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19 février 2021

ABNOUSSE SHALMANI EXPLIQUE L’ISLAMOGAUCHISME

Classé dans : Art et culture, la vie des avis — eructeuse @ 11 h 31 min
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LA REVUE FRONT POPULAIRE

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Ce que le déni sur l’islamo-gauchisme dit de nos universités

ARTICLE. La décision de Frédérique Vidal d’enquêter sur la diffusion de l’islamo-gauchisme à l’université a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. S’indignant de cette initiative, le CNRS a estimé que l’islamo-gauchisme n’était pas une notion « scientifique ».

C’est le genre de polémique créée de toutes pièces qui se répand comme une traînée de poudre par des cris d’orfraie et des indignations factices. S’il faut bien convenir que le piège du « en même temps » macronien semble se refermer sur l’exécutif, le fond des propos de Frédérique Vidal n’en est pas faux pour autant – et n’enlève en rien le manque de moyens des universités et la précarité étudiante.

Dimanche 14 février, sur le plateau de CNews, la ministre de l’Enseignement supérieur déclarait vouloir demander au Centre national de la recherche scientifique (CNRS) « une enquête sur l’islamo-gauchisme qui gangrène l’université ». La réaction a été rapide et virulente de la part de nombreux universitaires – qui se sentent visés ? – et du CNRS, qui a fait savoir, dans un communiqué de presse déclamatoire, que le terme d’islamo-gauchisme « ne correspond à aucune réalité scientifique ».

Pourtant, le terme d’islamo-gauchisme a été employé pour la première fois par l’historien des idées et politologue Pierre-André Taguieff, directeur de thèse au… CNRS. Il a utilisé cette expression dans les années 2000 pour décrire « l’alliance militante de fait entre des milieux islamistes et des milieux d’extrême gauche, au nom de la cause palestinienne, érigée en nouvelle cause universelle ». Dans sa tribune pour Libération, en date du 26 octobre 2020, Taguieff ajoute : « Au cours de ces mobilisations [pro-palestiniennes], les « Allahou akbar » qui fusaient ne gênaient nullement les militants gauchistes présents ».

Les critiques ont pourtant vu dans la déclaration de la ministre un nouveau maccarthysme, une nouvelle chasse aux sorcières voire un nouveau complotisme fascisant en faisant le parallèle entre islamo-gauchisme et l’expression hitlérienne « judéo-bolchevisme ». Cet épouvantail rhétorique repose sur un stratagème idéologique bien connu. Edwy Plenel, véritable apôtre de l’islamo-gauchisme – et ancien professeur associé à l’université Montpellier I – a fait le parallèle dans son livre Pour les Musulmans entre antisémitisme et islamophobie. En effet, le titre de cet ouvrage n’est pas anodin, « puisque Émile Zola a publié un « Pour les juifs » lors de l’affaire Dreyfus », note Michel Onfray dans son article « Pléneliser », paru dans La Revue des deux mondes en octobre 2018. Ce rapprochement a un objectif précis : essentialiser les musulmans pour en faire les nouveaux « damnés de la Terre ».

Surtout, les deux expressions, mis à part le trait d’union, ne peuvent pas, selon Pierre-André Taguieff, être rapprochés : « l’expression « judéo-bolchevisme » signifiait que le bolchevisme était un phénomène juif et que les bolcheviks étaient en fait des Juifs (ou des « enjuivés »). Il n’en va pas du tout de même avec l’expression « islamo-gauchisme », qui ne signifie pas que le gauchisme est un phénomène musulman ni que les gauchistes sont en fait des islamistes ».

Selon lui, l’expression signifie simplement qu’il y a « des alliances stratégiques, des convergences idéologiques, des ennemis communs, des visées révolutionnaires partagées, etc. » ce qui est absolument indéniable dans les universités et dans les laboratoires de recherche français. Citons par exemple Vincent Geisser, sociologue, spécialiste de l’islam et chercheur à IREMAM de Sciences Po Aix-en-Provence (rattaché au CNRS), féroce partisan de la notion « d’islamophobie » et « chercheur favori » des Frères musulmans, selon Caroline Fourest (Le Monde, 19 juin 2009) et contributeur régulier du site Oumma.com. Ou encore François Burgat, islamologue pour ce même IREMAM, directeur de la thèse de Nabil Ennasri sur Al-Qaradawi (principal théologien des Frères musulmans), impliqué dans l’affaire Tariq Ramadan, soutien d’Houria Bouteldja et soupçonné de relations avec le Qatar.

En octobre 2020, une tribune signée par une centaine d’universitaires publié dans Le Monde dénonçait les non-dits des idéologies indigéniste, racialiste et décoloniale qui se montrent largement bienveillantes avec l’islam politique : « Sur l’islamisme, ce qui nous menace, c’est la persistance du déni », soulignait la tribune. Force est de constater que, depuis cette alerte, la doxa n’a pas bougé d’un iota sur le sujet.

Oui, les universitaires ont la liberté d’étudier les sujets de leur choix, oui la liberté académique doit être garantie. Mais le droit de réserve des enseignants-chercheurs est trop souvent flou et les recherches en sciences humaines et sciences sociales, certes par essence subjectives, se transforment trop souvent en militantisme.

Mais voilà que l’organisme de recherche payé par le contribuable proclame que nous n’avons pas le droit de protester. Dans un communiqué publié hier, le CNRS condamne « en particulier, les tentatives de délégitimation de différents champs de la recherche, comme les études postcoloniales, les études intersectionnelles ou les travaux sur le terme de « race », ou tout autre champ de la connaissance. »

Comprenez donc que le terme d’« islamo-gauchisme » doit être exclu du champ scientifique mais que les champs de recherches délirants directement importés des campus américains sont parfaitement acceptables, ou que des termes utilisés dans les travaux de certains chercheurs du CNRS comme « fachosphère » ou « extrême-droite »,  ne semble pas poser de problème de « scientificité » à quiconque.  Se donner le droit de dire ce qui relève de la connaissance et ce qui ne l’est pas, ce qui est vrai et ce qui est faux, ce qui est bien et ce qui est mal, ressemble à s’y méprendre, aux méthodes du Glavlit soviétique.

Ce n’est donc pas au détour d’un communiqué lapidaire estampillé « CNRS » que les représentants de la recherche et de l’enseignement supérieur feront taire les critiques. En fait, les réactions outrancières du milieu prouvent bien le déni de réalité gigantesque vis-à-vis de problèmes pourtant graves : celui d’une idéologie qui ne fait que diviser davantage la communauté nationale déjà atomisée ; et celui du manque de pluralité criant qui fait tant défaut à la recherche française. Pour rappel, selon Abel François et Raul Magni-Berton (dans Que pensent les penseurs, PUG, Libres cours politique, octobre 2015): « par rapport à un autre citoyen français, un universitaire a presque trois fois plus de chances d’être athée, deux fois plus de chances de se positionner à gauche de l’échiquier politique et une fois et demie plus de chances d’être hostile au marché ».

 

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