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11 septembre 2021

FRONT POPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 16 min

Augmentation des salaires : Le MEDEF fait du chantage

ARTICLE. En contrepartie d’une augmentation des salaires, les patrons du MEDEF réclament une réforme de l’assurance chômage. Malgré les confortables hausses de revenus qu’ils se sont accordées en 2021, les grands patrons n’entendent pas pousser la générosité jusqu’à leurs salariés, malgré la pénurie de main-d’œuvre.

D’après Patrick Martin, numéro deux du MEDEF, interviewé mercredi 25 août par RFI, une hausse des salaires en France ne peut que passer par « des réductions de charges sans pour autant creuser les déficits des régimes sociaux ». Il faudra alors, à l’en croire, réformer l’assurance chômage, ce qui « devrait faire revenir vers l’emploi un certain nombre de salariés et à partir de là réduire le déficit de l’assurance chômage ». Une affirmation qui a des airs de chantage : la réforme, retoquée par le Conseil constitutionnel le 22 juin 2021 était bien moins favorable aux chômeurs…

Faites ce que disent les patrons, pas ce qu’ils font

La frilosité de Patrick Martin sur les salaires est partagée par le président du MEDEF, Geoffroy Roux de Bézieux. Le même jour sur Franceinfo, il a assuré qu’il fallait se méfier d’une augmentation des salaires, car selon lui, elle entraînerait une « augmentation des prix » mécanique. Pour le numéro deux du MEDEF, cette augmentation s’expliquerait par « la marge de manœuvre des entreprises concernées (…) extrêmement réduite » et ​​parce que « les consommateurs ne sont pas prêts à payer plus cher ». Un postulat qu’il convient de nuancer : les grands patrons du CAC 40 et du SBF 120 se sont affranchis de ce constat et se sont attribué une généreuse augmentation en 2021, passant d’une rémunération moyenne de 3,8 millions d’euros à 5,3 millions (pour le CAC 40). Pourquoi alors refuser à ses salariés ce même élan de générosité ?

Pourtant, le lundi 22 août sur France 2, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, a appelé les entreprises à « se reposer la question de la meilleure rémunération » pour que « la croissance profite à tout le monde sans exception ». Puis il a précisé que ladite. croissance devait profiter « à tout le monde, sans exception, même les plus faibles, même les moins qualifiés, tous ceux qui ont été aux avant-postes de la crise ». Des paroles qui n’engagent pas le gouvernement et qui font office de vœux pieux.

Mot d’ordre du gouvernement : laissez-faire

D’autant que les « smicards » ne devraient pas voir leur niveau de vie progresser. Au Grand Jury RTL, Le Figaro et LCI, le dimanche 29 août, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a en effet annoncé que le SMIC ne serait pas revalorisé au-delà du pourcentage de progression de l’inflation annuelle. Le gouvernement entend donc laisser la liberté de choix aux entreprises qui ne semblent guère disposées à le faire sans contreparties.

Le MEDEF tente de tirer son épingle du jeu, dans une situation où il a peu de marges de manœuvre. L’Europe est frappée d’une pénurie de main-d’œuvre généralisée, en hôtellerie ou dans la restauration notamment. En France, dans ces deux secteurs, le nombre d’offres d’emploi a doublé depuis le début de l’année, notamment après la levée des restrictions sanitaires.

Particulièrement touché par cette pénurie, le Royaume-Uni voit ses salaires progresser significativement ces derniers mois, avec une augmentation de 8,8 % en juin, bonus compris, compensant largement l’inflation. Quant au SMIC, le gouvernement du Premier ministre Boris Johnson n’a pas eu les pudeurs de gazelle de son homologue français. Il a augmenté le salaire minimum du Royaume-Uni, à hauteur de 6,2 %, sans que l’économie britannique ne s’effondre après coup, bien au contraire.

Si la France veut sortir du chômage de masse, elle n’aura guère d’alternative. Il lui faudra proposer des conditions de rémunérations plus attractives, pour ne pas dire plus décentes à des postes parfois jugés ingrats et que la crise du Covid a révélés parfois comme étant indispensables. Pour cela, contraindre les patrons et le MEDEF en augmentant le SMIC serait la solution la plus efficace. Encore faudrait-il penser d’abord au confort des travailleurs et non à celui des patrons.

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