Victoryne Moqkeuz Eructeuse

Inspiration expulsion

7 octobre 2021

Valérie Toranian

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 4 h 20 min

La Revue des Deux Mondes

L’école des Trans : le jeu dangereux de l’Éducation Nationale

De l’école maternelle jusqu’au lycée (premier et second degré), l’école est priée de se mettre en ordre de marche pour écouter, accompagner et protéger les « enfants transgenres ou qui s’interrogent sur leur identité de genre ». C’est le sens de la circulaire signée Jean-Michel Blanquer, parue au Bulletin officiel du 30 septembre 2021. Une vraie victoire pour les militants trans qui veulent faire de leur combat l’étendard des luttes progressistes et du genre au XXIe siècle et qui font depuis longtemps pression sur l’Éducation nationale pour que la protection de la trans identité devienne une priorité. Il fut un temps où l’école s’occupait de transmettre les savoirs et où chacun laissait au vestiaire sa religion, son orientation sexuelle, son ethnie, son groupe. Désormais, si l’école ne reconnaît pas les particularismes identitaires et notamment de genre, elle est en faute. Ces préconisations sont celles de l’Organisation mondiale de la santé et de la Cour européenne des droits de l’homme ; elles sont déjà en vigueur dans nombre de pays et le ministère de l’Éducation nationale expliquera sans doute qu’il ne fait que se « conformer » aux nouvelles réglementations.

De quoi s’agit-il concrètement ?
– Reconnaître un « prénom d’usage » différent du prénom officiel. L’élève choisit librement un nouveau prénom et l’administration et le corps enseignant doivent en tenir compte. Sauf pour les examens nationaux où l’état-civil est seul reconnu.
– Respecter le changement de pronoms. Par exemple lorsqu’un(e) élève de sexe masculin souhaite se faire appeler « elle ». – Veiller au « respect des choix liés à l’habillement et à l’apparence », « sans consignes différenciées selon le genre ». Pas de raison de stigmatiser le maquillage, les jupes et les talons pour les élèves transgenres si on les accepte pour les filles « cisgenres » (orientation sexuelle conforme à son sexe).
– Mettre à disposition des toilettes mixtes. S’il n’y en a pas, les créer ou réserver des toilettes spéciales pour les élèves en questionnement d’identité ou trans. Ce dispositif doit aussi être respecté lors des sorties scolaires. Et, bien sûr, dans les internats.

« Les enseignants, sous prétexte de respecter la dignité des élèves, vont être jugés sur leur façon d’accompagner l’élève transgenre. Mais quelle latitude auront-ils pour critiquer, s’opposer ou juger négativement un tel désir chez l’enfant ? »

Que l’école protège les élèves victimes de comportements agressifs et violents qui auraient pour cause l’orientation sexuelle (harcèlements et insultes), rien de plus normal. Elle le fait déjà. C’est le devoir du corps enseignant de préserver à l’école son caractère de sanctuaire et de lutter contre les préjugés en formant l’esprit critique à travers l’enseignement. On rappelle qu’il y a aujourd’hui des quartiers où l’homosexualité d’un jeune peut le conduire à la mort. Mais avec cette circulaire il s’agit de tout autre chose. Les enseignants sont sommés non seulement de se former sur la transidentité et les stigmatisations qu’elle entraîne, mais ils ont aussi « le devoir d’accompagner les jeunes et de faire preuve à leur endroit de la plus grande bienveillance, de leur laisser la possibilité d’explorer une variété de cheminements sans les stigmatiser ». Face à l’élève en questionnement de genre, « il s’agit d’être attentif à ses demandes et à son vécu spécifique et de le ou la rassurer sur sa légitimité à se poser des questions. »

Accompagner la transition ou le questionnement c’est déjà valider la transition. Cette insistance sur le respect dû à l’élève transgenre exclut de fait de « questionner le questionnement ». Un enfant de 8-10-12-14 ans, mal dans sa peau, qui « cherche » son identité doit-il être orienté (et les associations prosélytes sont de plus en plus importantes sur les réseaux sociaux) vers une nouvelle identité de genre ? Le malaise autour de la puberté n’est-il pas constitutif du jeune adolescent ? Les jeunes présentant des symptômes autistiques sont surreprésentés dans les candidats volontaires à la transition. Les médecins qui les opèrent n’ont-ils pas agi à la légère en proposant des opérations irréversibles qui ne sont probablement pas la réponse à une souffrance dont les origines sont tout autres ? Un petit garçon qui joue à la poupée ou s’habille en fille, une fille qui refuse de mettre une jupe et a des comportements « virils », sont-ils vraiment en questionnement sur leur identité ? Montrent-ils les premiers signes d’une dysphorie de genre ?

Les enseignants, sous prétexte de respecter la dignité des élèves, vont être jugés sur leur façon d’accompagner l’élève transgenre. Mais quelle latitude auront-ils pour critiquer, s’opposer ou juger négativement un tel désir chez l’enfant ? On imagine sans peine qu’ils n’en auront aucune. Tout d’abord parce que la circulaire précise que ces mesures s’appliqueront uniquement si l’élève a le consentement de ses deux parents. Comment dès lors s’opposer à une décision « privée » et familiale ? S’y opposer reviendrait à faire preuve de « transphobie ». Une accusation que l’administration scolaire, adepte du « pas de vague », ne veut surtout pas endosser. Elle tremble déjà d’être accusée d’islamophobie, elle tremblera pareillement d’être accusée de transphobie. On suggère aux enseignants de ne pas aborder trop directement les questions qui fâchent (laïcité, liberté d’expression, Charlie Hebdo, enseignement de la Shoah, etc.), il ne s’agit pas d’ouvrir un nouveau front avec le camp progressiste.

Pire, on demande aux enseignants, lorsque l’enfant est en conflit avec ses parents sur son questionnement de genre, de servir d’intermédiaire pour nouer le dialogue, « accompagner » et aider le jeune. Pour résumer, lorsque l’enfant est soutenu par ses parents, on accompagne sans broncher. Lorsqu’il ne l’est pas, on convoque les parents pour « nouer » un dialogue et leur faire comprendre les ressentis de leur enfant. Mais que diable l’école est-elle allée faire dans cette galère ? Est-elle vraiment dans son rôle ?

« Lorsque l’école, socle de nos institutions, demande aux enseignants d’« accompagner » la démarche de transition des élèves, elle se fourvoie. Elle n’est ni dans son rôle, ni dans sa mission. Elle cède aux pressions des militants identitaires de genre qui veulent faire plier l’Éducation nationale. »

Dans son passionnant essai, La Question trans (Le débat/Gallimard), Claude Habib pointe notamment le malaise, voire l’incapacité des adultes à traiter sereinement la demande de l’enfant ou de l’adolescent de « changer de corps ». Les parents tremblent d’être maltraitants, de ne pas répondre favorablement à la souffrance de leur enfant. Ils peuvent être intimidés par des psychiatres qui n’hésitent pas à les culpabiliser : « si votre enfant se suicide parce qu’il n’est pas dans le “bon corps”, vous en porterez la responsabilité ». D’autant qu’en face, rappelle Claude Habib, les adolescents désireux de transitionner « se sentent moralement supérieurs aux générations précédentes » : « leurs désirs mouvants témoignent de leur capacité d’inclure ». Dans notre société woke, dégenrée et postmoderne, « pour croire qu’il n’y a que deux sexes il ne faut pas seulement être rabat-joie, il faut être borné »… Plutôt que d’attendre que l’enfant ait atteint sa majorité pour qu’il fasse librement son choix, on obtempère par lâcheté, par bienveillance mal placée. Le fait qu’un enfant ou un adolescent affirme désirer changer de sexe, d’apparence, de prénom suffit à ce qu’on s’incline devant sa volonté. Un extraordinaire paradoxe, souligne finement Claude Habib, alors que notre pays vient récemment de se pencher avec sévérité sur la question du consentement des mineurs. La loi assimile désormais à un viol tout rapport sexuel avec un mineur de moins de 15 ans, quelle que soit sa volonté déclarée. « Notre permissivité à l’égard des transitions précoces n’en est que plus étonnante. […] Un adolescent a le droit de changer de sexe mais non d’en faire usage ». (1)

Lorsque l’école, socle de nos institutions, demande aux enseignants d’« accompagner » la démarche de transition des élèves, elle se fourvoie. Elle n’est ni dans son rôle, ni dans sa mission. Elle cède aux pressions des militants identitaires de genre qui veulent faire plier l’Éducation nationale. Tout cela concerne très peu de monde dira-t-on. Mais le phénomène trans est en expansion phénoménale. Aux États-Unis, dont nous avons tendance à adopter les modes, les cliniques de transition traitent désormais des enfants à partir de 3 ans. Cette mise au pas idéologique de l’institution se fait au détriment des enfants qu’elle est censée protéger.

Alors que la campagne présidentielle débute, cette circulaire est du pain béni pour tous ceux qui critiquent la perte des valeurs et le vacillement d’une société où le fossé se creuse entre les revendications sociétales woke des nantis et les classes populaires abandonnées par la gauche et à mille lieux de leurs nouveaux combats « progressistes ».


1. L’auteur cite une remarque d’Olivier Rey dans l’émission « Répliques » sur France Culture, février 2020

19 septembre 2021

MICHEL DE ROUGEMONT

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 15 h 07 min

FRONT POPULAIRE

ANALYSE Wokisme

Quelle opposition au courant écolo-gaucho-wokiste dominant ?

OPINION. L’idéologie de la cancel culture, qui a infiltré les universités et le mouvement écologiste, éradique toute opposition en s’imposant par la peur, ce qui rend très difficile sa contestation. La citadelle woke est-elle pour autant imprenable ?

Alors que l’on peut souhaiter un débat politique à propos des affres environnementales et climatiques (celles qui dominent les stratégies énergétiques, de décarbonisation ou de conservation de la nature), il faut constater qu’il est en train d’être dépassé avant même de ne pas avoir eu lieu. Ce courant dominant actuel est une combinaison astucieuse, quoique sans génie créateur, d’écologisme et d’altermondialisme anticapitaliste et anti-progrès, d’ores déjà dépassés par le wokisme de la cancel culture qui supplante et éradique tout, mêmes les plus extrêmes positions du gauchisme habituel. C’est une sorte de Maccarthysme à l’envers.

L’establishment — composé des partis politiques, gouvernements, administrations publiques et ONG, ainsi que des cercles économiques et financiers —, en reste sidéré et s’agenouille devant toutes les revendications afférentes : déboulonnages de statues, interdictions de parole ou d’exercer. La peur est dissuasive de se faire traiter de salaud, à tort bien sûr, mais peu importe, ça touche. Cette peur fait avouer tous les crimes qui n’ont pas été commis, même ceux attribués à nos ancêtres. Elle est bien plus puissante que le courage d’assumer sa personnalité et sa propre culture. C’est pourquoi la plupart des leaders politiques ou économiques s’avèrent n’être que des suiveurs. Par ailleurs, comme la société se montre adepte des plus impossibles aspirations, par exemple la précaution absolue et l’élimination de tout risque, un narratif catastrophiste la terrorise facilement, mentalement, sans explosifs ni fusils. Les justifications utilitaristes sont abjectes qui saluent des mesures offrant un sentiment de réconfort au prix d’une obéissance sans borne et qui balaient négligemment le sacrifice de libertés fondamentales. Personne ne s’en trouve réconforté et chacun perd sa liberté.

Croyant possible de trouver un moyen de moyenner, les partis gouvernementaux des pays occidentaux soutiennent les politiques les plus écolo-gauchistes qui se voient ainsi parées de toutes les vertus. Dire timidement qu’elles vont trop loin est une manière de les adouber sans autre réserve ; cela revient même à s’excuser de n’en pas faire assez. C’est dans ce contexte qu’une quelconque critique à l’égard de ces politiques se voit immédiatement taxer d’inaudible et d’irrecevable, de négationnisme criminel, car s’attaquant à un prétendu bien commun. Il est devenu habituel de se voir désinvité afin qu’aucun débat n’ait lieu, ou alors de servir d’alibi à un pseudo-esprit d’ouverture, se faisant accorder quelques lignes ou secondes d’antenne en s’assurant que des gardiens du temple puissent dézinguer tel messager sans aborder le message.

Les opposants ne sont pas faits du même béton rigide que celui des activistes déterminés, dont les positions extrêmes, doivent être débusquées par des raisonnements et jamais par des affirmations plus péremptoires et moins vérifiables que celles qui sont combattues. Crier encore plus fort des choses tout aussi fausses dessert sa cause.

Les raisons de s’opposer sont très variées et ne sont même pas toujours congruentes. Comme, simple exemple parmi d’autres, un antinucléaire n’acceptera jamais cette technologie comme solution pour satisfaire une forte croissance de la demande en courant électrique. Critiquer la science en y opposant des anecdotes ou des falbalas n’est pas non plus très fédérateur, bien au contraire. Il y a aussi de prétendus opposants qui sont bien difficiles à gérer, amis d’amis qui ne sont pas nécessairement des amis ; ce sont les habituels grincheux, neinsager, conservateurs dans le mauvais sens du terme, obscurs quérulents, scientifiques dévoyés, complotistes de tous genres, ou encore mystiques illuminés. Leurs audiences sont tout aussi hurluberlues, certes gênantes, mais restent de peu d’importance.

Les gardiens du temple n’ont rien à craindre de tels adversaires. L’opposition ne se trouve que très peu dans le monde scientifique, surtout celui des actifs dont les budgets et les publications dépendent de la rectitude politique de leurs projets et de leurs propos. La corruption commence par la soumission. Les émérites et retraités ont plus de liberté, mais moins d’accès aux audiences, malgré leur vaste expérience. Le respect fout le camp, en tous cas dans nos sociétés occidentales postmodernes. La controverse devient de moins en moins technique ou économique et prend un tournant plus philosophique avec des fossés idéologiques difficiles ou même impossibles à combler. Le débat courtois n’était déjà plus de mise, il devient utopique d’essayer d’en mener un.

C’est faire signe d’esprit critique et indépendant que de mettre en question les doxas fondées sur des interprétations incomplètes ou biaisées de la science, sur des idéologies de contraintes, ou sur les deux en même temps. Les personnes ayant cet esprit libre ne sont pas du genre de celles qui obéissent aveuglément à une stricte discipline partisane. La nuance, même en cas d’argumentation forte, doit rester leur première arme. La deuxième est l’humour, dont les ayatollahs de tous bords sont totalement dépourvus.

Tout cela ne fait pas une opposition cohérente et puissante, en dépit des usuelles insinuations que des lobbies inféodés à de sombres intérêts capitalistes seraient à la manœuvre. Pourtant, si lobbyisme il y a, cela fait bien des années qu’il est passé du côté de la bien-pensance écolo climatique qui se trouve en train d’adopter le wokisme. On constate donc sa désorganisation ; c’est plutôt une flopée de francs-tireurs qui visent des cibles diverses et qui peuvent aussi causer des victimes collatérales. Chacune ou chacun pratique une forme de guérilla avec plus ou moins de succès, sinon d’estime. Il faut simplement souhaiter qu’ils communiquent un peu entre eux afin d’éviter les erreurs les plus dommageables et aussi qu’ils se soutiennent mutuellement afin que leurs propos atteignent vraiment leur cible — le clan opposé — car cela ne sert à rien de chanter pour son propre chœur.

Publié le 19 septembre 2021

7 septembre 2021

AMINE EL KHATMI

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 00 min

« À Marseille, des solutions radicales doivent être mises en œuvre » par AMINE EL KHATMI

Marianne.fr

Pour Amine El Khatmi, président du Printemps républicain, il est urgent d’agir à Marseille comme dans les autres quartiers populaires en France qui souffrent d’insécurité, de pauvreté et d’absence effarante de mixité sociale et culturelle.

La visite du président Macron à Marseille remet la question de l’avenir de nos quartiers populaires au-devant de l’actualité. L’énergie du nouveau maire Benoît Payan laisse espérer un vrai partenariat entre l’État et la Ville mais le maire est encore trop seul face aux conservatismes politiques et sociaux : il a besoin d’un État fort, aux moyens extraordinaires, à ses côtés. Un État qui casse les logiques clientélistes que le premier magistrat ne peut affronter à lui seul.

Si les annonces de renforts policiers, d’installation de caméras de vidéosurveillance ou de rénovations d’écoles et de bâtiments sont les bienvenues, toutes ces mesures seront vouées à l’échec si l’État ne s’attaque pas, à Marseille comme partout ailleurs en France, aux causes structurelles qui minent la vie de nos quartiers ; l’insécurité (en 2019, 26 % des habitants des quartiers se déclaraient souvent en insécurité contre 10 % du reste de la population), la pauvreté (42,2 % des habitants des quartiers vivent en dessous du seuil de pauvreté contre 14,3 % dans le reste de la population) et une absence effarante de mixité sociale et culturelle.

Comment imaginer que des politiques publiques puissent être efficaces lorsque certaines villes concentrent 80 % des logements sociaux de leurs agglomérations, que dans des écoles, 80 % à 90 % des élèves viennent de familles arabo-musulmanes vivant dans les mêmes tours, venant des mêmes pays d’origine, partageant la même culture et la même religion, toutes plus précaires les unes que les autres ?

« Repeindre les murs, rafraîchir les cages d’escalier, rénover squares et jardins ne servira à rien et les mêmes causes produiront les mêmes effets si des solutions radicales ne sont pas mises en œuvre. »

Comment s’étonner alors que croissent le séparatisme, le communautarisme, l’entre-soi et leurs ravages ? Comment s’étonner, comme j’ai pu le constater lorsque j’étais élu à Avignon, qu’à la première occasion venue, les familles qui le peuvent quittent ces quartiers et scolarisent leurs enfants dans des écoles privées catholiques pour les arracher à l’assignation à résidence identitaire qui les guette ? Repeindre les murs, rafraîchir les cages d’escalier, rénover squares et jardins ne servira à rien et les mêmes causes produiront les mêmes effets si des solutions radicales ne sont pas mises en œuvre.

Dans mon livre Printemps Républicain (éditions de l’Observatoire), qui condense plusieurs années de réflexion de notre mouvement né en 2016, je propose la limitation du nombre de logements sociaux par ville à 45 % en rasant les tours actuelles les plus indignes et en conduisant des opérations de reconstruction mêlant 30 % de logements sociaux, 30 % de logements en acquisition aidée et 30 % de logements en accession libre. Aucun logement social ne doit être attribué à des étrangers dans un quartier où la proportion d’étrangers dépasse les 25 % et les prestations sociales des parents d’enfants condamnés par la justice doivent être modulées en cas de récidive pour mettre chacun face à ses responsabilités.

L’abaissement de la majorité pénale à 15 ans, la fin de l’aménagement systématique des courtes peines de prison ou la généralisation des mesures d’éloignement doivent permettre de répondre au sentiment d’impunité que ressentent les petits caïds qui pourrissent la vie des habitants, allant même, comme à Marseille, jusqu’à leur demander de décliner leur identité pour rentrer chez eux. Comment exiger des citoyens de respecter l’autorité de l’État si cette même autorité est piétinée partout autour d’eux ?

« À défaut de solutions radicales, les visites ministérielles et les annonces de plans se poursuivront sans effets, renforçant chez les habitants la conviction que la puissance publique est incapable de changer leur vie durablement. »

Mais parce que je viens de ces quartiers, je sais aussi que la réponse ne peut pas être que sécuritaire ou judiciaire. Tout en combattant les discours victimaires, j’entends certains enfants de nos quartiers populaires avoir la conviction, fondée par ailleurs, qu’ils devront déployer plus d’efforts que d’autres pour s’en sortir ! Il faut les aider et c’est pourquoi je propose le dédoublement des classes jusqu’au lycée dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et, pour ceux qui n’ont pas les réseaux, dont les parents n’ont pas de carnets d’adresses fournis, la création d’un service public chargé du mentorat permettant à des citoyens qui ont réussi dans la vie de prendre sous leur aile ceux qui ont tout à bâtir.

Enfin, une vaste politique de construction d’internats dans les collèges plus favorisés, conditionnée à une suspension de la carte scolaire, doit permettre d’arracher ces jeunes à la spirale des quartiers qui les tire vers le bas et les inciter à se consacrer à leurs études durant la semaine. À défaut de solutions radicales, les visites ministérielles et les annonces de plans se poursuivront sans effets, renforçant chez les habitants la conviction que la puissance publique est incapable de changer leur vie durablement. Il est difficile, à ce stade, de ne pas leur donner raison.

18 août 2021

FRONT POPULAIRE

Classé dans : Barbarie, il suffit — eructeuse @ 8 h 07 min
Nation
Islamisme
Idriss Sihamedi, le wokisme et l’islam radical
Auteur : la rédaction

ARTICLE. Alors que les taliban ont pénétré Kaboul et fait fuir le gouvernement afghan, Idriss Sihamedi n’a pas caché sa joie. Le fondateur de BarakaCity avait été largement défendu à gauche quand le gouvernement avait dissous l’association. Elle était pourtant accusée de s’inscrire dans la mouvance des associations pro-djihadistes.

« Qu’Allah descende sur le peuple Afghan les plus belles richesses, les plus beaux hôpitaux, plus belles écoles et le plus bel avenir que le pays n’a jamais pu rêver ». Ce tweet quelque peu lunaire et publié le 15 août vient saluer l’entrée des taliban à Kaboul, capitale de l’Afghanistan.

Son auteur, Idriss Sihamedi n’est pas inconnu en France. Celui qui se réjouit du retour de l’obscurantisme religieux dans le pays marqué par le souvenir d’Oussama Ben Laden est également fondateur de BarakaCity. Cette ONG se disait « humanitairement engagée pour toutes et tous » — surtout les musulmans au travers du monde — et avait été accueillie par la Turquie d’Erdogan en 2021.

Le gouvernement accusé de « délire islamophobe »

Un exil contraint. En novembre 2020, BarakaCity a été dissoute par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui l’accusait de « s’inscrire dans la mouvance des associations pro-jihadistes » et d’être une « ennemie de la République ». Annoncée en même temps que la dissolution du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), cette disparition contrainte avait alors fait sortir de leurs gonds les habituels idiots utiles du fondamentalisme religieux sous couvert de bons sentiments.

Le journaliste Taha Bouhafs avait exprimé son « soutien à @Barakacity », évoquant la « honte internationale de dissoudre cette association ». François Burgat, islamologue et politologue français avait parlé d’une « dérive arbitraire et violente de la Macronie », accusant le gouvernement de « délire islamophobe ». Pour Raphaël Liogier, sociologue et professeur des universités à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, BarakaCity pouvait « participer à une forme de déradicalisation terroriste. » A noter qu’Idriss Sihamedi se dit lui-même sur sa biographie Twitter « journaliste, lanceur d’alerte, travailleur et défenseur des droits humains ».

Une défense qui ne tient plus aujourd’hui. Pris de panique, Taha Bouhafs a lâché celui qu’il défendait il y a encore peu : « oui on peut (on doit) (…) demander le respect de l’état de droit face à un traitement d’exception de l’islam et des musulmans en France. Tout en se tenant loin des élucubrations plus que douteuses de certains ».

Nul n’est pourtant dupe : la dérive religieuse d’Idriss Sihamedi n’a jamais fait aucun doute pour quiconque s’y intéressait. En janvier 2016 dans l’émission « le Supplément », sur Canal +, non seulement Idriss Sihamedi avait refusé de serrer la main de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Éducation, mais il avait également fait preuve d’une ambiguïté plus coupable. Alors qu’on lui demandait s’il condamnait Daech, embarrassé, il avait répondu qu’il n’était « pas équitable, pas juste, de poser la question à un musulman. »

Un « gouvernement islamique ouvert et inclusif » !

L’arrivée des taliban au pouvoir en Afghanistan n’est bien évidemment pas du fait du “wokistan”. En revanche, les adeptes de la pensée déconstructrice, décoloniale et intersectionnelle sont les principaux idiots utiles des fondamentalistes islamiques.

Les mouvements politiques de gauche y voient une nouvelle classe sociale prétendument opprimée et surtout un réservoir de voix pour les échéances électorales. Alors ils se livrent à un clientélisme de mauvais aloi qui s’exprime dans les cantines scolaires ou les piscines municipales. Les féministes de ces mouvements voient dans le port du voile ou du burkini un combat à mener pour libérer les femmes de l’oppression systémique de l’État français.

Ces mouvements de gauche prétendument inclusifs préparent en réalité le terrain à des personnalités comme Idriss Sihamedi. Avec 59 % des professeurs de moins de 30 ans qui se déclaraient favorables au burkini dans une enquête IFOP — Fondation Jean Jaurès publiée en juillet 2021, ce n’est plus un « terrain », mais un tapis rouge.

Alors oui, cette nouvelle pensée « tolérante » des différences sexuelles et religieuses n’a pas amené les taliban au pouvoir en Afghanistan. Qu’à cela ne tienne ! Zeke Miller journaliste de la Maison-Blanchepour le compte de l’Associated Press a relayé sur twitter une déclaration du porte-parole du mouvement : « Le porte-parole des talibans a déclaré (…) que les militants tenaient des pourparlers visant à former un « gouvernement islamique ouvert et inclusif ». Ouf : le futur Afghanistan sera inclusif ou ne sera pas. Que les Afghanes soient rassurées.

17 août 2021

NATACHA DEVANDA

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 8 h 37 min

Charlie Hebdo.fr

Religions

Saint-Chamond, la ville où les élus écolos sont les judas de la laïcité

L’affaire remonte à la fin du mois de juillet. Le 21 juillet, en pleine fête de l’Aïd, l’imam fait son prêche en plein air, non loin du terrain où une future mosquée est en construction. Les croyants sont au rendez-vous. « Femmes musulmanes, tâchez d’obéir aux droits d’Allah et à ceux de vos époux, restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas de la manière des femmes d’avant l’islam », déclame le prêcheur en citant l’un des versets du Coran.  

Ces belles paroles sont diffusées en direct sur Facebook. Et tombent dans les oreilles d’Isabelle Surply, conseillère municipale RN de Saint-Chamond. Laquelle s’en empare et s’emmêle les pinceaux en twittant « Tâchez d’obéir aux doigts d’Allah » au lieu de « Tâchez d’obéir aux droits d’Allah », ce qui, en soi, ne change pas grand-chose aux propos réacs qui sont le gage de toute religion qui se respecte. L’affaire agite les réseaux sociaux quand le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, demande à la préfète de la Loire de destituer l’imam et de s’occuper du « non-renouvellement de son titre de séjour », Mmadi Ahamada étant de nationalité comorienne. Lequel fait valoir sa bonne foi, explique qu’il est « pour que les filles fassent des études, deviennent médecins ou ingénieurs et pas pour qu’elles restent au foyer » et, aussi courageux qu’un caniche nain, explique son envolée machiste, en se planquant derrière le Coran avec cet argument choc : « c’est pas moi qui le dit, c’est Allah ! »

Les mésaventures de l’imam émeuvent illico les belles âmes de gauche qui voient dans la critique légitime de la religion musulmane la bête immonde de « l’islamophobie ». Les élus EELV de Saint-Chamond en sont et réagissent. Écrit avec les pieds, bourré de coquilles, de fautes de syntaxe et de grammaire, le communiqué de presse que se sont dépêchés de rédiger Patricia Simonin Chaillot et Jean Minnaert, conseillers municipaux à Saint-Chamond (Loire) fait peine à voir. 

C’est à vomir. @EELV entérine le sexisme de la religion dont on ne doit pas dire le nom… pic.twitter.com/60iXCeZsTL

— Fatiha Agag-Boudjahlat (@AgagBoudjahlat) July 31, 2021

Lundi 26 juillet, soit à peine cinq jours après la retransmission du prêche de l’imam sur Facebook, ces deux Verts de Saint-Chamond plongent tête la première dans le relativisme culturel et tentent de se faire l’avocat des religions monothéistes « qui portent l’égalité hommes femmes devant leur Dieu » (sic), tout en affirmant que « le combat historique des mouvements progressistes, portés par la gauche et les écologistes, ont participé à la reconnaissance de l’égalité homme-femme combattue le plus souvent par la droite et l’extrême droite ».
Dans un premier temps, on conseillera vivement aux conseillers municipaux EELV de lire attentivement Bible, Coran, Torah pour constater combien la femme est l’égale de l’homme dans les trois religions du Livre. Ensuite, on regrettera bien fort que ce « combat historique » de la gauche, des féministes et des écologistes, qui a su faire évoluer les mentalités, soit pour certains un lointain souvenir.  

Qu’espèrent donc ces deux mous du bulbe en rédigeant pareil charabia ? Qu’on les qualifie d’humanistes ? D’inclusifs ? De woke ? S’ils pensent sincèrement et un seul instant que les fidèles biberonnés aux prêches sexistes voteront EELV ou un quelconque parti progressiste lorsqu’ils se rendront aux urnes, ils sont, au mieux, de très mauvais stratèges politiques, au pire, plus cons qu’une laitue. Car courtiser un imam au prétexte de défendre la laïcité et les valeurs de gauche mérite de figurer tout en haut dans l’anthologie de la bêtise en politique. Les plus fidèles des fidèles, ceux qui ne jurent que par la religion, qui pensent que la place de la femme est à la maison à faire des gosses et la cuisine, ceux-là haïssent les idées de gauche, crachent sur les homos et les féministes, interdisent les débats d’idées, la déconnade, les empoignades… Et ce qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans.

Une évidence qui ne frappe pas les quelque 4600 signataires de la pétition de soutien à l’imam lancée sur change.org, le 23 juillet. Pas plus que les membres de la section ligérienne de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui s’est elle aussi fendu d’un communiqué, en date du 26 juillet. Même le journal Le Monde y est allé de son couplet. Dans un article publié le 30 juillet, il titre « Polémique après la suspension d’un imam dans la Loire » et note que jusque-là « les sanctions prises à l’encontre d’imams ou de mosquées l’ont été à la suite de propos d’incitation à la haine ou de soutien à des actions terroristes. Jamais sur la base d’une lecture d’extraits du Coran. Si la décision du ministre devait se confirmer, alors prêtres, pasteurs et rabbins pourraient s’inquiéter. »   

Diantre, on tremble pour tout ce ramassis obscurantiste qui connaît au XXIe siècle un tel regain d’intérêt. Et Le Monde de poursuivre : « Un passage de la Bible dit par exemple : « Femmes, soyez soumises à vos maris » (Lettre aux Éphésiens, 5, 22–24). Il deviendrait dès lors interdit de le citer en public. Joints par Le Monde afin de savoir quel texte de loi légitime leur action, ni la préfète de la Loire ni le ministre de l’intérieur n’ont répondu. »  

Mais ce que ni Le Monde, ni EELV ou la LDH ne semblent remarquer c’est que les propos de l’imam n’ont pas été tenus uniquement devant un public de fidèles, mais aussi en direct sur les réseaux sociaux, ce qui, sous couvert de faire du prosélytisme et de toucher le plus grand nombre, expose directement la responsabilité de celui qui prêche aux conventions de la vie en société, au pacte social et au respect des lois. Parmi elles, celle de l’égalité républicaine entre les hommes et les femmes. Le public de ce prêche n’était donc pas seulement les fidèles engoncés dans leurs croyances qui pensent que la femme est un être inférieur qui se doit d’être modeste, pudique et obéissante, mais les internautes, soit à peu près tout un chacun. Or, à Charlie, on trouve bien dommage qu’en 2021, les seuls politiques immédiatement choqués par les propos sexistes d’un imam, soient des membres du RN ou un ministre de droite.  

Que disent le PC, la France insoumise, les socialistes, les associations féministes des propos moyenâgeux tenus par l’imam ? Rien. Ah oui, c’est vrai, on oubliait, c’est les vacances, les JO, la plage, tout ça… Et, c’est bien connu, le sable dans les oreilles, ça rend sourd. ●

29 juillet 2021

Etats Geneaux du Combat Laïque

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 28 min
Plaidoyer pour une souveraineté Laïque Française.
La laïcité française est un enjeu local à l’échelon de la planète. Notre laïcité séparative, qui garantie la liberté de conscience de tout les citoyens est un enjeu national franco-français. En 2020, il est plus que temps de reprendre le main par le haut sur ce principe juridique puissant et sur la dimension philosophique qui engraine, qui engrainait la société d’une idée humaniste et universaliste.
Tout d’abord en revenant à ce qu’elle fût, avant que les politiques eux même ne la rendent caduque et inopérante.
Historiquement, la genèse fait débat. Les discussions sur les luttes pour l’émancipation du joug clérical et de la libération de l’individu ayant, au travers de la révolution laissées des traces indélébiles, tout autant que celles sur les inventeurs de la logique humaniste du siècle des lumières, ne trouverons que des débats historico-politiques qui diviseront inévitablement les meilleurs partisans de la laïcité.
Au stade où nous en sommes, il est inutile de se lancer dans une exégèse et un rappel historique de la laïcité, lorsqu’on sait que de l’aveu de certaines interprétations du Coran, Mahomet lui même serait un précurseur de la chose Laïque, que Jésus lui même serait laïque, tout comme Gengis khan dans les steppes mongoles. Inutile donc de faire une remontée dans le temps pour en chercher les prémices. Nous n’avons pas le temps nécessaire avant l’effondrement total de ce qui dirige nos pas de citoyen depuis 1905, date de la promulgation d’un texte qui a profondément impacté la marche de ce pays.
Loi de séparation entre les églises et l’État.
Il court depuis des années une interprétation sur le titre même de cette loi. Un enfumage politique chargé de faire dire le contraire d’un texte pourtant simple dans son titre et dans son exposé.
Le terme  »séparation » est galvaudé au point de le transformer en  »neutralité d’État ».
La séparation implique forcément deux parties. Les églises d’un côté, l’État de l’autre.
Sous la pression électorale, ou plus particulièrement sur le mythe d’un vote religieux communautariste, le terme  »séparation » est devenu caduque au profit de l’idée de  »neutralité de l’État » face aux églises. C’est un allègement idéologique de la rigueur séparative. Une sémantique qui renverse l’idée même de la loi de 1905, en l’empêchant d’être ce pourquoi elle a été promulguée, à savoir une séparation stricte entre le pouvoir temporel de l’État et le pouvoir intemporel des forces cléricales.
L’État serait donc seul à être neutre et non invasif à l’endroit d’un contre pouvoir organisé. Rendant du coup les églises libres et sans contraintes dans la société et face à l’État.
Il faut se dire qu’en 1946 en préambule de la constitution, puis en 1958 à la promulgation de la constitution de Vème République, il a été décrété que la République Française était laïque. Sur la base de la loi de 1905, loi de séparation entre les églises et de l’État, et dans un soucis de reconstruction après guerre, l’État a décrété que cette séparation était toujours valable et impérative pour que les fonctions publiques puissent fonctionner sans interférences cultuelles au service de l’État et des citoyens. Écoles, collèges, lycées, hôpitaux, sécurité intérieure, services sociaux, municipalités,collectivités locales, tout le régalien s’est mis au pas laïque, séparé du religieux et de l’influence cléricaliste. Chaque fonctionnaire ayant l’obligation légale et morale de neutralité, obligation de ne pas faire montre d’une quelconque obédience politique, religieuse, spirituelle, ou direction de pensée philosophique. Ces obligations ont permis de faire respecter non seulement l’État et son engagement envers le citoyen français, mais aussi de maintenir loin de la marche de l’État d’éventuelles résistances réactionnaires , ou d’obscurantismes sociaux.
Cette neutralité s’applique donc aux fonctionnaires et non à l’État lui même. L’État lui est toujours séparé dans ses décisions des églises. Et ce quelques soient les courants religieux. Ceux en place à la promulgation en 1905 , ainsi que ceux à venir puisqu’à aucun moment dans le texte de la loi de séparation, il n’est fait mention d’un quelconque courant religieux. Aucun culte n’est précisé afin que la loi en elle même, ne porte pas sur les spécificités de telle ou telle culte. On peut donc conclure qu’une forme d’égalité de traitement envers les rites, les cultes, les clergés, les religions est de fait actée par le seul titre de la loi.
De nos jours tout est fait pour que l’interprétation de ce titre soit détourné par l’idée de neutralité qui n’est dévolu qu’aux services publics et aux fonctionnaires en laissant entendre que l’État et le régalien serait deux choses identiques. Mais la marche de l’État n’en reste pas moins exempte de conseils religieux, les citoyens français ne pouvant justement pas être représentés par une autorité religieuse quelconque qui empêcherait ou influencerait l’État au moment de décider librement de la marche qu’il décréte pour et avec les citoyens eux même.
C’est ici que la gouvernance Macron induit une perte de souveraineté face aux éléments cultuels. Le président nouvellement élu en 2017, organise avec la conférence des évêques, un discours qui fera date en pulvérisant justement la séparation. Le président Macron, garant de la constitution, de la laïcité, de la séparation, affirme devant un parterre clérical catholique,vouloir renouer le lien entre les églises et l’État. Une traîtrise républicaine au pacte social qui permettait de maintenir les seules décisions de raison hors l’influence de dieu et ses représentants. Jamais depuis Pétain, on avait tourné le dos à la loi de séparation à un si au niveau de décision et de responsabilité
Le niveau de délabrement laïque, organisé depuis Mitterrand qui recommandait de ne pas faire trop cas de la laïcité, la trouvant difficile à défendre et trop rigoureuse dans, justement, son principe séparatif, puis par un Sarkozy qui s’est attaché à faire représenter les musulmans par un clergé politique, puis par un second par obligation pluraliste entre l’islam diplomatique et les frères musulmans, ou encore par la non affirmation de cette séparation en réponse aux suites des attentats islamistes de 2015 par Hollande et ses gouvernements. Le niveau de délabrement laïque donc, et la perte de sens politique du principe de séparation n’ont même pas permit une levée de bouclier citoyenne face à ce terrible coup de couteau cléricaliste dans le dos à la République, à la constitution, à l’esprit d’émancipation de la loi de 1905.
Il faut rétablir une souveraineté Laïque de l’État, et se réapproprier le principe de séparation et non de neutralité. l’État doit être libre de mouvement, dirigé par la raison, la science, par des choix éclairés qui s’appliquent à tout les citoyens dans la même charge de droits et de devoirs, sans que ces décisions ne soient entachées d’un doute sur les volontés d’égalité, de liberté et de fraternité qui guident les pas de la France depuis la révolution française. Il faut mettre fin à cet enfumage idéologique qui vient mettre en péril le joyaux protégé par ce principe de séparation. Parce que le but principal de la loi de séparation des églises et de l’État, n’est pas de donner des prérogatives à la marche de l’État, mais bel et bien de créer un nid à cette liberté au dessus des autres dans le cadre républicain et de la protéger par la force de la séparation des pouvoirs temporels humains, d’avec des organisations sociales qui ont vocations à brider les consciences.La laïcité, nous venons de le voir, c’est le principe de séparation d’abord dans le fonctionnement de l’État et des fonctions publiques par la neutralité. C’est l’écrin d’une des plus importantes libertés qui ait été donnée légalement aux Hommes. Un modèle mondial pour qui veut s’en emparer pour son compte, une liberté qui rend libre dans sa vie et libre dans sa tête et que la séparation protège comme le plus important héritage français à savoir, la liberté de conscience.
La liberté de conscience, ce n’est pas rien!
Mais surtout ce n’est pas la liberté religieuse, ou de religion, ou de croyance, ou d’expression. Non la liberté de conscience englobe tout cela.
On peut donc, et critiquer un culte ou tout les cultes, et mieux encore ne rien critiquer du tout. On peut l’écrire, le dire, le chanter, le filmer mais à la seule condition de n’être qu’un individu. Oui, la liberté de conscience est une liberté individuelle. Chaque citoyen est libre de penser, croire, théoriser, rationaliser, dire, pratiquer, de ne pas adhérer, de motiver ce pourquoi, d’en débattre, de se moquer, de donner des sous, tant que cela reste dans le champs individuel.
Ce n’est donc pas la simplification martelée par l’observatoire de la laïcité depuis sa création : »le droit de croire ou de ne pas droite » la laïcité et la liberté de conscience va beaucoup plus loin que ça.
La liberté de conscience, c’est surtout l’affirmation de la liberté de penser. Et l’organisation légale de son expression.
En qualité de liberté individuelle, elle coule sur tout les citoyens de manière égale, que l’on soit athée, religieux, pratiquant, nihiliste, de droite, de gauche, vieux ou jeune, homme ou femme, en province ou à Paris, sauf dans le concordat Alsace-Moselle qui conserve des spécificités à cause d’une erreur de taille lors du rapatriement des ces territoires a la fin de la première guerre mondiale. N’étant pas française en 1905, la région ne rentre pas légalement dans le cadre de la laïcité française. Idem pour les DOM TOM où la réglementation n’est pas calqué partout sur le modèle métropolitain.
La liberté de conscience donc raisonne et résonne comme un principe partagé , égalitaire et individuel.
La loi de 1905, ne gère pas l’individu. Elle organise l’expression collective du rite. Elle contraint les organisations cléricales à se conformer à la loi et les rend responsable des éventuelles infraction commises en leur nom, les congrégations et autres association religieuses. Elle met sous surveillance l’expression collective du culte et contrôle que les individus ne soient pas coupés de la liberté de conscience qui chapeaute toutes les expressions individuelles.
Elle pénalise même les dérives dans une séries d’articles qui met des garde-fous et instaure une police des cultes en établissant des sanctions financières et des fermetures de lieux de cultes qui dérogeraient aux règles. C’est à l’État de faire appliquer la loi, et aux cultes de conduire le culte dans les règles. Il est donc faux de dire qu’il y a une liberté religieuse, ou de religion, ou de culte.
Seule la liberté de conscience et la liberté de pratiquer son culte, d’en changer, en tant qu’individu est protégé.
Les clergés doivent se conformer à la loi.
Pourtant depuis des décennies, malgré les dénonciations de dérives, l’État ne fait rien ou si peu!
Des candidats politiques traînent leurs guêtres avant les élections, dans tout les lieux de cultes, pour promettre des dômes et des minarets, des facilités immobilières, des reconnaissances publiques d’un lien entre le politique et les cultes, des crèches dans les lieux régaliens, des repas cultuels au nom du vivre ensemble à Noël , à l’Aïd, à Hanouka, des achats de temples bouddhistes en kit par des mairies et conseils régionaux. Aucune dérive n’est condamnée par l’État. Au point que l’on donne des terrains appartenant à tout les citoyens, pour 1 euro, à une partie de la population et à des fins religieuses.
Les règles pourtant sont très claires
 » l’État ne reconnaît ,ni ne subventionne aucun culte ». Il n’y a rien de plus simple!
L’argent de l’État, l’argent public, ne peut être utilisé pour financer, subventionner, promouvoir un quelconque culte. L’argent du culte, c’est l’argent des croyants, pas celui du revenu de tout les citoyens. L’argent public ne regarde que l’état et les citoyens dans leurs ensemble.
Et c’est pour cela que l’État ne doit pas reconnaître les cultes comme des corps intermédiaires ,ni comme des syndicats d’une partie de la population. Pourtant il n’est pas rare que des représentants des cultes, soient conviés en mairie ou dans les ministères, ou même comme pendant le confinement, lors de l’épidémie de la COVID, directement connectés avec l’Elysée en visioconférence.
Les représentants de l’État ne doivent pas être partie prenante dans les affaires cultuelles, ni dans une quelconque aide à des institutions de droit privé religieux. C’est interdit par un texte qui date de 1905, et réactualisé en 1958 ,ni parler en lieu et place d’une partie seulement de la population, en leur nom ou en celui d’une communauté
Il s’agit ici de protéger l’individu d’un réarmement dans la société de canons religieux, en aidant à affûter l’emprise des cultes collectifs sur les croyances personnelles. La marche de l’État n’a pas à s’adosser sur un pouvoirs transversal qui a vocation au contrôle social privé.
Les germes du pouvoir religieux sont toujours d’actualité. Soit en affirmant une hégémonie culturelle, soit en modifiant dans la société les perceptions morales, sociales, ayant pour finalité la transformation par la loi de la liberté de conscience.
Le principal ennemi du religieux est le blasphème. Un délit qui n’est plus légal en France, mais qui autorise des passage à l’acte violent en s’exonérant du droit commun au profit de préceptes religieux devenu loi pour les plus rigoristes des pratiquants.
On peut constater une forme d’alliance informelle contre le blasphème. Tout est en place sans être dénoncé par les autorités pour museler les paroles critiques, caricaturales, idéologiques, la critique des rites, des pratiques, des sacrifices d’animaux, du business religieux et surtout la dénonciation de l’entrisme religieux dans la structures d’états et des financements associatifs de structures locales et confessionnelles, ou donc l’activité sert a la promotion du culte et des pratiques du cultes avec l’argent public. A la moindre remarques, les anathèmes pleuvent. Islamophobe, cathophobe, antisémite, laïcard, raciste…
Il est incroyable de penser que c’est avec une partie de l’argent public que ces gens s’arment contre les citoyens et contre la liberté de conscience.
Prenons par exemple  »alliance citoyenne » à Grenoble, qui touche de généreux subsides de la mairie elle même. Le but de cette association, outre quelques actions citoyennes locales est de forcer la main des pouvoirs publics pour se baigner habillé dans les piscines. Dit comme ça, sans connotation religieuses, on pourrait croire à une blague.
Mais si on y ajoute le fait que ces vêtements sont des habits religieux, imposé par une pratique orthodoxe du rite qui reste un choix au regard de la liberté de conscience, la donne change.
Et c’est bien de l’argent public, prit sur le salaire de millions de travailleurs, de propriétaires immobiliers, de taxe en tout genre, qui finance ce type d’action. Et la réponse de cette association qui qualifie d’islamophobe toutes les voix qui s’élèvent contre cet état de fait.
Faire taire au nom du blasphème.
Que l’on soit Salman Rushdie, Charlie Hebdo, Zineb el Rhazoui, Mila, ou simple citoyen au Bataclan, dans un quartier ou dans une file d’attente au supermarché, nous sommes tous soumis à d’éventuel actes ou paroles lié au blasphème. Aucune parole d’État ne vient contrarier ces menaces, actes, on trouve même des gardes des sceaux pour parler de respect pour faire taire les critiques de citoyens horrifié que Mila soit mise en danger pour son opinion sur l’islam.
Respect de quoi? A quel moment le respect est un argument judiciaire, juridique?
Pourtant faire taire au nom de son culte, forcer à exercer un culte ou des pratiques cultuelles est puni par la loi. Par la loi de 1905 et son article 31!
 »Article 31
Sont punis de la peine d’amende prévue pour les contraventions de la 5ème classe et d’un emprisonnement de six jours à deux mois ou de l’une de ces deux peines seulement ceux qui, soit par voies de fait, violences ou menaces contre un individu, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi ou d’exposer à un dommage sa personne, sa famille ou sa fortune, l’auront déterminé à exercer ou à s’abstenir d’exercer un culte, à faire partie ou à cesser de faire partie d’une association cultuelle, à contribuer ou à s’abstenir de contribuer aux frais d’un culte. »
Si menacer quelqu’un de violence, en lui demandant de se taire ou de se plier à une pratique cultuelle qui serait de ne pas dessiner le prophète ne conduit personne devant un tribunal, doit on s’étonner que la liberté de conscience soit si mal comprise?
Ou lorsque c’est fait avec de l’argent public , comme à Grenoble, où on demande que des pratiques vestimentaires religieuses soient permises dans l’enceinte d’un bâtiment public, recevant du public?
Ou lorsqu’un élu se présente à une cérémonie religieuse pour solliciter des votes, comme un retour sur investissement sur la vente à la découpe de la liberté de conscience?
Ou lorsque des associations ou congrégations religieuses sont invitées a débattre sur les lois bioéthiques à venir?
Ou quand un élu va remettre les clefs de sa ville à Barbarin contre un euro symbolique?
Ou en invitant les responsables locaux religieux à des débats dans les préfectures?
Ou quand un président de la République française s’invite à la conférence des évêques pour déclarer sa flamme au cléricat catholique en promettant de réparer le lien entre l’état et les cultes?
A coup d’argent public et d’arrêtés municipaux pour régler le problème des troubles à l’ordre public en mobilisant des forces de polices ou des agents municipaux.
La liberté de conscience ne se négocie pas. Elle ne doit pas être dénaturé au profit d’un vivre ensemble entre communautés et en excluant de fait l’état et les citoyens. Il en va de notre vie. Les orthodoxes faisant peu de cas de la vie en matière de blasphèmes.
C’est à l’État de prendre les choses en main, d’appliquer le titre VI de la loi de 1905 avec la plus intense des reflets, de communiqué fortement pour renvoyer tout les anti républicaine religieux, tous les fachistes de la pensée des arrière mondes, avec l’aval des citoyens puisque c’est le rôle de l’État que protéger les libertés et en premier lieu celles des consciences.
Il est temps de reposer la question d’un souverainisme laïque, qui serait l’action d’un état fort, au service des libertés fondamentales sans le délayer dans une soupe droit de l’hommeliste qui dénature le seul texte qui dirige nos pas laïques, la déclaration des droits de l’homme et des citoyens, et que la loi de 1905 a mis en forme dans une logique d’égalité, de liberté et de fraternité.
Soyons laïques, soyons français, soyons laïquement souverain.

3 juillet 2021

Le relativisme, suicide de la raison

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 28 min

Le relativisme, suicide de la raison

Auteur : Charles ROTZMAN le 3 juillet 2021

FRONT POPULAIRE

OPINION. Les innombrables dérives des sciences sociales dans le monde occidental actent le triomphe d’un relativisme qui, par refus de la confrontation, a tiré un trait sur la recherche de la vérité.

À partir du moment où on a accepté l’idée qu’il n’y avait pas de vérité absolue et que la réalité n’existait pas en tant que telle, mais qu’elle était dépendante du regard qu’on portait sur elle, à partir du moment où on a accepté ce relativisme-là, il devenait évident qu’on allait pouvoir affirmer que la réalité était utilisée par les dominants pour asseoir leur pouvoir.

La réalité devient alors un enjeu : étant le produit d’une idéologie, on peut lui opposer une autre idéologie. Ainsi, peu à peu, sous l’influence de ce qui restait des idées marxistes sur l’histoire et la société, il est devenu facile de dire que cette réalité qui nous est présentée n’est pas la vérité, mais la vision que veulent nous présenter les dominants pour asseoir leur domination sur les dominés. Tout est ouvert alors pour toute affirmation exprimée par lesdits dominés. La vérité devient un terrain de combat où s’affrontent différentes vérités dont l’une doit l’emporter sur les autres. Comme dans tout totalitarisme on pourra inventer une réalité, une science socialiste à la Trofim Lyssenko, une science nazie opposée à une science juive, dire que la paix c’est la guerre et inversement comme dans le 1984 de George Orwell. Les affirmations les plus délirantes peuvent être émises, à partir du moment où elles sont utiles dans le combat. L’histoire aurait été écrite par l’homme blanc au service du patriarcat, l’hétérosexualité serait un mythe construit comme le genre lui-même. On peut alors réécrire la biologie, la science, l’histoire et pire encore faire disparaître toute trace de cette histoire qui ne serait pas la vérité, mais une construction sociale au service d’une oppression. On ouvre ainsi la voie à des superstitions d’un autre âge qui ont pour elles l’avantage du nombre et de la force.

Comment résister à ce relativisme qui devient dominant en Occident dans le monde académique et qui, supprimant tout universalisme, fait éteindre les Lumières qui furent une acquisition difficile face à l’obscurantisme religieux ? L’être humain est avide de ce qui peut lui donner un sens et dans une époque troublée et chaotique comme la nôtre, les certitudes même régressives et illusoires peuvent l’emporter sur ce socle péniblement construit de la raison et de l’universel.

Il y a trente ans environ, pour faire face aux violences et à l’insécurité qui déchiraient déjà notre société, j’ai inventé une approche de psychologie politique clinique que j’ai, à l’époque, baptisée « thérapie sociale », en souvenir d’actions qui avaient été conduites par des héritiers de Freud et de Mélanie Klein, qui étaient inquiets de ce qu’on pouvait appeler des pathologies sociales pouvant provoquer la destruction de l’humanité. Cette thérapie sociale avait au départ pour objet de comprendre et de prévenir les phénomènes de violence et de haine qui désagrègent le tissu social. Bien vite, il m’est apparu que la violence, ou plutôt la confrontation, était une solution plutôt qu’un problème et qu’elle permettait d’obtenir des résultats et des acquisitions à partir d’une vision folle de soi-même et des autres.

Des actions de thérapie sociale ont été menées en France et à l’étranger pour réunir et tenter de réconcilier des personnes et des groupes opposés par des visions différentes de la réalité qui les poussaient à des affrontements au lieu de chercher ensemble le bien commun. Le processus de thérapie sociale qui les aidait à retrouver de la confiance en eux et dans les autres leur permettait de parler avec franchise de leur vécu réel et de donner des informations sur la réalité qu’ils détenaient au lieu d’opposer les uns aux autres leurs idéologies, leur victimisation et leurs accusations parfois paranoïaques. Ainsi, ensemble, ils découvraient la réalité en recollant tous les bouts d’informations dont chacun disposait. La thérapie sociale devenait alors une sorte de révélation pour chacun de la réalité dans toute sa complexité et sa richesse.

La réalité existe et elle peut être connue par le débat, un débat qui doit être accompagné pour aider la prise de parole et la capacité à supporter le conflit. C’est cette recherche en commun de la réalité qui permet d’éviter les délires idéologiques qui ne sont pas vrais, mais qui sont utiles pour déployer des violences et soutenir un pouvoir sur les autres. Comme le disait Jules Romains au plus fort de la Seconde Guerre mondiale : « Nous sommes payés pour savoir que la jeunesse d’un peuple s’empoisonne avec facilité, et qu’ensuite cela peut coûter cher, et à ce peuple, et à la civilisation générale. »

10 avril 2021

ESPRIT LAÏQUE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 5 h 17 min

Lettre au Sénat 9avril 2021

                                                                        Association Esprit Laïque, Reims, le 9 avril 2021

 

 Mesdames et Messieurs les sénateurs,

 L’association Esprit Laïque soutient toute loi confortant les principes républicains. Malgré quelques réticences de fond nous pensons que ce texte va dans le bon sens, et qu’il vise l’apaisement de la France face à la pression exercée sur la société civile par des groupes d’intérêts idéologiques.

Depuis les terribles événements de l’année 2015, nous avons eu la douloureuse démonstration que la simple loi de 1905 ne suffisait plus pour combattre l’esprit clérical et cléricaliste que souhaitaient les tenants d’un islam politique sous l’impulsion d’idéologues belliqueux et invasifs.

Les démarches qui consistent à faire reconnaître des particularismes culturels spécifiques en mettant sous pression la société sur des sujets tels que le voile, le burqini, la gestion des associations cultuelles, en mêlant confessions et actes civils, utilisent toutes les failles légales de la loi de 1905.

Ces failles légales de la loi de séparation des églises et de l’Etat sont désormais très claires, comme la limitation des libertés de l’ensemble de nos concitoyens par l’emploi du très controversé  »concept d’islamophobie » et les revendications de droits spécifiques appliqués aux seuls musulmans en dépit du principe d’égalité entre tous les citoyens.

Par là même, nous soutenons l’action du Sénat qui vise à ouvrir de nouvelles perspectives légales qui viendraient rehausser le texte proposé par le gouvernement. En effet, l’arsenal législatif discuté au Sénat propose d’être plus offensif sur les points qui fracturent l’opinion sur des bases politiques cachées derrières des revendications religieuses qui ne devraient pas concerner la société civile.

Le culte ainsi que toutes formes de revendication cultuelle n’ont pas à être discutés par les assemblées de l’état : c’est l’essence même de la loi de 1905.

La République ne reconnait aucun culte et, en ce sens, elle refuse d’être l’arbitre du fait religieux. Toutefois, et selon le principe de liberté de conscience qu’elle défend, elle protège la liberté de pratique du culte à la seule condition que l’ordre public soit garanti.

Il est donc normal et logique que le Sénat soumette des aménagements de la proposition de loi du gouvernement, afin de garantir à tous les citoyens un apaisement et l’assurance d’une tranquillité publique collective.

Il est essentiel que l’apaisement de la société et le rétablissement de l’ordre public passe par des textes qui couvrent les limites du titre V (livre de police) et par une répression des actes anti-républicains causés par les tenants des cultes ou de leurs ministres.

Nous demeurerons néanmoins vigilants quant au respect de l’esprit et de la lettre de la loi telle que défendue par ses fondateurs en 1905.

Consciente de la lourde charge, qui consiste à équilibrer une loi décriée et disputée par des forces réactionnaires et idéologiques, l’association Esprit Laïque vous assure, Mesdames et Messieurs les sénateurs, de son soutien républicain et souhaite que le retour à une société apaisée, laïque, indivisible et fraternelle soit de nouveau la règle pour tous.

Par vos propositions, vous ancrez ainsi la vision d’Aristide Briand dans le XXI -ème siècle.

 Mesdames et Messieurs les sénateurs, veuillez recevoir l’expression de notre respect le plus républicain.

 Richelet Rémi, président de l’association Esprit Laïque.

 

 espritassoc@gmail.com

 

 


30 mars 2021

Comment les Sciences Sociales ont fait le lit des nouvelles idéologies totalitaires

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 9 h 14 min

par Michel MESSU, Professeur honoraire de sociologie

Cela a commencé avec les disciplines relevant de l’anthropo-sociologie et des sciences politiques, cela s’est poursuivi avec l’histoire et les sciences du langage, ce sont désormais toutes les disciplines enseignées dans les ex-facultés de Lettres qui se trouvent contaminées. La pensée « décoloniale », le point de vue du « genre », le « racialisme » et autres néologismes importés des campus américains dans les années 1990-2000 fournissent aujourd’hui les cadres obligés de l’enseignement dans nos universités. Ce ne sont pas là seulement des notions que l’on glisse, à titre de pensée alternative, dans un enseignement « classique », ce sont de véritables cadres de pensée dans lesquels il devient impératif d’exercer son esprit pour comprendre le monde contemporain. Au besoin, les adeptes les plus convaincus et les plus virulents de ces courants de pensée, vont agir directement pour interdire l’expression d’une pensée qui n’a pas l’heur de leur plaire ou pour inscrire dans les programmes d’enseignement leurs délires idéologiques. Et, les autorités universitaires de reculer.

Comme bien des idéologies à vocation totalitaire, elles se sont d’abord diffusées à bas bruit, apportant ici ou là des « points de vue » nouveaux censés recomposer le panorama des perceptions des phénomènes sociaux étudiés, souvent d’ailleurs parce que des lacunes pouvaient apparaître dans le traitement de ces sujets – dans une société où l’égalisation des conditions civique, politique et sociale était devenue la règle, il y avait place pour décrire, tenter d’expliquer et de théoriser les écarts entre la règle et les constats empiriques effectués, même chose pour les rapports entre les nations, les cultures voire les civilisations après la phase de décolonisation inaugurée au mitan du XXe siècle. Mais bientôt, ce qui était le plus souvent un point à débattre, c’est-à-dire qui demande d’envisager ses conséquences théoriques – comme le fait un astrophysicien lorsqu’il débat d’une proposition explicative relative à une énigme théorique ou observationnelle –, est devenu une conviction, une « posture », partageant la réflexion entre pensée progressiste et pensée réactionnaire. Ce qui n’était pas sans rappeler les temps où la ligne de partage se faisait entre « science prolétarienne » et « science bourgeoise ». 

C’est qu’entre temps, les timides et fragiles « points de vue » de départ avaient séduit l’ensemble des sciences sociales, reçu le sacre des médias et obtenu une transcription politico-administrative sous forme d’instances ministérielles chargées de réformer, à coup de lois, décrets et autres règlements, une société dépeinte comme récalcitrante au « progrès social ». Il fallait donc, ultime étape, s’attaquer à ce qui pouvait encore résister et porter ombrage à ces idéologies et « révolutionner » la pensée occidentale, celle de « l’homme blanc », « masculiniste », porteur d’une « culture du viol » et d’un « racisme systémique », etc. L’arène tout indiquée pour mener l’offensive n’est autre que l’enseignement supérieur, là où des prérogatives critiques sont largement revendiquées, notamment du côté des sciences sociales. Aujourd’hui, dans toutes les universités, même les moins prestigieuses, la confrontation a lieu et atteint les instances régulatrices des établissements, une manière d’inquisition permanente s’est installée dans la vie intellectuelle et scientifique des universités. Les oukases de l’idéologie « décoloniale » – dans son sens générique et dans ses formules chic et choc telle « décoloniser les esprits » – opèrent quotidiennement, bien au-delà des affaires retentissantes de la Sorbonne, de l’université de Bordeaux, de celle de Lille ou de Sciences-po.

La situation est à ce point alarmante qu’un collectif d’universitaires a cru devoir mettre sur pied un « Observatoire du décolonialisme et des idéologies identitaires » afin de déconstruire les constructions délirantes des tenants de cette idéologie qui entend s’imposer urbi et orbi. Car, ce qui est aussi en jeu dans cette affaire, est la liberté académique dans laquelle doivent opérer les enseignants-chercheurs des universités et des établissements de la recherche, laquelle ne consiste pas à livrer en pâture des « opinions », mais à satisfaire à des impératifs de méthode, de raisonnement et de débat interne, ce qui bannit les oukases idéologiques, fussent-ils les mieux intentionnés.

Comment est-ce arrivé ?

 On le sait, et nous venons de le répéter, bien des universitaires des sciences sociales ont cru faire preuve de novation théorique en important, ne varietur, certains des « points de vue » débattus sur les campus américains dans les années 1980-1990. On le sait aussi, ces « points de vue » auraient trouvé leur source dans la diffusion de la prétendue French Theory dont on aurait retenu que toute réalité n’était qu’une construction socialement orientée à des fins de domination. Proposition perverse puisque si l’exercice scientifique est régulièrement une entreprise de déconstruction des représentations qui ont cours, ce n’est pas pour révéler des intentions cachées à mettre au compte d’un dominant, mais pour proposer une nouvelle représentation plus satisfaisante au plan épistémique.

En important sans autre forme de procès ces propositions, ainsi que leurs auteurs présentés comme apportant une « révolution » de la pensée traditionnelle, ont été importé les dérives idéologiques que l’on faisait subir à la démarche scientifique. Le « point de vue » du genre que l’on imposait à toute étude du fonctionnement social n’avait pas plus de fondement épistémologique et théorique avéré que le « point de vue » du prolétariat quelques décennies plus tôt. Le « point de vue » du genre, qui allait susciter bien des débats publics et diviser les propagandistes et activistes du féminisme, montrait bien vite sa faiblesse heuristique mais aussi sa force politique et militante. La pensée communautariste radicale qui pouvait fleurir aux États-Unis sur le terreau de sa tradition communautaire (associative), déjà analysée par Tocqueville, a reçu pour sa part quelques réticences à son importation sans contrôle – en témoigne encore aujourd’hui les propositions législatives anti-séparatisme. Quant aux, d’abord discrètes, propositions d’un Stuart Hall sur le renversement du lieu d’appréciation des cultures, elles reviendront en Europe amplifiées de leurs caricatures américaines et sud-américaines, relayées par les déclinaisons indiennes des subaltern studies et enveloppées dans un emballage censé résister à toute tentative de relativisation : l’analyse intersectionnelle. Tout cela va fournir la base de l’offensive idéologique et politique du « décolonialisme » actuel et la matrice d’une imposture épistémologique dans les sciences sociales.

Une imposture épistémologique : l’ « épistémologie du Sud »

Très en vogue dans les pays d’Amérique latine et popularisée par quelques reconvertis du tiers-mondisme au sein des sciences sociales européennes et nord-américaines, ces dernières ont pensé réaliser un saut épistémologique décisif en imposant que les sciences sociales abandonnent leur socle épistémologique construit au cours des XVIIIe et XIXe siècles dans les pays occidentaux. Celui-ci réclamait que seuls les instruments construits par la raison et discutés par cette même raison prévalent dans l’explication des œuvres et de l’action humaines, quel qu’en soit le domaine. Il convenait donc de l’abandonner au profit d’une démarche qui ne se développerait qu’à partir du capital – réel ou supposé – de croyances des peuples victimes de l’histoire de la domination occidentale. Autrement dit, substituer à l’empire de la raison universelle le règne des croyances ancestrales locales – le plus souvent recueillies et cultivées en laboratoire par les adeptes de ladite épistémologie. L’argument que l’on retrouve chez ces derniers, comme chez tous les tenants des idéologies décolonialistes, est que la raison universelle est une vision purement occidentale du savoir qui invisibilise les savoirs alternatifs dont sont titulaires (par nature ?) les opprimés de la terre. Confondant dans un même jet la raison régulatrice du raisonnement rationnel et la raison justificatrice de l’action politique lato sensu, les tenants du grand bond en avant épistémologique ont ramené toute compréhension anthropologique et sociologique à n’être qu’une exhibition des malheurs infligés par l’ « homme blanc » et des vertus refoulées, méprisées, massacrées, de la culture du natif que l’on pourra se mettre sous la main. L’épistémologie du Sud, produite depuis les universités des pays européens, anciennement colonisateurs (Portugal, Belgique, France…), a conquis le continent sud-américain et revient en Europe grossir la vague de la pensée déconstructionniste des Studies. L’arnaque intellectuelle tient à ce qu’elle entend se situer d’abord sur le plan des principes de la démarche scientifique, de proposer rien moins qu’une nouvelle « rupture épistémologique », un tournant dans l’approche de sciences sociales, quand il s’agit tout simplement de vénérer l’insolite, de magnifier l’exotique et de disqualifier la science de l’ « homme blanc », l’occidental, l’ancien colonialiste. Sa nature, forgée par l’histoire, lui interdit de prétendre à la connaissance objective, sa science est subordonnée à son essence, sa science est coloniale. Un Scientific turn s’impose, fût-il concocté par quelques grands prêtres des universités de Coimbra, de Louvain ou d’ailleurs.

Les sciences sociales solubles dans l’idéologie vs l’idéologie soluble dans les sciences sociales

Plus que jamais les sciences sociales voient leur crédibilité scientifique menacée par leurs égarements idéologiques. Ce n’est pas nouveau, leur histoire est aussi un long combat contre l’air du temps et, finalement, cette fragilité leur est peut-être consubstantielle.  Aussi, la « vigilance épistémologique » s’est-elle imposée comme un garde-fou indispensable, ce qui, dans le cours ordinaire des choses, est assuré par les bonnes pratiques méthodologiques et critiques. La réception d’une analyse de science sociale est donc à la fois le point d’aboutissement d’une démarche soumise au contrôle des pairs et le point de départ de controverses possibles entre les pairs. Accessoirement, elle obtiendra quelques commentaires dans l’espace public et médiatique, ce qui reste une utilité dérivée et non première. Son utilité première relève du domaine de la connaissance.

La dérive primordiale, régulièrement constatée, est de confondre les deux ordres d’utilité, voire de subordonner la première au second car à terme cela revient à abandonner la quête de connaissance nouvelle au profit d’une instrumentation des sciences sociales en idéologies au service d’une cause portée par l’air du temps. C’est exactement ce que deviennent les sciences sociales qui adoptent le « point de vue » du décolonialisme, du genre et de leurs avatars intersectionnels. Elles mutent en idéologies d’un combat qui, comme il a été montré ailleurs, poursuit un but totalitaire en censurant toute autre forme de pensée au nom d’un « progressisme » imaginaire.

Mais ce qui semble plus inquiétant dans la situation actuelle est que les sciences sociales revendiquent massivement leur dévoiement idéologique, l’épistémologie du Sud et les Studies de tout acabit, le proclame haut et fort. Nombre d’enseignants-chercheurs y trouvent leur graal spirituel en même temps que leur kit théorique et, pour les plus pugnaces d’entre eux, le mobile de leurs actions d’intimidation à l’endroit de ceux qu’ils ont érigés en adversaires à terrasser. Ce qui transforme, à l’instar de certains campus nord-américains, l’université en arène où doit faire rage la chasse aux « anti-progressistes », désormais repérables à leur flagrante « blanchité ». Et, ce qui en d’autres temps aurait ému les autorités académiques, les amène aujourd’hui à redoubler de servilité en faveur des idéologues de la décolonisation de la pensée. On annule la conférence qui déplaît, on s’emploie à prévenir les micro-agressions dont se disent victimes certains, on satisfait à toutes les demandes d’introduire la propagande dans les programmes, au besoin on châtie l’enseignant-chercheur récalcitrant. L’université est donc devenue un des hauts-lieux du combat de ces « progressistes » d’un nouveau genre.

Quand la quête médiatique se retourne contre les sciences sociales

L’idéologie décolonialiste a gagné tellement de terrain du côté des sciences sociales que certains enseignants-chercheurs chantres, hier, des gender studies, des cultural studies, etc., se voient parfois incriminés d’illégitimité à poursuivre dans la voie intersectionnelle du fait de leur « blanchité » ou de leur position sociale dominante par les étudiants-mêmes qu’ils avaient formatés au décolonialisme. De quoi les chagriner probablement, mais surtout de mettre au jour la fragilité théorique de la posture. Tout déconstructionisme excessif est voué à être déconstruit, partant à voir son édifice théorique de départ réduit à devenir une rhétorique de sens commun, ce qui ne veut pas dire une rhétorique inoffensive.

La trivialité du propos des sciences sociales engagées dans le « décolonialisme » se mesure, entre autres, par leur audience médiatique. Sur ce plan, leur combat est déjà gagné, les médias nous inondent dudit propos, parfois tenu par des représentants de ces sciences sociales, généralement adoubés par les médias, d’autres fois, tenu ès qualités par des journalistes, des vedettes de la culture ou du show biz, des émanations de la société civile, bref, de quiconque se voit tendre un micro. Par contre, ce succès médiatique se retourne contre ceux qui avaient fait bon marché des exigences de la science, puisqu’ils se trouvent contraints de venir concurrencer et donc de s’aligner sur la pensée d’un footballeur, d’une chanteuse à la mode ou d’un comédien en mal de renommée. De ce point de vue, les maisons d’édition jouent un rôle particulièrement délétère quand, pour atteindre les succès de librairie d’ouvrages phares, elles contraignent à produire une pensée et une écriture « grand public », ce à quoi la pensée décolonialiste se prête à merveille. Ce faisant, la contribution à valeur scientifique des sciences sociales s’estompe encore plus.

Désormais, avec la diffusion tous azimuts de la pensée décolonialiste, les sciences sociales ne semblent participer qu’au bruit de fond dont elles ont composé la trame musicale mais qu’elles n’arrivent déjà plus à orchestrer. Une fois encore, les sciences sociales sont devant l’alternative du savant et du politique et ne trouveront de salut qu’en récusant le second. D’autant que dans sa forme contemporaine ce politique décolonialiste exhale tous les parfums du totalitarisme.

24 mars 2021

Valérie Toranian

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 4 h 57 min
Faut-il dissoudre l’Unef ? Ce syndicat de gauche, autrefois féministe et laïque, a opéré depuis plusieurs années une lente dérive radicale pour coller à la mode islamo-gauchiste, racialiste et néo-féministe qui sévit à l’université. La confirmation, par sa présidente Mélanie Luce au micro de Sonia Mabrouk, qu’existaient des réunions « non-mixtes racisées » (interdites aux Blancs), braque de nouveau les projecteurs sur les turpitudes post-modernes du syndicat étudiant.
Séparer les Noirs des Blancs, c’était le programme du Ku-Klux-Klan et de l’État apartheid d’Afrique du Sud, voilà qu’il nous revient par la gauche, au nom du bien et du progrès. On crie, on s’indigne, à juste titre. Mais que faut-il encore attendre de l’Unef, le syndicat qui a porté à sa vice-présidence une militante du voile islamique, Maryam Pougetoux et qui vient de désigner nommément à la haine publique deux professeurs de Sciences-Po Grenoble accusés, selon la section locale du syndicat, d’être fascistes car « islamophobes » ? Il n’en a pas fallu beaucoup plus à Samuel Paty pour se faire décapiter…
Pire qu’une dérive, l’histoire de l’Unef est celle d’un naufrage. Les positions laïques du syndicat, qui s’était prononcé contre le port du voile à l’université en 2013, sont enterrées depuis belle lurette. Aujourd’hui, l’organisation est à la pointe du combat pour les droits des minorités qu’elle a substitué aux luttes pour les droits des étudiants. Lutte des races, nouvelle lutte des classes, nouvelle lutte des femmes.
Rétablir en France le délit de blasphème via la lutte contre « l’islamophobie », voilà le nouveau combat ! L’Unef était au premier rang de la manifestation contre « l’islamophobie » en novembre 2019, au cours de laquelle on avait scandé « Allahu akbar ». La même année, le syndicat étudiant s’était associé aux militants « antiracistes » de la Sorbonne qui demandaient l’annulation de la représentation des Suppliantes d’Eschyle parce que le metteur en scène utilisait des masques de couleur cuivre pour représenter les Danaïdes. Rétablir la censure, voilà un autre des nouveaux objectifs de l’Unef !
« Ce n’est plus un syndicat », déplore Jean-Christophe Cambadélis qui a présidé l’Unef-ID de 1980 à 1984. « Ces militants sont devenus les gardes rouges du woke ». La dérive de l’Unef a une cause. Son nombre d’adhérents est en chute libre. Cette fuite en avant idéologique est censée les remettre en selle. Depuis 2017, la Fage a ravi la première place à l’Unef. Les deux syndicats de gauche se sont lancés dans une surenchère pour ravir les voix des racialistes, des promoteurs de l’identité de genre et de l’écriture inclusive.
Pour protéger son business syndical, l’Unef n’hésite pas à se rallier à la cause de l’islam politique. Ces dernières années, l’Unef s’est rapprochée des Étudiants musulmans de France (Emf), organisation proche des Frères musulmans, implantée dans 26 universités. À Lyon 3, les deux organisations ont fait liste commune pour les élections étudiantes. À Orléans, l’Emf interdite de locaux et de subventions, car ne respectant pas le principe de laïcité, a été abritée pendant plusieurs mois au sein des locaux de l’Unef. De vraies affinités progressistes ! Comme l’explique Mohamed Louizi, ex-membre des Frères musulmans, et ancien cadre de l’Emf : « Tous les débats que l’on voit aujourd’hui au sujet de la laïcité, du voile, toutes les revendications communautaristes prônées par les Frères musulmans ont déjà été abordés dans leurs congrès étudiants dès les années 1991-1992 ».
Tandis que Jean-Luc Mélenchon, converti au ségrégationnisme après son reniement laïc, témoigne à l’Assemblée nationale de sa solidarité avec l’Unef, certains, à l’instar d’Éric Ciotti (LR) demandent la dissolution de l’organisation. Jean-Michel Blanquer dénonce une dérive qui « ressemble au fascisme ». Le ministre de l’Éducation veut rendre illégal le fait d’organiser des réunions « en réalité racistes ». Christophe Castaner, patron de LREM, réclame aussi des moyens judiciaires. Bruno Retailleau (LR) dénonce une « provocation à la haine raciale » qui doit être sanctionnée par la loi.
Mais plutôt que de dissoudre une organisation syndicale, ce qui n’est ni facile, ni souhaitable, mieux vaut s’en prendre au nerf de la guerre. L’Unef reçoit chaque année des subventions de l’État, proportionnellement aux sièges obtenus lors des élections étudiantes du Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires) et du Cneser (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche). 458 850 euros en 2019. Cette somme est officiellement utilisée à la formation des étudiants élus dans ces instances. Et sert dans la pratique au fonctionnement de l’organisation.
Si le syndicat n’est plus un syndicat mais un groupement politique racialiste, n’est-il pas logique de réfléchir à ces allocations ? Imaginons un syndicat qui refuserait d’organiser des réunions avec les Noirs. Accepterions-nous que nos impôts le subventionnent ? Si l’État ne finance aucun culte, pourquoi diable irait-il financer l’idéologie ségrégationniste ? Doit-on financer avec nos impôts les réunions en non-mixité de l’Unef ?
Les réunions en non-mixité et non racisées existent depuis longtemps. Au sein de l’Unef et ailleurs. Elles étaient au départ l’apanage d’associations radicales féministes excluant la présence des hommes, de groupes antiracistes revendiquant l’entre-soi pour parler de discriminations. La pratique s’est répandue et n’a plus grand-chose à voir avec l’idée d’un « safe space » pour parler librement. L’essentialisation des luttes qui passe par le refus de tout espace commun, de tout universalisme, c’est la dérive dans laquelle veut nous entraîner la radicalité racialiste. Non pas défendre ensemble les plus faibles ou les plus discriminés, mais refuser à l’autre, sur des bases raciales, le droit de s’immiscer dans un combat qui « n’est pas le sien ». Attiser copieusement les haines et le ressentiment. Et surtout empêcher chacun de se détacher de ses appartenances pour faire société.
En antidote à cette bêtise rétrograde, il faut lire le lumineux essai de Rachel Khan, Racée (Éditions de l’Observatoire). Juriste, scénariste, actrice, écrivain, femme, noire, sénégalaise et gambienne par son père, juive polonaise par sa mère (sans ordre de préséance), elle se livre avec intelligence à un saccage joyeux des idéologies racialistes et intersectionnelles. Elle croit, à l’instar d’Édouard Glissant, que c’est la relation à l’autre qui crée l’identité. Et, dans le droit fil de Romain Gary, que ne pas avoir d’identité est une identité. Contre l’assignation identitaire et le « droit à être victime », contre le terme « racisé » qui enferme dans une identité qu’on vous impose et qui stigmatise, elle se bat pour la liberté d’être soi. « Seront désaliénés Nègres et Blancs qui auront refusé de se laisser enfermer dans la Tour substantialisée du Passé. » Frantz Fanon.
Article pris sur Laïcité30
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