Victoryne Moqkeuz Eructeuse

Inspiration expulsion

20 juin 2022

Céline Pina

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 4 h 05 min
Avec une abstention toujours aussi massive, ces Législatives auront tout de même été riches en surprises. La question qui se pose aujourd’hui est de savoir comment le président nouvellement réélu va pouvoir gouverner un pays qui après l’avoir élu sous la contrainte, en mode moi ou le chaos, vient de le souffleter.
Les Français lui donnent la possibilité de continuer son action à l’international, tout en le castrant politiquement à l’intérieur. C’est le danger quand on force la main des électeurs en jouant avec le feu des extrêmes. Cette stratégie de diabolisation finit par être vécue comme une manipulation. Outre que le vote ne marque plus une adhésion, il est vu comme forcé et suscite des envies de revanche.
En nombre de sièges, le RN est pour l’instant devant LFI, c’est le symbole fort de la soirée. En effet, diabolisé autant par le parti de la majorité présidentielle que par l’extrême-gauche, le RN a multiplié par 10 son nombre de sièges alors qu’il n’a pas fait une campagne très marquante. A la différence de LFI qui a été surreprésenté dans les médias au point que l’Arcom (le gendarme de l’audiovisuel) a dû rappeler à l’ordre les chaînes de télés et de radios. La dernière sortie de Mélenchon, tout en exaltation et annonçant le début du grand soir n’en est que plus décalée. Certes il augmente notablement son nombre d’élus mais on est bien loin des objectifs visés et surtout il a beaucoup baissé par rapport aux prévisions. Obnubilé par les éléments de langage pensés pour attirer l’électorat des banlieues, Jean-Luc Mélenchon a heurté l’électorat populaire, ouvrier et provincial avec son « la police tue ». Sa violence de langage a révélé la dérive de son mouvement. L’électorat populaire subit la montée de l’insécurité et ne peut comprendre un tel discours. C’est dommage alors que dans le même temps l’arrivée à l’Assemblée nationale d’une femme comme Rachel Keke est un signal intéressant.
Le président Macron a été désavoué dans les urnes, ce qui est exceptionnel après avoir remporté la Présidentielle. Mais la NUPES n’a pour autant pas été adoubée par les Français. Ce qui domine c’est la méfiance et la déception, soit le parti des abstentionnistes. La chute des proches du président, Richard Ferrand, Christophe Castaner, Amélie de Montchalin… montre à quel point les Français en ont voulu au pouvoir de sa tentative de créer un parti unique à la ligne sans lisibilité à force d’ambiguïté et de « en même temps ». Chasser à la fois le président de l’assemblée et le président du groupe est une vraie marque de rejet.
LR a sauvé les meubles et surtout, parce que le parti tient le senat, il devient un élément de stabilité institutionnelle. Encore faut-il que cette droite retrouve une identité et une image claire. Cela n’a guère été le cas lors de la soirée électorale. La droite peut néanmoins représenter un vecteur de reconstruction tant que la gauche NUPES restera bloquée dans un discours révolutionnaire, une pratique islamogauchiste et des revendications sociales plus destinées à la communication que pensées avec les travailleurs et susceptibles d’être concrètement mises en œuvre.
Nous rentrons dans une zone de perturbation politique qui est sans doute nécessaire. On ne peut gouverner un pays par défaut, sans s’engager sur un projet et en investissant sur le rejet de ses adversaires. Emmanuel Macron vient de l’apprendre à ses dépens, espérons que de cette situation instable sortira une véritable recomposition politique. Aujourd’hui nous sommes encore dans le temps de la décomposition.

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