Victoryne Moqkeuz Eructeuse

Inspiration expulsion

27 octobre 2013

On revient de loin mais on était parti nulle part

Classé dans : il est revenu le temps des cathédrales — eructeuse @ 8 h 50 min

Tirée d’un excellent article sur les cocottes du second-empire, je trouve cette phrase fabuleuse, rien n’a changé pour la femme  : « Puisqu’elle use de son corps comme d’un capital, la courtisane femme s’astreint à un toilettage journalier et s’efforce d’exacerber ses appâts. Chaque jour, elle se doit d’être maquillée, parfumée, coiffée, prête à se livrer à la féroce compétition de la « haute-bicherie » politique !

Quoi de neuf doc ??? Que du vieux ma générale !

Mediapart 

Avec la «Bataille des dames» à Paris, le sexisme des médias s’épanouit.

24 OCTOBRE 2013 |  PAR MICHAËL HAJDENBERG

Quotidiens et hebdomadaires ont tendance à réduire les candidates à la mairie de Paris à leur corps, leurs habits, leur entourage. Parfois avec la complicité des principales intéressées. Florilège et explications.Les campagnes passent, les clichés perdurent. L’affrontement entre Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) et Anne Hidalgo (PS), la fameuse « bataille des dames », se raconte dans les médias à travers une coupe de cheveux, une hauteur de talons, l’assignation à un rôle de mère ou de compagne. Pas seulement dans la presse féminine ou people. Mais dans les médias généralistes, qui, bien souvent, réduisent les candidates à leur genre.

On revient de loin mais on était parti nulle part dans il est revenu le temps des cathédrales hidalgo-nkm-portrait-300x115

Pour ceux qui en douteraient, il suffit tout au long de cet article de faire un exercice de symétrie. Un homme serait-il présenté de la même façon ? Et, si oui, serait-ce le cas aussi fréquemment ?Bien sûr, pour la première fois, une femme sera maire de Paris. C’est un fait, inédit. Mais cela implique-t-il de faire passer au second plan les parcours des candidates, leurs compétences, leurs idées ?

Voici comment commence un portrait d’Anne Hidalgo dans L’Express : « Dans son local de campagne, elle est arrivée en avance. Comme toujours. Vêtue d’une robe tricolore presque assortie au décor fait d’aplats de couleur, Anne Hidalgo raconte sa rituelle escapade au Festival d’Avignon. Le ton est posé, la voix douce, le propos un tantinet convenu. » Un peu plus loin, on nous raconte comment Delanoë a « vite repéré la perle andalouse, née de parents ouvriers exilés ».

Dans Le Mondeun reportage du 11 octobre sur NKM détaille : « Souriante, en tailleur-pantalon noir, ballerines et queue-de-cheval, la maîtresse de cérémonie avait fait asseoir au premier rang ses chefs de file d’arrondissement. »

Imagine-t-on un journaliste commencer son article en décrivant les mocassins de Jean-François Copé ? Dans le genre, Paris-Match garde bien sûr une longueur d’avance, en décrivant le couple : « Anne et lui, la belle de Cadix et le discret polytechnicien lyonnais ». À elle la beauté, à lui la compétence.

Dans Paris-Match, le 14 mars 2013Dans Paris-Match, le 14 mars 2013

Le 15 mars 2013, l’hebdomadaire entame un portrait de la candidate de la sorte : « Ne dites pas à Alain Delon qu’Anne Hidalgo est de gauche : il s’en moque ! Il est fou d’elle, comme il nous le confie avec bonheur : « J’aime son charme, son physique, sa voix, sa façon de bouger… Une femme sensible et attirante comparée à tant d’autres qui sont trop masculines. Chez elle, on sent ­l’Espagne. » » L’hebdomadaire explique : « Pendant douze ans, la belle de Cadix, sa ville natale, est restée dans l’ombre du maire. » Le physique gomme tout, même les différences politiques, quand il s’agit de « la fière Andalouse (qui) se présente en femme politique gracieusement normale ».

C’est une constante : les candidates n’échappent ni à leur corps, ni à leur entourage.« Elles sont bien plus souvent que les hommes appelées uniquement par leur prénom : c’est le cas de « Ségolène » Royal, de « Martine » Aubry, mais aussi d’ »Arlette » Laguiller. Leur statut de fille, de mère, d’épouse ou de compagne est souvent rappelé, l’équivalent pour les hommes (fils, père, époux) est, en revanche, rarement mentionné. Et l’attention portée au corps, aux manières de le vêtir et de le parer (maquillage, coiffure, etc.) est très fréquente », explique Frédérique Matonti, professeur de sciences politiques à l’université Paris 1.

Cela touche toutes les candidates. Dans Libération, celle du Front de gauche, Danièle Simonnet, n’y échappe pas. Son portrait débute ainsi : « Elle a un côté « bonne copine ». Quand on la retrouve pour un café, en terrasse près de l’Hôtel de Ville – elle siège depuis 2008 au conseil de Paris –, ses manières spontanées et ses éclats de rire lui donnent presque l’air d’être toujours une syndicaliste étudiante. »

Marie-Joseph Bertini, professeure en sciences de l’information et de la communication, remarque : « On n’aurait jamais pensé pour un homme à évoquer ses manières spontanées, ses éclats de rire. » Plus loin dans l’article, Clémentine Autain, féministe revendiquée, témoigne : « Nous nous sommes entendues remarquablement bien, elle est dans un bon état d’esprit collectif, de bonne humeur, source de propositions. » Marie-Joseph Bertini s’en étonne : « Même Clémentine Autain est citée sur sa bonne humeur, pas sa technicité, ni son autorité, ni sa compétence sur les dossiers. »

L’article a été écrit par une femme et cela n’étonne guère la chercheuse. « Ce sont souvent les journalistes femmes qui ré-ancrent le tropisme. Comme si celles qui sont en situation de pouvoir avaient intériorisé les normes masculines. »

Cette campagne des municipales à Paris lui permet toutefois de dresser un constat nuancé : « C’est plus contrasté qu’il y a quelques années. Par le passé, en travaillant sur des centaines d’articles, j’ai pu montrer que l’ensemble des actions entreprises par les femmes étaient relatées dans les médias suivant cinq clichés : l’Égérie, la Muse, la Mère, la Madone et enfin, la plus fréquente, la Pasionaria. Autant d’expressions qui maintiennent les femmes au plus près de leurs fonctions dites « naturelles » : du maternage jusqu’à cette démesure passionnée qui leur ôte tout contrôle sur elles-mêmes et donc toute prétention à exercer de véritables pouvoirs. »

Ces stéréotypes se font cette fois plus rares. « C’est bon signe : cela montre que les catégories dans lesquelles on a longtemps enfermé les femmes bougent. Dans ma revue de presse, je trouve même certaines expressions qu’on ne trouvait pas auparavant accolées aux femmes : « Hidalgo la meneuse »« NKM à la conquête de Paris »« Hidalgo dégaine »« La revue de troupes du général NKM ». Mais avec parfois, des rechutes dans les mêmes papiers. On garde un tropisme de genre. »

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