islamisme et jihadisme et à chaque fois que cette idéologie teste notre capacité de réaction, c’est la faiblesse qu’elle rencontre. Comme dans le sport où le port du voile tente de s’imposer en compétition sans susciter autre chose que le déni.
Pire encore, beaucoup de ceux qui combattent l’islamisme sont menacés, une partie doit vivre sous protection, une jeune fille, Mila n’a aujourd’hui plus de vie et doit se cacher tandis que ses persécuteurs paradent, un enseignant Samuel Paty a été décapité et de plus en plus de professeurs se censurent.
Aujourd’hui ceux qui nous dirigent n’ont toujours pas pris la mesure de ce que nous affrontons et le sang ne peut que couler à nouveau car l’influence des islamistes, en islam comme en France et en Europe, ne cesse de s’accentuer. Avec cette influence grandit encore leur potentiel politique, l’électoralisme les nourrit et augmente leur pouvoir d’emprise sur leur communauté.
L’horreur de Toulouse nous a montré que les loups solitaires n’existaient pas : la famille de Merah était une famille d’islamistes, la religion, l’inculture et la violence étaient leur terreau. Il a été radicalisé également parce que Toulouse était un foyer actif du jihadisme qui a formé et radicalisé nombre de futurs soldats de l’EI. Merah a été « accompagné » pour devenir ce monstre. Des enregistrements entre son frère et sa mère, captés dans la prison où le frère a été incarcéré, montrent que la mère est fière de ses fils, qu’assassiner des enfants est excusable puisqu’ils sont juifs et que pour elle, son fils est au paradis. Cet homme a évolué dans un imaginaire dont l’influence ne cesse de progresser. Il est représentatif d’un mouvement politico-religieux qui ne recule pas parce que seuls ces formes les plus criminelles sont combattues. L’idéologie qui l’alimente, elle, est protégée.
Je n’ai jamais oublié les enfants de l’école Ozar Hatorah. J’ai encore honte d’avoir attendu le massacre de Charlie pour ouvrir les yeux sur ce qui s’était passé à Toulouse même si je sais que cet aveuglement était collectif, il me tourmente encore. Je ne supporte toujours pas d’entendre le récit de ces 36 secondes qui ont suffit pour que la barbarie s’installe chez nous. Elle n’est toujours pas repartie.

12 février 2022

LA REVUE DES DEUX MONDES

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 10 h 40 min
   

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Revue des Deux Mondes – Quelle est votre définition de l’universalisme ?

Nathalie Heinich L’universalisme est une valeur qui concerne l’allocation des droits civiques : elle consiste à affirmer l’universalité des droits dont doivent bénéficier tous les citoyens, quelle que soit leur appartenance. Ce qui signifie le refus d’asseoir des droits spécifiques sur des différences de sexe, de religion, de couleur de peau, etc. : seule doit être prise en compte l’appartenance de principe à une commune citoyenneté, voire à une commune humanité s’agissant des droits de l’homme. C’est dire que, sous le régime de l’universalisme républicain qui est celui de la France depuis la Révolution, les citoyens n’ont de comptes à rendre qu’au collectif général et abstrait de la nation – la communauté des citoyens – de même que celle-ci ne connaît que des individus, et leurs représentants élus, et non pas des représentants de communautés.
 

« Il ne s’agit pas de [...] de sous-estimer la force des intérêts individuels mais d’encourager l’aspiration au bien commun. » le communautarisme

Cette option universaliste ne revient donc pas, comme le prétendent parfois ses détracteurs, à nier la réalité des affiliations à des collectifs (qu’ils soient géographiques, religieux, ethniques ou autres), mais à permettre aux citoyens de se référer à la fois, dans le contexte civique, à cette affiliation générale qu’est l’appartenance à une nation et, dans la vie ordinaire, à une pluralité d’affiliations : je dois pouvoir aussi vivre et me présenter comme citoyen français, ou comme chercheur, ou comme vélocipédiste, voire simplement comme être humain, indépendamment de mon sexe. Il ne s’agit pas de nier qu’il existe des différences mais de mettre en avant ce qui rassemble ; ni de renier des convictions religieuses mais de rester discret dans leur affichage lorsqu’elles risquent de séparer le sujet d’une partie de ses concitoyens ; ni de sous-estimer la force des intérêts individuels mais d’encourager l’aspiration au bien commun.

Revue des Deux Mondes – L’universalisme se porte mal. Quels sont ses principaux contempteurs aujourd’hui ? Et de quoi l’accuse-t-on ?

Nathalie Heinich Le paradoxe est que même les tenants de l’identitarisme, du communautarisme, du féminisme différentialiste (et de la cancel culture qui va avec, car c’est en parlant au nom de « communautés » dont ils se proclament les représentants que les nouveaux censeurs prétendent priver ceux qui ne pensent pas comme eux de leur liberté d’expression) se réclament de l’universalisme, mais sous condition : ils voudraient un universalisme « concret », « réel ». Ils ne font en cela que trahir leur incompréhension de ce qu’est l’universalisme, à savoir une valeur à faire advenir et non pas un fait, dont on pourrait démontrer l’existence ou l’inexistence.

C’est en raison de cette incompréhension, relevant du rabattement de l’idéal sur le réel, que les adversaires de l’universalisme critiquent son manque de réalité : il ne serait que « formel », limité à la question des droits mais incapable de conférer concrètement une « véritable » égalité, c’est-à-dire une égalité des conditions. Or ce n’est pas parce qu’une valeur n’est pas entièrement réalisée qu’elle est sans fondement ou qu’elle est récusable en tant que visée – d’autant plus que c’est elle qui peut guider le combat pour l’égalité des droits civiques et contre les discriminations. Cette critique relève donc de ce que j’ai nommé le « sophisme de l’irréalisme ».
 

« Une valeur n’a pas besoin d’être objectivement universelle pour être une visée méritant d’être universalisée – et d’ailleurs, si elle était déjà universelle elle n’aurait pas besoin d’être défendue. »

Une deuxième critique consiste à voir dans l’universalisme un point de vue « occidental », et donc passible du reproche de n’être qu’un héritage colonial. Mais là encore une valeur n’a pas besoin d’être objectivement universelle pour être une visée méritantd’être universalisée – et d’ailleurs, si elle était déjà universelle elle n’aurait pas besoin d’être défendue. Le fait qu’une valeur soit davantage réalisée dans une culture particulière ne la rend pas moins désirable, et ce n’est d’ailleurs pas un hasard si tant d’habitants de pays non occidentaux rêvent d’une démocratie universaliste, et si l’universalisme est régulièrement invoqué par les mouvements de libération, au nom de la justice. J’ai nommé cette critique « sophisme de l’ethnocentrisme ».

Une troisième critique, proche de la précédente, accuse l’universalisme de n’être qu’un communautarisme des « dominants », qui détourneraient à leur profit la revendication de commune appartenance à l’humanité. Mais cette relativisation de la notion d’universalité repose sur une grille de lecture communautariste, qui croit pouvoir opposer la réalité des affiliations collectives à une valeur s’appliquant à tous. Or le fait qu’une valeur soit portée prioritairement par un groupe n’enlève rien à sa capacité à être adoptée par d’autres. C’est donc là encore un sophisme : le « sophisme de la domination ».
 

« Au niveau de l’expérience vécue, l’universalisme ne refuse en rien les différences factuelles de culture, de religion, de couleur, etc. : il refuse simplement la revendication consistant à asseoir des droits particuliers sur ces différences. »

Enfin, on reproche aussi parfois à l’universalisme sa prétention à effacer la diversité, la pluralité des cultures, les différences, bref à vouloir rendre tous les hommes « semblables » au motif qu’il les voudrait « égaux » : c’est le « sophisme de l’uniformisation ». Or c’est attribuer à l’universalisme une extension qu’il n’a pas, car il ne prétend pas commander à toutes les dimensions de l’expérience humaine mais seulement à l’allocation des droits. Au niveau de l’expérience vécue, l’universalisme ne refuse en rien les différences factuelles de culture, de religion, de couleur, etc. : il refuse simplement la revendication consistant à asseoir des droits particuliers sur ces différences. C’est pourquoi les insignes religieux doivent être bannis dans les établissements scolaires, non pas pour rendre les enfants semblables mais pour les rendre égaux – ce qui est très différent (et aussi bien sûr pour les rendre libres en les soustrayant à l’imposition de normes religieuses qui altéreraient leur liberté de conscience).

Ainsi, en faisant à l’universalisme le procès de l’irréalisme, de l’ethnocentrisme, de la domination, de l’uniformisation, ses contempteurs ne font que trahir leur confusion quant à sa nature : l’ordre des valeurs n’est pas celui des faits, de même que l’ordre des droits alloués à tout un chacun n’est pas celui des pratiques effectives. [...] > ACCÉDER AU NUMÉRO

PROPOS RECUEILLIS PAR VALÉRIE TORANIAN

11 février 2022

Fatiha Boudjahlat

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 8 h 35 min

Fatiha Boudjahlat : «Les néo-féministes sont les idiotes utiles des indigénistes»

Par 

Publié le 27/10/2017 à 21:31
 FIGAROVOX/GRAND ENTRETIEN – Dans un premier livre salutaire, Le Grand détournement, Fatiha Boudjahlat montre comment les communautaristes de toutes obédiences ont dévoyé les idéaux du féminisme, de la tolérance ou de la République. En exclusivité, la jeune essayiste répond aux questions du FigaroVox

 Fatiha Boudjahlat est cofondatrice avec Céline Pina du mouvement Viv(r)e la République. Elle est aussi l’auteur de l’essai à paraître le 3 novembre aux éditions du Cerf: Féminisme, tolérance, culture: Le grand détournement

Le 8e numéro de “La Revue du crieur” dresse un portrait sans concession d’Elisabeth Badinter, l’accusant de faire la promotion d’ «un universalisme blanc pour le riches»?Que cela vous inspire-t-il?

Fatiha Boudjahlat: Je serai curieuse de voir la photo de la rédaction de ce média d’opinion. Je ne serais guère surprise d’y voir à l’œuvre des blancs refusant l’universalisme aux non blancs au nom d’une prétendue générosité pleine de misérabilisme et condescendance. Il me semble qu’Elisabeth Badinter défend des valeurs universelles avec la même exigence pour toutes et tous, quelque soit le revenu, et quelque soit l’épiderme. Je me sens plus respectée par elle en tant que son égale, que par des militants comme ceux de la Revue du Crieur qui dans les faits entérinent le fait que ce qui est bon pour eux, pour leurs sœurs, leurs femmes, leurs filles ne l’est pas pour moi.

Le féminisme est-il en train d’être dévoyé?

Sans aucun doute. Et c’est autant le résultat d’activistes politiques que d’universitaires dogmatiques. Quand Judith Butler explique que les femmes afghanes ne doivent pas se délester de leurs burqas grillagées, pour ne pas prêter leur concours à l’impérialisme américain, je vois une grande bourgeoise blanche américaine dans le confort de son bureau, qui livre pieds et poings liés ces femmes à leur sort. Ce nouveau féminisme racialiste combat le patriarcat blanc, mais valide son pendant oriental. Il se réduit alors à un combat pour que les femmes non-blanches, puisque l’ethnie est déterminante, puissent obtenir le maximum de ce qu’elles peuvent espérer dans les limites du cadre mental, culturel, juridique que les hommes de leur communauté religieuse auront fixées. Ce féminisme est parfaitement décrit par Houria Bouteldja quand elle écrit: «J’appartiens, à ma famille, à mon clan, à mon quartier, à ma race, à l’Algérie, à l’islam. J’appartiens à mon histoire et si Dieu veut, j’appartiendrai à ma descendance.» Elle écrivait avant: «Nous [les femmes] appartenons à notre communauté et nous l’assurons de notre loyauté.». En tant que femme et en tant que féministe, je n’appartiens à personne. C’est le B-A BA du féminisme. Celui-ci est détourné de façon à ce que les femmes non-blanches occupent la place que les hommes de la communauté leur assignent. Interrogeons nous sur cette indignation à géométrie variable. De tels propos tenus par des blancs feraient hurler ces féministes relativistes qui pourtant restent bien silencieuses quand ils sont tenus par des femmes non-blanches. Par respect de la diversité? Par grandeur d’âme? Par esprit de tolérance? Ou parce que trotte dans leurs esprits une conception misérabiliste du bon sauvage: «C’est comme cela que ces gens-là fonctionnent. C’est un passage obligé pour ces gens-là qui ne sont pas encore entrés dans la modernité.» Ce sont pourtant des femmes nées et scolarisées en France.

La cause des femmes est au cœur de l’actualité depuis l’affaire Weinstein et la polémique #BalanceTonPorc. Pourtant, la question de la violence qui touche les femmes dans certaines cités ainsi que celle de la pression exercée par l’islam est éludée du débat …

Il y a en effet un deux poids deux mesures. Ce féminisme dévoyé valorise les intérêts de la communauté religieuse, c’est-à-dire de ses leaders masculins aux dépens de la dignité des femmes. C’est ainsi que l’opposition de ces néoféministes à la pénalisation du harcèlement de rue s’entend: la souffrance des femmes est secondaire face au confort de ces hommes-là. La parole des femmes doit s’effacer devant l’impunité des hommes. Et les mêmes s’activent à balancer leurs porcs? Aussi longtemps et seulement si ceux-ci sont blancs? Toute religion a une structure patriarcale. C’est celle-ci qu’il faut combattre quand on se dit féministe. Quel que soit la religion. Mais avec les phénomènes de ghettoisation et la prime aux leaders les plus orthodoxes, c’est la forme la plus rétrograde de l’islam qui est valorisée. C’est une forme parmi d’autres. D’autres formes toutes aussi légitimes et authentiques existent.

Les twitteuses les plus intraitables sont aussi celles qui proposait pour régler la question du harcèlement de rue à la Chapelle «d’élargir les trottoirs» …

C’est une proposition aussi outrancière que celle qui a récemment fleuri dans la presse britannique et sur les réseaux sociaux proposant d’appliquer les commandements religieux juifs ou musulmans interdisant aux hommes de se retrouver seuls avec une femme dans une pièce. On externalise le contrôle des pulsions au BTP, en élargissant les trottoirs, au lieu de responsabiliser les hommes. Quelle différence avec les hommes qui justifient le viol par la tenue de leurs victimes? C’est aux ingénieurs de mieux concevoir la ville et les modalités de circulation. C’est aux femmes de ne pas se mettre en position d’être désirables. Quand donc allons nous exiger de ces hommes qu’ils s’empêchent? Qu’ils se contrôlent? Ces néo-féministes ont-elles suggéré d’élargir les couloirs de l’Assemblée après l’affaire Denis Baupin? D’élargir les chambres d’hôtels avec l’affaire Weinstein? Cela revient à dire que ce que l’on exige des hommes blancs ne peut être exigé des hommes non-blancs. Et que donc leur comportement est lié à leurs origines et non à leur volonté propre. C’est dans leurs mœurs? C’est plus fort qu’eux? Parce que c’est culturel? Qui est alors dans le racisme? Dans l’association d’un comportement avec une origine ethnique ou religieuse?

Dans votre livre, Le Grand détournement, vous écrivez que certaines féministes «trahissent la cause des femmes … orientales.» Que répondez-vous à celles qui présentent l’universalisme comme un impérialisme et rappellent, parfois à juste titre, que certaines femmes choisissent délibérément de se voiler?

L’universalisme ne consiste pas à exporter notre modèle de civilisation dans les autres pays. Il consiste d’abord à appliquer le Droit sur tout le territoire de la France. Nulle coutume, nulle norme religieuse, nulle tradition n’est supérieure aux lois qu’une Nation de citoyens éclairés s’est donnée.

Je récuse la vision qui consiste à faire des femmes voilées des victimes. C’est un choix, mais la liberté de se voiler n’exclut pas la notion de contrainte. Ainsi, pour le voile, on ne pourrait parler de choix libre que s’il y avait une équivalence morale entre les deux termes de l’alternative. Or celle-ci se résume à ce choix: la vertu avec le voile, le vice sans le voile. Ces femmes ne portent pas le voile sous la menace d’une arme, mais sous la contrainte intégrée du triptyque propre à tous les patriarcats: virginité, pudeur, modestie. Le fichu se fait fétiche de ces exigences masculines qui font toujours du corps de la femme le récipiendaire de l’honneur de la famille. Le féminisme est un combat politique pour l’émancipation individuelle et collective des femmes. Il n’y a pas de choix libre sans éducation au choix. Enfin, que dire du voilement des petites filles? Comme tous les enfants, elles veulent plaire et faire plaisir à leurs parents en se conformant à leurs attentes. Laquelle d’entre elles acceptera-t-elle de se dévoiler adolescente ou adulte et de provoquer la déception de ses parents?

La culpabilité de classe et de race des néo-féministes sert de levier à l’offensive universitaire, médiatique, associative des indigénistes.

Quelles sont les origines de ce féminisme différentialiste. Peut-on parler de rupture avec la tradition française et d’américanisation de la société française?

La matrice et le logiciel de ce féministe différentialiste sont indubitablement nord-américains et liés au multiculturalisme. Rappelons que la multiculturalité des sociétés est un fait empirique, que seuls les identitaires combattent et regrettent. Le multiculturalisme fait de cette réalité un facteur de partition et de différentiation du droit. Ce n’est en rien moderne. Sous Clovis la justice était rendue en fonction des lois propres de la tribu à laquelle le justiciable appartenait. La centralisation puis surtout l’installation de la République a mis en avant une Nation, c’est-à-dire une organisation politique du peuple basée sur la contractualisation réciproque de droits et de devoirs. Le modèle d’intégration à la Française est plus respectueux et généreux que ce modèle communautariste. Dans le premier, je forge mon opinion et je me rassemble avec les autres habitants. Dans le second, je suis sommée d’être dans la loyauté et l’hyperconformité vis-à-vis de ceux qui me ressemblent. Enfin, le libéralisme et le refus d’un Etat interventionniste interviennent aussi.

Quels sont les points communs entre ce néo-féminisme et le «néo-antiracisme indigéniste»?

Ils partagent la même vision racialisée des rapports sociaux. Ils ont le même ennemi: le mâle blanc occidental. Ils dénoncent la structure patriarcale de la République, mais s’accommodent fort bien voire célèbrent le patriarcat oriental. La culpabilité de classe et de race des néo-féministes sert de levier à l’offensive universitaire, médiatique, associative des indigénistes. Les deux courants idéologiques revendiquent une appartenance à la gauche, et pourtant les deux privilégient en toute circonstance l’hypothèse ethnique à l’analyse sociale de la lutte des classes. Ils portent une vision libertaire très libérale, qui vise à réduire la sphère d’intervention de l’Etat au bénéfice de la régulation sociale des leaders communautaires. Les premières sont les idiotes utiles, pardon les idiot.e.s utiles des seconds. Qui sont dans un racisme tout aussi révoltant que les identitaires.

Ces militants appellent cela «la convergence des luttes». Que signifie ce glissement intersectionnel?

Les indigénistes sont dans la même logique que les identitaires et les tenants du grand remplacement. Ils veulent grand-remplacer, à titre de dédommagement historique et ontologique quand les autres craignent d’être grand-remplacés. Dans les faits, la convergence des luttes favorise seulement le facteur ethnique. Vous êtes femme, noire, lesbienne. Cela fait partie de l’identité reçue. Et pourtant, c’est ce qui va commander votre mobilisation politique et vous donner de la valeur: vous comptez pour ce que vous êtes, et ce que vous êtes commande ce que vous pensez. A la fin, c’est toujours la couleur de peau qui est déterminante. C’est le règne de l’AOC-AOP appliqué aux humains, la partition raciale de l’espace revendiquée dans les espaces de non-mixité va de pair avec une traçabilité ethnique de ses occupants. Ce qui permet de voir les indigénistes et les islamistes dont l’orthodoxie condamne et l’homosexualité et les homosexuels, devenir des compagnons de manifestations de militants homosexuels adeptes de l’intersectionnalité.

L’expression outrancière de « nègre de maison » devient l’acceptable concept de « native informant ». Mais le sens est le même.

Celle-ci relève du verbiage et de l’ingénierie sémantique qui conduit surtout à détruire toute notion d’intérêt général et toute réalité d’un corps politique national et populaire. La communauté d’assignation et ses intérêts prévalent. Et ce logiciel conduit à valider une terminologie raciste en la parant d’un vernis universitaire. L’expression outrancière de «nègre de maison» devient l’acceptable concept de «native informant». Mais le sens est le même: si vous ne pensez pas comme votre épiderme et vos intérêts de «race» commandent de penser, vous êtes un traître. Le plus cocasse apparait quand des bourgeois-pénitents blancs multi privilégiés somment une femme «racisée» comme moi de penser comme eux décident qu’il est bon et juste de penser: ils sont dans la parole blanche experte, même quand ils prétendent la dénoncer. S’ils étaient cohérents, je pense qu’ils devraient s’autodétruire ou être atteints de combustion spontanée.

Le grand détournement débute par une référence à la novlangue d’Orwell et se présente comme une réflexion sur le sens des mots. Quels sont les mots qui sont détournés aujourd’hui? Certains mots, comme le mot République», ne sont-ils pas tout simplement épuisés à force d’être vidés de leur sens?

Les mots de tolérance, de culture, de féminisme ont été détournés de leur sens politique universel pour devenir des facteurs et des prétextes à la partition ethnique. Mais c’est vrai: nous sommes épuisés. Les offensives sont multiples. Et efficaces. Et à grande échelle. Les mots, eux, ne le sont pas, épuisés. Ils n’existent que par nous, que par nos ambitions, que par nos exigences. Il faut vraiment s’être juste donné la peine de naître pour renoncer à voir dans la République ce qu’elle est: une promesse de l’aube de plus en plus ténue mais aussi sans cesse à tenir, qui nous oblige. Ce n’est pas un état de béatitude. C’est un horizon commun. Son modus vivendi est moins le patriotisme que le compatriotisme, qui consiste à reconnaître à l’autre la qualité de compatriote et de cosouverain, c’est-à-dire notre égal en droits et en devoirs, et dont la nation nous rend responsable. L’empathie ne repose pas alors sur la ressemblance physique, épidermique, patronymique: c’est l’identification à des valeurs, à un patrimoine qui créent cette communauté nationale. C’est un effort en effet. Qui fait de nous des citoyens cosouverains, et non des consommateurs.

Vous vous présentez comme une militante de la laïcité. Ce concept est-il compatible avec celui d’héritage? Pour le dire autrement, peut-on vraiment mettre en France sur le même plan l’islam et le christianisme?

Je défends la laïcité comme modus vivendi du pacte républicain. Mais je ne la fétichise pas. Elle a été réduite à une loi, celle de 1905. Comme toutes les lois, l’interprétation de celle-ci est évolutive. L’actuel Observatoire de la laïcité privilégie une lecture minimaliste. Je la récuse et ne suis pas moins légitime qu’eux dans la vision que j’en ai.

La laïcité peut s’entendre comme principe, plus haute norme juridique depuis les constitutions de 1946 et de 1958. Elle peut aussi s’entendre comme valeur, c’est-à-dire comme idéal moral. Elle ne contredit en rien la notion d’héritage ou de filiation historique. Il y a des jours fériés chrétiens qui profitent à toutes et à tous. Mais la loi prévoit aussi des absences aux examens pour les grandes fêtes religieuses des autres cultes. L’idéal moral n’interdit pas le pragmatisme ni la prise en compte de la réalité multiculturelle de la France. On a le droit d’être croyant et pratiquant en France. On a le droit d’être dans l’orthodoxie. Et même dans la radicalité. Mais le Droit prime au final.

Avec une grande hypocrisie qu’il faut dénoncer : les mêmes qui crient au nationalisme mortifère quand il s’agit de la France, le célèbrent quand il concerne le pays d’origine.

Mettre sur le même plan l’islam et la chrétienté serait une erreur historique, mais l’un et l’autre ont toute leur place en France. Factuellement il y a une antériorité chrétienne en France. Mais je ne m’égare pas dans la botanique, les souches sont pour moi des arbres morts. Rester dans le registre politique et historique est plus pertinent que de basculer dans celui de l’horticulture, qui sert ici à naturaliser l’identité. La prise en compte de cette antériorité ne fait pas de toutes et de tous les Français des chrétiens. Par la laïcité et les vertus républicaines d’une nation, par cette filiation politique, étanche à toute considération ethnique et biologique, souhaitée par les identitaires de l’extrême droite et des indigénistes de l’extrême gauche, nous embrassons cet héritage pour ce qu’il est: le signe que le monde existait avant nous, et que l’histoire ne commence pas avec nos revendications individuelles ou communautaires. C’est aussi le gage de notre liberté. Comme l’écrivait Rabaut Saint-Etienne: «On s’appuie sur l’histoire ; mais l’histoire n’est pas notre code.» Assumer cette histoire ne revient pas à la cautionner dans son intégralité, ni à vouloir la perpétuer.

«De culture arabo-musulmane, je n’ai jamais vu les compatriotes comme des ennemis héréditaires. Je n’ ai pas grandi dans cette haine des autres et dans cette culture des miens. Mon pays est la France», écrivez-vous. Comment expliquez-vous la détestation que voue une partie de la jeunesse à la France?

Pour la majorité des descendants d’immigrés, c’est une détestation de façade. Leurs parents, enfants d’immigrés de la première génération ont tendance à entretenir leurs enfants dans un conflit de loyauté: le bled ou la France. Il suffit de discuter avec eux en évacuant toute sommation et toute alternative, pour qu’ils reconnaissent très vite qu’ils sont heureux de vivre en France. Heureux d’aller en vacances au bled, avec un pouvoir d’achat européen et le statut de touriste, mais heureux de vivre en France. Il faut faire verbaliser cet attachement à la France, sans quoi celle-ci apparait comme un guichet de prestations. Ce qui se traduit par un ultra-consumérisme antinomique avec l’identité de citoyens. L’attachement au pays s’apprend s’il s’enseigne. Avec une grande hypocrisie qu’il faut dénoncer: les mêmes qui crient au nationalisme mortifère quand il s’agit de la France, le célèbrent quand il concerne le pays d’origine.

Restons dans le registre politique: La haine de la France est d’abord la haine de la République. Elle existe et motive les gauchistes multiprivilégiés, les indigénistes et les islamistes, parce qu’elle les prive de leur ascendant sur la communauté. Ce sont des promoteurs de haine. Et la haine s’enseigne très bien. Ils restent en France, tout en la conspuant. Les frontières sont pourtant ouvertes. C’est bien le régime politique et ses valeurs d’émancipation de fraternité nationale qui sont leur cible. L’Etat doit cesser d’organiser son impuissance au nom d’une prétendue culpabilité. Je ne reproche pas aux Français d’ici et de maintenant ce qu’ils ont fait aux parents de mes parents durant la guerre d’Algérie. Et je ne reproche pas aux Arabes d’ici et de maintenant la traite négrière, plus longue et plus importante que la traite occidentale. Et enfin, j’invite les bourgeois multiprivilégiés à cesser de profiter de leurs privilèges médiatiques et politiques, tout en se berçant de la chaleur réconfortante de la pénitence. Ils ne servent que leurs intérêts de classe.

30 janvier 2022

Céline Pina

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 18 h 47 min

FRONTPOPULAIRE

Nation
Melenchon
Mélenchon chez Hanouna, un suicide politique en direct

OPINION. C’était jeudi 27 janvier, en direct sur C8, sur le plateau de Cyril Hanouna dans « Face à Baba ». Candidat de la soirée, Jean-Luc Mélenchon regrette aujourd’hui sa participation et dit avoir été « lésé ». Pour Céline Pina, qui a regardé l’émission, le leader de la France insoumise s’est lésé tout seul.

Le suicide politique en direct de Jean-Luc Mélenchon
Les choses avaient pourtant bien commencé pour le candidat Mélenchon, Cyril Hanouna a en effet accueilli son invité avec une pluie de remerciements et de flatteries, le caressant dans le sens de l’ego en lui affirmant qu’il aurait dû aller au second tour de la Présidentielle. Alors que le leader de la France insoumise ronronne comme un gros chat que l’on gratte sous le menton, la suite de la soirée va être une véritable descente aux enfers. Une descente dont il aura construit l’escalier et ciré lui-même les marches.
Cela commence dès le premier adversaire qui va lui être opposé. Eric Zemmour, puisqu’il s’agit du seul qui ait accepté de débattre avec lui, va d’emblée être considéré par le leader de la France insoumise non comme un débatteur mais comme un homme à abattre. Incapable de sortir de la rhétorique de l’ennemi qui nie l’humanité de la personne en face pour en faire une simple cible, la première partie de la séquence va donner l’impression de se retrouver dans une cour d’école. On en est encore à se demander comment Jean-Luc Mélenchon n’a pas fini en tirant la langue à son adversaire vu qu’il ne nous aura épargné aucune insulte jusqu’à finir par entonner des gnagnagna ou par faire des gestes invitant l’autre à fermer son clapet, faute d’arguments. On a assisté à la prestation d’un gamin mal élevé, préférant la censure par la violence verbale plutôt que l’argumentation éclairée. Cela commence dès le début avec un « j’ai bien l’intention de vous hacher menu », manière de faire redescendre le débat au niveau du combat de coq. Jean-Luc Mélenchon s’en prend alors aussitôt à la personne de son contradicteur, dressant une liste d’accusations infamantes, Eric Zemmour a beau jeu de lui reprocher de sortir « la cage aux phobes », le ton est donné et durera tout l’échange. Un échange d’un total inintérêt, les vociférations et les provocations de Jean-Luc Mélenchon et la hausse du ton que cela entraîne chez son interlocuteur rendant tout dialogue à la fois impossible et inaudible.
Visage déformé par l’aigreur, menton et doigt accusateur, crise de rage qui dégénère en voix de fausset, incapacité à ne pas couper en permanence la parole, la première heure de ce débat est pénible à écouter tant l’agressivité du leader de la France insoumise est difficile à gérer. En face, Eric Zemmour réussit à garder son calme, voire au moment du débat sur les retraites à acquiescer à certains arguments de son adversaire. Ce que Jean-Luc Mélenchon, à sa hargne tout entier attelé, est incapable de faire. Le débat ne vole pas très haut entre un candidat de la gauche qui défend les islamistes en les appelant musulmans et nie la réalité de l’emprise de l’islam politique et un Eric Zemmour qui a du mal à en placer une et se retrouve acculé en position défensive. Pendant tout cet échange, c’est la bave symbolique aux lèvres que le candidat des insoumis va se livrer à des attaques de plus en plus basses. Il insulte ou rabaisse son adversaire, lui dénie la qualité de Français, va l’appeler « mon p’tit gars », « mon bonhomme », « ce type », le « traîne-patin de la réaction » pour finir par le traiter de « chien », lui ordonner de « rentrer à la niche ». Le plus drôle reste le réquisitoire qu’il dresse à la fin « vous êtes grossier, vulgaire, vous détestez tout le monde », Le problème c’est que celui qui a le mieux illustré cette sentence sans appel, c’est lui bien plus que son contradicteur.
La suite, qui voit intervenir un soutien de Valérie Pécresse, Charles Consigny, un militant de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, Aymeric Caron, Eugénie Bastié, Sophia Chouviat et Annick Landurain, policier de la bac 93, ne va pas élever le débat. La volonté de Jean-Luc Mélenchon d’écraser son adversaire, de lui ôter toute légitimité et de lui fermer la bouche va continuer à se retourner contre lui. La violence gestuelle et verbale dont il a fait preuve dans la séquence contre Eric Zemmour a marqué tous les invités présents sur le plateau et le candidat s’est déjà déconsidéré. Le problème est qu’il a amené sa claque avec lui. C’est de bonne guerre mais cela peut avoir un effet pervers : vous faire oublier que le plus important n’est pas de séduire la quinzaine de militants aveuglés par leur allégeance qui applaudira à vos plus piètres prestations, mais de montrer aux centaines de milliers de personnes qui regardent l’émission que vous êtes dignes d’accéder à la fonction suprême. Or Jean-Luc Mélenchon va s’enivrer des applaudissements de ses supporters, et continuer à s’enfoncer dans une attitude qui souligne son inadaptation à toute fonction nécessitant un peu de maîtrise de soi et de respect de l’autre.
Bien sûr avec Aymeric Caron venu lui cirer les chaussures, l’échange sera moins tendu. L’ancien journaliste et récent soutien de la candidature Mélenchon explique son ralliement en faisant l’hagiographie de l’homme et de sa hauteur de vue. Le problème c’est que ce qu’il dit est en total opposition avec l’attitude de son leader qui n’a eu de cesse de montrer sa face sombre. Même en face de Sophia Chouviat, dont l’histoire dramatique amène enfin un peu de calme sur le plateau, il finira en hurlant que le père de la jeune femme a été assassiné, mettant en cause la police sans guère de recul. Passé en mode « j’accuse », c’est une fois de plus les yeux exorbités qu’il terminera la séquence. C’est comme si Jean-Luc Mélenchon ne pouvait s’extraire du personnage vociférant qui s’est emparé de lui et qui va donner sa pleine puissance dans la séquence la plus choquante de cette émission, celle où il se retrouve en face d’un policier de la BAC.
On ne peut qu’être admiratif de la tenue dont fera preuve le policier, Yannick Landurain pourtant mis en cause personnellement par Jean-Luc Mélenchon, lequel finira par se ridiculiser totalement, expliquant que la police républicaine doit être une police non armée, ne maitrisant aucune technique de défense ou de contention puisque le respect qu’elle devrait inspirer devrait naturellement désarmer les délinquants. Lors de cet échange plus que tendu on voit un Jean-Luc Mélenchon incapable de la moindre courtoisie alors que le policier qui lui fait face refuse d’être dans la caricature et montre des points d’accord avec le leader de la France insoumise, sur la question de la formation notamment ou sur la politique de maintien de l’ordre. Pourtant il sera mis en cause personnellement et accusé sur le plateau de bavure par un candidat déchaîné, à la limite de l’hystérie. Il faut le voir, le visage déformé par l’aigreur, glapissant que la police est aux ordres et qu’ils ont tous à obéir, devant un policier qui lui dit que oui, il obéira aux politiques car justement il est républicain. Or juste après cet épisode qui ne grandit pas le candidat de la France insoumise, la façon dont va lui répondre le policier, pourtant violemment et personnellement pris à partie, va donner toute la mesure de la différence qu’il y a entre un homme qui sait se tenir et un autre qui s’exonère de toute obligation envers ses semblables. En effet, après que Jean-Luc Mélenchon ait traîné dans la boue la police et après qu’il menace le policier de le révoquer et de lancer une enquête contre lui, quand la parole est redonnée à Yannick Landurain, celui-ci préfère réagir sur le fond au sujet de la politique de maintien de l’ordre, au lieu de répondre à l’humiliation qu’a tenté de lui infliger Jean-Luc Mélenchon en essayant de le salir publiquement. On voit là toute la différence entre un homme qui se contrôle et un autre dominé par sa violence et son cerveau reptilien. Le problème est que celui qui aspire à nous diriger est celui qui vient de montrer qu’il est incapable de se contrôler et de respecter une autre opinion et une autre expression que la sienne. J’ai éteint mon téléviseur après cet échange parce que tout était dit. Se servir de toute la puissance de son pouvoir pour menacer un simple citoyen n’est pas acceptable en démocratie, c’est l’attitude d’un homme qui confond pouvoir d’agir et volonté de bâillonner autrui, un homme qui n’a pas peur d’abuser de ses avantages pour imposer ses obsessions.
Suite à cette émission dont les retombées ont été très négatives, Jean-Luc Mélenchon a trouvé encore le moyen de se victimiser et de se donner des coups d’encensoir dans le même temps. Il aurait été piégé par l’émission et son format, mais aurait su tenir bon face à l’adversité. Sauf que c’est faux, l’homme a simplement donné à voir ce qu’il est dans le fond. Un petit chef hargneux, mesquin et agressif, un homme dominé par sa propre violence au point que celle-ci déforme son visage ou le recouvre d’un masque d’aigreur. Jean-Luc Mélenchon n’a pas été piégé, il s’est trahi lui-même et a révélé ce qu’il est. Si son véritable visage s’est avéré un repoussoir, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

23 janvier 2022

REMI RICHELET

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 10 h 55 min
Où l’on parle de fraternité.
Quelques jours après le terrible attentat islamique de Trèbes, nous sommes dans l’attente d’une prise de parole sur l’islamisme souterrain, de l’Hydre islamiste, ennemi insidieux de la France. En fait nous sommes habitué à attendre, comme le discours sur la vision de la laïcité de Macron.
Bon le réformateur réformiste,ou le contraire, pense que cet islamisme la est invisible. Bien caché dans l’ombre des mouvements sociaux ,dans les souterrains des universités ou derrière les panneaux d’information de la SNCF. Peut être même dans une cave d’un quartier de banlieue!
Mais….non! Il est là sous nos yeux, sur internet, partout, chez act’up où les indigènistes viennent de prendre le pouvoir, sous les drapeaux palestiniens qui se baladent dans les manifs syndicales . Bon ça c’est l’islamisme rampant!
A force de chercher petit, on ne voit plus le gros! Et pourtant, l’Hydre est bien visible. Le weekend , il réunit ces têtes et ses enfants dans une magnifique démonstration , la grande fraternité des musulmans faisait son gala avec tout ce qu’il faut de matériel pour équiper le militant en uniformes de travail.
Y compris pour les enfants de militants, les femmes de militants. Matériels spirituels, idéologiques, méthodes de visibilité, de non mixité, capes d’invisibilité pour les dames, qamis en lin bio , ours en peluche sans œil, poupées qui débitent de la sourate, livres en tout genre anti républicain, propalestine, antisioniste, et ouvrages validant l’islamophobie d’état.
Le problème de l’Hydre , c est si on coupe pas les têtes ensemble, elles repoussent. Alors moi ,militant laïque, je pose la question suivante:
 » Comment une association peut constater tranquillement que l’islamisme rampant prend la forme d’un hydre dans le rassemblement annuel des musulmans de France ,alors que l’état cherche encore? »
Ne me dites pas que c’est la faute des grèves ! C est la 35eme édition de la chose ! Et la plus aboutie … La cause des attentats ,c est pas la kalachnikov, c’est ce genre de réunion où l’on prêche la séparation d’avec le monde où porter l’uniforme est déjà un radicalisme, où l’on sait que des enfants au nom des libertés vont être parés des attributs de l’allégeance aux frères, ou même un nounours te parle d’essentialisme et d’impérialisme.
Dans ce pays où tu peux avoir les services sociaux pour une baffe à ton enfant, tu peux acheter une poupée qui te bourre le crâne.Dans ce pays construit autour de la fraternité on peut acheter des livres qui expliquent que la seule fraternité est musulmane. Des livres où on explique comment corriger ta femme, et pourquoi il faut le faire. En fait l’Hydre est là et fait des petits, des têtes à couper plus tard, bien plus tard…quand les trains arriverons à l’heure!
Mais la fraternité, c est aussi de soutenir le mari volage, représentant le « dhjiadiste sur soi » , à qui on présente son allégeance en guise de bouquet final sur scène et sous vos applaudissements. Le frère des frères, le prophète emprisonné, porteur de virilité et modèle intellectuel autocrée du musulman moderne, visible et dresseur d’hydre. Frère Tariq on pense à toi!
Alors que le gouvernement affûte des épées en carton pour combattre le dragon à 7 têtes, le monstre essaime aux sus et aux vues de tous. Le cimeterre du « dhjiadiste sur soi » ,étincelant de morgue, lui est visible et déjà en action. Quand on pense qu’une simple ballade associative permet de prendre la mesure, on se demande vraiment ce que fait Macron au Touquet un weekend de Pâques ensoleillé.

25 novembre 2021

LE PRINTEMPS REPUBLICAIN PORTE PLAINTE CONTRE MELENCHON

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 9 h 57 min

Le Printemps Républicain, mouvement politique visant à combattre l’islamisme et à défendre la laïcité, a annoncé avoir déposé plainte contre Jean-Luc Mélenchon. En cause : une déclaration du président de la France insoumise selon laquelle ce groupe est un rassemblement de « fanatiques anti-musulmans ». Une déclaration « fausse, [..] qui vise à poser une cible sur nos membres », explique le communiqué de presse du mouvement.

C’est un duel qui s’annonce explosif. Le Printemps Républicain, mouvement politique créé dans la foulée des attentats de 2015 et engagé « dans la lutte contre l’islamisme et l’extrême droite » et pour la laïcité en France, a annoncé, dans un communiqué de presse diffusé mercredi 24 novembre, avoir déposé plainte contre Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise (LFI). Le Printemps Républicain et son président, Amine El Khatmi lui reprochent d’avoir qualifié les membres de ce mouvement de « fanatiques anti-musulmans » dans un entretien accordé au magazine La Vie, le 18 novembre dernier.

« Nous n’entretenons pas de confusion entre l’islam politique et les Musulmans : nous combattons l’islamisme mais non pas l’Islam, nous luttons contre les islamistes et non pas contre les musulmans », se défend le Printemps Républicain, qui estime qu’avec une telle déclaration, le patron de la France Insoumise place « une cible » sur le dos de ses militants.

« Une cible dans le dos »

Dans l’entretien litigieux, le président de la France insoumise s’est, en effet, vivement attaqué au Printemps Républicain, allant jusqu’à estimer que ce mouvement représentait un danger pour la France. « Les fanatiques antimusulmans comme le « Printemps républicain » sont en train de détruire ce pays. [..] Il y a un danger séparatiste à montrer du doigt une religion. On l’a fait par le passé avec les Juifs et les Protestants au prix de tant de cruautés. L’ambiance actuelle est odieuse », avait-il fustigé.

« Cette déclaration n’est pas seulement fausse et susceptible de caractériser un délit pénal, elle est surtout dangereuse car elle vise à poser une cible sur les membres du Printemps Républicain ; à les désigner à la haine et à la violence », indique le communiqué. Le Printemps Républicain dresse un parallèle avec les attaques dont ont été victimes Charlie Hebdo et Samuel Paty avant qu’ils ne soient victimes d’attentats.

Le mouvement regrette, par ailleurs, l’évolution politique de Jean-Luc Mélenchon sur la laïcité : « Jadis universaliste et laïque, défenseur de l’esprit Charlie – au point de prononcer l’éloge funèbre de Charb –, Jean-Luc Mélenchon se retrouve aujourd’hui à ânonner les éléments de langage des islamistes, à manifester contre l’islamophobie dans le CCIF et d’activistes décoloniaux », attaque le texte. Et de poursuivre : « Parce que nous n’acceptons pas qu’un leader politique nous insulte et désigne nos militants comme des cibles à abattre, des fanatiques anti-musulmans avec qui il devient alors impossible de vivre en commun, nous déposons plainte contre Jean-Luc Mélenchon. »

18 novembre 2021

Tiens tiens ! Des faits encore qui me font les appeler : les merdiachiasses !

Classé dans : l'empalement médiatique — eructeuse @ 8 h 29 min
Analyses
Zemmour
Zemmour face à l’univers médiatique

OPINION. Si certains croyaient le clivage gauche/droite obsolète, la partialité avec laquelle les médias traitent Éric Zemmour prouve au contraire qu’il est encore d’actualité.

Sur le plateau de France 2, Laurent Ruquier et Léa Salamé avaient clairement fait savoir à Éric Zemmour qu’il n’était pas le bienvenu. D’un air goguenard et lisant entre les lignes de manière excessive, Laurent Ruquier se moquait de l’essayiste en l’accusant de se poser en sauveur de la France. Ce que Laurent Ruquier ne réalise pas, c’est qu’en se moquant de son invité, il se moque des convictions de plusieurs millions de Français, méprisés par la plupart des journalistes. Et s’il souhaite « combattre » les idées du candidat putatif à la présidentielle, il ferait mieux de l’attaquer sur le fonds, sur les idées plutôt que de faire des attaques ad hominem. Cette façon de prendre de haut les inquiétudes du peuple est insupportable. Les questions existentielles et civilisationnelles doivent être prises au sérieux.

J’ai récemment remarqué une tactique courante pour déstabiliser Éric Zemmour en l’entrainant vers des sujets sur lesquels il s’exprime moins. C’est de dire que la première préoccupation des Français est le pouvoir d’achat. Bien entendu, c’est tout à fait normal. La paupérisation et le déclassement social sont des phénomènes réels et graves. Mais réduire les Français à de simples consommateurs qui ne pensent qu’à leurs fins de mois est une erreur. Un récent sondage réalisé pour Challengesindique que 67 % des Français « ont peur du grand remplacement ». La crise identitaire que traverse notre pays n’est ni un fantasme ni un mythe. Elle est tout à fait palpable, et doit être adressée d’urgence, de même que la question du pouvoir d’achat.

Je ne joue pas ici le rôle de l’avocat d’Éric Zemmour, bien que je me positionne à droite, suis conservateur et l’assume totalement. Ceux qui ont lu mon article « Le beau mot de patrie » le savent sûrement ! Simplement, j’ai été frappé par le mépris des journalistes pour le supposé candidat, dont les ambitions deviennent, à vrai dire, de plus en plus claires. D’après les journaux, le « polémiste » devrait bientôt déclarer sa candidature. Selon Europe 1, le parti politique du « Z », tel que le surnomment ses fidèles partisans, sera probablement nommé Vox Populi. Ce qui signifie la voix du peuple en latin.

Pour revenir sur l’appellation commune de « populiste » qui est utilisée pour l’écrivain, Michel Onfray s’est exprimé sur le sujet lors de son débat avec ce dernier, organisé par Front Populaire. Dans cet échange civilisé et rafraîchissant, il explique qu’en réalité, le terme de polémiste ne colle pas pour Éric Zemmour. En effet, Zemmour ne fait pas de polémique, mais écrit des livres avec des idées, certes fortes et très clivantes, mais qui ne visent pas à déclencher des polémiques pour autant. Ses livres ne sont pas des pamphlets, mais des essais. Nuance ! Il est intéressant de voir que sur BFMTV, il est qualifié de polémiste sans arrêt, mais que dans son entretien avec le média en ligne Livre Noir, il est présenté comme étant un intellectuel. Par ailleurs, même en restant objectif, on peut se dire que le terme de « polémiste d’extrême droite » est dégradant et relève d’un certain mépris, voire même d’un certain cynisme. En décrédibilisant ainsi Zemmour, les médias politiquement corrects lui font une guerre idéologique.

On voit bien que selon la ligne politique des médias (centre pour BFMTV et droite pour Livre Noir), l’appellation change considérablement. Comme quoi, le clivage gauche droite n’est pas obsolète. Il est fortement implanté dans l’imaginaire collectif, et permet de se positionner aisément sur l’échiquier politique, ce qui est très pratique. Bien sûr, un nouveau clivage majeur est apparu ces dernières années, celui de souverainiste et mondialiste, ou encore européiste. Mais je m’égare, revenons à nos moutons. Il faut donc prêter attention à tout cela, prendre de la hauteur et ne pas se laisser influencer par la ligne politique de tel ou tel média, qui est dictée par sa direction. Sans vouloir être complotiste, cette direction peut très bien avoir des intérêts en commun avec le pouvoir en place.

Pour finir ce bref article, j’aimerais vous faire part d’une expérience intéressante que j’ai eu lors d’un cours dans mon école de journalisme. Le cours portait sur le thème de la déontologie du journaliste. Un groupe d’étudiants a fait une présentation intitulée : « Faut-il inviter Éric Zemmour ? » J’ai été rassuré par le traitement objectif des faits, et de la réaffirmation de la liberté d’opinion ainsi que de la liberté d’expression. J’adhère totalement à ces idées : que l’on soit d’accord ou non avec Éric Zemmour, il a toute sa place dans le débat public. Seulement, ces futurs journalistes seront-ils aussi impartiaux lorsqu’ils seront soumis à une ligne éditoriale, probablement conventionnelle et politiquement correcte ? À méditer…

Auteur

Kenji Nicoleau Etudiant en gestion
Publié le 18 novembre 202 dans FRONTPOPULAIRE

6 novembre 2021

FRONTPOPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 00 min
Nation
Wokisme
Voile islamique : Sandrine Rousseau recadrée par Fatiha Agag-Boudjahlat

ARTICLE. Sandrine Rousseau, la caution woke et éco-féministe — pour ne pas dire islamo-gauchiste — d’EELV a été prise à son propre jeu. Lors d’un débat sur LCP, portant sur le voile et sur la récente campagne du Conseil de l’Europe de promotion du hijab, l’essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat l’a sommée de « déconstruire » son « privilège de blanche bourgeoise ».

Voile islamique : Sandrine Rousseau recadrée par Fatiha Agag-Boudjahlat

 

Gauche Laïque : 1, gauche communautariste : 0. Deux visions féministes et politiques se sont opposées sur le plateau de l’émission Ca vous regarde sur LCP ce 4 novembre. Sandrine Rousseau (EELV) d’un côté, et de l’autre Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et essayiste, ont débattu de la campagne sur le hijab diffusée par le Conseil de l’Europe. Intitulée « Beauty is in diversity / As freedom is in hijab », celle-ci avait déclenché une vive polémique et la France avait poussé au retrait des affiches.

Cette promotion du hijab a fait sortir de ses gonds Fatiha Agag-Boudjahlat, très active sur les sujets de laïcité. Indignation légitime de l’intéressée : « Elle (la campagne, ndlr) brasse les éléments de communication “girly“ et les éléments de langage des islamistes, tout ça pour normaliser la pratique qui reste patriarcale rétrograde ». Pour l’enseignante, le voile est un symbole délétère pour la liberté des femmes — souvent mineures — qui sont sommées d’être « pudiques », « discrètes » et « vierges ». La candidate déçue à la primaire EELV n’a eu d’autre choix que de ronger son frein devant l’argumentaire de son adversaire.

 Pour éviter de stigmatiser, Rousseau dévie le tir

La vice-présidente de l’université de Lille s’est dit désespérée de voir que « le corps des femmes et la manière dont elle habille leur corps soit encore un sujet ». Avant de s’indigner que l’on « parle de cela sans ces femmes », parlant d’une« invisibilisation à un degré qui défie l’entendement ». Dans une sortie osée, elle a considéré qu’il y avait « plein de motivations pour porter un voile » et qu’ « il y en a qui portent des voiles qui sont juste un embellissement ».

Mais alors quid de l’Islam et de son dogme patriarcal ? Sandrine Rousseau s’est refusée à nommer explicitement cette religion. Dans une prose particulièrement convenue, elle s’est contentée de condamner « les trois grandes religions » qui ont ceci de commun « qu’elles veulent contrôler le corps des femmes ». D’un point de vue vestimentaire, c’est pourtant contestable, mais le bras droit de Yannick Jadot s’est réfugiée vers cette généralisation bien pratique.

« Madame, essayez de déconstruire vos privilèges de blanche bourgeoise »

Plutôt que d’aller sur ce terrain, Fatiha Agag-Boudjahlat a asséné à son opposante un uppercut tout sourire : « Madame, essayez de déconstruire vos privilèges de blanche bourgeoise ». Une attaque imparable, car, citons l’essayiste : « vous aimez cette attaque quand vous êtes face à un homme blanc. Eh bien moi je vous la renvoie ». Une manière, bien entendu, de faire référence aux nombreuses déclarations polémiques de la candidate d’EELV quand elle expliquait par exemple que ce ne sont pas les « hommes blancs à vélo dans les villes », qui représentent « l’écologie ». Ou bien quand elle racontait qu’elle vivait « avec un homme déconstruit » et qu’elle en était « hyper heureuse ». Ajoutant : « Je ne fais pas confiance à des hommes ou femmes qui n’ont pas fait le chemin de la déconstruction ».

Sonnée de se voir renvoyer ses propres formules — qui ne sont qu’autant d’arguments d’autorité — Sandrine Rousseau a tenté de s’en sortir. En vain, Fatiha Agag-Boudjahlat concluant, inflexible : « Apprenez à combattre tous les patriarcats. Vous avez tort et vous ne connaissez pas ce monde. Vous n’allez pas m’apprendre ce que c’est que cette culture. C’est la mienne ». Quoi qu’on pense de cette façon de clore le débat, quel délice de voir l’éco-féministe revendiquée Sandrine Rousseau, si consensuelle avec l’islamisme et le wokisme, se faire prendre à son propre jeu.

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Publié le 5 novembre 2021
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