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6 juillet 2021

FRONT POPULAIRE

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 8 h 03 min
Analyses
cancel-culture
Le principe d’identité: un détournement d’héritage ?

OPINION. Pour notre abonné, les questions qui animent la « Cancel Culture » et autre « pensées Woke » sont avant tout le lieu d’un détournement d’héritage, qui répond au principe d’assignation identitaire. Une idéologie, en somme, qui méprise l’universalisme. Grégoire L

« Déconstruire l’imaginaire post-colonial ». C’est en ces termes que le festif mois décolonial de Grenoble, présentait son objectif. Énième symptôme d’une France en mal avec son passé, la Cancel culture est avant tout le reflet -sinon le moule- d’un véritable « trouble dans la culture ».

Il n’y a guère plus insidieux que celui qui cherche à défendre l’égalité au moyen de la censure. Programme en acte de la Cancel Culture et autres pensées Woke, dont il est facile de mesurer le mépris d’une idéologie tenant l’autre pour idiot. Ainsi le relativisme culturel, l’indigénisme autant que les études intersectionnelles sont avant tout le lieu d’un détournement d’héritage, lequel répond au principe d’assignation identitaire. Tantôt la criminalisation collective au nom d’une appartenance à une structure essentialisée – l’Occident, le genre, la couleur de peau … – rendue coupable d’arrière-pensées potentielles -haine intériorisée, racisme systémique … – tantôt la position déclarée victimaire d’un groupe social répondant à ce principe d’identité -communautés LBGTQIA+, population dite « racisée », etc. Pourtant, un retour aux textes issus de la pensée soixante-huitarde suffit à trahir le discours de ceux qui s’en font l’étendard. La généalogie de ces mouvances nous conduit tout droit sur notre propre territoire, berceau d’une pensée issue de Mai 68, rapidement exportée outre-Atlantique avant de nous revenir auréolée du prestige américain. Une pensée déconstruite à son tour, en somme. Et la French Theory était née.

    L’alternative devient la suivante: ou bien notre époque répond d’un formidable appétit philosophique, ambitieux programme au regard de la complexité (sinon de l’obscurité) de ces courants du second XXe siècle (notons que Derrida lui-même, père autoproclamé de la déconstruction, peinait à définir son concept …), soit nous devenons les spectateurs d’un détournement d’héritage, quand d’autres s’en font les acteurs. Difficile de ne pas pencher pour la seconde proposition, au regard d’une actualité parfois risible (déchaînement de la twittosphère pour cause de baiser non consenti -et donc subi- par Blanche-Neige, le hashtag #BalanceTonPrince n’est pas loin), ou franchement plus inquiétante comme ces espaces de militantisme non mixtes, véritables laboratoires de l’entre-soi. La réduction à l’identité n’est-elle pas le terreau le plus liberticide que l’on connaisse ? Ainsi Foucault -que les racialistes aiment à ressusciter quand bien même il serait loin d’être leur complice- savait fort bien que le fossé entre « Qui tu es ? » et « Qui tuer ? » n’est pas si grand… A-t-on déjà oublié ces grands mouvements des droits civiques à la Martin Luther King, pour qui l’antiracisme était un universalisme ? Ce Martin Luther King n’ayant jamais proclamé une distincte « identité noire », lui préférant au contraire une égalité des droits civiques, sans particularismes ? C’est une conception bien curieuse de la justice sociale, focalisée sur les critères de la race et du genre, que celle d’une « pensée woke » cultivant la passion d’interdire.

    Seulement, si déconstruction rime bien trop souvent avec la destruction , le marteau n’est pas dans la main des opprimés. Le piège est tendu par une société qui les oblige à se déclarer, se dénoncer, se définir et se ranger. Comprendre que l’assignation à résidence identitaire n’est pas une vue de l’esprit, mais le véritable danger de la mouvance décoloniale. D’où l’urgence de préférer la pensée au mot d’ordre, au marteau l’argument.

    Et réfléchir, une fois n’est pas coutume, quitte à s’infliger la lecture de ceux que l’on a trop souvent cité.

 

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