Victoryne Moqkeuz Eructeuse

Inspiration expulsion

29 juillet 2021

Etats Geneaux du Combat Laïque

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 7 h 28 min
Plaidoyer pour une souveraineté Laïque Française.
La laïcité française est un enjeu local à l’échelon de la planète. Notre laïcité séparative, qui garantie la liberté de conscience de tout les citoyens est un enjeu national franco-français. En 2020, il est plus que temps de reprendre le main par le haut sur ce principe juridique puissant et sur la dimension philosophique qui engraine, qui engrainait la société d’une idée humaniste et universaliste.
Tout d’abord en revenant à ce qu’elle fût, avant que les politiques eux même ne la rendent caduque et inopérante.
Historiquement, la genèse fait débat. Les discussions sur les luttes pour l’émancipation du joug clérical et de la libération de l’individu ayant, au travers de la révolution laissées des traces indélébiles, tout autant que celles sur les inventeurs de la logique humaniste du siècle des lumières, ne trouverons que des débats historico-politiques qui diviseront inévitablement les meilleurs partisans de la laïcité.
Au stade où nous en sommes, il est inutile de se lancer dans une exégèse et un rappel historique de la laïcité, lorsqu’on sait que de l’aveu de certaines interprétations du Coran, Mahomet lui même serait un précurseur de la chose Laïque, que Jésus lui même serait laïque, tout comme Gengis khan dans les steppes mongoles. Inutile donc de faire une remontée dans le temps pour en chercher les prémices. Nous n’avons pas le temps nécessaire avant l’effondrement total de ce qui dirige nos pas de citoyen depuis 1905, date de la promulgation d’un texte qui a profondément impacté la marche de ce pays.
Loi de séparation entre les églises et l’État.
Il court depuis des années une interprétation sur le titre même de cette loi. Un enfumage politique chargé de faire dire le contraire d’un texte pourtant simple dans son titre et dans son exposé.
Le terme  »séparation » est galvaudé au point de le transformer en  »neutralité d’État ».
La séparation implique forcément deux parties. Les églises d’un côté, l’État de l’autre.
Sous la pression électorale, ou plus particulièrement sur le mythe d’un vote religieux communautariste, le terme  »séparation » est devenu caduque au profit de l’idée de  »neutralité de l’État » face aux églises. C’est un allègement idéologique de la rigueur séparative. Une sémantique qui renverse l’idée même de la loi de 1905, en l’empêchant d’être ce pourquoi elle a été promulguée, à savoir une séparation stricte entre le pouvoir temporel de l’État et le pouvoir intemporel des forces cléricales.
L’État serait donc seul à être neutre et non invasif à l’endroit d’un contre pouvoir organisé. Rendant du coup les églises libres et sans contraintes dans la société et face à l’État.
Il faut se dire qu’en 1946 en préambule de la constitution, puis en 1958 à la promulgation de la constitution de Vème République, il a été décrété que la République Française était laïque. Sur la base de la loi de 1905, loi de séparation entre les églises et de l’État, et dans un soucis de reconstruction après guerre, l’État a décrété que cette séparation était toujours valable et impérative pour que les fonctions publiques puissent fonctionner sans interférences cultuelles au service de l’État et des citoyens. Écoles, collèges, lycées, hôpitaux, sécurité intérieure, services sociaux, municipalités,collectivités locales, tout le régalien s’est mis au pas laïque, séparé du religieux et de l’influence cléricaliste. Chaque fonctionnaire ayant l’obligation légale et morale de neutralité, obligation de ne pas faire montre d’une quelconque obédience politique, religieuse, spirituelle, ou direction de pensée philosophique. Ces obligations ont permis de faire respecter non seulement l’État et son engagement envers le citoyen français, mais aussi de maintenir loin de la marche de l’État d’éventuelles résistances réactionnaires , ou d’obscurantismes sociaux.
Cette neutralité s’applique donc aux fonctionnaires et non à l’État lui même. L’État lui est toujours séparé dans ses décisions des églises. Et ce quelques soient les courants religieux. Ceux en place à la promulgation en 1905 , ainsi que ceux à venir puisqu’à aucun moment dans le texte de la loi de séparation, il n’est fait mention d’un quelconque courant religieux. Aucun culte n’est précisé afin que la loi en elle même, ne porte pas sur les spécificités de telle ou telle culte. On peut donc conclure qu’une forme d’égalité de traitement envers les rites, les cultes, les clergés, les religions est de fait actée par le seul titre de la loi.
De nos jours tout est fait pour que l’interprétation de ce titre soit détourné par l’idée de neutralité qui n’est dévolu qu’aux services publics et aux fonctionnaires en laissant entendre que l’État et le régalien serait deux choses identiques. Mais la marche de l’État n’en reste pas moins exempte de conseils religieux, les citoyens français ne pouvant justement pas être représentés par une autorité religieuse quelconque qui empêcherait ou influencerait l’État au moment de décider librement de la marche qu’il décréte pour et avec les citoyens eux même.
C’est ici que la gouvernance Macron induit une perte de souveraineté face aux éléments cultuels. Le président nouvellement élu en 2017, organise avec la conférence des évêques, un discours qui fera date en pulvérisant justement la séparation. Le président Macron, garant de la constitution, de la laïcité, de la séparation, affirme devant un parterre clérical catholique,vouloir renouer le lien entre les églises et l’État. Une traîtrise républicaine au pacte social qui permettait de maintenir les seules décisions de raison hors l’influence de dieu et ses représentants. Jamais depuis Pétain, on avait tourné le dos à la loi de séparation à un si au niveau de décision et de responsabilité
Le niveau de délabrement laïque, organisé depuis Mitterrand qui recommandait de ne pas faire trop cas de la laïcité, la trouvant difficile à défendre et trop rigoureuse dans, justement, son principe séparatif, puis par un Sarkozy qui s’est attaché à faire représenter les musulmans par un clergé politique, puis par un second par obligation pluraliste entre l’islam diplomatique et les frères musulmans, ou encore par la non affirmation de cette séparation en réponse aux suites des attentats islamistes de 2015 par Hollande et ses gouvernements. Le niveau de délabrement laïque donc, et la perte de sens politique du principe de séparation n’ont même pas permit une levée de bouclier citoyenne face à ce terrible coup de couteau cléricaliste dans le dos à la République, à la constitution, à l’esprit d’émancipation de la loi de 1905.
Il faut rétablir une souveraineté Laïque de l’État, et se réapproprier le principe de séparation et non de neutralité. l’État doit être libre de mouvement, dirigé par la raison, la science, par des choix éclairés qui s’appliquent à tout les citoyens dans la même charge de droits et de devoirs, sans que ces décisions ne soient entachées d’un doute sur les volontés d’égalité, de liberté et de fraternité qui guident les pas de la France depuis la révolution française. Il faut mettre fin à cet enfumage idéologique qui vient mettre en péril le joyaux protégé par ce principe de séparation. Parce que le but principal de la loi de séparation des églises et de l’État, n’est pas de donner des prérogatives à la marche de l’État, mais bel et bien de créer un nid à cette liberté au dessus des autres dans le cadre républicain et de la protéger par la force de la séparation des pouvoirs temporels humains, d’avec des organisations sociales qui ont vocations à brider les consciences.La laïcité, nous venons de le voir, c’est le principe de séparation d’abord dans le fonctionnement de l’État et des fonctions publiques par la neutralité. C’est l’écrin d’une des plus importantes libertés qui ait été donnée légalement aux Hommes. Un modèle mondial pour qui veut s’en emparer pour son compte, une liberté qui rend libre dans sa vie et libre dans sa tête et que la séparation protège comme le plus important héritage français à savoir, la liberté de conscience.
La liberté de conscience, ce n’est pas rien!
Mais surtout ce n’est pas la liberté religieuse, ou de religion, ou de croyance, ou d’expression. Non la liberté de conscience englobe tout cela.
On peut donc, et critiquer un culte ou tout les cultes, et mieux encore ne rien critiquer du tout. On peut l’écrire, le dire, le chanter, le filmer mais à la seule condition de n’être qu’un individu. Oui, la liberté de conscience est une liberté individuelle. Chaque citoyen est libre de penser, croire, théoriser, rationaliser, dire, pratiquer, de ne pas adhérer, de motiver ce pourquoi, d’en débattre, de se moquer, de donner des sous, tant que cela reste dans le champs individuel.
Ce n’est donc pas la simplification martelée par l’observatoire de la laïcité depuis sa création : »le droit de croire ou de ne pas droite » la laïcité et la liberté de conscience va beaucoup plus loin que ça.
La liberté de conscience, c’est surtout l’affirmation de la liberté de penser. Et l’organisation légale de son expression.
En qualité de liberté individuelle, elle coule sur tout les citoyens de manière égale, que l’on soit athée, religieux, pratiquant, nihiliste, de droite, de gauche, vieux ou jeune, homme ou femme, en province ou à Paris, sauf dans le concordat Alsace-Moselle qui conserve des spécificités à cause d’une erreur de taille lors du rapatriement des ces territoires a la fin de la première guerre mondiale. N’étant pas française en 1905, la région ne rentre pas légalement dans le cadre de la laïcité française. Idem pour les DOM TOM où la réglementation n’est pas calqué partout sur le modèle métropolitain.
La liberté de conscience donc raisonne et résonne comme un principe partagé , égalitaire et individuel.
La loi de 1905, ne gère pas l’individu. Elle organise l’expression collective du rite. Elle contraint les organisations cléricales à se conformer à la loi et les rend responsable des éventuelles infraction commises en leur nom, les congrégations et autres association religieuses. Elle met sous surveillance l’expression collective du culte et contrôle que les individus ne soient pas coupés de la liberté de conscience qui chapeaute toutes les expressions individuelles.
Elle pénalise même les dérives dans une séries d’articles qui met des garde-fous et instaure une police des cultes en établissant des sanctions financières et des fermetures de lieux de cultes qui dérogeraient aux règles. C’est à l’État de faire appliquer la loi, et aux cultes de conduire le culte dans les règles. Il est donc faux de dire qu’il y a une liberté religieuse, ou de religion, ou de culte.
Seule la liberté de conscience et la liberté de pratiquer son culte, d’en changer, en tant qu’individu est protégé.
Les clergés doivent se conformer à la loi.
Pourtant depuis des décennies, malgré les dénonciations de dérives, l’État ne fait rien ou si peu!
Des candidats politiques traînent leurs guêtres avant les élections, dans tout les lieux de cultes, pour promettre des dômes et des minarets, des facilités immobilières, des reconnaissances publiques d’un lien entre le politique et les cultes, des crèches dans les lieux régaliens, des repas cultuels au nom du vivre ensemble à Noël , à l’Aïd, à Hanouka, des achats de temples bouddhistes en kit par des mairies et conseils régionaux. Aucune dérive n’est condamnée par l’État. Au point que l’on donne des terrains appartenant à tout les citoyens, pour 1 euro, à une partie de la population et à des fins religieuses.
Les règles pourtant sont très claires
 » l’État ne reconnaît ,ni ne subventionne aucun culte ». Il n’y a rien de plus simple!
L’argent de l’État, l’argent public, ne peut être utilisé pour financer, subventionner, promouvoir un quelconque culte. L’argent du culte, c’est l’argent des croyants, pas celui du revenu de tout les citoyens. L’argent public ne regarde que l’état et les citoyens dans leurs ensemble.
Et c’est pour cela que l’État ne doit pas reconnaître les cultes comme des corps intermédiaires ,ni comme des syndicats d’une partie de la population. Pourtant il n’est pas rare que des représentants des cultes, soient conviés en mairie ou dans les ministères, ou même comme pendant le confinement, lors de l’épidémie de la COVID, directement connectés avec l’Elysée en visioconférence.
Les représentants de l’État ne doivent pas être partie prenante dans les affaires cultuelles, ni dans une quelconque aide à des institutions de droit privé religieux. C’est interdit par un texte qui date de 1905, et réactualisé en 1958 ,ni parler en lieu et place d’une partie seulement de la population, en leur nom ou en celui d’une communauté
Il s’agit ici de protéger l’individu d’un réarmement dans la société de canons religieux, en aidant à affûter l’emprise des cultes collectifs sur les croyances personnelles. La marche de l’État n’a pas à s’adosser sur un pouvoirs transversal qui a vocation au contrôle social privé.
Les germes du pouvoir religieux sont toujours d’actualité. Soit en affirmant une hégémonie culturelle, soit en modifiant dans la société les perceptions morales, sociales, ayant pour finalité la transformation par la loi de la liberté de conscience.
Le principal ennemi du religieux est le blasphème. Un délit qui n’est plus légal en France, mais qui autorise des passage à l’acte violent en s’exonérant du droit commun au profit de préceptes religieux devenu loi pour les plus rigoristes des pratiquants.
On peut constater une forme d’alliance informelle contre le blasphème. Tout est en place sans être dénoncé par les autorités pour museler les paroles critiques, caricaturales, idéologiques, la critique des rites, des pratiques, des sacrifices d’animaux, du business religieux et surtout la dénonciation de l’entrisme religieux dans la structures d’états et des financements associatifs de structures locales et confessionnelles, ou donc l’activité sert a la promotion du culte et des pratiques du cultes avec l’argent public. A la moindre remarques, les anathèmes pleuvent. Islamophobe, cathophobe, antisémite, laïcard, raciste…
Il est incroyable de penser que c’est avec une partie de l’argent public que ces gens s’arment contre les citoyens et contre la liberté de conscience.
Prenons par exemple  »alliance citoyenne » à Grenoble, qui touche de généreux subsides de la mairie elle même. Le but de cette association, outre quelques actions citoyennes locales est de forcer la main des pouvoirs publics pour se baigner habillé dans les piscines. Dit comme ça, sans connotation religieuses, on pourrait croire à une blague.
Mais si on y ajoute le fait que ces vêtements sont des habits religieux, imposé par une pratique orthodoxe du rite qui reste un choix au regard de la liberté de conscience, la donne change.
Et c’est bien de l’argent public, prit sur le salaire de millions de travailleurs, de propriétaires immobiliers, de taxe en tout genre, qui finance ce type d’action. Et la réponse de cette association qui qualifie d’islamophobe toutes les voix qui s’élèvent contre cet état de fait.
Faire taire au nom du blasphème.
Que l’on soit Salman Rushdie, Charlie Hebdo, Zineb el Rhazoui, Mila, ou simple citoyen au Bataclan, dans un quartier ou dans une file d’attente au supermarché, nous sommes tous soumis à d’éventuel actes ou paroles lié au blasphème. Aucune parole d’État ne vient contrarier ces menaces, actes, on trouve même des gardes des sceaux pour parler de respect pour faire taire les critiques de citoyens horrifié que Mila soit mise en danger pour son opinion sur l’islam.
Respect de quoi? A quel moment le respect est un argument judiciaire, juridique?
Pourtant faire taire au nom de son culte, forcer à exercer un culte ou des pratiques cultuelles est puni par la loi. Par la loi de 1905 et son article 31!
 »Article 31
Sont punis de la peine d’amende prévue pour les contraventions de la 5ème classe et d’un emprisonnement de six jours à deux mois ou de l’une de ces deux peines seulement ceux qui, soit par voies de fait, violences ou menaces contre un individu, soit en lui faisant craindre de perdre son emploi ou d’exposer à un dommage sa personne, sa famille ou sa fortune, l’auront déterminé à exercer ou à s’abstenir d’exercer un culte, à faire partie ou à cesser de faire partie d’une association cultuelle, à contribuer ou à s’abstenir de contribuer aux frais d’un culte. »
Si menacer quelqu’un de violence, en lui demandant de se taire ou de se plier à une pratique cultuelle qui serait de ne pas dessiner le prophète ne conduit personne devant un tribunal, doit on s’étonner que la liberté de conscience soit si mal comprise?
Ou lorsque c’est fait avec de l’argent public , comme à Grenoble, où on demande que des pratiques vestimentaires religieuses soient permises dans l’enceinte d’un bâtiment public, recevant du public?
Ou lorsqu’un élu se présente à une cérémonie religieuse pour solliciter des votes, comme un retour sur investissement sur la vente à la découpe de la liberté de conscience?
Ou lorsque des associations ou congrégations religieuses sont invitées a débattre sur les lois bioéthiques à venir?
Ou quand un élu va remettre les clefs de sa ville à Barbarin contre un euro symbolique?
Ou en invitant les responsables locaux religieux à des débats dans les préfectures?
Ou quand un président de la République française s’invite à la conférence des évêques pour déclarer sa flamme au cléricat catholique en promettant de réparer le lien entre l’état et les cultes?
A coup d’argent public et d’arrêtés municipaux pour régler le problème des troubles à l’ordre public en mobilisant des forces de polices ou des agents municipaux.
La liberté de conscience ne se négocie pas. Elle ne doit pas être dénaturé au profit d’un vivre ensemble entre communautés et en excluant de fait l’état et les citoyens. Il en va de notre vie. Les orthodoxes faisant peu de cas de la vie en matière de blasphèmes.
C’est à l’État de prendre les choses en main, d’appliquer le titre VI de la loi de 1905 avec la plus intense des reflets, de communiqué fortement pour renvoyer tout les anti républicaine religieux, tous les fachistes de la pensée des arrière mondes, avec l’aval des citoyens puisque c’est le rôle de l’État que protéger les libertés et en premier lieu celles des consciences.
Il est temps de reposer la question d’un souverainisme laïque, qui serait l’action d’un état fort, au service des libertés fondamentales sans le délayer dans une soupe droit de l’hommeliste qui dénature le seul texte qui dirige nos pas laïques, la déclaration des droits de l’homme et des citoyens, et que la loi de 1905 a mis en forme dans une logique d’égalité, de liberté et de fraternité.
Soyons laïques, soyons français, soyons laïquement souverain.

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