Victoryne Moqkeuz Eructeuse

Inspiration expulsion

25 novembre 2021

LE PRINTEMPS REPUBLICAIN PORTE PLAINTE CONTRE MELENCHON

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 9 h 57 min

Le Printemps Républicain, mouvement politique visant à combattre l’islamisme et à défendre la laïcité, a annoncé avoir déposé plainte contre Jean-Luc Mélenchon. En cause : une déclaration du président de la France insoumise selon laquelle ce groupe est un rassemblement de « fanatiques anti-musulmans ». Une déclaration « fausse, [..] qui vise à poser une cible sur nos membres », explique le communiqué de presse du mouvement.

C’est un duel qui s’annonce explosif. Le Printemps Républicain, mouvement politique créé dans la foulée des attentats de 2015 et engagé « dans la lutte contre l’islamisme et l’extrême droite » et pour la laïcité en France, a annoncé, dans un communiqué de presse diffusé mercredi 24 novembre, avoir déposé plainte contre Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise (LFI). Le Printemps Républicain et son président, Amine El Khatmi lui reprochent d’avoir qualifié les membres de ce mouvement de « fanatiques anti-musulmans » dans un entretien accordé au magazine La Vie, le 18 novembre dernier.

« Nous n’entretenons pas de confusion entre l’islam politique et les Musulmans : nous combattons l’islamisme mais non pas l’Islam, nous luttons contre les islamistes et non pas contre les musulmans », se défend le Printemps Républicain, qui estime qu’avec une telle déclaration, le patron de la France Insoumise place « une cible » sur le dos de ses militants.

« Une cible dans le dos »

Dans l’entretien litigieux, le président de la France insoumise s’est, en effet, vivement attaqué au Printemps Républicain, allant jusqu’à estimer que ce mouvement représentait un danger pour la France. « Les fanatiques antimusulmans comme le « Printemps républicain » sont en train de détruire ce pays. [..] Il y a un danger séparatiste à montrer du doigt une religion. On l’a fait par le passé avec les Juifs et les Protestants au prix de tant de cruautés. L’ambiance actuelle est odieuse », avait-il fustigé.

« Cette déclaration n’est pas seulement fausse et susceptible de caractériser un délit pénal, elle est surtout dangereuse car elle vise à poser une cible sur les membres du Printemps Républicain ; à les désigner à la haine et à la violence », indique le communiqué. Le Printemps Républicain dresse un parallèle avec les attaques dont ont été victimes Charlie Hebdo et Samuel Paty avant qu’ils ne soient victimes d’attentats.

Le mouvement regrette, par ailleurs, l’évolution politique de Jean-Luc Mélenchon sur la laïcité : « Jadis universaliste et laïque, défenseur de l’esprit Charlie – au point de prononcer l’éloge funèbre de Charb –, Jean-Luc Mélenchon se retrouve aujourd’hui à ânonner les éléments de langage des islamistes, à manifester contre l’islamophobie dans le CCIF et d’activistes décoloniaux », attaque le texte. Et de poursuivre : « Parce que nous n’acceptons pas qu’un leader politique nous insulte et désigne nos militants comme des cibles à abattre, des fanatiques anti-musulmans avec qui il devient alors impossible de vivre en commun, nous déposons plainte contre Jean-Luc Mélenchon. »

18 novembre 2021

Tiens tiens ! Des faits encore qui me font les appeler : les merdiachiasses !

Classé dans : l'empalement médiatique — eructeuse @ 8 h 29 min
Analyses
Zemmour
Zemmour face à l’univers médiatique

OPINION. Si certains croyaient le clivage gauche/droite obsolète, la partialité avec laquelle les médias traitent Éric Zemmour prouve au contraire qu’il est encore d’actualité.

Sur le plateau de France 2, Laurent Ruquier et Léa Salamé avaient clairement fait savoir à Éric Zemmour qu’il n’était pas le bienvenu. D’un air goguenard et lisant entre les lignes de manière excessive, Laurent Ruquier se moquait de l’essayiste en l’accusant de se poser en sauveur de la France. Ce que Laurent Ruquier ne réalise pas, c’est qu’en se moquant de son invité, il se moque des convictions de plusieurs millions de Français, méprisés par la plupart des journalistes. Et s’il souhaite « combattre » les idées du candidat putatif à la présidentielle, il ferait mieux de l’attaquer sur le fonds, sur les idées plutôt que de faire des attaques ad hominem. Cette façon de prendre de haut les inquiétudes du peuple est insupportable. Les questions existentielles et civilisationnelles doivent être prises au sérieux.

J’ai récemment remarqué une tactique courante pour déstabiliser Éric Zemmour en l’entrainant vers des sujets sur lesquels il s’exprime moins. C’est de dire que la première préoccupation des Français est le pouvoir d’achat. Bien entendu, c’est tout à fait normal. La paupérisation et le déclassement social sont des phénomènes réels et graves. Mais réduire les Français à de simples consommateurs qui ne pensent qu’à leurs fins de mois est une erreur. Un récent sondage réalisé pour Challengesindique que 67 % des Français « ont peur du grand remplacement ». La crise identitaire que traverse notre pays n’est ni un fantasme ni un mythe. Elle est tout à fait palpable, et doit être adressée d’urgence, de même que la question du pouvoir d’achat.

Je ne joue pas ici le rôle de l’avocat d’Éric Zemmour, bien que je me positionne à droite, suis conservateur et l’assume totalement. Ceux qui ont lu mon article « Le beau mot de patrie » le savent sûrement ! Simplement, j’ai été frappé par le mépris des journalistes pour le supposé candidat, dont les ambitions deviennent, à vrai dire, de plus en plus claires. D’après les journaux, le « polémiste » devrait bientôt déclarer sa candidature. Selon Europe 1, le parti politique du « Z », tel que le surnomment ses fidèles partisans, sera probablement nommé Vox Populi. Ce qui signifie la voix du peuple en latin.

Pour revenir sur l’appellation commune de « populiste » qui est utilisée pour l’écrivain, Michel Onfray s’est exprimé sur le sujet lors de son débat avec ce dernier, organisé par Front Populaire. Dans cet échange civilisé et rafraîchissant, il explique qu’en réalité, le terme de polémiste ne colle pas pour Éric Zemmour. En effet, Zemmour ne fait pas de polémique, mais écrit des livres avec des idées, certes fortes et très clivantes, mais qui ne visent pas à déclencher des polémiques pour autant. Ses livres ne sont pas des pamphlets, mais des essais. Nuance ! Il est intéressant de voir que sur BFMTV, il est qualifié de polémiste sans arrêt, mais que dans son entretien avec le média en ligne Livre Noir, il est présenté comme étant un intellectuel. Par ailleurs, même en restant objectif, on peut se dire que le terme de « polémiste d’extrême droite » est dégradant et relève d’un certain mépris, voire même d’un certain cynisme. En décrédibilisant ainsi Zemmour, les médias politiquement corrects lui font une guerre idéologique.

On voit bien que selon la ligne politique des médias (centre pour BFMTV et droite pour Livre Noir), l’appellation change considérablement. Comme quoi, le clivage gauche droite n’est pas obsolète. Il est fortement implanté dans l’imaginaire collectif, et permet de se positionner aisément sur l’échiquier politique, ce qui est très pratique. Bien sûr, un nouveau clivage majeur est apparu ces dernières années, celui de souverainiste et mondialiste, ou encore européiste. Mais je m’égare, revenons à nos moutons. Il faut donc prêter attention à tout cela, prendre de la hauteur et ne pas se laisser influencer par la ligne politique de tel ou tel média, qui est dictée par sa direction. Sans vouloir être complotiste, cette direction peut très bien avoir des intérêts en commun avec le pouvoir en place.

Pour finir ce bref article, j’aimerais vous faire part d’une expérience intéressante que j’ai eu lors d’un cours dans mon école de journalisme. Le cours portait sur le thème de la déontologie du journaliste. Un groupe d’étudiants a fait une présentation intitulée : « Faut-il inviter Éric Zemmour ? » J’ai été rassuré par le traitement objectif des faits, et de la réaffirmation de la liberté d’opinion ainsi que de la liberté d’expression. J’adhère totalement à ces idées : que l’on soit d’accord ou non avec Éric Zemmour, il a toute sa place dans le débat public. Seulement, ces futurs journalistes seront-ils aussi impartiaux lorsqu’ils seront soumis à une ligne éditoriale, probablement conventionnelle et politiquement correcte ? À méditer…

Auteur

Kenji Nicoleau Etudiant en gestion
Publié le 18 novembre 202 dans FRONTPOPULAIRE

6 novembre 2021

FRONTPOPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 00 min
Nation
Wokisme
Voile islamique : Sandrine Rousseau recadrée par Fatiha Agag-Boudjahlat

ARTICLE. Sandrine Rousseau, la caution woke et éco-féministe — pour ne pas dire islamo-gauchiste — d’EELV a été prise à son propre jeu. Lors d’un débat sur LCP, portant sur le voile et sur la récente campagne du Conseil de l’Europe de promotion du hijab, l’essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat l’a sommée de « déconstruire » son « privilège de blanche bourgeoise ».

Voile islamique : Sandrine Rousseau recadrée par Fatiha Agag-Boudjahlat

 

Gauche Laïque : 1, gauche communautariste : 0. Deux visions féministes et politiques se sont opposées sur le plateau de l’émission Ca vous regarde sur LCP ce 4 novembre. Sandrine Rousseau (EELV) d’un côté, et de l’autre Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et essayiste, ont débattu de la campagne sur le hijab diffusée par le Conseil de l’Europe. Intitulée « Beauty is in diversity / As freedom is in hijab », celle-ci avait déclenché une vive polémique et la France avait poussé au retrait des affiches.

Cette promotion du hijab a fait sortir de ses gonds Fatiha Agag-Boudjahlat, très active sur les sujets de laïcité. Indignation légitime de l’intéressée : « Elle (la campagne, ndlr) brasse les éléments de communication “girly“ et les éléments de langage des islamistes, tout ça pour normaliser la pratique qui reste patriarcale rétrograde ». Pour l’enseignante, le voile est un symbole délétère pour la liberté des femmes — souvent mineures — qui sont sommées d’être « pudiques », « discrètes » et « vierges ». La candidate déçue à la primaire EELV n’a eu d’autre choix que de ronger son frein devant l’argumentaire de son adversaire.

 Pour éviter de stigmatiser, Rousseau dévie le tir

La vice-présidente de l’université de Lille s’est dit désespérée de voir que « le corps des femmes et la manière dont elle habille leur corps soit encore un sujet ». Avant de s’indigner que l’on « parle de cela sans ces femmes », parlant d’une« invisibilisation à un degré qui défie l’entendement ». Dans une sortie osée, elle a considéré qu’il y avait « plein de motivations pour porter un voile » et qu’ « il y en a qui portent des voiles qui sont juste un embellissement ».

Mais alors quid de l’Islam et de son dogme patriarcal ? Sandrine Rousseau s’est refusée à nommer explicitement cette religion. Dans une prose particulièrement convenue, elle s’est contentée de condamner « les trois grandes religions » qui ont ceci de commun « qu’elles veulent contrôler le corps des femmes ». D’un point de vue vestimentaire, c’est pourtant contestable, mais le bras droit de Yannick Jadot s’est réfugiée vers cette généralisation bien pratique.

« Madame, essayez de déconstruire vos privilèges de blanche bourgeoise »

Plutôt que d’aller sur ce terrain, Fatiha Agag-Boudjahlat a asséné à son opposante un uppercut tout sourire : « Madame, essayez de déconstruire vos privilèges de blanche bourgeoise ». Une attaque imparable, car, citons l’essayiste : « vous aimez cette attaque quand vous êtes face à un homme blanc. Eh bien moi je vous la renvoie ». Une manière, bien entendu, de faire référence aux nombreuses déclarations polémiques de la candidate d’EELV quand elle expliquait par exemple que ce ne sont pas les « hommes blancs à vélo dans les villes », qui représentent « l’écologie ». Ou bien quand elle racontait qu’elle vivait « avec un homme déconstruit » et qu’elle en était « hyper heureuse ». Ajoutant : « Je ne fais pas confiance à des hommes ou femmes qui n’ont pas fait le chemin de la déconstruction ».

Sonnée de se voir renvoyer ses propres formules — qui ne sont qu’autant d’arguments d’autorité — Sandrine Rousseau a tenté de s’en sortir. En vain, Fatiha Agag-Boudjahlat concluant, inflexible : « Apprenez à combattre tous les patriarcats. Vous avez tort et vous ne connaissez pas ce monde. Vous n’allez pas m’apprendre ce que c’est que cette culture. C’est la mienne ». Quoi qu’on pense de cette façon de clore le débat, quel délice de voir l’éco-féministe revendiquée Sandrine Rousseau, si consensuelle avec l’islamisme et le wokisme, se faire prendre à son propre jeu.

Auteur

Publié le 5 novembre 2021

7 octobre 2021

Valérie Toranian

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 4 h 20 min

La Revue des Deux Mondes

L’école des Trans : le jeu dangereux de l’Éducation Nationale

De l’école maternelle jusqu’au lycée (premier et second degré), l’école est priée de se mettre en ordre de marche pour écouter, accompagner et protéger les « enfants transgenres ou qui s’interrogent sur leur identité de genre ». C’est le sens de la circulaire signée Jean-Michel Blanquer, parue au Bulletin officiel du 30 septembre 2021. Une vraie victoire pour les militants trans qui veulent faire de leur combat l’étendard des luttes progressistes et du genre au XXIe siècle et qui font depuis longtemps pression sur l’Éducation nationale pour que la protection de la trans identité devienne une priorité. Il fut un temps où l’école s’occupait de transmettre les savoirs et où chacun laissait au vestiaire sa religion, son orientation sexuelle, son ethnie, son groupe. Désormais, si l’école ne reconnaît pas les particularismes identitaires et notamment de genre, elle est en faute. Ces préconisations sont celles de l’Organisation mondiale de la santé et de la Cour européenne des droits de l’homme ; elles sont déjà en vigueur dans nombre de pays et le ministère de l’Éducation nationale expliquera sans doute qu’il ne fait que se « conformer » aux nouvelles réglementations.

De quoi s’agit-il concrètement ?
– Reconnaître un « prénom d’usage » différent du prénom officiel. L’élève choisit librement un nouveau prénom et l’administration et le corps enseignant doivent en tenir compte. Sauf pour les examens nationaux où l’état-civil est seul reconnu.
– Respecter le changement de pronoms. Par exemple lorsqu’un(e) élève de sexe masculin souhaite se faire appeler « elle ». – Veiller au « respect des choix liés à l’habillement et à l’apparence », « sans consignes différenciées selon le genre ». Pas de raison de stigmatiser le maquillage, les jupes et les talons pour les élèves transgenres si on les accepte pour les filles « cisgenres » (orientation sexuelle conforme à son sexe).
– Mettre à disposition des toilettes mixtes. S’il n’y en a pas, les créer ou réserver des toilettes spéciales pour les élèves en questionnement d’identité ou trans. Ce dispositif doit aussi être respecté lors des sorties scolaires. Et, bien sûr, dans les internats.

« Les enseignants, sous prétexte de respecter la dignité des élèves, vont être jugés sur leur façon d’accompagner l’élève transgenre. Mais quelle latitude auront-ils pour critiquer, s’opposer ou juger négativement un tel désir chez l’enfant ? »

Que l’école protège les élèves victimes de comportements agressifs et violents qui auraient pour cause l’orientation sexuelle (harcèlements et insultes), rien de plus normal. Elle le fait déjà. C’est le devoir du corps enseignant de préserver à l’école son caractère de sanctuaire et de lutter contre les préjugés en formant l’esprit critique à travers l’enseignement. On rappelle qu’il y a aujourd’hui des quartiers où l’homosexualité d’un jeune peut le conduire à la mort. Mais avec cette circulaire il s’agit de tout autre chose. Les enseignants sont sommés non seulement de se former sur la transidentité et les stigmatisations qu’elle entraîne, mais ils ont aussi « le devoir d’accompagner les jeunes et de faire preuve à leur endroit de la plus grande bienveillance, de leur laisser la possibilité d’explorer une variété de cheminements sans les stigmatiser ». Face à l’élève en questionnement de genre, « il s’agit d’être attentif à ses demandes et à son vécu spécifique et de le ou la rassurer sur sa légitimité à se poser des questions. »

Accompagner la transition ou le questionnement c’est déjà valider la transition. Cette insistance sur le respect dû à l’élève transgenre exclut de fait de « questionner le questionnement ». Un enfant de 8-10-12-14 ans, mal dans sa peau, qui « cherche » son identité doit-il être orienté (et les associations prosélytes sont de plus en plus importantes sur les réseaux sociaux) vers une nouvelle identité de genre ? Le malaise autour de la puberté n’est-il pas constitutif du jeune adolescent ? Les jeunes présentant des symptômes autistiques sont surreprésentés dans les candidats volontaires à la transition. Les médecins qui les opèrent n’ont-ils pas agi à la légère en proposant des opérations irréversibles qui ne sont probablement pas la réponse à une souffrance dont les origines sont tout autres ? Un petit garçon qui joue à la poupée ou s’habille en fille, une fille qui refuse de mettre une jupe et a des comportements « virils », sont-ils vraiment en questionnement sur leur identité ? Montrent-ils les premiers signes d’une dysphorie de genre ?

Les enseignants, sous prétexte de respecter la dignité des élèves, vont être jugés sur leur façon d’accompagner l’élève transgenre. Mais quelle latitude auront-ils pour critiquer, s’opposer ou juger négativement un tel désir chez l’enfant ? On imagine sans peine qu’ils n’en auront aucune. Tout d’abord parce que la circulaire précise que ces mesures s’appliqueront uniquement si l’élève a le consentement de ses deux parents. Comment dès lors s’opposer à une décision « privée » et familiale ? S’y opposer reviendrait à faire preuve de « transphobie ». Une accusation que l’administration scolaire, adepte du « pas de vague », ne veut surtout pas endosser. Elle tremble déjà d’être accusée d’islamophobie, elle tremblera pareillement d’être accusée de transphobie. On suggère aux enseignants de ne pas aborder trop directement les questions qui fâchent (laïcité, liberté d’expression, Charlie Hebdo, enseignement de la Shoah, etc.), il ne s’agit pas d’ouvrir un nouveau front avec le camp progressiste.

Pire, on demande aux enseignants, lorsque l’enfant est en conflit avec ses parents sur son questionnement de genre, de servir d’intermédiaire pour nouer le dialogue, « accompagner » et aider le jeune. Pour résumer, lorsque l’enfant est soutenu par ses parents, on accompagne sans broncher. Lorsqu’il ne l’est pas, on convoque les parents pour « nouer » un dialogue et leur faire comprendre les ressentis de leur enfant. Mais que diable l’école est-elle allée faire dans cette galère ? Est-elle vraiment dans son rôle ?

« Lorsque l’école, socle de nos institutions, demande aux enseignants d’« accompagner » la démarche de transition des élèves, elle se fourvoie. Elle n’est ni dans son rôle, ni dans sa mission. Elle cède aux pressions des militants identitaires de genre qui veulent faire plier l’Éducation nationale. »

Dans son passionnant essai, La Question trans (Le débat/Gallimard), Claude Habib pointe notamment le malaise, voire l’incapacité des adultes à traiter sereinement la demande de l’enfant ou de l’adolescent de « changer de corps ». Les parents tremblent d’être maltraitants, de ne pas répondre favorablement à la souffrance de leur enfant. Ils peuvent être intimidés par des psychiatres qui n’hésitent pas à les culpabiliser : « si votre enfant se suicide parce qu’il n’est pas dans le “bon corps”, vous en porterez la responsabilité ». D’autant qu’en face, rappelle Claude Habib, les adolescents désireux de transitionner « se sentent moralement supérieurs aux générations précédentes » : « leurs désirs mouvants témoignent de leur capacité d’inclure ». Dans notre société woke, dégenrée et postmoderne, « pour croire qu’il n’y a que deux sexes il ne faut pas seulement être rabat-joie, il faut être borné »… Plutôt que d’attendre que l’enfant ait atteint sa majorité pour qu’il fasse librement son choix, on obtempère par lâcheté, par bienveillance mal placée. Le fait qu’un enfant ou un adolescent affirme désirer changer de sexe, d’apparence, de prénom suffit à ce qu’on s’incline devant sa volonté. Un extraordinaire paradoxe, souligne finement Claude Habib, alors que notre pays vient récemment de se pencher avec sévérité sur la question du consentement des mineurs. La loi assimile désormais à un viol tout rapport sexuel avec un mineur de moins de 15 ans, quelle que soit sa volonté déclarée. « Notre permissivité à l’égard des transitions précoces n’en est que plus étonnante. […] Un adolescent a le droit de changer de sexe mais non d’en faire usage ». (1)

Lorsque l’école, socle de nos institutions, demande aux enseignants d’« accompagner » la démarche de transition des élèves, elle se fourvoie. Elle n’est ni dans son rôle, ni dans sa mission. Elle cède aux pressions des militants identitaires de genre qui veulent faire plier l’Éducation nationale. Tout cela concerne très peu de monde dira-t-on. Mais le phénomène trans est en expansion phénoménale. Aux États-Unis, dont nous avons tendance à adopter les modes, les cliniques de transition traitent désormais des enfants à partir de 3 ans. Cette mise au pas idéologique de l’institution se fait au détriment des enfants qu’elle est censée protéger.

Alors que la campagne présidentielle débute, cette circulaire est du pain béni pour tous ceux qui critiquent la perte des valeurs et le vacillement d’une société où le fossé se creuse entre les revendications sociétales woke des nantis et les classes populaires abandonnées par la gauche et à mille lieux de leurs nouveaux combats « progressistes ».


1. L’auteur cite une remarque d’Olivier Rey dans l’émission « Répliques » sur France Culture, février 2020

19 septembre 2021

MICHEL DE ROUGEMONT

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 15 h 07 min

FRONT POPULAIRE

ANALYSE Wokisme

Quelle opposition au courant écolo-gaucho-wokiste dominant ?

OPINION. L’idéologie de la cancel culture, qui a infiltré les universités et le mouvement écologiste, éradique toute opposition en s’imposant par la peur, ce qui rend très difficile sa contestation. La citadelle woke est-elle pour autant imprenable ?

Alors que l’on peut souhaiter un débat politique à propos des affres environnementales et climatiques (celles qui dominent les stratégies énergétiques, de décarbonisation ou de conservation de la nature), il faut constater qu’il est en train d’être dépassé avant même de ne pas avoir eu lieu. Ce courant dominant actuel est une combinaison astucieuse, quoique sans génie créateur, d’écologisme et d’altermondialisme anticapitaliste et anti-progrès, d’ores déjà dépassés par le wokisme de la cancel culture qui supplante et éradique tout, mêmes les plus extrêmes positions du gauchisme habituel. C’est une sorte de Maccarthysme à l’envers.

L’establishment — composé des partis politiques, gouvernements, administrations publiques et ONG, ainsi que des cercles économiques et financiers —, en reste sidéré et s’agenouille devant toutes les revendications afférentes : déboulonnages de statues, interdictions de parole ou d’exercer. La peur est dissuasive de se faire traiter de salaud, à tort bien sûr, mais peu importe, ça touche. Cette peur fait avouer tous les crimes qui n’ont pas été commis, même ceux attribués à nos ancêtres. Elle est bien plus puissante que le courage d’assumer sa personnalité et sa propre culture. C’est pourquoi la plupart des leaders politiques ou économiques s’avèrent n’être que des suiveurs. Par ailleurs, comme la société se montre adepte des plus impossibles aspirations, par exemple la précaution absolue et l’élimination de tout risque, un narratif catastrophiste la terrorise facilement, mentalement, sans explosifs ni fusils. Les justifications utilitaristes sont abjectes qui saluent des mesures offrant un sentiment de réconfort au prix d’une obéissance sans borne et qui balaient négligemment le sacrifice de libertés fondamentales. Personne ne s’en trouve réconforté et chacun perd sa liberté.

Croyant possible de trouver un moyen de moyenner, les partis gouvernementaux des pays occidentaux soutiennent les politiques les plus écolo-gauchistes qui se voient ainsi parées de toutes les vertus. Dire timidement qu’elles vont trop loin est une manière de les adouber sans autre réserve ; cela revient même à s’excuser de n’en pas faire assez. C’est dans ce contexte qu’une quelconque critique à l’égard de ces politiques se voit immédiatement taxer d’inaudible et d’irrecevable, de négationnisme criminel, car s’attaquant à un prétendu bien commun. Il est devenu habituel de se voir désinvité afin qu’aucun débat n’ait lieu, ou alors de servir d’alibi à un pseudo-esprit d’ouverture, se faisant accorder quelques lignes ou secondes d’antenne en s’assurant que des gardiens du temple puissent dézinguer tel messager sans aborder le message.

Les opposants ne sont pas faits du même béton rigide que celui des activistes déterminés, dont les positions extrêmes, doivent être débusquées par des raisonnements et jamais par des affirmations plus péremptoires et moins vérifiables que celles qui sont combattues. Crier encore plus fort des choses tout aussi fausses dessert sa cause.

Les raisons de s’opposer sont très variées et ne sont même pas toujours congruentes. Comme, simple exemple parmi d’autres, un antinucléaire n’acceptera jamais cette technologie comme solution pour satisfaire une forte croissance de la demande en courant électrique. Critiquer la science en y opposant des anecdotes ou des falbalas n’est pas non plus très fédérateur, bien au contraire. Il y a aussi de prétendus opposants qui sont bien difficiles à gérer, amis d’amis qui ne sont pas nécessairement des amis ; ce sont les habituels grincheux, neinsager, conservateurs dans le mauvais sens du terme, obscurs quérulents, scientifiques dévoyés, complotistes de tous genres, ou encore mystiques illuminés. Leurs audiences sont tout aussi hurluberlues, certes gênantes, mais restent de peu d’importance.

Les gardiens du temple n’ont rien à craindre de tels adversaires. L’opposition ne se trouve que très peu dans le monde scientifique, surtout celui des actifs dont les budgets et les publications dépendent de la rectitude politique de leurs projets et de leurs propos. La corruption commence par la soumission. Les émérites et retraités ont plus de liberté, mais moins d’accès aux audiences, malgré leur vaste expérience. Le respect fout le camp, en tous cas dans nos sociétés occidentales postmodernes. La controverse devient de moins en moins technique ou économique et prend un tournant plus philosophique avec des fossés idéologiques difficiles ou même impossibles à combler. Le débat courtois n’était déjà plus de mise, il devient utopique d’essayer d’en mener un.

C’est faire signe d’esprit critique et indépendant que de mettre en question les doxas fondées sur des interprétations incomplètes ou biaisées de la science, sur des idéologies de contraintes, ou sur les deux en même temps. Les personnes ayant cet esprit libre ne sont pas du genre de celles qui obéissent aveuglément à une stricte discipline partisane. La nuance, même en cas d’argumentation forte, doit rester leur première arme. La deuxième est l’humour, dont les ayatollahs de tous bords sont totalement dépourvus.

Tout cela ne fait pas une opposition cohérente et puissante, en dépit des usuelles insinuations que des lobbies inféodés à de sombres intérêts capitalistes seraient à la manœuvre. Pourtant, si lobbyisme il y a, cela fait bien des années qu’il est passé du côté de la bien-pensance écolo climatique qui se trouve en train d’adopter le wokisme. On constate donc sa désorganisation ; c’est plutôt une flopée de francs-tireurs qui visent des cibles diverses et qui peuvent aussi causer des victimes collatérales. Chacune ou chacun pratique une forme de guérilla avec plus ou moins de succès, sinon d’estime. Il faut simplement souhaiter qu’ils communiquent un peu entre eux afin d’éviter les erreurs les plus dommageables et aussi qu’ils se soutiennent mutuellement afin que leurs propos atteignent vraiment leur cible — le clan opposé — car cela ne sert à rien de chanter pour son propre chœur.

Publié le 19 septembre 2021

7 septembre 2021

AMINE EL KHATMI

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 00 min

« À Marseille, des solutions radicales doivent être mises en œuvre » par AMINE EL KHATMI

Marianne.fr

Pour Amine El Khatmi, président du Printemps républicain, il est urgent d’agir à Marseille comme dans les autres quartiers populaires en France qui souffrent d’insécurité, de pauvreté et d’absence effarante de mixité sociale et culturelle.

La visite du président Macron à Marseille remet la question de l’avenir de nos quartiers populaires au-devant de l’actualité. L’énergie du nouveau maire Benoît Payan laisse espérer un vrai partenariat entre l’État et la Ville mais le maire est encore trop seul face aux conservatismes politiques et sociaux : il a besoin d’un État fort, aux moyens extraordinaires, à ses côtés. Un État qui casse les logiques clientélistes que le premier magistrat ne peut affronter à lui seul.

Si les annonces de renforts policiers, d’installation de caméras de vidéosurveillance ou de rénovations d’écoles et de bâtiments sont les bienvenues, toutes ces mesures seront vouées à l’échec si l’État ne s’attaque pas, à Marseille comme partout ailleurs en France, aux causes structurelles qui minent la vie de nos quartiers ; l’insécurité (en 2019, 26 % des habitants des quartiers se déclaraient souvent en insécurité contre 10 % du reste de la population), la pauvreté (42,2 % des habitants des quartiers vivent en dessous du seuil de pauvreté contre 14,3 % dans le reste de la population) et une absence effarante de mixité sociale et culturelle.

Comment imaginer que des politiques publiques puissent être efficaces lorsque certaines villes concentrent 80 % des logements sociaux de leurs agglomérations, que dans des écoles, 80 % à 90 % des élèves viennent de familles arabo-musulmanes vivant dans les mêmes tours, venant des mêmes pays d’origine, partageant la même culture et la même religion, toutes plus précaires les unes que les autres ?

« Repeindre les murs, rafraîchir les cages d’escalier, rénover squares et jardins ne servira à rien et les mêmes causes produiront les mêmes effets si des solutions radicales ne sont pas mises en œuvre. »

Comment s’étonner alors que croissent le séparatisme, le communautarisme, l’entre-soi et leurs ravages ? Comment s’étonner, comme j’ai pu le constater lorsque j’étais élu à Avignon, qu’à la première occasion venue, les familles qui le peuvent quittent ces quartiers et scolarisent leurs enfants dans des écoles privées catholiques pour les arracher à l’assignation à résidence identitaire qui les guette ? Repeindre les murs, rafraîchir les cages d’escalier, rénover squares et jardins ne servira à rien et les mêmes causes produiront les mêmes effets si des solutions radicales ne sont pas mises en œuvre.

Dans mon livre Printemps Républicain (éditions de l’Observatoire), qui condense plusieurs années de réflexion de notre mouvement né en 2016, je propose la limitation du nombre de logements sociaux par ville à 45 % en rasant les tours actuelles les plus indignes et en conduisant des opérations de reconstruction mêlant 30 % de logements sociaux, 30 % de logements en acquisition aidée et 30 % de logements en accession libre. Aucun logement social ne doit être attribué à des étrangers dans un quartier où la proportion d’étrangers dépasse les 25 % et les prestations sociales des parents d’enfants condamnés par la justice doivent être modulées en cas de récidive pour mettre chacun face à ses responsabilités.

L’abaissement de la majorité pénale à 15 ans, la fin de l’aménagement systématique des courtes peines de prison ou la généralisation des mesures d’éloignement doivent permettre de répondre au sentiment d’impunité que ressentent les petits caïds qui pourrissent la vie des habitants, allant même, comme à Marseille, jusqu’à leur demander de décliner leur identité pour rentrer chez eux. Comment exiger des citoyens de respecter l’autorité de l’État si cette même autorité est piétinée partout autour d’eux ?

« À défaut de solutions radicales, les visites ministérielles et les annonces de plans se poursuivront sans effets, renforçant chez les habitants la conviction que la puissance publique est incapable de changer leur vie durablement. »

Mais parce que je viens de ces quartiers, je sais aussi que la réponse ne peut pas être que sécuritaire ou judiciaire. Tout en combattant les discours victimaires, j’entends certains enfants de nos quartiers populaires avoir la conviction, fondée par ailleurs, qu’ils devront déployer plus d’efforts que d’autres pour s’en sortir ! Il faut les aider et c’est pourquoi je propose le dédoublement des classes jusqu’au lycée dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville et, pour ceux qui n’ont pas les réseaux, dont les parents n’ont pas de carnets d’adresses fournis, la création d’un service public chargé du mentorat permettant à des citoyens qui ont réussi dans la vie de prendre sous leur aile ceux qui ont tout à bâtir.

Enfin, une vaste politique de construction d’internats dans les collèges plus favorisés, conditionnée à une suspension de la carte scolaire, doit permettre d’arracher ces jeunes à la spirale des quartiers qui les tire vers le bas et les inciter à se consacrer à leurs études durant la semaine. À défaut de solutions radicales, les visites ministérielles et les annonces de plans se poursuivront sans effets, renforçant chez les habitants la conviction que la puissance publique est incapable de changer leur vie durablement. Il est difficile, à ce stade, de ne pas leur donner raison.

18 août 2021

FRONT POPULAIRE

Classé dans : Barbarie, il suffit — eructeuse @ 8 h 07 min
Nation
Islamisme
Idriss Sihamedi, le wokisme et l’islam radical
Auteur : la rédaction

ARTICLE. Alors que les taliban ont pénétré Kaboul et fait fuir le gouvernement afghan, Idriss Sihamedi n’a pas caché sa joie. Le fondateur de BarakaCity avait été largement défendu à gauche quand le gouvernement avait dissous l’association. Elle était pourtant accusée de s’inscrire dans la mouvance des associations pro-djihadistes.

« Qu’Allah descende sur le peuple Afghan les plus belles richesses, les plus beaux hôpitaux, plus belles écoles et le plus bel avenir que le pays n’a jamais pu rêver ». Ce tweet quelque peu lunaire et publié le 15 août vient saluer l’entrée des taliban à Kaboul, capitale de l’Afghanistan.

Son auteur, Idriss Sihamedi n’est pas inconnu en France. Celui qui se réjouit du retour de l’obscurantisme religieux dans le pays marqué par le souvenir d’Oussama Ben Laden est également fondateur de BarakaCity. Cette ONG se disait « humanitairement engagée pour toutes et tous » — surtout les musulmans au travers du monde — et avait été accueillie par la Turquie d’Erdogan en 2021.

Le gouvernement accusé de « délire islamophobe »

Un exil contraint. En novembre 2020, BarakaCity a été dissoute par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui l’accusait de « s’inscrire dans la mouvance des associations pro-jihadistes » et d’être une « ennemie de la République ». Annoncée en même temps que la dissolution du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), cette disparition contrainte avait alors fait sortir de leurs gonds les habituels idiots utiles du fondamentalisme religieux sous couvert de bons sentiments.

Le journaliste Taha Bouhafs avait exprimé son « soutien à @Barakacity », évoquant la « honte internationale de dissoudre cette association ». François Burgat, islamologue et politologue français avait parlé d’une « dérive arbitraire et violente de la Macronie », accusant le gouvernement de « délire islamophobe ». Pour Raphaël Liogier, sociologue et professeur des universités à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, BarakaCity pouvait « participer à une forme de déradicalisation terroriste. » A noter qu’Idriss Sihamedi se dit lui-même sur sa biographie Twitter « journaliste, lanceur d’alerte, travailleur et défenseur des droits humains ».

Une défense qui ne tient plus aujourd’hui. Pris de panique, Taha Bouhafs a lâché celui qu’il défendait il y a encore peu : « oui on peut (on doit) (…) demander le respect de l’état de droit face à un traitement d’exception de l’islam et des musulmans en France. Tout en se tenant loin des élucubrations plus que douteuses de certains ».

Nul n’est pourtant dupe : la dérive religieuse d’Idriss Sihamedi n’a jamais fait aucun doute pour quiconque s’y intéressait. En janvier 2016 dans l’émission « le Supplément », sur Canal +, non seulement Idriss Sihamedi avait refusé de serrer la main de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Éducation, mais il avait également fait preuve d’une ambiguïté plus coupable. Alors qu’on lui demandait s’il condamnait Daech, embarrassé, il avait répondu qu’il n’était « pas équitable, pas juste, de poser la question à un musulman. »

Un « gouvernement islamique ouvert et inclusif » !

L’arrivée des taliban au pouvoir en Afghanistan n’est bien évidemment pas du fait du “wokistan”. En revanche, les adeptes de la pensée déconstructrice, décoloniale et intersectionnelle sont les principaux idiots utiles des fondamentalistes islamiques.

Les mouvements politiques de gauche y voient une nouvelle classe sociale prétendument opprimée et surtout un réservoir de voix pour les échéances électorales. Alors ils se livrent à un clientélisme de mauvais aloi qui s’exprime dans les cantines scolaires ou les piscines municipales. Les féministes de ces mouvements voient dans le port du voile ou du burkini un combat à mener pour libérer les femmes de l’oppression systémique de l’État français.

Ces mouvements de gauche prétendument inclusifs préparent en réalité le terrain à des personnalités comme Idriss Sihamedi. Avec 59 % des professeurs de moins de 30 ans qui se déclaraient favorables au burkini dans une enquête IFOP — Fondation Jean Jaurès publiée en juillet 2021, ce n’est plus un « terrain », mais un tapis rouge.

Alors oui, cette nouvelle pensée « tolérante » des différences sexuelles et religieuses n’a pas amené les taliban au pouvoir en Afghanistan. Qu’à cela ne tienne ! Zeke Miller journaliste de la Maison-Blanchepour le compte de l’Associated Press a relayé sur twitter une déclaration du porte-parole du mouvement : « Le porte-parole des talibans a déclaré (…) que les militants tenaient des pourparlers visant à former un « gouvernement islamique ouvert et inclusif ». Ouf : le futur Afghanistan sera inclusif ou ne sera pas. Que les Afghanes soient rassurées.

17 août 2021

NATACHA DEVANDA

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 8 h 37 min

Charlie Hebdo.fr

Religions

Saint-Chamond, la ville où les élus écolos sont les judas de la laïcité

L’affaire remonte à la fin du mois de juillet. Le 21 juillet, en pleine fête de l’Aïd, l’imam fait son prêche en plein air, non loin du terrain où une future mosquée est en construction. Les croyants sont au rendez-vous. « Femmes musulmanes, tâchez d’obéir aux droits d’Allah et à ceux de vos époux, restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas de la manière des femmes d’avant l’islam », déclame le prêcheur en citant l’un des versets du Coran.  

Ces belles paroles sont diffusées en direct sur Facebook. Et tombent dans les oreilles d’Isabelle Surply, conseillère municipale RN de Saint-Chamond. Laquelle s’en empare et s’emmêle les pinceaux en twittant « Tâchez d’obéir aux doigts d’Allah » au lieu de « Tâchez d’obéir aux droits d’Allah », ce qui, en soi, ne change pas grand-chose aux propos réacs qui sont le gage de toute religion qui se respecte. L’affaire agite les réseaux sociaux quand le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, demande à la préfète de la Loire de destituer l’imam et de s’occuper du « non-renouvellement de son titre de séjour », Mmadi Ahamada étant de nationalité comorienne. Lequel fait valoir sa bonne foi, explique qu’il est « pour que les filles fassent des études, deviennent médecins ou ingénieurs et pas pour qu’elles restent au foyer » et, aussi courageux qu’un caniche nain, explique son envolée machiste, en se planquant derrière le Coran avec cet argument choc : « c’est pas moi qui le dit, c’est Allah ! »

Les mésaventures de l’imam émeuvent illico les belles âmes de gauche qui voient dans la critique légitime de la religion musulmane la bête immonde de « l’islamophobie ». Les élus EELV de Saint-Chamond en sont et réagissent. Écrit avec les pieds, bourré de coquilles, de fautes de syntaxe et de grammaire, le communiqué de presse que se sont dépêchés de rédiger Patricia Simonin Chaillot et Jean Minnaert, conseillers municipaux à Saint-Chamond (Loire) fait peine à voir. 

C’est à vomir. @EELV entérine le sexisme de la religion dont on ne doit pas dire le nom… pic.twitter.com/60iXCeZsTL

— Fatiha Agag-Boudjahlat (@AgagBoudjahlat) July 31, 2021

Lundi 26 juillet, soit à peine cinq jours après la retransmission du prêche de l’imam sur Facebook, ces deux Verts de Saint-Chamond plongent tête la première dans le relativisme culturel et tentent de se faire l’avocat des religions monothéistes « qui portent l’égalité hommes femmes devant leur Dieu » (sic), tout en affirmant que « le combat historique des mouvements progressistes, portés par la gauche et les écologistes, ont participé à la reconnaissance de l’égalité homme-femme combattue le plus souvent par la droite et l’extrême droite ».
Dans un premier temps, on conseillera vivement aux conseillers municipaux EELV de lire attentivement Bible, Coran, Torah pour constater combien la femme est l’égale de l’homme dans les trois religions du Livre. Ensuite, on regrettera bien fort que ce « combat historique » de la gauche, des féministes et des écologistes, qui a su faire évoluer les mentalités, soit pour certains un lointain souvenir.  

Qu’espèrent donc ces deux mous du bulbe en rédigeant pareil charabia ? Qu’on les qualifie d’humanistes ? D’inclusifs ? De woke ? S’ils pensent sincèrement et un seul instant que les fidèles biberonnés aux prêches sexistes voteront EELV ou un quelconque parti progressiste lorsqu’ils se rendront aux urnes, ils sont, au mieux, de très mauvais stratèges politiques, au pire, plus cons qu’une laitue. Car courtiser un imam au prétexte de défendre la laïcité et les valeurs de gauche mérite de figurer tout en haut dans l’anthologie de la bêtise en politique. Les plus fidèles des fidèles, ceux qui ne jurent que par la religion, qui pensent que la place de la femme est à la maison à faire des gosses et la cuisine, ceux-là haïssent les idées de gauche, crachent sur les homos et les féministes, interdisent les débats d’idées, la déconnade, les empoignades… Et ce qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans.

Une évidence qui ne frappe pas les quelque 4600 signataires de la pétition de soutien à l’imam lancée sur change.org, le 23 juillet. Pas plus que les membres de la section ligérienne de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui s’est elle aussi fendu d’un communiqué, en date du 26 juillet. Même le journal Le Monde y est allé de son couplet. Dans un article publié le 30 juillet, il titre « Polémique après la suspension d’un imam dans la Loire » et note que jusque-là « les sanctions prises à l’encontre d’imams ou de mosquées l’ont été à la suite de propos d’incitation à la haine ou de soutien à des actions terroristes. Jamais sur la base d’une lecture d’extraits du Coran. Si la décision du ministre devait se confirmer, alors prêtres, pasteurs et rabbins pourraient s’inquiéter. »   

Diantre, on tremble pour tout ce ramassis obscurantiste qui connaît au XXIe siècle un tel regain d’intérêt. Et Le Monde de poursuivre : « Un passage de la Bible dit par exemple : « Femmes, soyez soumises à vos maris » (Lettre aux Éphésiens, 5, 22–24). Il deviendrait dès lors interdit de le citer en public. Joints par Le Monde afin de savoir quel texte de loi légitime leur action, ni la préfète de la Loire ni le ministre de l’intérieur n’ont répondu. »  

Mais ce que ni Le Monde, ni EELV ou la LDH ne semblent remarquer c’est que les propos de l’imam n’ont pas été tenus uniquement devant un public de fidèles, mais aussi en direct sur les réseaux sociaux, ce qui, sous couvert de faire du prosélytisme et de toucher le plus grand nombre, expose directement la responsabilité de celui qui prêche aux conventions de la vie en société, au pacte social et au respect des lois. Parmi elles, celle de l’égalité républicaine entre les hommes et les femmes. Le public de ce prêche n’était donc pas seulement les fidèles engoncés dans leurs croyances qui pensent que la femme est un être inférieur qui se doit d’être modeste, pudique et obéissante, mais les internautes, soit à peu près tout un chacun. Or, à Charlie, on trouve bien dommage qu’en 2021, les seuls politiques immédiatement choqués par les propos sexistes d’un imam, soient des membres du RN ou un ministre de droite.  

Que disent le PC, la France insoumise, les socialistes, les associations féministes des propos moyenâgeux tenus par l’imam ? Rien. Ah oui, c’est vrai, on oubliait, c’est les vacances, les JO, la plage, tout ça… Et, c’est bien connu, le sable dans les oreilles, ça rend sourd. ●

29 juillet 2021

Etats Geneaux du Combat Laïque

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 28 min
Plaidoyer pour une souveraineté Laïque Française.
La laïcité française est un enjeu local à l’échelon de la planète. Notre laïcité séparative, qui garantie la liberté de conscience de tout les citoyens est un enjeu national franco-français. En 2020, il est plus que temps de reprendre le main par le haut sur ce principe juridique puissant et sur la dimension philosophique qui engraine, qui engrainait la société d’une idée humaniste et universaliste.
Tout d’abord en revenant à ce qu’elle fût, avant que les politiques eux même ne la rendent caduque et inopérante.
Historiquement, la genèse fait débat. Les discussions sur les luttes pour l’émancipation du joug clérical et de la libération de l’individu ayant, au travers de la révolution laissées des traces indélébiles, tout autant que celles sur les inventeurs de la logique humaniste du siècle des lumières, ne trouverons que des débats historico-politiques qui diviseront inévitablement les meilleurs partisans de la laïcité.
Au stade où nous en sommes, il est inutile de se lancer dans une exégèse et un rappel historique de la laïcité, lorsqu’on sait que de l’aveu de certaines interprétations du Coran, Mahomet lui même serait un précurseur de la chose Laïque, que Jésus lui même serait laïque, tout comme Gengis khan dans les steppes mongoles. Inutile donc de faire une remontée dans le temps pour en chercher les prémices. Nous n’avons pas le temps nécessaire avant l’effondrement total de ce qui dirige nos pas de citoyen depuis 1905, date de la promulgation d’un texte qui a profondément impacté la marche de ce pays.
Loi de séparation entre les églises et l’État.
Il court depuis des années une interprétation sur le titre même de cette loi. Un enfumage politique chargé de faire dire le contraire d’un texte pourtant simple dans son titre et dans son exposé.
Le terme  »séparation » est galvaudé au point de le transformer en  »neutralité d’État ».
La séparation implique forcément deux parties. Les églises d’un côté, l’État de l’autre.
Sous la pression électorale, ou plus particulièrement sur le mythe d’un vote religieux communautariste, le terme  »séparation » est devenu caduque au profit de l’idée de  »neutralité de l’État » face aux églises. C’est un allègement idéologique de la rigueur séparative. Une sémantique qui renverse l’idée même de la loi de 1905, en l’empêchant d’être ce pourquoi elle a été promulguée, à savoir une séparation stricte entre le pouvoir temporel de l’État et le pouvoir intemporel des forces cléricales.
L’État serait donc seul à être neutre et non invasif à l’endroit d’un contre pouvoir organisé. Rendant du coup les églises libres et sans contraintes dans la société et face à l’État.
Il faut se dire qu’en 1946 en préambule de la constitution, puis en 1958 à la promulgation de la constitution de Vème République, il a été décrété que la République Française était laïque. Sur la base de la loi de 1905, loi de séparation entre les églises et de l’État, et dans un soucis de reconstruction après guerre, l’État a décrété que cette séparation était toujours valable et impérative pour que les fonctions publiques puissent fonctionner sans interférences cultuelles au service de l’État et des citoyens. Écoles, collèges, lycées, hôpitaux, sécurité intérieure, services sociaux, municipalités,collectivités locales, tout le régalien s’est mis au pas laïque, séparé du religieux et de l’influence cléricaliste. Chaque fonctionnaire ayant l’obligation légale et morale de neutralité, obligation de ne pas faire montre d’une quelconque obédience politique, religieuse, spirituelle, ou direction de pensée philosophique. Ces obligations ont permis de faire respecter non seulement l’État et son engagement envers le citoyen français, mais aussi de maintenir loin de la marche de l’État d’éventuelles résistances réactionnaires , ou d’obscurantismes sociaux.
Cette neutralité s’applique donc aux fonctionnaires et non à l’État lui même. L’État lui est toujours séparé dans ses décisions des églises. Et ce quelques soient les courants religieux. Ceux en place à la promulgation en 1905 , ainsi que ceux à venir puisqu’à aucun moment dans le texte de la loi de séparation, il n’est fait mention d’un quelconque courant religieux. Aucun culte n’est précisé afin que la loi en elle même, ne porte pas sur les spécificités de telle ou telle culte. On peut donc conclure qu’une forme d’égalité de traitement envers les rites, les cultes, les clergés, les religions est de fait actée par le seul titre de la loi.
De nos jours tout est fait pour que l’interprétation de ce titre soit détourné par l’idée de neutralité qui n’est dévolu qu’aux services publics et aux fonctionnaires en laissant entendre que l’État et le régalien serait deux choses identiques. Mais la marche de l’État n’en reste pas moins exempte de conseils religieux, les citoyens français ne pouvant justement pas être représentés par une autorité religieuse quelconque qui empêcherait ou influencerait l’État au moment de décider librement de la marche qu’il décréte pour et avec les citoyens eux même.
C’est ici que la gouvernance Macron induit une perte de souveraineté face aux éléments cultuels. Le président nouvellement élu en 2017, organise avec la conférence des évêques, un discours qui fera date en pulvérisant justement la séparation. Le président Macron, garant de la constitution, de la laïcité, de la séparation, affirme devant un parterre clérical catholique,vouloir renouer le lien entre les églises et l’État. Une traîtrise républicaine au pacte social qui permettait de maintenir les seules décisions de raison hors l’influence de dieu et ses représentants. Jamais depuis Pétain, on avait tourné le dos à la loi de séparation à un si au niveau de décision et de responsabilité
Le niveau de délabrement laïque, organisé depuis Mitterrand qui recommandait de ne pas faire trop cas de la laïcité, la trouvant difficile à défendre et trop rigoureuse dans, justement, son principe séparatif, puis par un Sarkozy qui s’est attaché à faire représenter les musulmans par un clergé politique, puis par un second par obligation pluraliste entre l’islam diplomatique et les frères musulmans, ou encore par la non affirmation de cette séparation en réponse aux suites des attentats islamistes de 2015 par Hollande et ses gouvernements. Le niveau de délabrement laïque donc, et la perte de sens politique du principe de séparation n’ont même pas permit une levée de bouclier citoyenne face à ce terrible coup de couteau cléricaliste dans le dos à la République, à la constitution, à l’esprit d’émancipation de la loi de 1905.
Il faut rétablir une souveraineté Laïque de l’État, et se réapproprier le principe de séparation et non de neutralité. l’État doit être libre de mouvement, dirigé par la raison, la science, par des choix éclairés qui s’appliquent à tout les citoyens dans la même charge de droits et de devoirs, sans que ces décisions ne soient entachées d’un doute sur les volontés d’égalité, de liberté et de fraternité qui guident les pas de la France depuis la révolution française. Il faut mettre fin à cet enfumage idéologique qui vient mettre en péril le joyaux protégé par ce principe de séparation. Parce que le but principal de la loi de séparation des églises et de l’État, n’est pas de donner des prérogatives à la marche de l’État, mais bel et bien de créer un nid à cette liberté au dessus des autres dans le cadre républicain et de la protéger par la force de la séparation des pouvoirs temporels humains, d’avec des organisations sociales qui ont vocations à brider les consciences.La laïcité, nous venons de le voir, c’est le principe de séparation d’abord dans le fonctionnement de l’État et des fonctions publiques par la neutralité. C’est l’écrin d’une des plus importantes libertés qui ait été donnée légalement aux Hommes. Un modèle mondial pour qui veut s’en emparer pour son compte, une liberté qui rend libre dans sa vie et libre dans sa tête et que la séparation protège comme le plus important héritage français à savoir, la liberté de conscience.
La liberté de conscience, ce n’est pas rien!
Mais surtout ce n’est pas la liberté religieuse, ou de religion, ou de croyance, ou d’expression. Non la liberté de conscience englobe tout cela.
On peut donc, et critiquer un culte ou tout les cultes, et mieux encore ne rien critiquer du tout. On peut l’écrire, le dire, le chanter, le filmer mais à la seule condition de n’être qu’un individu. Oui, la liberté de conscience est une liberté individuelle. Chaque citoyen est libre de penser, croire, théoriser, rationaliser, dire, pratiquer, de ne pas adhérer, de motiver ce pourquoi, d’en débattre, de se moquer, de donner des sous, tant que cela reste dans le champs individuel.
Ce n’est donc pas la simplification martelée par l’observatoire de la laïcité depuis sa création : »le droit de croire ou de ne pas droite » la laïcité et la liberté de conscience va beaucoup plus loin que ça.
La liberté de conscience, c’est surtout l’affirmation de la liberté de penser. Et l’organisation légale de son expression.
En qualité de liberté individuelle, elle coule sur tout les citoyens de manière égale, que l’on soit athée, religieux, pratiquant, nihiliste, de droite, de gauche, vieux ou jeune, homme ou femme, en province ou à Paris, sauf dans le concordat Alsace-Moselle qui conserve des spécificités à cause d’une erreur de taille lors du rapatriement des ces territoires a la fin de la première guerre mondiale. N’étant pas française en 1905, la région ne rentre pas légalement dans le cadre de la laïcité française. Idem pour les DOM TOM où la réglementation n’est pas calqué partout sur le modèle métropolitain.
La liberté de conscience donc raisonne et résonne comme un principe partagé , égalitaire et individuel.
La loi de 1905, ne gère pas l’individu. Elle organise l’expression collective du rite. Elle contraint les organisations cléricales à se conformer à la loi et les rend responsable des éventuelles infraction commises en leur nom, les congrégations et autres association religieuses. Elle met sous surveillance l’expression collective du culte et contrôle que les individus ne soient pas coupés de la liberté de conscience qui chapeaute toutes les expressions individuelles.
Elle pénalise même les dérives dans une séries d’articles qui met des garde-fous et instaure une police des cultes en établissant des sanctions financières et des fermetures de lieux de cultes qui dérogeraient aux règles. C’est à l’État de faire appliquer la loi, et aux cultes de conduire le culte dans les règles. Il est donc faux de dire qu’il y a une liberté religieuse, ou de religion, ou de culte.
Seule la liberté de conscience et la liberté de pratiquer son culte, d’en changer, en tant qu’individu est protégé.
Les clergés doivent se conformer à la loi.
Pourtant depuis des décennies, malgré les dénonciations de dérives, l’État ne fait rien ou si peu!
Des candidats politiques traînent leurs guêtres avant les élections, dans tout les lieux de cultes, pour promettre des dômes et des minarets, des facilités immobilières, des reconnaissances publiques d’un lien entre le politique et les cultes, des crèches dans les lieux régaliens, des repas cultuels au nom du vivre ensemble à Noël , à l’Aïd, à Hanouka, des achats de temples bouddhistes en kit par des mairies et conseils régionaux. Aucune dérive n’est condamnée par l’État. Au point que l’on donne des terrains appartenant à tout les citoyens, pour 1 euro, à une partie de la population et à des fins religieuses.
Les règles pourtant sont très claires
 » l’État ne reconnaît ,ni ne subventionne aucun culte ». Il n’y a rien de plus simple!
L’argent de l’État, l’argent public, ne peut être utilisé pour financer, subventionner, promouvoir un quelconque culte. L’argent du culte, c’est l’argent des croyants, pas celui du revenu de tout les citoyens. L’argent public ne regarde que l’état et les citoyens dans leurs ensemble.
Et c’est pour cela que l’État ne doit pas reconnaître les cultes comme des corps intermédiaires ,ni comme des syndicats d’une partie de la population. Pourtant il n’est pas rare que des représentants des cultes, soient conviés en mairie ou dans les ministères, ou même comme pendant le confinement, lors de l’épidémie de la COVID, directement connectés avec l’Elysée en visioconférence.
Les représentants de l’État ne doivent pas être partie prenante dans les affaires cultuelles, ni dans une quelconque aide à des institutions de droit privé religieux. C’est interdit par un texte qui date de 1905, et réactualisé en 1958 ,ni parler en lieu et place d’une partie seulement de la population, en leur nom ou en celui d’une communauté
Il s’agit ici de protéger l’individu d’un réarmement dans la société de canons religieux, en aidant à affûter l’emprise des cultes collectifs sur les croyances personnelles. La marche de l’État n’a pas à s’adosser sur un pouvoirs transversal qui a vocation au contrôle social privé.
Les germes du pouvoir religieux sont toujours d’actualité. Soit en affirmant une hégémonie culturelle, soit en modifiant dans la société les perceptions morales, sociales, ayant pour finalité la transformation par la loi de la liberté de conscience.
Le principal ennemi du religieux est le blasphème. Un délit qui n’est plus légal en France, mais qui autorise des passage à l’acte violent en s’exonérant du droit commun au profit de préceptes religieux devenu loi pour les plus rigoristes des pratiquants.
On peut constater une forme d’alliance informelle contre le blasphème. Tout est en place sans être dénoncé par les autorités pour museler les paroles critiques, caricaturales, idéologiques, la critique des rites, des pratiques, des sacrifices d’animaux, du business religieux et surtout la dénonciation de l’entrisme religieux dans la structures d’états et des financements associatifs de structures locales et confessionnelles, ou donc l’activité sert a la promotion du culte et des pratiques du cultes avec l’argent public. A la moindre remarques, les anathèmes pleuvent. Islamophobe, cathophobe, antisémite, laïcard, raciste…
Il est incroyable de penser que c’est avec une partie de l’argent public que ces gens s’arment contre les citoyens et contre la liberté de conscience.
Prenons par exemple  »alliance citoyenne » à Grenoble, qui touche de généreux subsides de la mairie elle même. Le but de cette association, outre quelques actions citoyennes locales est de forcer la main des pouvoirs publics pour se baigner habillé dans les piscines. Dit comme ça, sans connotation religieuses, on pourrait croire à une blague.
Mais si on y ajoute le fait que ces vêtements sont des habits religieux, imposé par une pratique orthodoxe du rite qui reste un choix au regard de la liberté de conscience, la donne change.
Et c’est bien de l’argent public, prit sur le salaire de millions de travailleurs, de propriétaires immobiliers, de taxe en tout genre, qui finance ce type d’action. Et la réponse de cette association qui qualifie d’islamophobe toutes les voix qui s’élèvent contre cet état de fait.
Faire taire au nom du blasphème.
Que l’on soit Salman Rushdie, Charlie Hebdo, Zineb el Rhazoui, Mila, ou simple citoyen au Bataclan, dans un quartier ou dans une file d’attente au supermarché, nous sommes tous soumis à d’éventuel actes ou paroles lié au blasphème. Aucune parole d’État ne vient contrarier ces menaces, actes, on trouve même des gardes des sceaux pour parler de respect pour faire taire les critiques de citoyens horrifié que Mila soit mise en danger pour son opinion sur l’islam.
Respect de quoi? A quel moment le respect est un argument judiciaire, juridique?
Pourtant faire taire au nom de son culte, forcer à exercer un culte ou des pratiques cultuelles est puni par la loi. Par la loi de 1905 et son article 31!
 »Article 31
Sont punis de la peine d’amende prévue pour les contraventions de la 5ème classe et d’un emprisonnement de six jours à deux mois ou de l’une de ces deux peines seulement ceux qui, soit par voies de fait, violences ou menaces contre un individu, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi ou d’exposer à un dommage sa personne, sa famille ou sa fortune, l’auront déterminé à exercer ou à s’abstenir d’exercer un culte, à faire partie ou à cesser de faire partie d’une association cultuelle, à contribuer ou à s’abstenir de contribuer aux frais d’un culte. »
Si menacer quelqu’un de violence, en lui demandant de se taire ou de se plier à une pratique cultuelle qui serait de ne pas dessiner le prophète ne conduit personne devant un tribunal, doit on s’étonner que la liberté de conscience soit si mal comprise?
Ou lorsque c’est fait avec de l’argent public , comme à Grenoble, où on demande que des pratiques vestimentaires religieuses soient permises dans l’enceinte d’un bâtiment public, recevant du public?
Ou lorsqu’un élu se présente à une cérémonie religieuse pour solliciter des votes, comme un retour sur investissement sur la vente à la découpe de la liberté de conscience?
Ou lorsque des associations ou congrégations religieuses sont invitées a débattre sur les lois bioéthiques à venir?
Ou quand un élu va remettre les clefs de sa ville à Barbarin contre un euro symbolique?
Ou en invitant les responsables locaux religieux à des débats dans les préfectures?
Ou quand un président de la République française s’invite à la conférence des évêques pour déclarer sa flamme au cléricat catholique en promettant de réparer le lien entre l’état et les cultes?
A coup d’argent public et d’arrêtés municipaux pour régler le problème des troubles à l’ordre public en mobilisant des forces de polices ou des agents municipaux.
La liberté de conscience ne se négocie pas. Elle ne doit pas être dénaturé au profit d’un vivre ensemble entre communautés et en excluant de fait l’état et les citoyens. Il en va de notre vie. Les orthodoxes faisant peu de cas de la vie en matière de blasphèmes.
C’est à l’État de prendre les choses en main, d’appliquer le titre VI de la loi de 1905 avec la plus intense des reflets, de communiqué fortement pour renvoyer tout les anti républicaine religieux, tous les fachistes de la pensée des arrière mondes, avec l’aval des citoyens puisque c’est le rôle de l’État que protéger les libertés et en premier lieu celles des consciences.
Il est temps de reposer la question d’un souverainisme laïque, qui serait l’action d’un état fort, au service des libertés fondamentales sans le délayer dans une soupe droit de l’hommeliste qui dénature le seul texte qui dirige nos pas laïques, la déclaration des droits de l’homme et des citoyens, et que la loi de 1905 a mis en forme dans une logique d’égalité, de liberté et de fraternité.
Soyons laïques, soyons français, soyons laïquement souverain.

3 juillet 2021

Le relativisme, suicide de la raison

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 28 min

Le relativisme, suicide de la raison

Auteur : Charles ROTZMAN le 3 juillet 2021

FRONT POPULAIRE

OPINION. Les innombrables dérives des sciences sociales dans le monde occidental actent le triomphe d’un relativisme qui, par refus de la confrontation, a tiré un trait sur la recherche de la vérité.

À partir du moment où on a accepté l’idée qu’il n’y avait pas de vérité absolue et que la réalité n’existait pas en tant que telle, mais qu’elle était dépendante du regard qu’on portait sur elle, à partir du moment où on a accepté ce relativisme-là, il devenait évident qu’on allait pouvoir affirmer que la réalité était utilisée par les dominants pour asseoir leur pouvoir.

La réalité devient alors un enjeu : étant le produit d’une idéologie, on peut lui opposer une autre idéologie. Ainsi, peu à peu, sous l’influence de ce qui restait des idées marxistes sur l’histoire et la société, il est devenu facile de dire que cette réalité qui nous est présentée n’est pas la vérité, mais la vision que veulent nous présenter les dominants pour asseoir leur domination sur les dominés. Tout est ouvert alors pour toute affirmation exprimée par lesdits dominés. La vérité devient un terrain de combat où s’affrontent différentes vérités dont l’une doit l’emporter sur les autres. Comme dans tout totalitarisme on pourra inventer une réalité, une science socialiste à la Trofim Lyssenko, une science nazie opposée à une science juive, dire que la paix c’est la guerre et inversement comme dans le 1984 de George Orwell. Les affirmations les plus délirantes peuvent être émises, à partir du moment où elles sont utiles dans le combat. L’histoire aurait été écrite par l’homme blanc au service du patriarcat, l’hétérosexualité serait un mythe construit comme le genre lui-même. On peut alors réécrire la biologie, la science, l’histoire et pire encore faire disparaître toute trace de cette histoire qui ne serait pas la vérité, mais une construction sociale au service d’une oppression. On ouvre ainsi la voie à des superstitions d’un autre âge qui ont pour elles l’avantage du nombre et de la force.

Comment résister à ce relativisme qui devient dominant en Occident dans le monde académique et qui, supprimant tout universalisme, fait éteindre les Lumières qui furent une acquisition difficile face à l’obscurantisme religieux ? L’être humain est avide de ce qui peut lui donner un sens et dans une époque troublée et chaotique comme la nôtre, les certitudes même régressives et illusoires peuvent l’emporter sur ce socle péniblement construit de la raison et de l’universel.

Il y a trente ans environ, pour faire face aux violences et à l’insécurité qui déchiraient déjà notre société, j’ai inventé une approche de psychologie politique clinique que j’ai, à l’époque, baptisée « thérapie sociale », en souvenir d’actions qui avaient été conduites par des héritiers de Freud et de Mélanie Klein, qui étaient inquiets de ce qu’on pouvait appeler des pathologies sociales pouvant provoquer la destruction de l’humanité. Cette thérapie sociale avait au départ pour objet de comprendre et de prévenir les phénomènes de violence et de haine qui désagrègent le tissu social. Bien vite, il m’est apparu que la violence, ou plutôt la confrontation, était une solution plutôt qu’un problème et qu’elle permettait d’obtenir des résultats et des acquisitions à partir d’une vision folle de soi-même et des autres.

Des actions de thérapie sociale ont été menées en France et à l’étranger pour réunir et tenter de réconcilier des personnes et des groupes opposés par des visions différentes de la réalité qui les poussaient à des affrontements au lieu de chercher ensemble le bien commun. Le processus de thérapie sociale qui les aidait à retrouver de la confiance en eux et dans les autres leur permettait de parler avec franchise de leur vécu réel et de donner des informations sur la réalité qu’ils détenaient au lieu d’opposer les uns aux autres leurs idéologies, leur victimisation et leurs accusations parfois paranoïaques. Ainsi, ensemble, ils découvraient la réalité en recollant tous les bouts d’informations dont chacun disposait. La thérapie sociale devenait alors une sorte de révélation pour chacun de la réalité dans toute sa complexité et sa richesse.

La réalité existe et elle peut être connue par le débat, un débat qui doit être accompagné pour aider la prise de parole et la capacité à supporter le conflit. C’est cette recherche en commun de la réalité qui permet d’éviter les délires idéologiques qui ne sont pas vrais, mais qui sont utiles pour déployer des violences et soutenir un pouvoir sur les autres. Comme le disait Jules Romains au plus fort de la Seconde Guerre mondiale : « Nous sommes payés pour savoir que la jeunesse d’un peuple s’empoisonne avec facilité, et qu’ensuite cela peut coûter cher, et à ce peuple, et à la civilisation générale. »

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