Victoryne Moqkeuz Eructeuse

Inspiration expulsion

18 août 2021

FRONT POPULAIRE

Classé dans : Barbarie, il suffit — eructeuse @ 8 h 07 min
Nation
Islamisme
Idriss Sihamedi, le wokisme et l’islam radical
Auteur : la rédaction

ARTICLE. Alors que les taliban ont pénétré Kaboul et fait fuir le gouvernement afghan, Idriss Sihamedi n’a pas caché sa joie. Le fondateur de BarakaCity avait été largement défendu à gauche quand le gouvernement avait dissous l’association. Elle était pourtant accusée de s’inscrire dans la mouvance des associations pro-djihadistes.

« Qu’Allah descende sur le peuple Afghan les plus belles richesses, les plus beaux hôpitaux, plus belles écoles et le plus bel avenir que le pays n’a jamais pu rêver ». Ce tweet quelque peu lunaire et publié le 15 août vient saluer l’entrée des taliban à Kaboul, capitale de l’Afghanistan.

Son auteur, Idriss Sihamedi n’est pas inconnu en France. Celui qui se réjouit du retour de l’obscurantisme religieux dans le pays marqué par le souvenir d’Oussama Ben Laden est également fondateur de BarakaCity. Cette ONG se disait « humanitairement engagée pour toutes et tous » — surtout les musulmans au travers du monde — et avait été accueillie par la Turquie d’Erdogan en 2021.

Le gouvernement accusé de « délire islamophobe »

Un exil contraint. En novembre 2020, BarakaCity a été dissoute par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin qui l’accusait de « s’inscrire dans la mouvance des associations pro-jihadistes » et d’être une « ennemie de la République ». Annoncée en même temps que la dissolution du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), cette disparition contrainte avait alors fait sortir de leurs gonds les habituels idiots utiles du fondamentalisme religieux sous couvert de bons sentiments.

Le journaliste Taha Bouhafs avait exprimé son « soutien à @Barakacity », évoquant la « honte internationale de dissoudre cette association ». François Burgat, islamologue et politologue français avait parlé d’une « dérive arbitraire et violente de la Macronie », accusant le gouvernement de « délire islamophobe ». Pour Raphaël Liogier, sociologue et professeur des universités à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence, BarakaCity pouvait « participer à une forme de déradicalisation terroriste. » A noter qu’Idriss Sihamedi se dit lui-même sur sa biographie Twitter « journaliste, lanceur d’alerte, travailleur et défenseur des droits humains ».

Une défense qui ne tient plus aujourd’hui. Pris de panique, Taha Bouhafs a lâché celui qu’il défendait il y a encore peu : « oui on peut (on doit) (…) demander le respect de l’état de droit face à un traitement d’exception de l’islam et des musulmans en France. Tout en se tenant loin des élucubrations plus que douteuses de certains ».

Nul n’est pourtant dupe : la dérive religieuse d’Idriss Sihamedi n’a jamais fait aucun doute pour quiconque s’y intéressait. En janvier 2016 dans l’émission « le Supplément », sur Canal +, non seulement Idriss Sihamedi avait refusé de serrer la main de Najat Vallaud-Belkacem, alors ministre de l’Éducation, mais il avait également fait preuve d’une ambiguïté plus coupable. Alors qu’on lui demandait s’il condamnait Daech, embarrassé, il avait répondu qu’il n’était « pas équitable, pas juste, de poser la question à un musulman. »

Un « gouvernement islamique ouvert et inclusif » !

L’arrivée des taliban au pouvoir en Afghanistan n’est bien évidemment pas du fait du “wokistan”. En revanche, les adeptes de la pensée déconstructrice, décoloniale et intersectionnelle sont les principaux idiots utiles des fondamentalistes islamiques.

Les mouvements politiques de gauche y voient une nouvelle classe sociale prétendument opprimée et surtout un réservoir de voix pour les échéances électorales. Alors ils se livrent à un clientélisme de mauvais aloi qui s’exprime dans les cantines scolaires ou les piscines municipales. Les féministes de ces mouvements voient dans le port du voile ou du burkini un combat à mener pour libérer les femmes de l’oppression systémique de l’État français.

Ces mouvements de gauche prétendument inclusifs préparent en réalité le terrain à des personnalités comme Idriss Sihamedi. Avec 59 % des professeurs de moins de 30 ans qui se déclaraient favorables au burkini dans une enquête IFOP — Fondation Jean Jaurès publiée en juillet 2021, ce n’est plus un « terrain », mais un tapis rouge.

Alors oui, cette nouvelle pensée « tolérante » des différences sexuelles et religieuses n’a pas amené les taliban au pouvoir en Afghanistan. Qu’à cela ne tienne ! Zeke Miller journaliste de la Maison-Blanchepour le compte de l’Associated Press a relayé sur twitter une déclaration du porte-parole du mouvement : « Le porte-parole des talibans a déclaré (…) que les militants tenaient des pourparlers visant à former un « gouvernement islamique ouvert et inclusif ». Ouf : le futur Afghanistan sera inclusif ou ne sera pas. Que les Afghanes soient rassurées.

17 août 2021

NATACHA DEVANDA

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 8 h 37 min

Charlie Hebdo.fr

Religions

Saint-Chamond, la ville où les élus écolos sont les judas de la laïcité

L’affaire remonte à la fin du mois de juillet. Le 21 juillet, en pleine fête de l’Aïd, l’imam fait son prêche en plein air, non loin du terrain où une future mosquée est en construction. Les croyants sont au rendez-vous. « Femmes musulmanes, tâchez d’obéir aux droits d’Allah et à ceux de vos époux, restez dans vos foyers et ne vous exhibez pas de la manière des femmes d’avant l’islam », déclame le prêcheur en citant l’un des versets du Coran.  

Ces belles paroles sont diffusées en direct sur Facebook. Et tombent dans les oreilles d’Isabelle Surply, conseillère municipale RN de Saint-Chamond. Laquelle s’en empare et s’emmêle les pinceaux en twittant « Tâchez d’obéir aux doigts d’Allah » au lieu de « Tâchez d’obéir aux droits d’Allah », ce qui, en soi, ne change pas grand-chose aux propos réacs qui sont le gage de toute religion qui se respecte. L’affaire agite les réseaux sociaux quand le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, demande à la préfète de la Loire de destituer l’imam et de s’occuper du « non-renouvellement de son titre de séjour », Mmadi Ahamada étant de nationalité comorienne. Lequel fait valoir sa bonne foi, explique qu’il est « pour que les filles fassent des études, deviennent médecins ou ingénieurs et pas pour qu’elles restent au foyer » et, aussi courageux qu’un caniche nain, explique son envolée machiste, en se planquant derrière le Coran avec cet argument choc : « c’est pas moi qui le dit, c’est Allah ! »

Les mésaventures de l’imam émeuvent illico les belles âmes de gauche qui voient dans la critique légitime de la religion musulmane la bête immonde de « l’islamophobie ». Les élus EELV de Saint-Chamond en sont et réagissent. Écrit avec les pieds, bourré de coquilles, de fautes de syntaxe et de grammaire, le communiqué de presse que se sont dépêchés de rédiger Patricia Simonin Chaillot et Jean Minnaert, conseillers municipaux à Saint-Chamond (Loire) fait peine à voir. 

C’est à vomir. @EELV entérine le sexisme de la religion dont on ne doit pas dire le nom… pic.twitter.com/60iXCeZsTL

— Fatiha Agag-Boudjahlat (@AgagBoudjahlat) July 31, 2021

Lundi 26 juillet, soit à peine cinq jours après la retransmission du prêche de l’imam sur Facebook, ces deux Verts de Saint-Chamond plongent tête la première dans le relativisme culturel et tentent de se faire l’avocat des religions monothéistes « qui portent l’égalité hommes femmes devant leur Dieu » (sic), tout en affirmant que « le combat historique des mouvements progressistes, portés par la gauche et les écologistes, ont participé à la reconnaissance de l’égalité homme-femme combattue le plus souvent par la droite et l’extrême droite ».
Dans un premier temps, on conseillera vivement aux conseillers municipaux EELV de lire attentivement Bible, Coran, Torah pour constater combien la femme est l’égale de l’homme dans les trois religions du Livre. Ensuite, on regrettera bien fort que ce « combat historique » de la gauche, des féministes et des écologistes, qui a su faire évoluer les mentalités, soit pour certains un lointain souvenir.  

Qu’espèrent donc ces deux mous du bulbe en rédigeant pareil charabia ? Qu’on les qualifie d’humanistes ? D’inclusifs ? De woke ? S’ils pensent sincèrement et un seul instant que les fidèles biberonnés aux prêches sexistes voteront EELV ou un quelconque parti progressiste lorsqu’ils se rendront aux urnes, ils sont, au mieux, de très mauvais stratèges politiques, au pire, plus cons qu’une laitue. Car courtiser un imam au prétexte de défendre la laïcité et les valeurs de gauche mérite de figurer tout en haut dans l’anthologie de la bêtise en politique. Les plus fidèles des fidèles, ceux qui ne jurent que par la religion, qui pensent que la place de la femme est à la maison à faire des gosses et la cuisine, ceux-là haïssent les idées de gauche, crachent sur les homos et les féministes, interdisent les débats d’idées, la déconnade, les empoignades… Et ce qu’ils soient chrétiens, juifs ou musulmans.

Une évidence qui ne frappe pas les quelque 4600 signataires de la pétition de soutien à l’imam lancée sur change.org, le 23 juillet. Pas plus que les membres de la section ligérienne de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), qui s’est elle aussi fendu d’un communiqué, en date du 26 juillet. Même le journal Le Monde y est allé de son couplet. Dans un article publié le 30 juillet, il titre « Polémique après la suspension d’un imam dans la Loire » et note que jusque-là « les sanctions prises à l’encontre d’imams ou de mosquées l’ont été à la suite de propos d’incitation à la haine ou de soutien à des actions terroristes. Jamais sur la base d’une lecture d’extraits du Coran. Si la décision du ministre devait se confirmer, alors prêtres, pasteurs et rabbins pourraient s’inquiéter. »   

Diantre, on tremble pour tout ce ramassis obscurantiste qui connaît au XXIe siècle un tel regain d’intérêt. Et Le Monde de poursuivre : « Un passage de la Bible dit par exemple : « Femmes, soyez soumises à vos maris » (Lettre aux Éphésiens, 5, 22–24). Il deviendrait dès lors interdit de le citer en public. Joints par Le Monde afin de savoir quel texte de loi légitime leur action, ni la préfète de la Loire ni le ministre de l’intérieur n’ont répondu. »  

Mais ce que ni Le Monde, ni EELV ou la LDH ne semblent remarquer c’est que les propos de l’imam n’ont pas été tenus uniquement devant un public de fidèles, mais aussi en direct sur les réseaux sociaux, ce qui, sous couvert de faire du prosélytisme et de toucher le plus grand nombre, expose directement la responsabilité de celui qui prêche aux conventions de la vie en société, au pacte social et au respect des lois. Parmi elles, celle de l’égalité républicaine entre les hommes et les femmes. Le public de ce prêche n’était donc pas seulement les fidèles engoncés dans leurs croyances qui pensent que la femme est un être inférieur qui se doit d’être modeste, pudique et obéissante, mais les internautes, soit à peu près tout un chacun. Or, à Charlie, on trouve bien dommage qu’en 2021, les seuls politiques immédiatement choqués par les propos sexistes d’un imam, soient des membres du RN ou un ministre de droite.  

Que disent le PC, la France insoumise, les socialistes, les associations féministes des propos moyenâgeux tenus par l’imam ? Rien. Ah oui, c’est vrai, on oubliait, c’est les vacances, les JO, la plage, tout ça… Et, c’est bien connu, le sable dans les oreilles, ça rend sourd. ●

16 août 2021

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Des personnes sans aucune formation en santé divulguent nombre de conseils de santé et pas qu’en lien avec la covid !

Faim de pognon ?

Le pognon se cuisine à la sauce incrédule !

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8 août 2021

REGIS DE CASTELNAU

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 34 min

Dans le FRONT POPULAIRE du 8 08 21

Analyses
Pass sanitaire
Conseil constitutionnel : la recette du pâté d’alouettes

OPINION. Ce jeudi 5 août, le Conseil constitutionnel a validé l’essentiel de la loi proclamant entre autres l’extension du passe sanitaire. Mais ce dispositif visant à surveiller et punir souffre d’un grave problème de légitimité, eu égard aux personnes et aux institutions qui l’ont mis en place.

Oui, le droit peut être manipulé

Éric Dupond-Moretti, qui décidément n’en rate pas une, a répondu à ceux qui critiquaient la décision du Conseil constitutionnel « validant » pour l’essentiel la loi concernant l’instauration du passe sanitaire : « Contrairement à leurs convictions, le droit, lui, ne peut être manipulé. » C’est simplement risible. Un étudiant de première année le sait : le droit a plusieurs sources, dont une des principales est précisément la jurisprudence. C’est-à-dire l’interprétation et l’application de la Loi par le juge. Et dans ce domaine, depuis une trentaine d’années, celui-ci s’en est donné à cœur joie. En particulier le Conseil constitutionnel qui n’a plus rien à voir avec celui prévu initialement par la constitution du 4 octobre 1958. Initiant une évolution qui a complètement déséquilibré le système législatif institutionnel dans notre pays. Grâce tout d’abord à l’élargissement de la saisine voulue par Giscard, puis la mise en place de la théorie du « bloc de constitutionnalité », sorte de fourre-tout juridique soumettant le contrôle de la loi souverainement adoptée par le Parlement à l’application de normes issues de ce fourre-tout évoluant au gré des circonstances.

Normalement le contrôle de constitutionnalité devrait être limité à l’examen de la conformité de la loi au texte même de la Constitution. C’est ainsi qu’on a vu récemment le principe de « fraternité » de la devise de la République faire son apparition dans ce fourre-tout afin de permettre de dépénaliser l’aide aux trafics de migrants ! Dans le système français toute loi votée par le Parlement et faisant l’objet d’un recours parlementaire, ne peut être promulguée par le président de la République qu’après « validation » par le Conseil constitutionnel. Celui-ci, avec la considérable augmentation de son champ d’intervention et de ses possibilités d’interprétation, a récupéré dans les faits une partie importante du pouvoir législatif. Ce n’était pas encore assez, puisqu’une révision constitutionnelle, en créant la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC), permet désormais aux citoyens de contester la constitutionnalité d’une loi a posterioride sa promulgation et parfois fort longtemps après.

Nommés par le président de la République, le président de l’Assemblée nationale et celui du Sénat, les membres du Conseil ne sont pas choisis sur la base de critères de compétences juridiques. Ce sont bien évidemment des critères politiques qui président à ces choix. La présence de Robert Badinter à Laurent Fabius en passant par Roland Dumas, Jean-Louis Debré, Michel Charasse, Lionel Jospin, Alain Juppé, etc. le démontre abondamment.

Il n’y a pas de procédure véritablement contradictoire dans la préparation des décisions et dans les faits, le poste d’un secrétaire général omnipotent étant toujours occupé par un de ses membres, le poids du Conseil d’État y est considérable. Cette institution est ainsi amenée à peupler en amont les cabinets ministériels de ceux qui rédigeront les textes soumis au Parlement. D’autres de leurs collègues les examineront ensuite au Conseil constitutionnel, quand d’autres encore, directement au Conseil d’État cette fois-là, le feront pour les décrets, dans le cadre du contrôle de l’activité réglementaire du pouvoir exécutif ! La boucle est bouclée et ainsi, la production normative dans notre pays est essentiellement entre les mains d’une petite caste issue de l’ENA, les postes de responsabilité étant soigneusement choisis là aussi sur des bases éminemment politiques.

Alors on va contredire le garde des Sceaux et confirmer que la décision rendue par le Conseil constitutionnel le 5 août est bien une décision d’abord et avant tout politique. Prétendre le contraire est se moquer du monde.

Un cheval liberticide, une alouette de respect des principes

Il y a près de 20 ans, dans un ouvrage qui n’a pas laissé une trace indélébile dans la littérature française, Laurent Fabius nous avait informés de certains de ses goûts culinaires et en particulier celui de la salade de carottes. On constate à la lecture de la décision relative au passe sanitaire qu’il apprécie aussi le « pâté d’alouettes », dont la recette a été incontestablement respectée avec un cheval de validation des principales mesures de coercition et une alouette de petites censures marginales.

Avant d’examiner le résultat, il faut quand même rappeler que le texte de loi a été adopté par une Assemblée nationale croupion, issue des élections législatives de 2017, intervenues en conséquence de l’arrivée irrégulière d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Véritable chambre d’enregistrement où la majorité est occupée par un parti politique représentant moins de 10 % des électeurs inscrits à l’échelle du pays, comme l’ont démontré les élections intermédiaires. En fait, le travail de notre cour suprême pour apprécier le dispositif adopté par le Parlement imposait l’utilisation d’un curseur.

Les libertés publiques fondamentales comme celle d’expression, d’inviolabilité de la personne, de libre circulation, etc. peuvent faire l’objet de restrictions par la loi dès lors qu’un intérêt général et collectif le nécessite. Mais il est indispensable de démontrer que ces limitations sont strictement proportionnées à l’intérêt public poursuivi. En l’occurrence, le Conseil constitutionnel devait se livrer à un arbitrage entre les impératifs de la protection des libertés publiques et ceux issus de « l’objectif de protection de la santé publique » qu’il a inventé ex nihilopar une décision intervenue en 1991 ! Pour avoir suivi certains méandres du Conseil d’État dans l’appréciation de l’activité réglementaire du gouvernement depuis un an et demi, on pouvait difficilement ne pas prévoir le résultat. S’appuyant imprudemment sur « l’état des connaissances scientifiques » et démontrant la faiblesse de sa culture des libertés, il a placé le curseur largement du côté sanitaire au détriment des garanties qu’une société démocratique doit à ses citoyens. Soyons clairs, l’auteur de ces lignes lui-même vacciné est favorable à la généralisation du vaccin, mais pour autant, le système mis en place repose d’abord et avant tout sur le diptyque de la surveillance et de la punition. S’agissant de ce régime qui a désormais les traits d’un système autoritaire et antidémocratique, et compte tenu de ses précédents, on peut malheureusement s’attendre au pire.

Les quelques annulations qui parsèment la décision ne changent en rien la philosophie globale du dispositif voulu par Emmanuel Macron. Prenons l’exemple de la question des licenciements en cas de refus de vaccination. On sait que finalement, le Parlement avait renoncé à faire de ce refus un motif de licenciement. Mais l’avait maintenu pour les contrats de travail à durée déterminée (CDD) ! Doctement le conseil nous a dit que « le législateur avait institué une différence de traitement entre les salariés selon la nature de leurs contrats de travail ». Magnifique ! Les CDD vont se voir appliquer le même traitement que les CDI c’est-à-dire qu’on pourra les suspendre sans rémunération. Pas vacciné, vous ne pourrez plus vous acheter à manger. Cela constitue à l’évidence une obligation vaccinale à peine déguisée, et il aurait été intéressant que le Conseil constitutionnel s’exprime sur le point de la vaccination obligatoire. Cette censure est une simple diversion.

Surveiller… et surtout punir

Concernant l’obligation faite à toute personne faisant l’objet d’un test positif à la covid-19, de se placer de son propre chef à l’isolement sous peine de sanctions pénales (!) était tellement énorme qu’il n’a pas été possible d’échapper à l’annulation. Mais si on lit l’arrêt entre les lignes, on voit bien que sont fléchées les rédactions qui le permettraient. « D’autre part, l’objectif poursuivi par les dispositions contestées n’est pas de nature à justifier qu’une telle mesure privative de liberté s’applique sans décision individuelle fondée sur une appréciation de l’autorité administrative ou judiciaire. » Si l’on comprend bien, il suffira que les professionnels qui ont réalisé les tests aient l’obligation d’en transmettre les résultats au préfet, celui-ci prenant la mesure d’isolement. Et ça passera crème. Comme a été avalisée la passion macronienne du pénal s’exprimant dans la situation faite aux exploitants d’établissement recevant du public, qui sont tenus contrôler la détention par leurs clients d’un « passe sanitaire » sous peine d’encourir un an d’emprisonnement, 9 000 euros d’amende et une fermeture administrative, c’est-à-dire purement et simplement une mort sociale. Il y a dans le texte une violation du principe de spécialité qui permet une caractérisation suffisamment précise du champ de l’infraction. Comment constater l’abstention autrement que par le contrôle des clients dans l’établissement ? Ce qui normalement serait insuffisant pour caractériser la faute de l’exploitant ? Quant à la violation du principe de proportionnalité, la simple lecture des peines encourues en démontre l’énormité. Tout ceci n’a pas contrarié ce que l’on appelle improprement « les sages ».

Pour atténuer la portée des mesures liberticides, le Conseil constitutionnel prend tranquillement pour argent comptant la date du 15 novembre comme fin du système. C’est une plaisanterie, puisqu’à cette date il sera loisible à Emmanuel Macron de faire saisir son Parlement godillot pour obtenir une prolongation. Et pourquoi pas jusqu’à l’élection présidentielle en prévoyant, expressément cette fois-ci et non pas par le rejet de l’amendement Son-Forget, l’obligation du passe sanitaire pour rentrer dans les bureaux de vote.

Le rejet populaire massif des mesures macroniennes qui voit les foules importantes se mobiliser en pleine période des congés d’été, des juristes éminents, des intellectuels, des personnalités politiques respectables s’engager, a constitué une surprise. Certes il charrie parfois le pire avec une montée de l’irrationalité et de la pensée magique qui trouvent grâce aux réseaux des champs d’expression importants. Il ne faut cependant pas s’arrêter à ce phénomène somme toute minoritaire. On peut tout à fait être favorable au vaccin et même partisan de la mise en œuvre d’une stratégie massive, mais être opposé à l’effet d’aubaine et aux dérives liberticides.

Car c’est bien ce qui caractérise ce mouvement, que le rejet de l’actuel président de la République et de son système. Dont la haute fonction publique d’État, qu’elle soit administrative ou judiciaire, fait partie, et constitue un de ses éléments actifs. Les mesures pour lutter contre le Covid sont d’autant plus mal acceptées qu’elles émanent d’un pouvoir arrivé de façon illégitime au pouvoir et perçu comme tel dès l’origine. Et qui a accumulé tous les ratés possibles, les accompagnant à chaque fois de mensonges éhontés. Lutter avec rigueur contre la pandémie, oui. Le faire sous la direction d’Emmanuel Macron, non.

7 août 2021

«Le wokisme ne peut que s’autodétruire»

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 20 h 42 min

«Le wokisme ne peut que s’autodétruire»

  • propos recueillis par Emmanuel Durget, pour Le Point – août 2021
ENTRETIEN. Les «woke», venus des campus américains, se veulent « éveillés » aux discriminations. Pour la Fondapol, Pierre Valentin a radiographié ce mouvement.
Sa prévision se veut optimiste : le wokisme est amené à disparaître. Par sa promotion d’une inclusivité sans limites et ses nombreux paradoxes, c’est son essence même. Pourtant, le mouvement croît indubitablement dans le milieu universitaire, dans le monde de l’entreprise, et même dans l’espace politique. C’est pourquoi Pierre Valentin tempère : «Il ne s’agit pas de rester les mains dans les poches, il faut l’y aider.»
Dans une longue note d’une soixantaine de pages publiée par la Fondation pour l’innovation politique (Fondapol), Pierre Valentin dissèque le succès de ce mouvement militant. Diplômé de l’université d’Exeter (Angleterre) en philosophie politique et étudiant en master science politique à l’université Paris-2-Panthéon-Assas, l’auteur, qui a grandi entre Londres et Paris, a pu constater la prégnance de cette idéologie sur les campus anglo-saxons. Il rappelle sa philosophie postmoderniste et analyse son fonctionnement stratégique. Il pointe également les nombreuses contradictions d’une idéologie qui tient à échapper à toute définition.
Le Point : Comment peut-on définir le wokisme ?
Pierre Valentin : Ce n’est pas simple, car cette idéologie se flatte souvent d’être indéfinissable. Par exemple, Judith Butler encourage le fait de ne pas définir le postmodernisme, justement pour échapper aux pièges de la catégorisation, parce que dès que l’on catégorise, on crée un dedans et un dehors, et donc une exclusion et une oppression potentielles.
Je pense que la meilleure manière de le comprendre, c’est de commencer par la traduction littérale, qui est «éveillé» en anglais, où l’on aperçoit un certain rapport avec l’hérésie chrétienne qu’est le manichéisme, où une petite élite éclairée, «éveillée», a accès à un savoir qualitativement supérieur au reste de la population. L’avant-garde des marxistes jouait ce rôle jadis. «Woke», qui n’existe dans un contexte politique que de manière récente, signifie être éveillé aux injustices et aux discriminations subies par les minorités dans les pays occidentaux.
En quoi le wokisme descend-il du postmodernisme ?
On pourrait comprendre le wokisme comme une sorte de postmodernisme qui aurait muté. Le postmodernisme, lors de sa première phase, dans les années 1960-1970, cherchait à déconstruire les catégories. Et puis, lorsque les postmodernes sont arrivés au stade terminal, il ne restait plus rien. Les suivants devaient poursuivre cette œuvre de manière très paradoxale, en la contredisant et en se mettant à reconstruire en utilisant les mêmes outils.
Selon les woke, la neutralité n’existe pas et donc l’égalité telle que théorisée jusque-là était forcément illusoire. La meilleure manière de lutter contre une hiérarchie que l’on juge injuste (homme/femme, blanc/noir, etc.), selon Jacques Derrida et Herbert Marcuse, c’est de la renverser. En d’autres termes, il faut une hiérarchie à l’envers et non pas une égalité. Cette modification du postmodernisme dans sa seconde étape se voit très bien chez Kimberlé Crenshaw à la fin des années 1980 et au début des années 1990. Crenshaw aura théorisé l’intersectionnalité et la théorie critique de la race. Dans son œuvre, elle construit une hiérarchie des catégories raciales et sexuelles dans l’autre sens.
Le wokisme a-t-il pour origine la French Theory, et notamment Derrida et Foucault ?
Dans le monde académique, certains professeurs disent que Derrida et Foucault ont été trahis par le wokisme. Ils n’ont pas forcément entièrement tort. Je ne suis pas universitaire, je ne peux pas trancher ce débat. Mais il faut noter que beaucoup de ces postmodernes ont théorisé avec Roland Barthes «la mort de l’auteur ». Or cela veut dire que l’interprétation que le lecteur fera du texte peut étouffer l’intention originale de l’auteur. Ce qui signifie que l’on peut en faire les interprétations qu’on veut. Ni l’auteur ni ses disciples n’ont le droit de réagir a posteriori et de dire «vous m’avez mal interprété». De fait, Derrida lui-même ne pourrait donc pas s’en plaindre.
De plus, lorsque Derrida dit qu’on peut résumer, en schématisant, toute son œuvre à une «virologie», une grande «parasitologie», quels anticorps possède-t-il face à une infection virale de son œuvre par d’autres penseurs ? Quand on se définit soi-même comme un virus, on résiste assez mal à d’autres virus idéologiques. Ajoutez à cela qu’il a théorisé le fait que toute opposition de concepts n’était pas une opposition horizontale, mais une opposition verticale… Pour Derrida, en effet, si je distingue l’homme de la femme, c’est en réalité pour dire que l’homme est supérieur à la femme. Et donc, la meilleure manière de lutter contre ça, de déconstruire ce binaire, c’est de le renverser. C’est ce qu’on voit tout à fait aujourd’hui chez les woke, où l’affaiblissement du dominant est ouvertement souhaité.
Foucault, quant à lui, bien que passionnant par moments (notamment dans son analyse du «biopouvoir»), théorise le concept de «savoir-pouvoir» qui radicalise la vieille injonction soixante-huitarde «D’où parles-tu, camarade ?». Ainsi, savoir et pouvoir étant inexorablement liés, on peut sombrer dans le relativisme en toute tranquillité, en remettant en question tout «savoir» qui émane de quelqu’un en le réduisant à une stratégie pour récupérer plus de pouvoir.

«Il y a un mariage parfait entre le wokisme et les réseaux sociaux.»

Quels sont les mécanismes de fonctionnement du wokisme ?
Ce qui est intéressant, c’est qu’aujourd’hui, nous vivons dans une société de l’attention et de l’image, et le wokisme s’appuie sur la capacité de capter l’attention et d’attirer les yeux des gens sur un sujet. On parle souvent de lutter contre «l’invisibilisation» de certaines minorités. C’est pour cela qu’il y a un mariage parfait entre le wokisme et les réseaux sociaux.
Vous suggérez même que le wokisme n’aurait sans doute pas existé sans les réseaux sociaux…
On peut sincèrement se demander si le wokisme aurait pu éclore sans ces réseaux sociaux, parce que ce sont des millions de tierces personnes potentielles qui peuvent venir soutenir une cause. Si quelqu’un tient des propos qui ne me plaisent pas, à la place d’en parler avec lui, je vais faire une story ou un tweet, et je vais l’exposer. C’est une négation du principe de subsidiarité, puisqu’on va parfois même demander au politique d’intervenir directement. Par exemple, la cancel culture – qu’il faut percevoir sinon comme une culture, au moins comme une méthode – vise à obliger l’intervention d’une tierce partie, qui est l’employeur, sommé de rompre tous les liens contractuels, voire amicaux, avec une personne. L’idée de régler le différend au plus petit niveau possible, entre quatre yeux, et d’en rester là, n’existe pas.
Vous expliquez également que toute tierce personne est tenue de prendre parti.
C’est ici que nous pouvons tracer un lien entre stratégie et philosophie woke. Lorsque le penseur woke particulièrement connu Ibram X. Kendi dit qu’il n’y a pas de politique non raciste, car il n’y aurait qu’une politique «raciste» ou une politique «antiraciste», il cherche à interdire aux passants une position de neutralité. On peut faire un parallèle avec les grèves de la faim. Le gréviste s’appuie sur sa souffrance pour rendre impossible la neutralité du passant. Lorsque l’on impose un binaire totalisant entre le bien et mal, la tierce personne neutre est sommée de prendre parti, sinon elle devient automatiquement un partisan du mal. Cette théorisation de l’impossibilité de la neutralité vient renforcer le fait d’obliger les tierces personnes à intervenir, à discuter. C’est comme cela que le mouvement croît, philosophie et stratégie woke marchant main dans la main.
Pourquoi la notion de victimisation est-elle centrale dans le wokisme ?
On voit sur les campus des gens qui, pour avoir douté, faits à l’appui, d’un témoignage de persécution, vivent des moments horribles. Qu’ils aient raison n’est pas la question. À l’inverse, des minorités qui auraient inventé de toutes pièces de fausses histoires de persécution à leur égard (souvent en détruisant des vies sociales) ne souffrent pas franchement des conséquences sociales. C’est ce qui pousse les deux sociologues Jason Manning et Bradley Campbell à écrire : «Si le statut de victime ne conférait aucun avantage, pourquoi tout cela se produirait-il ? Pourquoi quelqu’un prétendrait-il faussement être une victime s’il n’y avait aucun avantage à le faire ? Le fait qu’ils le fassent démontre que le statut de victime est en réalité une ressource sociale, une forme de statut.»
Aujourd’hui, lorsqu’un récit de persécution provient du persécuté, ne pas y croire relève du blasphème. On aperçoit donc un éloge de la faiblesse qui est une sorte de course paradoxale vers le bas, avec pour conséquence la sacralisation du statut de victime. Le martyr chrétien a été remplacé par la victime woke.
Est-ce qu’on doit en déduire que le mouvement woke est anarchiste et se désintéresse du pouvoir ?
C’est un paradoxe central. Le bien et le mal sont remplacés chez eux par le dominé et le dominant. Ainsi, le pouvoir, globalement, c’est mal. Pourtant, ils le recherchent. En résumé, le pouvoir corrompt et, en même temps, il faut s’en saisir.
Par ailleurs, les militants woke sollicitent le pouvoir en place et lui demandent de donner des gages. Le tweet typique pour demander à un employeur d’«annuler» son employé, c’est de dire : «Votre employé fait X. Est-ce que vous cautionnez X ?» Il y a une sorte d’injonction moralisatrice à la repentance des plus puissants. Vous êtes au pouvoir, montrez-nous que vous vous souciez du sort des plus démunis.
Vous démontrez que les militants woke sollicitent un autre pouvoir, celui de la bureaucratie. Qu’entendez-vous par là ?
Le wokisme, par stratégie, est prêt à théoriser un concept non pas pour sa véracité en soi, mais pour les effets qu’il peut produire. Tout est stratégique. À l’université, comment s’y prendre pour appâter une bureaucratie afin d’exiger des interventions qui vont favoriser sa cause ? Une bureaucratie universitaire ne va pas répondre à des exigences formulées en termes de vertu, elle ne juge pas le bien et le mal. Elle ne va pas non plus répondre à des exigences de préférence, comme : «Je n’aime pas ce que dit cette personne.» Elle va par contre répondre à des termes qui ont au moins une apparence de neutralité. Et c’est là où la protection des élèves, qui est un prétexte en apparence neutre, entre en scène.
La bureaucratie ne prend pas parti, elle ne fait que remplir son devoir de protéger les élèves, voyons ! Or, la notion de protection, c’est une notion qui malgré son apparence de neutralité a connu ce que Nick Haslam appelle un «glissement conceptuel». Initialement, le terme de protection était rigoureux. Aujourd’hui, il comprend la notion de «sécurité émotionnelle». Par exemple, un élève qui n’a pas été appelé par ses pronoms de choix peut se sentir «en danger». La bureaucratie peut donc intervenir pour museler le professeur qui aurait usé des mauvais pronoms. Et pour un professeur qui se fait virer, cent autres apprennent à se taire.
Pourquoi la bureaucratie universitaire agit-elle dans ce sens ?
En étant un peu cynique, on peut dire que les bureaucrates veulent légitimer leur salaire, qui est désormais plus élevé en moyenne que ceux des professeurs dans le monde anglophone. La part bureaucratique des dépenses des universités n’a fait qu’augmenter depuis plusieurs décennies. Comment justifier son salaire et son existence en tant que bureaucrate ? En intervenant régulièrement, en «protégeant» les élèves. En étant là pour qu’ils se sentent en sécurité, en créant des safe spaces, des espaces saufs et protégés de tout contradicteur. C’est ce qui fait qu’à chaque intervention, la bureaucratie arrive à justifier la création d’une nouvelle entité qui permettra de lutter contre une nouvelle menace. Et plus ils vont surprotéger les élèves, plus ils seront fragiles face à la contradiction, plus de nouvelles entités bureaucratiques auront leur place. Fragilité étudiante et bureaucratie universitaire se nourrissent l’une et l’autre.
Les «théories infalsifiables» sur lesquelles s’appuie le wokisme ne sont-elles pas une démonstration de la pertinence de cette pensée ?
Une théorie qui n’est pas falsifiable, cela veut dire qu’on ne peut pas imaginer un test qui puisse la falsifier. Il faut que l’on puisse imaginer comment une théorie pourrait s’effondrer pour que celle-ci soit rigoureuse. C’est ça, la méthode scientifique. Or le wokisme se prétend scientifique, mais n’est pas falsifiable.
Un exemple que je donne dans la note concerne les statistiques sur lesquelles il s’appuie. Toute disparité statistique, qu’elle soit sexuelle, ethnique ou de genre, est perçue comme une preuve de discrimination dans le système. Ils vont constater, par exemple, que 96 % des personnes en prison en France sont des hommes. Voilà une preuve de la «masculinité toxique», et de ce que l’historienne Lucile Peytavin appelait le «coût de la virilité». À l’inverse, s’il y avait eu 96 % de femmes, on aurait constaté la preuve d’un «sexisme systémique» du «système judiciaro-carcéral» français. Cet argument n’est pas si hypothétique que cela dans la mesure où, lorsque l’on souligne le fait qu’il y a plus d’étrangers dans les prisons, on ne parle pas d’une culture toxique que l’on aurait importée de l’étranger, mais on y voit la preuve éclatante du «racisme systémique» français. Donc, c’est toujours «pile je gagne, face tu perds». Et les personnes qui commencent à rentrer dans ce système de pensée voient partout des confirmations de leurs théories. Il n’y a pas de moyen de falsifier les assertions woke.
Vous évoquez la fragilité psychologique des militants woke dans toute une partie de votre note. N’est-ce pas dangereux de psychologiser des militants ainsi ?
En France, le sujet du wokisme a déjà été traité, notamment par Le Point et d’autres – et souvent de manière passionnante –, mais sous l’aspect intellectuel. Or, l’angle psychologique, qui permet d’incarner la philosophie woke, n’était que très peu traité. Des idées prospèrent sur une certaine psychologie, et non dans le vide. Des gens se disent : «Cette vision à un instant T m’aide à avancer et je comprends ma place dans le monde grâce à cela.» Le fait que l’on traverse en Occident une grande crise du sens signifie qu’en ce moment, des jeunes, perdus, sont plus à même de se jeter dans les bras d’une idéologie totalisante ; de se vautrer dans une grande narration qui en fera des acteurs dans une lutte cosmique entre le bien et mal. Ils cherchent une raison de vivre et donc une cause pour laquelle ils seraient prêts à mourir.

«Le wokisme comme philosophie de vie pousse à des troubles psychologiques.»

Que démontrent les études psychologiques que vous reprenez dans votre note ?
Que toute une génération a grandi en connaissant très peu de moments sans supervision. Il y avait toujours un professeur dans l’école, un surveillant à la récréation, une nounou sur le chemin du retour, puis maman pour faire les devoirs, puis, lorsqu’ils vont faire du sport, papa sur le banc de touche pour venir aider en cas de problème. Ces jeunes n’ont pas connu cette notion de débrouillardise. Face à un problème, ils n’ont pas le réflexe de le régler eux-mêmes, ou avec des gens de leur âge. Face à un différend, on se tourne vers papa ou maman, et en grandissant, vers la bureaucratie universitaire pour le régler à sa place. Il y a une dépendance à l’autorité qui s’exprime par ce recours à la bureaucratie universitaire ou à des tierces personnes en situation de pouvoir. Cette dépendance est paradoxale dans la mesure où c’est la génération des petits-enfants de Mai 68 qui prônait un rejet de toute autorité.
Y a-t-il également des troubles psychologiques comme conséquences du militantisme woke ?
Ce qui me paraît clair, c’est de dire que le wokisme comme philosophie de vie pousse à des troubles psychologiques. La causalité dans cette direction-là est incontestable. Le wokisme encourage, outre son aspect infalsifiable, la pratique de distorsions cognitives. L’une d’entre elles est le negative filtering, où, face à de nombreuses informations, vous n’allez retenir que les mauvaises. Dans les microagressions, on vous encourage à percevoir le mal partout. Le militant woke et la personne déprimée partagent donc plusieurs manières de tordre le réel, souvent en le repeignant en noir.
Autre exemple, les disability studies prônent le fait de célébrer son identité marginale même dans le cas de troubles psychologiques, quitte à ne pas se soigner. Une fois que le statut de victime est une ressource sociale, la tentation de se victimiser en «s’autodiagnostiquant» autiste (ou autre) devient très forte.
Cela ne veut pas dire que tous mentent, bien au contraire ! En mars 2020, un sondage indiquait d’ailleurs que 56,3 % des femmes américaines blanches progressistes qui ont entre 18 et 29 ans souffraient d’un trouble mental. Il faut aider ces personnes-là à s’en sortir, et non à s’enfermer dans le wokisme. Le mouvement woke joue sur une ambiguïté qui n’en est pourtant pas une en prétendant que vouloir éradiquer le handicap revient à vouloir éradiquer les handicapés.
Le wokisme n’a-t-il pas pour intérêt de favoriser l’inclusion ?
Dans la conclusion de la note, j’explique qu’il n’y a aucune affirmation dans le wokisme, qu’il n’y a que de la négation. On pourrait croire que «l’inclusion» est une affirmation. Après tout, le slogan «Rejoignez-nous !» paraît positif. Mais en réalité, qu’est-ce que l’inclusion ? Si je me penche sur un objet, j’aperçois qu’il a des limites. Un tableau dans un musée possède un cadre. Si j’explique que pour être plus inclusif, je vais élargir les limites de cet objet, passé un certain stade, l’objet va disparaître, car il ne voudra plus rien dire. On a expliqué que l’art était partout, qu’il pouvait tout être, afin d’être «inclusif». Résultat, il n’y a plus d’art nulle part. L’inclusion est donc une destruction.
C’est ce paradoxe qu’ils n’arrivent pas à comprendre. Les limites, les contraintes, le dedans et le dehors définissent une chose. Sans cela, nous avons dissous l’objet de l’étude.
Autre exemple : l’acronyme LGBTQIA + ne cesse d’avoir de nouvelles lettres, par «inclusion». Aucun nouvel arrivant ne peut donc être refusé. Désormais, qu’est-ce que cet acronyme peut encore incarner ? Idem pour le drapeau LGBT. Le drapeau LGBT traditionnel est déjà dépassé. Ont été intégrées les couleurs de Black Lives Matter, mais aussi les couleurs des trans et des «non-binaires». Vous avez donc à peu près toutes les couleurs et toutes les formes sur ce drapeau qui à la fin – c’est la logique finale d’autodestruction – ne veut plus rien dire.
  • Illustration : Vidéo. «Le wokisme ne peut que s’autodétruire» par Pierre Valentin, pour Le Point

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