Victoryne Moqkeuz Eructeuse

Inspiration expulsion

19 janvier 2022

FRONTPOPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 13 min

Analyse : Islamisme

CHARLIE, six ans après

Opinion

Le 7 janvier 2015, 12 journalistes, policiers et citoyens perdaient la vie à la rédaction de Charlie Hebdo, fauchés par le terrorisme islamique. Six ans après le drame, où en est-on ? Les pouvoirs publics et la classe politique ont-ils pris conscience de l’enjeu, et leur réaction a-t-elle été à la hauteur ? Céline Pina dresse l’état des lieux.

Six ans après le massacre des journalistes de Charlie Hebdo, où en sommes-nous ? Qu’en est-il de notre rapport à la liberté d’expression ? Du positionnement du pouvoir censé nous protéger face à l’offensive jihadiste et islamiste ? De l’avenir de notre modèle de société, explicitement mis en cause par ceux qui nous tuent comme par l’idéologie qui légitime leur geste ?

J’aurais bien voulu pouvoir retracer ici l’histoire d’une prise de conscience, la mise en œuvre de politiques adaptées et les premiers résultats d’une nation qui, en affrontant l’épreuve, retrouve le goût d’être unie et de se projeter dans l’avenir. J’aurais aimé retracer les contingences du réel qui pèsent sur la volonté d’agir. J’aurais aimé écrire sur la nécessité d’intégrer le passage du temps pour que l’action porte ses fruits, tout en montrant que les lignes avaient bougé et que nos représentants s’étaient montrés dignes de leur lourde mission. Sauf que si je suis honnête, je ne peux écrire cela. En effet, force est de constater que six ans après cette atroce tuerie, l’emprise de l’islam politique n’a cessé d’augmenter.

Multiplication des marqueurs de l’emprise islamiste

Charlie, c’était la première tentative d’imposer par la violence le rétablissement de l’interdiction du blasphème. Depuis, nous avons connu la décapitation de Samuel Paty et la jeune Mila a vu son existence ruinée. L’interdiction du blasphème, à défaut d’être rétablie en droit, l’est dans les faits.

Les marqueurs du développement de l’emprise de l’islam politique ne cessent de nous être jetés au visage. Étude après étude, de celles de l’institut Montaigne en 2016 au récent sondage de l’IFOP pour la Licra en décembre 2021, en passant par l’étude de Anne Muxel et d’Olivier Galland pour le CEVIPOF en 2018 ou le sondage IFOP pour Charlie et la fondation Jean Jaurès-Licra en septembre 2020, on ne peut que constater l’emprise de la religion chez les jeunes musulmans et leur radicalité dans l’approche qu’ils ont de celle-ci. Tout cela témoigne de l’influence de l’islamisme sur l’islam et de sa traduction dans les mentalités. Cette emprise se traduit par le refus des lois de la République, le rejet de notre civilité et la négation des bases de notre société politique.

Les exigences, portées à la fois par trop d’imams et de familles qui mettent en avant le respect l’islam plutôt que l’intégration à la société laïque, entraînent des conflits de loyauté face à des exigences culturelles occidentales incompatibles. La question de l’égalité est au cœur de ces conflits de loyauté. Notre société est fondée sur la reconnaissance de l’égale dignité de l’homme et cette reconnaissance se traduit dans l’égalité face à la loi. Ce n’est pas le cas en terre d’islam. Dans les pays arabo-musulmans, la femme est inférieure à l’homme. Le dhimmi (celui qui pratique une autre religion) est l’inférieur du musulman, et pour rester en vie, il doit accepter de payer un tribut. Le kouffar n’a pas droit de cité. Bref, l’égalité des droits n’existe pas et la discrimination dans le traitement est la règle.

L’accusation d’islamophobie, le voile et le halal : des outils du séparatisme

Pour symboliser ce refus de notre sociabilité et installer les marqueurs du séparatisme, les islamistes ont investi le terrain de l’ « islamophobie » et du voile. L’islamophobie ne tue pas, malgré les rivières de sang versées aux cris d’Allah Akbar ici et dans le monde. En revanche, l’accusation d’« islamophobie », elle, tue. Elle tue réellement, les journalistes de Charlie et Samuel Paty l’ont payé cher, mais elle aimerait aussi tuer socialement. Avec Mila et les professeurs de Sciences Po Grenoble dont les noms ont été affichés sur les réseaux sociaux, le principe a (dé)montré son efficacité. Il se poursuit au sein des universités, dans le monde de la culture, dans les médias ou en politique où l’on essaie de diaboliser nombre de républicains en les traitant de racistes et en leur accollant l’étiquette « islamophobe ». Cette tentative de déshumaniser et de censurer une parole libre en la taxant d’ « haineuse » est le rôle dévolu aux islamogauchistes, wokes et aux racialistes. Et ça fonctionne. Tandis que les islamistes s’occupent de réislamiser leur cible – à savoir la population musulmane, qui ne leur avait pourtant rien demandé – la gauche extrême, elle, s’occupe de faire la chasse aux intellectuels, journalistes et autres empêcheurs d’endoctriner en rond. Distribuant à tout va les qualificatifs de « fasciste » et de « raciste », tentant ou réussissant à briser des carrières et à désigner des cibles.

Côté réislamisation, les marqueurs ne cessent de progresser : renforcement de la pratique religieuse, port du voile, montée de la société séparatiste à travers la consommation halal et le développement d’une rhétorique du pur et de l’impur. Côté baillônnage intellectuel, si l’étau se desserre, ce n’est pas parce que l’État joue son rôle. Mila a été défendue du bout des lèvres et les professeurs de Sciences Po Grenoble ont été lâchés par leur tutelle. La seule chose qui fait encore bouger les lignes est le ras-le-bol des Français devant les atteintes répétées à leur mode de vie et le fait que trop utilisée, l’arme de la culpabilisation et de la déshumanisation s’enraye et ne fonctionne plus. De plus en plus de personnes n’ont plus peur d’être traitées d’islamophobes et certains tabous sont en train de tomber.

Résistance du terrain, aveuglement des élites

C’est aujourd’hui dans le peuple que l’on trouve l’esprit de résistance qui fait défaut aux institutions. C’est dans le peuple que l’on trouve la capacité à regarder en face le fait que l’absence d’intégration d’une partie des musulmans est liée au travail politique que réalisent, auprès des jeunes et des familles, les sectes liées à l’islam politique (salafistes, wahhabites, Frères musulmans, tabligh…). Du côté du pouvoir, en revanche, rien n’a changé ; on a toujours la main qui tremble.

Pire encore, les références de l’entourage du président Macron (notamment la Fondation pour l’islam de France), sont souvent des serviteurs zélés de la Ligue islamique mondiale, une secte liée à l’islam radical qui n’a de divergences avec les Frères musulmans que sur les méthodes et sur les intérêts de ses dirigeants mais qui porte, elle aussi, un projet de société incompatible avec nos valeurs.

En la matière on ne peut que déplorer la forte influence d’un Hakim El Karaoui, grand partisan de l’établissement d’une taxe halal. L’homme est sans doute plus affairiste qu’islamiste, mais son absence de scrupules l’amène à plaider pour une taxe qui consacrerait le séparatisme appelé de leurs vœux par les islamistes. Que dire aussi de Ghaleib Bencheikh, très proche des dirigeants de l’Arabie saoudite, et de son double discours selon qu’il s’exprime en arabe ou en français, ici, au Maghreb ou dans le Golfe ? Que dire de la volonté de l’État de former des imams quand les seules structures en capacité de le faire sont aux mains des Frères musulmans, qui furent les alliés d’Hitler et haïssent tout ce qui se réfère à l’Occident ? Que dire du nombre ridicule de mosquées fermées, de leur réouverture très rapide et de l’impossibilité d’expulser nombre d’imams radicaux ? Que dire de l’incapacité de l’État de se faire respecter de ses propres fonctionnaires, quand – simples exemples – une inspectrice d’académie se voit chahutée  par des enseignants idéologiquement remontés contre la laïcité, ou quand une ministre se voient contestée (toujours sur le terrain de la laïcité) par la fédération des centre sociaux, opérateurs pour l’État de nombre de politiques publiques ? Que dire d’une Commission européenne, devenue le cheval de Troie des revendications islamistes, qui fait la promotion du port du voile comme un marqueur de tolérance, qui subventionne nombre d’associations islamistes et qui a offert un refuge au CCIF quand la France a dissout cette organisation, liée, rappelons-le, aux Frères musulmans ?

Certes, on ne peut que saluer le travail de la police qui a réussi à déjouer nombre d’attentats. Mais si l’État s’est investi dans la lutte contre le jihadisme, il n’a su établir une doctrine à même d’éroder le pouvoir de radicalisation au quotidien que porte l’islamisme. Celui-ci, aidé de ses alliés se réclamant de la gauche culturelle, a installé un récit où une communauté arabo-musulmane qui serait victime de racisme systémique serait en droit de réclamer comme un dû le fait d’imposer ses propres lois sur un territoire qu’elle revendique comme étant une nouvelle terre d’islam.

Contre cette offensive, qui n’est plus si minoritaire, le pouvoir n’a rien à dire. Mais surtout, il n’a pas su réinvestir les beaux most de « nation » et de « République ». Il est incapable de sanctionner ses fonctionnaires quand ils refusent la laïcité, incapable de couper les vivres à des associations, comme le Planning familial, noyautés par la mouvance islamogauchiste. Il est incapable de refaire de l’école un espace où l’on apprend à aimer sa patrie et à être fier des principes et idéaux qu’elle défend. Ce pouvoir, qui ne sait ni se montrer fort, ni se montrer fier et encore moins donner aux Français un histoire à aimer et un projet collectif dans lequel s’incarner en tant que citoyen, est dans la droite ligne de celui qu’il a remplacé il y a cinq ans. Et comme soeur Anne sur son rempart à qui nos compatriotes demandent si elle ne voit rien venir, je ne peux que répondre que pour l’instant « je ne vois que le soleil qui poudroie et l’herbe qui verdoie. »

Publié le 18 janvier 2022

 

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