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1 décembre 2021

La clarté obscurantiste

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 6 h 32 min

Dans Marianne : Quand les militants décoloniaux parlent de Jean Luc Mélenchon, leur « butin de guerre »

par Jean-Loup Adenor

Dans un live Twitch relativement confidentiel, Houria Bouteldja et de jeunes militants décoloniaux ont exposé leur stratégie gagnante de ralliement de Jean-Luc Mélenchon à leur cause. Tout en affichant une défiance profonde à l’égard du leader de la France insoumise.

Avec des alliés pareils, Jean-Luc Mélenchon n’a pas besoin d’ennemis. Dans une vidéo diffusée en direct sur la plateforme Twitch par le militant d’extrême gauche Wissam Xelka, des militants décoloniaux ont discuté du meilleur candidat pour porter leurs idées à la présidentielle. Invitée, Houria Bouteldja, fondatrice et ex-porte-parole des Indigènes de la République, a donné une véritable leçon de stratégie militante et politique. À la faveur de l’intimité trompeuse de ces chaînes confidentielles, la militante se laisse aller à se féliciter du travail de « massification » des idées décoloniales. Selon elle, le candidat Jean-Luc Mélenchon a été conquis, de haute lutte, par son mouvement. « Dans ce magma, il y a un butin de guerre qui s’appelle Mélenchon, fanfaronne Houria Bouteldja. Il a fait un choix, on revient de loin » Quel choix ? Houria Bouteldja rappelle que Jean-Luc Mélenchon « était une espèce de laïcard de dingue ». Aujourd’hui, « il dit des choses qu’il n’aurait jamais dites, il y a quinze ans. »

Houria Bouteldja ne fait que décrypter sans filtre la stratégie politique choisie par La France Insoumise ces dernières années. Dans le parti, la frange décoloniale a renversé le rapport de force en sa faveur, provoquant une mue importante de son positionnement sur les questions religieuses. Ce courant décolonial, importé des États-Unis au début des années 2000, notamment par l’intermédiaire du Parti des indigènes de la République fondé par la même Houria Bouteldja, interprète les rapports sociaux de domination comme des conséquences de la colonisation menée dans la deuxième moitié du XXe siècle par les pays occidentaux. Et si la militante se réjouit, c’est qu’elle récolte le fruit de « tout le travail que tu mets en place pendant 15 ans en te faisant insulter de raciste anti-blanc ». « C’est une espèce de massification qu’il fallait atteindre, que ce soient les mobilisations du comité Adama, les mobilisations contre l’islamophobie… » En clair : exit la ligne Henri Pena-Ruiz, penseur de la laïcité à la française et longtemps garant de la ligne de la France insoumise sur ce sujet.

Mélenchon, « islamophobe » utile

Pourtant, malgré cette victoire, Houria Bouteldja et ses camarades ne sont pas vraiment convaincus par la personnalité de Jean-Luc Mélenchon. Non seulement parce que La France insoumise ne remet pas en cause la loi de 2004 sur l’interdiction des signes religieux à l’école – « mère des lois islamophobes », selon Houria Bouteldja. Mais aussi parce que le candidat de LFI ne serait pas tout à fait sincère. Un peu plus tôt dans l’émission, Jean-Marc Rouillan, ancien terroriste d’Action directe condamné à la prison à perpétuité pour complicité d’assassinat (en semi-liberté depuis 2011), s’est notamment indigné : « Comment tu peux défendre Mélenchon quoi ? C’est la SFIO ! Ce mec ose parler de « créolisation », c’est un truc scandaleux ! On aurait dû entendre tous les décoloniaux lui hurler à la gueule. » Celui qui soutient aujourd’hui Anasse Kazib, le candidat dissident du Nouveau Parti anticapitaliste (NPA), estime que Jean-Luc Mélenchon a utilisé, « sur plusieurs questions, [...] le langage du colonialisme ».

Pour Wissam Xelka, hôte de l’émission, il faudra pourtant bien voter pour lui, en se pinçant le nez. « Jean-Luc Mélenchon, c’est pas mon camarade. Pour moi, c’est un impérialiste, pour moi, c’est un colon, pour moi, c’est un social-démocrate. [..] Mais en tant qu’antiraciste, c’est celui qui peut arrêter cette dynamique islamophobe. » Une analyse tout en nuance, qui fait de Jean-Luc Mélenchon le anti-héros des décoloniaux. « Je pense qu’intérieurement, Mélenchon est islamophobe, a poursuivi Wissam Xelka. Je m’intéresse aux actes : il agit contre l’islamophobie. Sur le temps long, on va le bastonner Mélenchon, il va faire le moindre faux pas, on va être là pour l’attaquer. » Et d’assumer qu’il y ait « une stratégie sur le temps court et une stratégie sur le temps long ». Le mérite de la clarté.

28 novembre 2021

CELINE PINA

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 5 h 35 min
Mon nouvel article sur Front populaire à propos de l’accusation de séquestration d’un journaliste de Livre Noir, par Yassine Belattar soutenu par 50 de ses fans. Une affaire qui ajoute une ligne de plus au CV déjà chargé en matière de menaces, d’insultes et d’accusation de harcèlement de celui qui prétendait être un frère pour Emmanuel Macron.
Avec toujours comme ligne de défense de sa part, une victimisation outrancière et des accusations de racisme. Le soi disant humoriste fait mine d’être traumatisé par cette histoire, alors qu’il reconnaît lui même avoir été entouré par 50 de ses fans lors de l’altercation avec l’équipe de journalistes, laquelle se réduisait à deux personnes. Mais la disproportion des forces en présence ne trouble pas le mis en examen pour menaces de mort, si occupé à se faire passer pour une victime qu’il en oublie que les simples faits, comme la réalité de son comportement menaçant dans trop d’affaires, mettent à mal sa posture et son récit.
Extrait:
« Si pour l’instant dans l’affaire de la séquestration et de la menace envers le journaliste de Livre noir, deux récits contradictoires nous sont proposés, force est de constater que la réputation de Yassine Belattar est pour le moins mauvaise. Son agressivité lui vaut même des ennuis judiciaires. L’homme a ainsi été mis en examen en mars 2019 pour « menaces de mort », « menaces de crimes réitérés », « envois réitérés de messages malveillants » et « harcèlement moral ». Il s’en était notamment pris au comédien et chef de file des guignols de l’info, Bruno Gaccio, mais celui-ci n’était pas le seul, au moins cinq autres personnes, dont l’animateur Kevin Razy et le producteur Kader Aoun mettent en avant son comportement pour le moins inapproprié. Il aurait aussi harcelé deux jeunes femmes selon Mediapart, l’une d’elle, Emilie Mazoyer raconte que pour avoir dénoncé les humiliations que lui faisaient subir l’« humoriste », elle a été traitée de raciste par celui-ci. Un mode de défense par l’attaque et le procès en racisme qui caractérise sa gestion des polémiques incessantes et que confirme aussi le journal Mediapart qui a enquêté sur les conflits qui émaillent la carrière médiatique de Yassine Belattar : « Il est vrai que dans sa bouche, les accusations de racisme ne tardent généralement pas ». D’ailleurs, surprise ce sont exactement celles qu’il brandit aujourd’hui pour justifier ses nouveaux débordements. Pour Yassine Belattar, l’accusation de racisme équivaut à un permis d’agresser et justifie tout, il exploite donc à outrance cette martingale.
L’ami du président incapable de se contrôler
Et c’est cet homme qu’Emmanuel Macron avait nommé au Conseil National des Villes et n’a pas su débarquer alors que celui-ci accumulait les polémiques. Le président aura même subi l’humiliation de voir l’humoriste démissionner de cette instance alors qu’il eut mérité d’en être renvoyé. Yassine Belattar se payant au passage le luxe de traiter à mot couvert le mari de Brigitte Macron de … raciste, évoquant la haine envers les musulmans et écrivant :« Sachez M. le Président, qu’il faudra légaliser les musulmans dans ce pays avant de légaliser la marijuana ». Ivre de son lien avec le plus haut représentant de la République, il avait aussi démontré son incapacité à se contrôler en générant un scandale en marge d’un déplacement présidentiel. Il avait alors passé quelques heures en garde à vue pour outrage à agent. Et on peut ainsi accumuler les anecdotes démontrant la violence du personnage. Il a accusé un journaliste connu de battre sa compagne, celle-ci démentant et rappelant au contraire que le « comique » aurait menacé de les égorger. On se souvient également de ses insultes à l’égard de Thierry Ardisson, traité de « chemise brune », de ses menaces à l’encontre de Jean-Michel Blanquer : « Si j’étais lui, j’éviterais de mettre les pieds dans le 93 ». Une menace qui rappelle celle qui aurait été faite au journaliste de Livre noir : « T’es un putain de suicidaire, t’es recherché par tout le 93, tout Aulnay cherche ton prénom, t’es la prochaine Mila ». »
Pris sur la page FB de Céline Pina

25 novembre 2021

LE PRINTEMPS REPUBLICAIN PORTE PLAINTE CONTRE MELENCHON

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 9 h 57 min

Le Printemps Républicain, mouvement politique visant à combattre l’islamisme et à défendre la laïcité, a annoncé avoir déposé plainte contre Jean-Luc Mélenchon. En cause : une déclaration du président de la France insoumise selon laquelle ce groupe est un rassemblement de « fanatiques anti-musulmans ». Une déclaration « fausse, [..] qui vise à poser une cible sur nos membres », explique le communiqué de presse du mouvement.

C’est un duel qui s’annonce explosif. Le Printemps Républicain, mouvement politique créé dans la foulée des attentats de 2015 et engagé « dans la lutte contre l’islamisme et l’extrême droite » et pour la laïcité en France, a annoncé, dans un communiqué de presse diffusé mercredi 24 novembre, avoir déposé plainte contre Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise (LFI). Le Printemps Républicain et son président, Amine El Khatmi lui reprochent d’avoir qualifié les membres de ce mouvement de « fanatiques anti-musulmans » dans un entretien accordé au magazine La Vie, le 18 novembre dernier.

« Nous n’entretenons pas de confusion entre l’islam politique et les Musulmans : nous combattons l’islamisme mais non pas l’Islam, nous luttons contre les islamistes et non pas contre les musulmans », se défend le Printemps Républicain, qui estime qu’avec une telle déclaration, le patron de la France Insoumise place « une cible » sur le dos de ses militants.

« Une cible dans le dos »

Dans l’entretien litigieux, le président de la France insoumise s’est, en effet, vivement attaqué au Printemps Républicain, allant jusqu’à estimer que ce mouvement représentait un danger pour la France. « Les fanatiques antimusulmans comme le « Printemps républicain » sont en train de détruire ce pays. [..] Il y a un danger séparatiste à montrer du doigt une religion. On l’a fait par le passé avec les Juifs et les Protestants au prix de tant de cruautés. L’ambiance actuelle est odieuse », avait-il fustigé.

« Cette déclaration n’est pas seulement fausse et susceptible de caractériser un délit pénal, elle est surtout dangereuse car elle vise à poser une cible sur les membres du Printemps Républicain ; à les désigner à la haine et à la violence », indique le communiqué. Le Printemps Républicain dresse un parallèle avec les attaques dont ont été victimes Charlie Hebdo et Samuel Paty avant qu’ils ne soient victimes d’attentats.

Le mouvement regrette, par ailleurs, l’évolution politique de Jean-Luc Mélenchon sur la laïcité : « Jadis universaliste et laïque, défenseur de l’esprit Charlie – au point de prononcer l’éloge funèbre de Charb –, Jean-Luc Mélenchon se retrouve aujourd’hui à ânonner les éléments de langage des islamistes, à manifester contre l’islamophobie dans le CCIF et d’activistes décoloniaux », attaque le texte. Et de poursuivre : « Parce que nous n’acceptons pas qu’un leader politique nous insulte et désigne nos militants comme des cibles à abattre, des fanatiques anti-musulmans avec qui il devient alors impossible de vivre en commun, nous déposons plainte contre Jean-Luc Mélenchon. »

19 novembre 2021

Chacun chacune

Classé dans : Art et culture, la vie des avis,Qui rit qui rit ? — eructeuse @ 9 h 47 min
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La place de la femme

17 novembre 2021

FRONTPOPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 17 h 45 min
Nation
Ecriture Inclusive
Écriture inclusive : le pronom « iel » consacré par le Robert

ARTICLE. Le pronom « iel » — toute personne absente des réseaux sociaux n’en aura probablement jamais entendu parler — a fait son entrée dans le dictionnaire Le Robert. Une nouvelle victoire pour cette « écriture inclusive » qui ronge à petit feu la langue française.

Une nouvelle définition est apparue dans le dictionnaire : « iel ». Définition : « Pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre ». C’est désormais acté : les divagations « inclusives » font leur entrée dans le dictionnaire. En l’occurrence, il s’agit du site du Robert , l’un des principaux dictionnaires en usage et véritable référence en matière de vocabulaire et d’évolution de la langue. Voilà donc que l’écriture inclusive est confortée dans son usage et que sa forme la plus délirante est inscrite noire sur blanc.

Cette nouvelle façon d’écrire ne cesse de progresser, à petits pas. Théoriquement marginale – d’après ses défenseurs –, elle est couramment utilisée par les administrations de certaines universités (Toulouse, Lille…), de certaines municipalité (PS et EELV essentiellement), par des partis politiques (EELV, LFI), des syndicats (CGT), mais aussi des médias (Libération ou Mediapart l’autorisent, notamment dans leurs tribunes). Le gouvernement l’a quant à lui banni en partie de sa communication depuis qu’Édouard Philippe a tranché la question en février 2019.

Pour autant, le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes, de la diversité et de l’égalité des chances (sic), dirigé en son temps par Marlène Schiappa, en avait abondement vanté les mérites. On trouve encore sur son site l’utilisation du point médian (par exemple : « tou·te·s ») sur d’anciens articles non corrigés, ainsi que la promotion d’outils controversés, comme par exemple la promotion du site écriture-inclusive.fr ou du « Manuel d’écriture inclusive ». Un ouvrage qui est d’ailleurs promu par la direction de l’université de Toulouse III.

63 % des sondés désapprouvent l’écriture inclusive

Difficile de le nier : l’introduction du pronom « iel » dans le dictionnaire s’inscrit dans une démarche militante visant à faire évoluer lentement ce langage dont pourtant les Français ne veulent pas. Ils étaient 63 % à en désapprouver le principe, dans un sondage IFOP/Express du 2 mars 2021. Une part importante (42 %) n’en avait même pas entendu parler, preuve en est qu’il ne s’agit là que d’un gadget élitiste, militant et hors-sol. Au-delà de la féminisation des noms, sont désormais plébiscités l’accord de genre, la règle de proximité, l’utilisation systématique du masculin et du féminin. Mais surtout, d’autres règles (tout aussi irritantes) sont mises en avant comme l’utilisation du point médian, véritable vecteur de discriminations pour les mal voyants et dyslexiques – un paradoxe désolant qui prouve que ceux qui l’utilisent n’ont cure de la prétendue inclusion. Et enfin, la création de pronoms dits « inclusifs », censés refléter la vaste diversité des genres auxquels on peut désormais s’identifier.

Au fond, le Robert ne fait que participer à cette dynamique d’américanisation et d’asservissement des usages qui a désormais les faveurs de la gauche « woke ». Cette gauche qui semble pourtant si minoritaire dans la représentativité nationale (Jadot –Mélenchon – Hidalgo – Poutou – Kazib ne cumulent qu’environ 20 % des voix au premier tour de la présidentielle 2021, d’après les récents sondages) ne remportera sans doute pas la guerre politique. Mais elle pourra se consoler avec ce genre de victoires dérisoires qu’elle fera ensuite subir à l’ensemble des Français.

Auteur

Bertrand GUYOTJournaliste à Front Populair
Publié le 12 novembre 2021

9 novembre 2021

FRONTPOPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 4 h 47 min

Analyses

Wokisme
Sandrine Rousseau, l’ambassadrice prisonnière du Wokistan

OPINION. L’échange entre Sandrine Rousseau et l’essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat sur le voile a mis en lumière l’impasse mortifère de l’idéologie woke : une tyrannie des minorités maquillée de bonnes intentions.

sandrine rousseau

La campagne d’affiches du Conseil de l’Europe qui montrait des femmes portant le voile avec le slogan « Liberté dans le hijab » a suscité un tollé. Les affiches ont été rapidement retirées face à la levée de boucliers. Sandrine Rousseau a été interpellée à ce sujet par l’enseignante et essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat sur LCP dans l’émission Ça vous regarde.

L’échange est instructif pour deux raisons : la méthodologie woke de la disqualification de l’interlocuteur est ici renversée par Fatiha Agag-Boudjahlat qui va enfermer Sandrine Rousseau dans les limites de son propre raisonnement. En second lieu parce que Sandrine Rousseau porte une parole de bonnes intentions complètement déconnectée du réel.

Revenons d’abord de manière succincte sur les faits. La séquence dure un peu plus de 5 minutes et est disponible sur internet (entre la 45e et la 50e minute). Fatiha Agag-Boudjahlat dénonce une campagne orwellienne qui prétend que la liberté serait dans le hijab, ce qui est, selon elle, une normalisation d’une pratique patriarcale, rétrograde et sexiste. Pire, les affiches reprennent les éléments de langage des islamistes : la liberté est dans le voile. Fatiha Agag-Boudjahlat rappelle que le port du voile est une obligation dans nombre de pays islamistes et qu’en ce sens, dans ces pays, le hijab ne peut pas être assimilé à la liberté. Cette liberté est possible dans les pays d’Europe où justement la République protège les individus du prosélytisme religieux. Elle aurait préféré une égalité de reconnaissance des femmes musulmanes voilées et non voilées (et des femmes non musulmanes), car le voile est assimilé à la pureté, la pudicité autant d’atouts que ne possèderaient pas, selon les tenants d’un islam radical, les femmes non voilées. Ainsi, le port du voile n’est pas une liberté dans les pays comme l’Iran, il est une obligation.

En Europe le port du voile est une liberté juridique qui ne se traduit pas toujours dans les faits tant il existe une pression religieuse de la part de l’islam radical. Cela est d’autant plus vrai que l’islam radical progresse, comme en témoignaient autrefois les auteurs du livre Les Territoires perdus de la République(Mille et une nuits, 2002), témoignage renouvelé avec Une France soumise (Albin Michel, 2017). Constat identique d’après le sondage de l’IFOP de 2020 qui explique que 57 % des jeunes interrogés considèrent que la charia est plus importante que la loi de la République, ce qui représente une progression de 10 points par rapport au dernier sondage de 2016. Le sondage concluait lui-même que les « jeunes [musulmans] plébiscitent un modèle communautariste ».

Enfin, lucidement, Fatiha Agag-Boudjahlat explique qu’en Europe, le fait de porter le voile est un choix valable et respectable, à la condition que cela reste un choix véritablement libre, ce qui n’est pas toujours le cas. C’est alors qu’elle lance à l’encontre de Sandrine Rousseau la fameuse phrase : « J’invite les personnes qui adorent critiquer le patriarcat blanc à déconstruire leur privilège de bourgeoise blanche et se rendent compte qu’il y a aussi des sociétés non blanches où le patriarcat existe. » Elle ira plus loin, pour bien souligner, au-delà du débat sur le voile, le côté discréditant de la méthodologie woke : « Vous aimez cette facilité quand vous êtes face à un homme blanc, je vous la renvoie. » C’est dans ce second moment, moins commenté, que se trouve porté par Fatiha Agag-Boudjahlat le coup fatal à Sandrine Rousseau. Que dit-elle ? Elle renverse la méthodologie appliquée avec soin par Sandrine Rousseau et plus largement le courant déconstructeur qui consiste à discréditer l’interlocuteur parce qu’il serait blanc, homme, hétérosexuel, cisgenre…

Le mode opératoire des wokes réduit chacun à son identité. Une femme sera autorisée à parler des violences faites aux femmes, mais pas un homme. Une personne noire sera autorisée à parler du racisme, mais pas un blanc. On retrouve un identique mode opératoire lorsque Rokhaya Diallo débat avec Stéphanie Roza sur le plateau de À l’air libre à propos du racisme et lui assène : « Je ne sais pas dans quelle mesure vous êtes qualifiée pour m’expliquer de quelle manière on est efficace pour lutter contre le racisme. »Attaque disqualifiante qui consiste à dire à Stéphanie Roza, puisqu’elle est blanche, qu’elle ne peut pas être pertinente sur le sujet du racisme, ce que Rokhaya Diallo, femme noire, serait par la simple appartenance identitaire.

La méthodologie enferme chacun dans son identité, dans sa communauté. Pire, elle produit ce contre quoi elle est censée lutter, ce que souligne David Di Nota dans son ouvrage J’ai exécuté un chien de l’enfer (Le cherche midi, 2021) à propos de l’assassinat de Samuel Paty : « On dira que le Blanc ne peut pas savoir ce que signifie être noir. La vérité est que l’antiracisme n’a rien à voir avec le fait d’appartenir à un camp miraculeusement préservé d’un tel biais — et que le fait de ramener un sujet politique à sa couleur de peau s’appelle, quelle que soit la motivation du locuteur, du racisme. » Il ajoute : « Le Blanc ne peut pas savoir ce que signifie être noir : si cette approche était la bonne, on ne voit pas comment les Noirs pourraient dire quoi que ce soit de pertinent sur les Blancs et, par conséquent, lutter contre le racisme. » Ce qui n’empêche pourtant pas les cohortes de l’antiracisme moderne de nous asséner leurs théories contre le modèle oppressif du patriarcat blanc. Par exemple Alice Coffin, conseillère et proche de Sandrine Rousseau qui pense nécessaire de « pointer l’identité qui offre à l’homme blanc hétérosexuel tant de privilèges » (Le génie lesbien, Grasset, 2020).

C’est cette méthode de disqualification de l’interlocuteur du fait de sa non-appartenance à la communauté que renverse Fatiha Agag-Boudjahlat. Sandrine Rousseau est visiblement agacée, elle répond que « c’est trop facile » et aurait pu ajouter comme le répondit Stéphanie Roza lorsqu’elle fut elle-même l’objet d’une attaque similaire par Rokhaya Diallo : « C’est la fin de tout débat rationnel, si vous éliminez du débat quelqu’un en l’handicapant à cause d’une couleur de peau, d’un sexe ou d’une religion… » Sandrine Rousseau ne le fera pas et pour cause, elle ne le peut pas, car ce serait admettre le caractère inopérant d’une méthode qui soutient la pensée woke.

On peut aller jusqu’à avancer l’idée que la méthode est intrinsèquement liée à la déconstruction. Il n’est pas simplement question de penser un futur libéré des préjugés (ce qui serait, soit dit en passant, un noble combat), mais de renverser le pouvoir. La majorité doit faire place à la minorité. Le mâle blanc hétérosexuel doit se déconstruire. Aurait-on idée de dire inversement qu’une femme est à déconstruire ? Qu’un noir doit est déconstruit ? Qu’un juif est à déconstruire ? La formule interpelle, elle n’augure rien de bon, le terme de déconstruction renvoyant à une forme de démolition moins brutale, mais une table rase tout de même, un effacement en douceur, une sorte de douce violence.

Sandrine Rousseau ne peut donc pas abandonner la forme qui soutient le fond de la pensée woke. Elle l’affirmera sur Twitter en préférant s’aplatir : « Je suis en effet bourgeoise et blanche et cela me permet d’avoir des privilèges. » Tout est dit, Sandrine Rousseau préfère reculer sur le fond plutôt que d’abandonner une méthodologie de la violence. Ainsi, elle sauvegarde la matrice de la pensée woke : la volonté d’un renversement du pouvoir par une méthodologie de l’effacement, du discrédit, de la disqualification ou de l’extrême droitisation. Autant d’avatars d’une violence symbolique. Et sur le fond ? Sandrine Rousseau ainsi que les porteurs de l’idéologie woke pourraient se tromper de méthode, une forme de violence symbolique répondant à une violence quant à elle réelle. Je fais allusion aux violences faites aux femmes.

On pourrait alors se dire qu’il y a urgence à agir, ce qui autorise de bousculer un ordre monolithe inamovible. Hélas, Sandrine Rousseau, sur le voile, nous livre une analyse de surface, convenue, de bonnes intentions. Elle défend le droit des femmes à s’habiller comme elles le veulent, où elles le veulent. Des assertions qui ne manquent pas d’emporter l’unanimité : qui voudrait empêcher une femme de se vêtir comme elle le souhaite ? Reprenons à notre compte l’idée de Michel Onfray : ce n’est pas ce qui est sur la tête qui importe, mais ce qu’il y a dans la tête. Voilà donc que nous serions d’accord avec Sandrine Rousseau ? Pas vraiment, car dans sa réponse, elle contourne la problématique de l’islam radical, elle évite soigneusement de parler d’islam, se focalisant sur « les religions », ce qui reste évidemment valable et emportera là encore l’unanimité, mais n’interroge jamais la spécificité d’une problématique très actuelle concernant l’islam politique. En somme, avec Sandrine Rousseau, nous aurons le droit aux bonnes intentions, aux slogans, à l’amour du prochain et in fine, l’inaction la plus totale. Que fait-elle face à ces femmes musulmanes refusant de se voiler qui subissent le harcèlement des radicaux ? Comment concrètement Sandrine Rousseau propose-t-elle de les aider ?

Kahina Bahloul, dans son livre Mon Islam, ma liberté (Albin Michel, 2021) rappelle qu’il faut « bien comprendre que l’injonction faite aux femmes de se voiler entièrement en portant le niqab ou la burqa est loin d’être la lubie fantaisiste de quelques époux jaloux. Il s’agit d’un élément constitutif d’une idéologie obscurantiste, mortifère et totalitaire fondée sur la domination masculine et prenant la femme pour bouc émissaire, allant jusqu’à remettre en cause son droit d’exister en dehors du rôle de ventre porteur d’hommes martyrs auquel il l’assigne. » De ce fait, on comprend son refus, à titre personnel de le porter car « ce hijab, on l’aura compris, charrie en moi des souvenirs très douloureux ; il est pour moi synonyme de terreur et d’oppression. Pour toutes ces raisons, je n’arrive pas à le défendre : je n’arrive pas à y voir un simple bout de tissu ni un accessoire de mode. Il est à mes yeux trop entaché de sang, de haine et d’exclusion du genre féminin. L’idéologie qui l’a enfanté a tué trop de musulmanes et de musulmans et elle est sur le point de tuer l’islam dont elle est le pire dévoiement. »

Face aux faits, face au réel, les bonnes intentions de Sandrine Rousseau et derrière elle de la cohorte des wokes ne tiennent pas longtemps. Défendre les musulmans c’est justement se battre à leurs côtés contre l’islam radical et non assimiler tout questionnement, toute critique à une preuve d’islamophobie. En faisant cela, nous les abandonnons à ceux qui veulent faire de l’islam politique le seul islam qui existe. L’épisode de l’échange entre Sandrine Rousseau et Fatiha Agag-Boudjahlat aura eu le mérite de mettre en lumière l’aspect mortifère de la méthode woke et l’inconsistance d’une idéologie qui se contente en réalité d’égrener les bonnes intentions pour viser en réalité l’avènement d’une dictature des minorités.

Publié le 8 novembre 2021
 

 

6 novembre 2021

FRONTPOPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 00 min
Nation
Wokisme
Voile islamique : Sandrine Rousseau recadrée par Fatiha Agag-Boudjahlat

ARTICLE. Sandrine Rousseau, la caution woke et éco-féministe — pour ne pas dire islamo-gauchiste — d’EELV a été prise à son propre jeu. Lors d’un débat sur LCP, portant sur le voile et sur la récente campagne du Conseil de l’Europe de promotion du hijab, l’essayiste Fatiha Agag-Boudjahlat l’a sommée de « déconstruire » son « privilège de blanche bourgeoise ».

Voile islamique : Sandrine Rousseau recadrée par Fatiha Agag-Boudjahlat

 

Gauche Laïque : 1, gauche communautariste : 0. Deux visions féministes et politiques se sont opposées sur le plateau de l’émission Ca vous regarde sur LCP ce 4 novembre. Sandrine Rousseau (EELV) d’un côté, et de l’autre Fatiha Agag-Boudjahlat, enseignante et essayiste, ont débattu de la campagne sur le hijab diffusée par le Conseil de l’Europe. Intitulée « Beauty is in diversity / As freedom is in hijab », celle-ci avait déclenché une vive polémique et la France avait poussé au retrait des affiches.

Cette promotion du hijab a fait sortir de ses gonds Fatiha Agag-Boudjahlat, très active sur les sujets de laïcité. Indignation légitime de l’intéressée : « Elle (la campagne, ndlr) brasse les éléments de communication “girly“ et les éléments de langage des islamistes, tout ça pour normaliser la pratique qui reste patriarcale rétrograde ». Pour l’enseignante, le voile est un symbole délétère pour la liberté des femmes — souvent mineures — qui sont sommées d’être « pudiques », « discrètes » et « vierges ». La candidate déçue à la primaire EELV n’a eu d’autre choix que de ronger son frein devant l’argumentaire de son adversaire.

 Pour éviter de stigmatiser, Rousseau dévie le tir

La vice-présidente de l’université de Lille s’est dit désespérée de voir que « le corps des femmes et la manière dont elle habille leur corps soit encore un sujet ». Avant de s’indigner que l’on « parle de cela sans ces femmes », parlant d’une« invisibilisation à un degré qui défie l’entendement ». Dans une sortie osée, elle a considéré qu’il y avait « plein de motivations pour porter un voile » et qu’ « il y en a qui portent des voiles qui sont juste un embellissement ».

Mais alors quid de l’Islam et de son dogme patriarcal ? Sandrine Rousseau s’est refusée à nommer explicitement cette religion. Dans une prose particulièrement convenue, elle s’est contentée de condamner « les trois grandes religions » qui ont ceci de commun « qu’elles veulent contrôler le corps des femmes ». D’un point de vue vestimentaire, c’est pourtant contestable, mais le bras droit de Yannick Jadot s’est réfugiée vers cette généralisation bien pratique.

« Madame, essayez de déconstruire vos privilèges de blanche bourgeoise »

Plutôt que d’aller sur ce terrain, Fatiha Agag-Boudjahlat a asséné à son opposante un uppercut tout sourire : « Madame, essayez de déconstruire vos privilèges de blanche bourgeoise ». Une attaque imparable, car, citons l’essayiste : « vous aimez cette attaque quand vous êtes face à un homme blanc. Eh bien moi je vous la renvoie ». Une manière, bien entendu, de faire référence aux nombreuses déclarations polémiques de la candidate d’EELV quand elle expliquait par exemple que ce ne sont pas les « hommes blancs à vélo dans les villes », qui représentent « l’écologie ». Ou bien quand elle racontait qu’elle vivait « avec un homme déconstruit » et qu’elle en était « hyper heureuse ». Ajoutant : « Je ne fais pas confiance à des hommes ou femmes qui n’ont pas fait le chemin de la déconstruction ».

Sonnée de se voir renvoyer ses propres formules — qui ne sont qu’autant d’arguments d’autorité — Sandrine Rousseau a tenté de s’en sortir. En vain, Fatiha Agag-Boudjahlat concluant, inflexible : « Apprenez à combattre tous les patriarcats. Vous avez tort et vous ne connaissez pas ce monde. Vous n’allez pas m’apprendre ce que c’est que cette culture. C’est la mienne ». Quoi qu’on pense de cette façon de clore le débat, quel délice de voir l’éco-féministe revendiquée Sandrine Rousseau, si consensuelle avec l’islamisme et le wokisme, se faire prendre à son propre jeu.

Auteur

Publié le 5 novembre 2021

1 novembre 2021

La politique du merci

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 2 h 54 min

s’applique ici ! Merci pour vos 12 000 visites du mois d’octobre…

29 octobre 2021

FRONT POPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 4 h 00 min
Nation
Gauche
Michel Onfray : « Fabien Roussel fait réapparaître le peuple old school »

ARTICLE. Michel Onfray a exprimé son intérêt pour la candidature du communiste Fabien Roussel samedi 23 octobre sur CNEWS, mais la séquence, en toute fin d’émission, est passée complètement inaperçue dans la presse. Et pour cause : il n’était plus question d’Eric Zemmour…

Michel Onfray ne se lève pas le matin en pensant à Eric Zemmour. Les médias français en revanche… il faut voir. Interviewé par Eugénie Bastié (Le Figaro) dans la deuxième partie de l’émission « Place aux idées » sur CNEWS samedi 23 octobre, Michel Onfray a présenté la dernière revue hors-série de Front Populaire Macron, droit d’inventaire »), donné son regard sur la campagne présidentielle, les enjeux civilisationnels, le « wokisme », etc.

Si la question de l’existence ou non de « différences » entre Michel Onfray et Éric Zemmour a été abordée parmi d’autres, elle a fait dans la foulée l’objet d’une cascade d’articles dans la presse. Pourtant Michel Onfray a montré son intérêt pour un autre présidentiable, certes moins sulfureux, certes moins bankable, comme on dit en globish : Fabien Roussel, l’actuel secrétaire national du Parti communiste français.

Des propos qu’il nous semble important de rappeler, ne serait-ce que dans un souci de rééquilibrage et d’honnêteté intellectuelle, alors que le philosophe proudhonien est régulièrement accusé de « droitisation » par de nombreuses personnalités, principalement de gauche, qui savent si bien prélever dans le réel ce qui les intéresse pour en façonner un sur mesure.

« Fabien Roussel m’intéresse »

Abstentionniste revendiqué, Michel Onfray a donc évoqué la possibilité de se réinscrire sur les listes électorales, ainsi que les potentiels candidats à la présidentielle, dont le candidat communiste Fabien Roussel. Michel Onfray n’est souvent pas tendre avec le Parti communiste français, se revendiquant personnellement d’un socialisme libertaire. Il a toutefois montré de l’intérêt pour cette nouvelle mouture de la gauche sociale.

« Moi je reste l’homme de gauche dont d’aucuns disaient que je ne l’étais plus. Je persiste à croire qu’il y a un peuple, qu’il y a des pauvres, j’ai parlé d’un peuple « old-school » et je vois d’ailleurs avec Fabien Roussel au Parti communiste, réapparaître le peuple old school ». Et Michel Onfray d’ajouter : « Je me dis : c’est plus du tout Mélenchon, c’est pas la ligne islamo-gauchiste, on commence à parler à nouveau du peuple, de la souffrance. »

De Fabien Roussel, Michel Onfray a parlé de lui-même, car il va de soi qu’un candidat communiste crédité à 2% n’intéresse pas beaucoup les médias, surtout lorsqu’une triade de tête Macron-Le Pen-Zemmour se dégage durablement des sondages. Mais Michel Onfray s’intéresse d’abord aux idées et aux propositions, ce qui lui permet de conclure : « vous voyez, s’il y a quelque chose qui peut m’intéresser ça peut aussi être ce que fera Fabien Roussel. On verra. Quand on saura qui y va, qui dit quoi et qui propose quoi, à ce moment-là je répondrai à vos questions. »

Le gauche « old school »

Interrogé plus tôt dans l’émission au sujet de son positionnement sur l’échiquier politique, Michel Onfray a répondu qu’il faudrait d’abord pouvoir s’entendre sur ce qu’est la gauche. Ce dernier le rappelle régulièrement : il est un homme de gauche, mais de gauche proudhonienne et antimarxiste. « Jadis, la gauche c’était la pédophilie, ce n’est pas ma gauche non plus », continuait ensuite Michel Onfray. « Je défends la gauche old-school (…) celle qui avait le sens des valeurs, le sens de la morale, le sens du travail bien fait, le sens de ce qu’on dit et de ce qu’on fait, pas l’antidialectique d’Emmanuel Macron. »

Nouveau visage du Parti communiste français, Fabien Roussel propose en effet une ligne sociale populaire qui rappelle les grandes heures de la gauche française, avant son ralliement à l’économie de marché et aux totems sociétaux. Une gauche que Michel Onfray qualifie « d’old school », qui n’a pas peur d’articuler les questions de justice sociale avec les questions de sécurité et d’immigration. Une gauche qui mérite qu’on l’écoute et qu’on s’intéresse à ses propositions, quoi qu’en disent les sondages…et les médias français !

Auteur

Publié le 28 octobre 2021

26 octobre 2021

FRONTPOPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 15 h 04 min

Nation : Zemmour

TRIBUNE. « Si Eric Zemmour avance sur un terrain social, je n’excluerais pas de voter pour lui. Si en revanche il est sur des logiques très à droite (…) il n’aura pas ma voix, c’est évident », déclarait Michel Onfray sur Cnews, ce samedi 23 octobre. Entre temps, Eric Zemmour semble avoir choisi son camp…

FRONTPOPULAIRE 26 10

Quoi qu’il advienne d’Éric Zemmour, il est d’ores et déjà entré dans l’histoire de France. Pour le meilleur pensent certains, le pire selon d’autres, pour l’Histoire dis-je quant à moi. Car dans la moitié d’une année, il y aura un avant et un après Zemmour.

A l’heure où j’écris, dimanche 24 octobre en fin d’après-midi, il n’est pas encore candidat, mais on voit mal pourquoi il ne le serait pas comme me le prédisent en baissant la voix des éditorialistes politiques dans les couloirs des chaines d’infos continues – je n’aurai pas la cruauté de dire qui, quand, ni où.

Tant d’énergie dépensée pour récupérer des signatures, mobiliser des jeunes colleurs d’affiches annonçant qu’il le faut comme président, d’argent collecté, notamment via de gros emprunts, pour rencontrer des lecteurs, mobiliser des foules, sillonner la France, organiser des conférences en région, louer un quartier général de campagne, tant d’énergie, donc, pour annoncer in fine qu’il n’irait pas ? Certains de nos éditorialistes politiques sont à la hauteur de l’époque : le réel n’a pour eux jamais lieu…

Il y a deux Zemmour : l’un effectue des constats sur le réel tel qu’il est ; l’autre apporte des solutions aux misères qu’il énonce. Je souscris au premier, qui s’avère l’essentiel de la créature médiatique, pas au second qui, pour l’instant, et c’est normal, ça n’est pas encore l’heure, est sans programme et reste flou.

Qui peut en effet estimer que tout va bien dans les banlieues, dans les écoles et l’université, à l’hôpital, dans la rue, dans les médias et la culture, dans la tête des gens et dans le pays tout entier ? Quel demeuré peut bien dire qu’il n’existe pas de territoires perdus de la république ? On dit qu’il en existerait plus de cinq cents dans tout le pays. Qu’on apprend à lire, écrire, compter, penser à l’école mieux aujourd’hui qu’hier ? Vingt pour cent des enfants qui entrent au collège ne comprennent pas ce qu’ils lisent… Qu’à l’université on a plus le souci du savoir que de l’idéologie ? Le wokisme et la cancel culture font trembler les rares athées de cette nouvelle religion sociale venue des États-Unis. Qu’il n’y a pas de médecine à deux vitesses, ni de déserts médicaux ? La politique de santé depuis un demi-siècle, droite et gauche confondues, c’est celle de Maastricht, avait pour mission de créer ces déserts au profit de gros hôpitaux concentrés dans les mégapoles. Qu’il n’y a pas d’insécurité, mais seulement un sentiment d’insécurité ? Plus de cent vingt coups de couteau sont donnés chaque jour en France. Je ne parle pas des féminicides, des violences conjugales, des viols, des passages à tabac, des vols à main armée, des cambriolages, des agressions, de la violence routière ou de ce qui se trouve pudiquement nommé « incivilité » ou « dégradation » – sans parler des décapitations et des attentats… Que la télévision et la radio ont le souci des contenus culturels quand ils ne courent qu’après l’audimat, c’est-à-dire l’argent de la publicité, et qu’on scotche plus volontiers un téléspectateur devant son écran avec de la violence, du sexe, de la grossièreté, de la vulgarité, de la bêtise, tout ce qui permet la foire d’empoigne, plutôt qu’avec des contenus culturels. Que les productions culturelles sont moins indexées par les éditeurs, les producteurs, les auteurs sur la qualité que sur la possibilité de générer des bénéfices sur le marché du politiquement correct. Que le pays va bien, qu’il est animé par une saine émulation, tempérée par un amour de ce qu’il fut et de ce qu’il pourrait être, alors que tout semble nourrir à bas bruit une guerre civile dans laquelle on oppose les hommes et les femmes, les jeunes et les vieux, les riches et les pauvres, les élites et le peuple, les provinciaux et les Parisiens, les homosexuels et les hétérosexuels, les cisgenres et les transgenres, les blancs et les noirs, les musulmans et les judéo-chrétiens, pour le dire avec le vocabulaire de Macron ceux qui ont et ceux qui ne sont rien. Que l’état mental du pays et de ses citoyens est bon, alors que les addictions à l’alcool, à la drogue, aux antidépresseurs, aux somnifères, aux anxiolytiques, aux jeux, aux écrans atteignent des sommets et que des enfants se suicident dès le plus jeune âge ?

Je partage avec Eric Zemmour ce constat : la France ne va pas bien. Qui ne le partagerait pas vivrait ici-bas dans un autre monde !

Je ne pense pas en me demandant si partager le constat de ce qui est c’est de droite ou de gauche, politiquement correct ou disruptif, dans les clous ou pas, si la presse du néo-progressime me donnera sa bénédiction ou me vouera aux gémonies, si je fais le jeu de celui-ci ou de celui-là : à cette aune, vouloir répondre à Hitler en se réarmant dans les années 30 c’était faire le jeu du complexe militaro-industriel ! Penser en regardant son miroir pour savoir si l’on s’y trouve belle âme selon l’époque n’est pas mon genre. J’ai la faiblesse de croire encore à un certain nombre de choses : la vérité par exemple, la justesse et la justice aussi. Vieilles lunes si l’on en croit les prétendus progressistes, mais l’antique clarté venue de ces vieilles lunes me va.

Or, que je sache, regarder, voir, dire et énoncer le réel tel qu’il est n’est ni de droite ni de gauche ! ça n’est ni une affaire politique ni une affaire morale ou éthique, c’est purement et simplement une affaire épistémologique : il en va de la vérité à laquelle croient même ceux qui la nient puisque leur raisonnement ne saurait tenir sans que l’affirmation qu’il n’y a pas de vérité soit elle-même… une vérité ! Et sur quoi repose cette vérité dans un monde qui aurait fait son deuil d’elle ? Soyons sérieux… Ces jeux germanopratins ont fait leur temps. J’opte pour ma part pour la vérité de la vérité contre la vérité qu’il n’y aurait pas de vérité.

Le constat n’apparaît jamais chimiquement pur. Il s’y trouve mélangé des scories, des impuretés idéologiques qu’une psychanalyse bachelardienne – c’est-à-dire non freudienne… – appelle des « obstacles épistémologiques ». Autrement dit des barrières à la connaissance objective. On cherche à savoir et à connaître, mais le sujet qui cherche est intellectuellement, spirituellement, philosophiquement ontologiquement, religieusement construit, il est le produit d’une civilisation, d’une culture, d’une époque, d’un milieu, d’un temps. Il doit donc faire la part entre ce qu’il y a à voir d’objectif dans ce qui est et la part subjective : le réel, pour être vu, doit être séparé de son interprétation au moment où on cherche à le voir.

L’obstacle épistémologique chez Eric Zemmour a pour nom « Le Musulman », un nom connu, pensé et parlé comme une idée platonicienne. En substance, Eric Zemmour dit que l’islam c’est l’islamisme, mais que ce ne sont pas les musulmans ; cette proposition s’avère épistémologiquement intenable – sauf à être platonicien, ce qu’il est, pas moi… Car il n’y a ni islam ni islamisme sans musulmans – que seraient la chrétienté et le christianisme sans les chrétiens ? Ou le zemmourisme sans les zemmouriens ?

Cette position platonicienne lui permet de faire de même avec l’État, la Race, l’Étranger, la France, l’Histoire, le Juif, le Colon, le Colonisé, la Femme, l’Arabe, etc. En ce sens, Eric Zemmour se montre Réaliste comme on le disait au moyen-âge de ceux qui pensaient que les Idées avaient une réalité, la seule qui soit d’ailleurs, face aux Nominalistes qui, eux, affirmaient que le réel était multiple, divers, diffus, varié, que les idées étaient juste des outils pour penser, mais qu’elles n’avaient pas d’autre utilité, pas d’autre raison d’être. Il est philosophiquement Réaliste (autrement dit Idéaliste, le mot médiéval prête à confusion), je suis pour ma part Nominaliste.

Dès lors, on ne saurait éclairer le monde comme il le fait, tel un gnostique post-moderne, avec cette seule lumière noire que seraient « Les Musulmans » à partir desquels il faudrait penser tout ce qui est.

Disons-le plus concrètement : pour Eric Zemmour, il n’y aurait de problèmes en France, ceux qui se trouvent pointés dans ses constats, que parce que seuls Les Musulmans poseraient ces problèmes : à l’école, à l’université, dans les médias, dans l’édition, dans la rue, dans les prisons, dans le pays – en France. C’est une position que je dirai d’intellectuel germanopratin pour lequel l’idée prime la réalité, mais on ne saurait faire de la politique concrète et encore moins rassembler les Français, en estimant que l’idée de la France, ou les idées dans la France, priment la réalité des Français.

Si je suis d’accord sur les constats, je ne le suis donc pas sur la part impure du constat quand il se trouve associé à une généalogie que je ne fais pas mienne. Je crois moins à la force obscure de l’islam en France qu’à la faiblesse d’une France qui ne croit plus à ses valeurs à cause de l’effondrement de la civilisation judéo-chrétienne qui constituait ses fondations.

J’aime à citer Victor Segalen, auquel j’ai consacré un petit livre[1], pour faire mienne sa thèse des origines de la fin des civilisations. Dans Les immémoriaux, il raconte que les Maoris ne sont pas vaincus et conquis par les missionnaires qui débarquent un jour, mais par eux-mêmes qui, ignorant ce qu’ils étaient, ayant perdu la mémoire de ce qu’ils furent, notamment en ayant oublié les noms de la lignée dont ils procédaient, ont laissé un trou d’être dans lequel les colonisateurs ont fait leur nid civilisationnel avec le sabre et le goupillon.

C’est ici que je me sépare d’Éric Zemmour : filons la métaphore, il croit que les missionnaires sont coupables de l’effondrement des Marquises et qu’il suffirait de les expulser pour que l’île recouvre sa santé civilisationnelle : or, on ne ressuscite pas les morts et notre civilisation est morte, du moins mourante[2].

Je me sépare donc d’Éric Zemmour sur les solutions qu’il propose.

Pour l’heure, elles sont en ombres chinoises car son projet de société accompagnera ou suivra sa déclaration de candidature. Mais il a déjà fait savoir que, dans une logique sinon gaulliste du moins bonapartiste, il n’avait pas à proposer le détail d’un projet, affaire d’intendance de ses ministres, y compris le premier, mais à indiquer le cap. C’est le fameux discours de la méthode gaulliste : « le président préside, le gouvernement gouverne ». Mais qui peut croire que le général a présidé sans gouverner ceux qui gouvernaient ?

Quel est le cap ? On peut le dire sans le gêner, car il ne récusera probablement pas l’épithète, il en connait la vérité historique tout en en méprisant sa charge médiatique venue de gens qui ignorent tout de Maurras et ne l’ont jamais lu : à l’heure qu’il est, Éric Zemmour endosse plus l’habit maurassien que le costume gaulliste.

Il y avait chez de Gaulle une volonté de réunir les Français, tous les Français, ceux qui croyaient au ciel et ceux qui n’y croyaient pas, la droite et la gauche, les patrons et les ouvriers, les intellectuels et les manuels, les riches et les pauvres, les jeunes et les vieux, les Parisiens et les provinciaux, etc. C’est ce qui explique qu’à la Libération, dans son Gouvernement provisoire de juin 1944, il nomme Mitterrand , alors qu’ il connaissait le passé vichyste et maréchaliste du titulaire de la francisque remise par Pétain lui-même, et Thorez qui avait déserté la France, soutenu le pacte germano-soviétique antigaulliste et de ce fait s’était fait compagnon du nazisme pendant deux années, qu’il s’était réfugié en URSS, sera gracié et nommé ministre en 1947. Comment le général pouvait-il mieux montrer qu’il voulait réconcilier les Français, tous les Français, pour relever la France ? Des vichystes aux staliniens, de Gaulle ne regardait pas à la bouche du cheval s’il portait les couleurs de la France.

Précisons : Zemmour n’est pas maurassien au sens où il ne veut pas restaurer la monarchie héréditaire ; il n’est pas antisémite, et pour cause, il est juif ; il n’a rien contre les protestants ou les francs-maçons sur lesquels il semble ne pas s’être exprimé ; il n’a rien dit contre la démocratie parlementaire ou la République ; il n’est pas contre-révolutionnaire car son grand homme est le Jacobin en général et Robespierre en particulier ; il n’est pas décentralisateur, mais centralisateur ; il n’a pas la haine des Anglais et des Allemands même si, en bon lecteur de Jacques Bainville, il s’en méfie. Voilà matière à ne pas faire de Zemmour un maurrassien pur jus.

Il s’apparente aux maurrassiens sur la question du « nationalisme intégral » qu’il réécrit dans la configuration de ce XXI° siècle naissant. C’est en vertu de ce « nationalisme intégral » promu par Charles Maurras qu’il renvoie dos à dos, de façon sidérante, le bourreau et ses victimes parce que les enfants juifs abattus à bout touchant et Mohamed Mehra ne sont pas enterrés en France, mais en Israël pour les premiers et en Algérie pour le second. C’est ce même nationalisme intégral qui lui fait tenir les propos que l’on sait sur Pétain qui sauve des Juifs français en envoyant à la mort des Juifs étrangers, ce qui a pour conséquence de faire du régime de Vichy le bouclier pendant que de Gaulle, à Londres, peut passer pour le glaive, théorie pétainiste fabriquée après-guerre pour justifier l’infamie vichyste. C’est ce nationalisme intégral qui le fait s’enferrer dans cette histoire de prénoms. C’est le même nationalisme intégral qui lui fait dire sur Alfred Dreyfus qu’on ne connaîtra vraiment jamais la vérité…

Ce nationalisme intégral n’est évidemment pas le mien et je m’étonne qu’on puisse encore souscrire à pareille religion politique. J’aime mon pays, mais je ne lui sacrifierai pas la vérité car ce serait mal l’aimer ou ne pas l’aimer. Ce serait de toute façon donner des armes et des raisons à qui voudrait le détester.

Zemmour ne propose pas la politique de Maurras – je le redis : il n’entend pas restaurer la monarchie héréditaire en supprimant la démocratie, la république et le parlement ou en évinçant les Juifs, les protestants et les francs-maçons des affaires du pays. Si ses références sont Napoléon ou le général de Gaulle, le fond de sa pensée politique est le césarisme : le zemmourisme est un césarisme. Il croit à l’Homme providentiel qui fait l’Histoire, arrête, modifie ou stoppe son cours. Il connait ses classiques et sait bien sûr, il a lu La raison dans l’Histoire de Hegel, que le grand homme fait l’histoire, mais ignore laquelle il fait, en même temps que l’Histoire le fait lui-aussi. En ce sens, l’homme qui donne le cap et croit n’avoir pas besoin de préciser les détails du voyage est moins gaulliste que césarien.

Faut-il préciser que je ne suis pas Césarien ? Lui croit à l’Homme providentiel, en l’occurrence : lui, à Paris ; moi j’aspire au Peuple providentiel, en l’occurrence à un socialisme proudhonien autogestionnaire, mutualiste, coopératif, girondin partout actif dans le pays. Il est fondamentalement parisien, rat des villes ; je suis viscéralement provincial, rat des champs. Il veut le peuple soumis au grand homme, je veux un peuple qui ait les vertus du grand homme. Il est de droite, césarien de droite ; je suis de gauche, proudhonien de gauche.

On a plusieurs fois dit que j’étais un « Zemmour de gauche » – si l’on voulait dire par là que je partageais ses constats, mais pas ses solutions, on a dit vrai. Mais je ne suis pas zemmourien car le césarisme est l’exact opposé du populisme qui est le mien – je revendique le mot et la chose car on n’a désormais plus le choix qu’entre populiste et populicide. J’ai choisi mon camp.

A-t-il choisi le sien ?

Je ne sais. Il entretient avec le peuple une relation très… Réaliste et toujours aussi peu Nominaliste. Sa rencontre avec un boucher une poignée de minutes pour les besoins d’images de précampagne a été très surréaliste – ce fut un évident rôle de composition… Il est plus doué sur l’estrade que devant l’étal.

On m’a demandé si je pourrais envisager de voter pour lui, j’ai répondu que je ne l’excluais pas s’il musclait son bras gauche – autrement dit s’il tempérait son césarisme par du gaullisme car de Gaulle n’était pas césarien, mais ombrageusement républicain. Ce qui, dans la presse, est bien sûr devenu : Michel Onfray n’exclut pas de voter Zemmour, puis Michel Onfray va voter Zemmour – il s’en fallait de peu que, comme L’Obs qui a fait un compte rendu de notre rencontre avant même qu’elle ait eu lieu, titre un : Onfray a voté Zemmour… J’ai l’habitude.

Mais je crois que je ne prends pas grand risque en assortissant ma réponse d’une condition car, comme me le disait un ami qui vit au Japon à qui j’avais déjà raconté la chose dans ces termes : « Muscler son bras gauche ? il faudrait plutôt lui en greffer un… » !

La discrétion d’Éric Zemmour sur ce qu’il est convenu de nommer la question sociale, prioritaire pour moi mais pas chez lui qui fait primer la question identitaire – car la civilisation est morte, le peuple non -, ce silence, donc, fait sens.

Mon texte en était là quand je l’ai repris le lendemain au matin du lundi 25 octobre. J’apprends ce jour qu’Éric Zemmour sort du bois et livre un peu de son projet social : il a avancé en effet (ndlr : la vieille sur RTL) ses premières solutions, il s’agit d’un clystère ultra-libéral comme on pouvait le craindre. On connaît la musique de cette logique-là, c’est celle des maastrichtiens : augmentation du temps de travail hebdomadaire pour certains fonctionnaires, retardement des départs à la retraite, blocage des bas salaires et autres décisions qui relèvent de l’habituelle panoplie des options libérales. Désormais, nous ne sommes pas devant le Chirac des années 80, encore que, mais devant le Jean-Marie Le Pen des mêmes années.

À cette heure, on peut donc désormais le dire : il ne musclera pas son bras gauche et n’aura qu’un bras droit. Mon ami qui vit au Japon avait raison, il eut fallu lui greffer un bras gauche, la greffe n’aura pas lieu. Pour présider aux destinées de la France, on ne peut être politiquement hémiplégique, ça n’est pas être gaulliste, c’est être césarien de droite. On ne parle pas au peuple en lui promettant la fin du permis à points en croyant qu’on a parlé à sa hauteur – c’est aussi méprisant que d’offrir des billets de 100 euros pour éviter la reprise d’un feu de Gilets jaunes.

Je tiens pour ma part pour la multiplication des référendums d’initiative populaire, pour la décentralisation girondine du pays, pour un mode proudhonien de reconstruction du territoire français avec communalisme libertaire et parlements régionaux, pour l’extension de coopératives et de mutualisation appuyées sur une (vraie) banque du peuple, pour la libération des initiatives individuelles en matière de création d’écoles, de maisons de retraite, de garderies, d’architecture et d’urbanisme, d’éditions littéraires, cinématographiques, artistiques, pour une refonte du travail moins étatisé et jacobin que contractuel et girondin.

Je tiens aussi, enfin, et surtout, pour la justice et non pour la charité, pour la dignité et non pour la condescendance à l’endroit des petites gens. Disons-le en un mot, je travaille au contraire du césarisme : non pas pour un Napoléon IV, mais pour un Proudhon 2.0.

[1] Le désir ultramarin. Les Marquises après les Marquises (Gallimard).

[2] On trouve même ce constat chez Chantal Delsol qui écrit dans La fin de la chrétienté. L’inversion normative et le nouvel âge (Cerf), que la civilisation judéo-chrétienne s’effondrant , le christianisme n’a désormais plus à s’occuper de civilisation mais doit revenir aux fondamentaux des premiers chrétiens : mener une vie privée chrétienne comme aux temps généalogiques des premières communautés. Il est peu probable que cette philosophe qui dit appartenir à la famille des « catholiques traditionnalistes », p.83, eut tenu ce propos aux siècles de l’Inquisition. Lire et relire Le renard et les raisins de La Fontaine.

Publié le 26 octobre 2021

 

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