Victoryne Moqkeuz Eructeuse

Inspiration expulsion

30 janvier 2022

Céline Pina

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 18 h 47 min

FRONTPOPULAIRE

Nation
Melenchon
Mélenchon chez Hanouna, un suicide politique en direct

OPINION. C’était jeudi 27 janvier, en direct sur C8, sur le plateau de Cyril Hanouna dans « Face à Baba ». Candidat de la soirée, Jean-Luc Mélenchon regrette aujourd’hui sa participation et dit avoir été « lésé ». Pour Céline Pina, qui a regardé l’émission, le leader de la France insoumise s’est lésé tout seul.

Le suicide politique en direct de Jean-Luc Mélenchon
Les choses avaient pourtant bien commencé pour le candidat Mélenchon, Cyril Hanouna a en effet accueilli son invité avec une pluie de remerciements et de flatteries, le caressant dans le sens de l’ego en lui affirmant qu’il aurait dû aller au second tour de la Présidentielle. Alors que le leader de la France insoumise ronronne comme un gros chat que l’on gratte sous le menton, la suite de la soirée va être une véritable descente aux enfers. Une descente dont il aura construit l’escalier et ciré lui-même les marches.
Cela commence dès le premier adversaire qui va lui être opposé. Eric Zemmour, puisqu’il s’agit du seul qui ait accepté de débattre avec lui, va d’emblée être considéré par le leader de la France insoumise non comme un débatteur mais comme un homme à abattre. Incapable de sortir de la rhétorique de l’ennemi qui nie l’humanité de la personne en face pour en faire une simple cible, la première partie de la séquence va donner l’impression de se retrouver dans une cour d’école. On en est encore à se demander comment Jean-Luc Mélenchon n’a pas fini en tirant la langue à son adversaire vu qu’il ne nous aura épargné aucune insulte jusqu’à finir par entonner des gnagnagna ou par faire des gestes invitant l’autre à fermer son clapet, faute d’arguments. On a assisté à la prestation d’un gamin mal élevé, préférant la censure par la violence verbale plutôt que l’argumentation éclairée. Cela commence dès le début avec un « j’ai bien l’intention de vous hacher menu », manière de faire redescendre le débat au niveau du combat de coq. Jean-Luc Mélenchon s’en prend alors aussitôt à la personne de son contradicteur, dressant une liste d’accusations infamantes, Eric Zemmour a beau jeu de lui reprocher de sortir « la cage aux phobes », le ton est donné et durera tout l’échange. Un échange d’un total inintérêt, les vociférations et les provocations de Jean-Luc Mélenchon et la hausse du ton que cela entraîne chez son interlocuteur rendant tout dialogue à la fois impossible et inaudible.
Visage déformé par l’aigreur, menton et doigt accusateur, crise de rage qui dégénère en voix de fausset, incapacité à ne pas couper en permanence la parole, la première heure de ce débat est pénible à écouter tant l’agressivité du leader de la France insoumise est difficile à gérer. En face, Eric Zemmour réussit à garder son calme, voire au moment du débat sur les retraites à acquiescer à certains arguments de son adversaire. Ce que Jean-Luc Mélenchon, à sa hargne tout entier attelé, est incapable de faire. Le débat ne vole pas très haut entre un candidat de la gauche qui défend les islamistes en les appelant musulmans et nie la réalité de l’emprise de l’islam politique et un Eric Zemmour qui a du mal à en placer une et se retrouve acculé en position défensive. Pendant tout cet échange, c’est la bave symbolique aux lèvres que le candidat des insoumis va se livrer à des attaques de plus en plus basses. Il insulte ou rabaisse son adversaire, lui dénie la qualité de Français, va l’appeler « mon p’tit gars », « mon bonhomme », « ce type », le « traîne-patin de la réaction » pour finir par le traiter de « chien », lui ordonner de « rentrer à la niche ». Le plus drôle reste le réquisitoire qu’il dresse à la fin « vous êtes grossier, vulgaire, vous détestez tout le monde », Le problème c’est que celui qui a le mieux illustré cette sentence sans appel, c’est lui bien plus que son contradicteur.
La suite, qui voit intervenir un soutien de Valérie Pécresse, Charles Consigny, un militant de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, Aymeric Caron, Eugénie Bastié, Sophia Chouviat et Annick Landurain, policier de la bac 93, ne va pas élever le débat. La volonté de Jean-Luc Mélenchon d’écraser son adversaire, de lui ôter toute légitimité et de lui fermer la bouche va continuer à se retourner contre lui. La violence gestuelle et verbale dont il a fait preuve dans la séquence contre Eric Zemmour a marqué tous les invités présents sur le plateau et le candidat s’est déjà déconsidéré. Le problème est qu’il a amené sa claque avec lui. C’est de bonne guerre mais cela peut avoir un effet pervers : vous faire oublier que le plus important n’est pas de séduire la quinzaine de militants aveuglés par leur allégeance qui applaudira à vos plus piètres prestations, mais de montrer aux centaines de milliers de personnes qui regardent l’émission que vous êtes dignes d’accéder à la fonction suprême. Or Jean-Luc Mélenchon va s’enivrer des applaudissements de ses supporters, et continuer à s’enfoncer dans une attitude qui souligne son inadaptation à toute fonction nécessitant un peu de maîtrise de soi et de respect de l’autre.
Bien sûr avec Aymeric Caron venu lui cirer les chaussures, l’échange sera moins tendu. L’ancien journaliste et récent soutien de la candidature Mélenchon explique son ralliement en faisant l’hagiographie de l’homme et de sa hauteur de vue. Le problème c’est que ce qu’il dit est en total opposition avec l’attitude de son leader qui n’a eu de cesse de montrer sa face sombre. Même en face de Sophia Chouviat, dont l’histoire dramatique amène enfin un peu de calme sur le plateau, il finira en hurlant que le père de la jeune femme a été assassiné, mettant en cause la police sans guère de recul. Passé en mode « j’accuse », c’est une fois de plus les yeux exorbités qu’il terminera la séquence. C’est comme si Jean-Luc Mélenchon ne pouvait s’extraire du personnage vociférant qui s’est emparé de lui et qui va donner sa pleine puissance dans la séquence la plus choquante de cette émission, celle où il se retrouve en face d’un policier de la BAC.
On ne peut qu’être admiratif de la tenue dont fera preuve le policier, Yannick Landurain pourtant mis en cause personnellement par Jean-Luc Mélenchon, lequel finira par se ridiculiser totalement, expliquant que la police républicaine doit être une police non armée, ne maitrisant aucune technique de défense ou de contention puisque le respect qu’elle devrait inspirer devrait naturellement désarmer les délinquants. Lors de cet échange plus que tendu on voit un Jean-Luc Mélenchon incapable de la moindre courtoisie alors que le policier qui lui fait face refuse d’être dans la caricature et montre des points d’accord avec le leader de la France insoumise, sur la question de la formation notamment ou sur la politique de maintien de l’ordre. Pourtant il sera mis en cause personnellement et accusé sur le plateau de bavure par un candidat déchaîné, à la limite de l’hystérie. Il faut le voir, le visage déformé par l’aigreur, glapissant que la police est aux ordres et qu’ils ont tous à obéir, devant un policier qui lui dit que oui, il obéira aux politiques car justement il est républicain. Or juste après cet épisode qui ne grandit pas le candidat de la France insoumise, la façon dont va lui répondre le policier, pourtant violemment et personnellement pris à partie, va donner toute la mesure de la différence qu’il y a entre un homme qui sait se tenir et un autre qui s’exonère de toute obligation envers ses semblables. En effet, après que Jean-Luc Mélenchon ait traîné dans la boue la police et après qu’il menace le policier de le révoquer et de lancer une enquête contre lui, quand la parole est redonnée à Yannick Landurain, celui-ci préfère réagir sur le fond au sujet de la politique de maintien de l’ordre, au lieu de répondre à l’humiliation qu’a tenté de lui infliger Jean-Luc Mélenchon en essayant de le salir publiquement. On voit là toute la différence entre un homme qui se contrôle et un autre dominé par sa violence et son cerveau reptilien. Le problème est que celui qui aspire à nous diriger est celui qui vient de montrer qu’il est incapable de se contrôler et de respecter une autre opinion et une autre expression que la sienne. J’ai éteint mon téléviseur après cet échange parce que tout était dit. Se servir de toute la puissance de son pouvoir pour menacer un simple citoyen n’est pas acceptable en démocratie, c’est l’attitude d’un homme qui confond pouvoir d’agir et volonté de bâillonner autrui, un homme qui n’a pas peur d’abuser de ses avantages pour imposer ses obsessions.
Suite à cette émission dont les retombées ont été très négatives, Jean-Luc Mélenchon a trouvé encore le moyen de se victimiser et de se donner des coups d’encensoir dans le même temps. Il aurait été piégé par l’émission et son format, mais aurait su tenir bon face à l’adversité. Sauf que c’est faux, l’homme a simplement donné à voir ce qu’il est dans le fond. Un petit chef hargneux, mesquin et agressif, un homme dominé par sa propre violence au point que celle-ci déforme son visage ou le recouvre d’un masque d’aigreur. Jean-Luc Mélenchon n’a pas été piégé, il s’est trahi lui-même et a révélé ce qu’il est. Si son véritable visage s’est avéré un repoussoir, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même.

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